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 Nature déchaînée contre technologie japonaise

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Nico37



Nombre de messages : 2247
Date d'inscription : 08/03/2011

MessageSujet: Re: Nature déchaînée contre technologie japonaise   Dim 19 Aoû - 13:52

Citation :
uin 2012

1er juin

Japon : un millier de manifestants sont présents devant les bureaux du premier ministre pour demander de respecter le souhait de la grande majorité des Japonais : ne pas redémarrer de réacteurs nucléaires.
Japon : le maire d'Osaka, jusque là opposé au redémarrage des réacteurs d'Ohi qui alimentent sa région, change de discours : "si la population n'est pas capable d'économiser au moins 15 % de son électricité, je devrais donner mon aval pour le redémarrage des deux réacteurs d'Ohi au moins pendant l'été".
France : Areva arrête son usine Eurodif/Georges-Besse 1 à Tricastin, usine qui produit du combustible pour environ le quart des 400 réacteurs au niveau mondial. Cette fermeture arrive plusieurs mois en avance et alors que l'usine Georges-Besse 2 n'est pas encore en pleine production. Ce décalage est dû, selon Areva, à la baisse de commandes qui a suivi l'accident de Fukushima. Cette baisse d'activité au niveau mondial avait déjà conduit Areva à annuler son projet d'usine similaire aux Etats-Unis, en décembre 2011. Il y a aujourd'hui clairement surproduction du fait de l'espoir d'un nouvel essor du nucléaire… alors que l'on a au contraire un vaste repli. La nouvelle usine n'emploie plus que 400 personnes contre 1200 pour l'ancienne… et consomme près de 50 fois moins, la première consommait à elle seule la production de deux réacteurs nucléaires.


2 juin

Chine : le gouvernement annonce la mise en place de nouvelles normes de sûreté pour ses futurs réacteurs nucléaires et la fin de l'inspection des réacteurs existants… sans toutefois préciser de date pour une fin du moratoire observé sur les chantiers depuis l'accident de Fukushima.


3 juin

Japon : selon la télévision Asahi, trois experts chargés de valider ou non le redémarrage du surgénérateur de Monju, réacteur chroniquement en panne depuis ses origines, sont corrompus. Ils ont en effet touché plus de 150 000 euros de la part de l'industrie nucléaire entre 2006 et 2010.


4 juin

Japon : selon les conclusions d'un rapport de l'Unscear, organisation des Nations unies sur les effets des radiations atomiques, service de l'OMS, dans un article paru dans Nature, "peu de personnes développeront un cancer à la suite de l'accident nucléaire de Fukushima". Pas plus qu'à Tchernobyl sans doute… puisque ce service lié à l'OMS y annonce seulement 4000 morts alors que les autorités ukrainiennes parlent de plus d'un million déjà morts et de 10 millions de morts à terme.


5 juin

Japon : selon Japon Times, neuf gouvernements locaux de la région de Kansai, les villes de Osaka et de Sakaï, ont réaffirmé conjointement leur opposition actuelle au redémarrage de deux réacteurs d'Ohi. Ils dénoncent les pressions qu'ils subissent de la part du gouvernement japonais et des compagnies électriques. Ils dénoncent les simulations effectuées sur les réacteurs estimant qu'une simulation n'est absolument pas une garantie de sûreté. Ils demandent que des travaux soient réellement faits pour protéger les réacteurs d'un tsunami ou un séisme important avant d'avoir à se prononcer sur un redémarrage des réacteurs.
Espagne : des militants de Greenpeace survolent la centrale nucléaire de Garoña, plus vieux réacteur en activité en Espagne. Ils dénoncent une nouvelle fois l'impossibilité de protéger un réacteur contre un attentat aérien.
Europe : le ministre de l'économie allemand, dans Le Monde lance un appel à une coordination européenne pour la sortie du nucléaire. Il plaide pour que notamment la France et la Pologne avancent de pair avec l'Allemagne car la gestion des réseaux et l'efficacité énergétique dépendent en partie de l'interconnexion entre les pays. Les réseaux doivent également être modifiés pour tenir compte de l'intermittence de la production à partir des énergies renouvelables.


