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 FSM 2011 : Les raisons d’une lutte anti-capitaliste

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Nico37



Nombre de messages : 2247
Date d'inscription : 08/03/2011

MessageSujet: FSM 2011 : Les raisons d’une lutte anti-capitaliste   Sam 12 Mar - 10:23

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FORUM SOCIAL MONDIAL 2011 : Les raisons d’une lutte anti-capitaliste (samedi 5 mars 2011)

Les opprimés de tous les pays se sont réunis à Dakar pour discuter d’une alternative au système capitaliste. Les échanges féconds au Forum social mondial démontrent qu’un monde débarrassé des injustices sociales est possible. Le mot d’ordre de ces débats forains a été la lutte pour freiner les alliances néolibérales partout dans le monde.
« Un autre monde est possible ». Ce slogan porteur d’espoir a cristallisé du 7 au 11 février des sommités venues de partout. Le Forum social mondial a dénoncé le système capitaliste dans toutes ses politiques réifiant l’Homme. Les crises (économique, financière, alimentaire, environnementale) et les révolutions tunisienne et égyptienne ont donné un nouveau souffle à ce mouvement contestataire. Dans un élan remarquable les altermondialistes ont réaffirmé avec fermeté la volonté de bâtir un monde nouveau débarrassé des injustices sociales. Débats, échanges, conférences… bref, un large éventail d’outils de communication est utilisé par les participants au forum pour défendre le droit inaliénable à l’autodétermination de tous les peuples et de toutes les classes sociales. La dignité humaine a été le point nodal de toutes les discussions. « Le capitalisme détruit la vie quotidienne des populations. Mais chaque jour naissent de nombreuses luttes pour la justice sociale, pour éliminer les dégâts du colonialisme et pour que tous obtiennent une qualité de vie digne », résume la déclaration des mouvements sociaux. A travers la richesse des échanges, les participants ont proposé des alternatives à l’ordre mondial actuel basé sur une recherche effrénée du profit et l’exploitation d’une majorité par une minorité. La genèse du mouvement altermondialiste s’inscrit dans un contexte idéologique unipolaire. Depuis la chute du mur de Berlin en 1989 sonnant le glas du communisme, toute la planète a vécu sous le diktat de l’idéologie libérale. Celle-ci s’est manifestée par une oppression des pays pauvres par les pays riches, l’aliénation des travailleurs par les tenants du Capital et l’exploitation boulimique des ressources naturelles. Durant ces décennies de pensée unique, la forte croissance de l’économie mondiale a laissé la grande majorité des peuples dans une pauvreté profonde. Les richesses du monde sont accaparées par une oligarchie qui continue d’asseoir une domination inique.
Dix ans après le premier Forum mondial de Porto Allègre au Brésil en 2001, le mouvement altermondialiste commence à prendre ses marques. Il fait son chemin et draine chaque année davantage de militants et de sympathisants. Au cours de son histoire, d’importantes avancées sont enregistrées, notamment dans certains pays d’Amérique latine. L’accession au pouvoir des leaders de la Gauche au Brésil (Ignacio Lula Da Silva), en Bolivie (Evo Morales) et au Venezuela (Hugo Chávez), a permis d’endiguer les alliances néolibérales et de concrétiser plusieurs alternatives pour un développement socialement juste et respectueux de la nature. A travers des politiques sociales, ces présidents ont démontré aux tenants du capitalisme le faillibilisme de leur doctrine peu regardante de l’intérêt des couches sociales défavorisées. Avec l’avènement de ce mouvement c’est une autre dialectique qui commence à déterminer le cours de l’Histoire.

Exploitation foncière

Le Forum social s’est penché sur les multinationales qui sont à l’assaut des terres du continent africain. Partout des puissances financières étrangères, en collaboration avec les Etats, sont en train de déposséder les paysans de leurs terres. Une situation qui concerne plus de 65% de la population africaine essentiellement constituée de ruraux. Une grande partie des exploitations familiales et des terres les plus fertiles sont attribuées à des investisseurs étrangers. Depuis quelques années, ONG et autres mouvements mènent une lutte âpre contre l’accaparement des terres au détriment des paysans. « Dans la vallée du fleuve Sénégal qui regorge l’essentiel des terres arables du pays, l’Etat a attribué 200 000 hectares à des investisseurs saoudiens », soutient Ibrahima Coulibaly membre de l’Ong Via Campesina.
Au Madagascar 1,3 millions d’hectares sont accordés à une multinationale coréenne. Le Mali est aussi concerné par ce phénomène d’accaparement des terres arables avec 70 000 hectares cédés à des étrangers. L’Ouganda a concédé 2% de son territoire pour la culture du blé. L’essentiel des terres attribuées aux privés étrangers sont utilisées pour des cultures destinées à l’exportation alors que ces pays sont confrontés à une insécurité alimentaire. Une situation qui risque d’exposer davantage les paysans à une dépendance alimentaire. Ce phénomène qui s’étend de manière inquiétante dépouille les paysans de leur unique source de revenu : la terre. Ces indigents dépossédés sont transformés en ouvriers agricoles au profit de cette nouvelle aristocratie foncière. Une situation qui rappelle affreusement l’origine de l’exploitation de l’homme par l’homme décrit par Karl Marx dans sa doctrine de l’Histoire. « Les moyens de production sont éparpillés à l’infini, le producteur lui-même se trouve isolé. Le gaspillage de force humaine est immense. La détérioration progressive des conditions de production sont une loi inéluctable de la propriété parcellaire. Les bonnes années sont un malheur pour ce mode de production », disat-il dans le Capital. Ce mode de production capitaliste a entraîné une aliénation avilissante de la paysannerie africaine. Fort de ce constat, les mouvements sociaux ont manifesté la volonté de défendre sans relâche « l’agriculture paysanne qui est une solution réelle à la crise alimentaire et climatique et qui signifie aussi l’accès à la terre pour celles et ceux qui la travaillent ».

Les sans-papiers en France

L’histoire de la lutte des sans-papiers en France a été abordée dans les panels du forum pour dénoncer le traitement inhumain dont les travailleurs migrants sont victimes. L’avènement de Nicolas Sarkozy au pouvoir en 2007 a durci la vie des sans-papiers. La politique anti-migratoire mise en œuvre par la France a dépouillé les immigrants de tous leurs droits. Ce gouvernement s’est fixé comme priorité la gestion des mouvements de populations et l’application de l’immigration choisie pour répondre aux attentes d’un électorat de droite sans cesse croissant. Dans un contexte général de rétrécissement du marché de l’emploi, la politique Sarkozyste a interdit par décret le recrutement de sans-papiers dans certains secteurs de l’économie. Cette politique draconienne s’est traduite également par le renforcement de l’enfermement des personnes dites indésirables, des contrôles aux frontières et des rafles.
Depuis des années, les services de police français procèdent à des chasses à l’homme pour atteindre les quotas de retour aux frontières. Les mouvements sociaux ne sont pas épargnés par la politique française. « Un gros travail de fichage de ceux qui luttent contre les centres de rétention et les rafles et contre la machine à expulser en général est effectué », déplore Jean Michel Joubier, militant des droits de l’homme. « Dans ce contexte les sans-papiers ont compris que la lutte reste l’unique moyen pour faire respecter leurs droits. Ces travailleurs qui paient régulièrement des taxes, des impôts et contribuent à la création de richesses ont démontré qu’ils sont des travailleurs comme tous les autres », explique Bruno Dalberto de la Cgt. En 2008 la plus grande grève des sans-papiers est coordonnée par la Cgt. Elle a débouché sur la régulation de 2 500 travailleurs. Mais devant la réticence de certaines préfectures à régulariser des travailleurs sans-papiers résidents dans leur circonscription, le mouvement des sans-papiers a repris la lutte. En 2009, un autre mouvement de grève est observé pour exiger des critères de régularisation identiques. Plus de 6 804 travailleurs en situation irrégulière se sont engagés dans cette bataille. Soutenus par six syndicats (Cgt, Solidaire, Cfdt, Unsa, Fsu, Crimade, Autre monde, femme égalité) et d’autres mouvements de défenses des droits de l’homme, les sans-papiers ont occupé les marches de la Bastille. Cette coordination sans précédent de plusieurs mouvements sociaux a débouché sur un protocole d’accord historique pour la régularisation de ces travailleurs.
Devant l’aliénation de la plus grande partie de l’humanité, l’Assemblée des mouvements sociaux appelle « les forces et acteurs populaires de tous les pays a développer des actions de mobilisation, coordonnées au niveau mondial, pour contribuer à l’émancipation et l’autodétermination des peuples et pour renforcer la lutte contre le capitalisme ».

Réaction : Sébastien, militant anarchiste français

« Nous voulons une autonomie des mouvements de lutte au Nord comme au Sud »
« Nous sommes venus à ce forum pour trouver des complices. Nous cherchons à établir des réseaux de solidarité de luttes concrètes à la base qui ne soient reprises ni par des syndicats ni par d’autres mouvements qui collaborent avec le pouvoir. Nous prônons une pluralité des modes d’action, pacifiques comme violents. Devant notre détermination à lutter contre les injustices, les pouvoirs nous qualifient d’anarchistes, de casseurs, d’insurrectionnistes. Partout la domination et l’exploitation se sont exacerbées. Les travailleurs sont broyés par le rouleau compresseur des employeurs, en Afrique après cinquante ans d’indépendance, la problématique du néo-colonialisme est toujours d’actualité. Les pays occidentaux parlent d’aident envers l’Afrique alors qu’au même moment ils organisent la guerre sur le continent grâce aux réseaux mafieux de vente d’armes. Nous voulons une autonomie des mouvements de luttes au nord comme au sud. Les gens au pouvoir dénoncent nos méthodes de lutte violente qui sont pourtant les seules méthodes qui parviennent à faire tomber les régimes. Tout le monde se satisfait des révolutions en Tunisie et en Egypte mais personne ne parlent des centaines de personnes qui sont dans les prisons alors que sont ces combattants qui ont concrètement fait tomber les régimes en cassant les banques, les multinationales et tout ce qui symbolisait ces dictatures. »

Baye Makébé SARR
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