6 juin

Japon : environ un tiers des parlementaires du parti au pouvoir, dont plusieurs ministres en exercice, déposent une pétition au premier ministre pour lui demander de ne pas précipiter un redémarrage des réacteurs nucléaires.
Japon : Michel Fernex, en voyage au Japon, pour les Enfants de Tchernobyl, s'étonne de ne trouver aucun suivi des rejets de strontium 90 dans les mesures officielles. Selon les spécialistes, il doit pourtant y en avoir des quantités importantes dans les eaux qui ont été rejetées en mer.
Japon : une marche contre le redémarrage des réacteurs nucléaires réunit environ 3000 personnes dans les rues de Tokyo. Kenzaburo Oe, prix Nobel de littérature, a pris la parole devant le siège du gouvernement pour relancer la pétition "10 millions de Japonais pour l'abandon du nucléaire". Cette pétition lancée un an auparavant a déjà récolté 7,22 millions de signatures. Dans un pays où la contestation sociale est très discrète, c'est déjà l'une des plus grosses collectes de signatures jamais réalisée.
Japon : selon le quotidien Asahi, les autorités religieuses bouddhistes, chrétiennes et autres ont signé un texte commun pour demander l'abandon du nucléaire.
Japon : Tepco publie un rapport sur les doses reçues par les travailleurs du site de mars 2011 à mars 2012. Selon ces données, 21 634 personnes ont été contaminées, mais pour 14 214 à des doses peu importantes. 167 seulement auraient été fortement irradiées (plus de 250 millisieverts en un an), les autres étant entre les deux. Il n'y a malheureusement aucun suivi extérieur à Tepco pour valider ou non ces données, ce que demandent en vain les médias japonais.


7 juin

Japon : 10 femmes de la région de Fukushima obtiennent un rendez-vous au siège du premier ministre. Elles demandent à ce que ne redémarrent pas les réacteurs d'Ohi, dont les conditions de sûreté sont pires que celles de Fukushima avant l'accident. Elles demandent que soit d'abord mis fin aux émissions de radioactivité dans les réacteurs accidentés. Elles rejoignent ensuite une centaine d'autres femmes à l'extérieur et font un sit-in devant le siège du gouvernement. Film en anglais : http://youtu.be/zYQNd2ybiDg


8 juin

Japon : selon Associated Press, les responsables de la compagnie Kansai Electric Power reconnaissent dans une conférence de presse que les travaux demandés pour protéger la centrale d'Ohi contre un séisme et un tsunami de type de Fukushima n'ont pas pu être réalisés dans un délai aussi court et que si le feu vert est donné pour le redémarrage des réacteurs, cela se fera avec les mêmes risques qu'avant.
Japon : Masataka Shimizu, dirigeant de Tepco au moment de l'accident est mis en examen. Il est notamment accusé d'avoir mystérieusement disparu pendant les jours qui ont suivi l'accident en mars 2011.
Japon : selon un rapport de l'ASN, Autorité de sûreté nucléaire, Tepco espère pouvoir rénover les thermomètres défaillants du réacteur n°2 d'ici le mois de juillet 2012. Tepco essaie de programmer le déchargement des piscines de stockage du réacteur n°3, mais se heurte à de nombreuses difficultés du fait de la présence de nombreux débris dans les piscines. Tepco construit actuellement une enceinte pour limiter les émissions radioactives en provenance des piscines du réacteur n°4. Ces piscines ont été consolidées sommairement. Tepco cherche comment intervenir pour récupérer les débris tombés dans les piscines, condition préalable avant de pouvoir sortir les barres de combustibles. Reprenant des données de l'IRSN, le rapport précise que la surface où le césium est à plus de 10 000 bq/m² fait 24 000 km² (deux fois la surface de l'Ile-de-France). Il n'est pas indiqué combien de personnes vivent dans cette zone. Ni combien la centrale continue d'émettre de radioactivité jour après jour.


9 juin

Japon : le site Fukushima Over Blog traduit l'essentiel d'une émission passée sur la télévision Asahi le 25 mai dernier, avec une enquête sur les risques d'effondrement des piscines du réacteur n°4 de Fukushima. Un ingénieur de Toshiba explique "il y a des murs, mais rien ne permet de savoir s'ils sont encore stables"… et de regretter que seul Tepco ait pu faire des mesures, sans aucune contre-expertise. Un directeur d'une entreprise sous-traitante informe que ces piscines sont refroidies avec une installation de fortune qui ne résistera pas à un fort tremblement de terre et interroge le gouvernement pour savoir si un plan a été prévu au cas où les piscines se videraient brutalement. Pour Hiroaki Koide, professeur à l’Institut de Recherche Nucléaire Universitaire de Kyoto, si les piscines s'effondrent, la radioactivité relâchée serait de l'ordre de 5000 fois la bombe sur Hiroshima.
Japon : selon l'enquête parlementaire en cours, rapporte Associated press, le manque de connaissances des conseillers du gouvernement a entraîné quantité de réunions d'informations qui ont eu comme conséquences de faire perdre un temps précieux aux experts du nucléaire. Cela a aussi provoqué une très mauvaise diffusion des informations, notamment sur la diffusion de la radioactivité et les processus d'évacuation des populations provoquant une irradiation inutile de ces dernières.
Japon : selon le gouvernement, 18 % des évacués ne devraient pas pouvoir retourner chez eux dans les dix prochaines années. Cette information reprise par les principaux médias du pays masque qu'en fait ce sont des millions de personnes qui devraient être évacués… Nouvel exemple de déni du danger des radiations.


11 juin

Japon : selon le quotidien Mainichi Japan, une commission locale de sûreté nucléaire s'est réunie près d'Ohi pour étudier les propositions de redémarrage proposées par le gouvernement. Environ 70 personnes manifestent à l'extérieur avec des pancartes "Ne prenez pas de décisions contraires à l'opinion de la population" "Ne pas respecter le peuple est une violence". La commission conclut que tout est parfait.
Japon : selon le quotidien Mainichi Japan, 1300 personnes évacuées de la région de Fukushima ont porté plainte contre Tepco et les autorités de sûreté nucléaire pour actes délictueux : sous-estimation sur les conséquences d'un séisme, d'un tsunami, retard dans l'annonce de la contamination radioactive…


12 juin

Suisse : les compagnies électriques présentent trois scénarios possibles de sortie du nucléaire d'ici 2035. Ces scénarios prévoient un mixte entre un renforcement des barrages hydrauliques et des retenues d'eau pour suivre les variations de production et de consommation, la construction de centrales thermiques gaz et le développement des énergies renouvelables. Les scénarios diffèrent au niveau de la consommation électrique : selon les hypothèses, on va, pour 2050, d'une augmentation de 25 % à une baisse de 7 %. Le scénario qui laisse croître la consommation coûterait 100 milliards d'euros, celui de descente énergétique 125 milliards d'euros.


13 juin

Allemagne : les compagnies électriques réclament 15 milliards d'euros de dédommagement pour fermer leurs réacteurs nucléaires.
Japon : le gouvernement a lancé une campagne "Cool biz" pour inciter les entreprises à stopper leur climatisation… ce qui éviterait les pointes de consommation électrique en été.
France : Thierry Charles, directeur de la sûreté des installations nucléaires, et porte-parole de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire reconnaît dans un entretien au site Environnement 2 B qu'à Fukushima "la situation demeure précaire". Les moyens de contrôle se dégradent avec le temps rendant la stabilisation des cœurs plus difficile. "Une grande partie du cœur du réacteur n°1 a fondu et a traversé la cuve. C’est la même chose pour les réacteurs 2 et 3 dont une partie a également traversé la cuve".
Japon : les quotidiens japonais révèlent que le gouvernement est en train de réserver des chambres d'hôtel et des salles de conférences sur la commune d'Ohi, en vue d'annoncer le redémarrage des deux réacteurs présents sur la commune.
Inde : 22 militants antinucléaires ont été arrêtés suite aux occupations permanentes pour empêcher l'ouverture du chantier de six réacteurs EPR à Jaitapur.


14 juin

Suisse : le débat sur la sortie du nucléaire permet d'obtenir un chiffre intéressant : la seule consommation d'internet dans le pays représente 4640 gigawatts-heure par an soit plus que la production d'un réacteur nucléaire. En extrapolant à la France, cela ferait donc de l'ordre de sept à huit réacteurs !


15 juin

France : Christian Holbé (délégué syndical central et délégué du personnel CGT), analyste en sûreté au sein de l'IRSN, dénonce le fait que les stress-tests sur les réacteurs sont censés être faits en six mois, alors qu'il faudrait au moins deux ans et avec des moyens financiers supplémentaires. Il s'étonne aussi de l'absence de contrôle du côté du nucléaire militaire alors que cela relève aussi de l'IRSN.
Europe : Greenpeace publie une contre-expertise sur l'état des réacteurs nucléaires. Les experts mandatés concluent que les stress-tests demandés par l'Union européenne sous-estiment les risques mêmes qui ont permis la catastrophe de Fukushima. Plusieurs réacteurs en bord de mer ne résisterait pas à une inondation, nombreux sont ceux qui ne résisteraient pas à un séisme majeur, les chutes d'avion intentionnelles ou non sont ignorées. (en anglais : http://www.greenpeace.org/eu-unit/Global/eu-unit/reports-briefings/2012 pubs/Pubs 2 Apr-Jun/Critical Review of the EU Stress Test.pdf)


16 juin

Japon : en dépit de l'opposition de 80 % des Japonais, le premier ministre ordonne le redémarrage de deux réacteurs nucléaires à Ohi, réacteur situé sur la côte ouest du Japon, à hauteur d'Osaka (de l'autre côté par rapport à Fukushima). Les réacteurs 3 et 4 d'Ohi pourraient être remis en route d'ici le 21 juin selon la compagnie d'électricité. Ce viol de la démocratie a été obtenu en mettant la pression (notamment économique) sur les élus locaux qui ont progressivement changé d'avis et signé les autorisations nécessaires. Le premier ministre a précisé que d'ici août le gouvernement présenterait un plan énergétique qui prévoirait un recours minimal au nucléaire. Environ 11000 personnes ont manifesté pendant 48 heures devant le siège du gouvernement à Tokyo. Kenzaburo Oe, prix Nobel de littérature et plusieurs autres personnalités ont été reçus par le gouvernement à qui a été remis une pétition signée par plus de sept millions de personnes demandant l'arrêt définitif du nucléaire. Les opposants rappellent que les réacteurs d'Ohi sont tout autant vulnérables à un tsunami ou à un séisme qu'avant le 11 mars 2011 puisque aucune modification n'a été faite. Ils rappellent aussi que ces réacteurs ont été fortement critiqués car ils sont situés sur une faille sismique qui passe entre les réacteurs 2 et 3 ! Satoshi Kamata, journaliste célèbre au Japon, écrit au gouvernement un texte intitulé : "le Japon attend Nagasaki après Hiroshima" sous-entendant que l'on est en train de prendre le risque d'avoir un nouvel accident. Il clame ainsi "Que cesse un pouvoir qui privilégie l'économie au détriment de la sécurité de ses citoyens".
Japon : selon la chaîne de télévision NHK, un très haut niveau de radioactivité a été détecté par Tepco sur le réacteur n°2 de Fukushima. Un robot introduit au 5e étage, à environ 4,5 mètres au-dessus du cœur du réacteur a en effet mesuré un taux de 880 millisieverts par heure. Tepco estime que c'est provoqué par des écoulements de matières radioactives en dehors de l'enceinte de confinement.
Monde : une pétition internationale de soutien est lancée pour protester contre le redémarrage des réacteurs au Japon alors que ceux de Fukushima ne sont toujours pas arrêtés. (http://www.sortirdunucleaire.org/actualites/communiques/affiche.php?aff=880)
Japon : alors que la communauté bouddhiste ne s'était jamais prononcée sur la question du nucléaire, ses prêtres prennent publiquement position contre le recours à cette énergie.


17 juin

Allemagne : selon le Süddeutsche Zeitung, RWE, deuxième électricien du pays, envisage d'arrêter ses activités nucléaires non seulement dans le pays, mais également à l'étranger (elle est présente notamment en Grande-Bretagne), estimant que cette technologie n'a plus d'avenir.
Japon : l'éditorial du Japon Times titre "Le regrettable forcing pour redémarrer les réacteurs" et rappelle une nouvelle fois que les réacteurs n'ont fait l'objet d'aucune mise aux nouvelles normes de l'après-Fukushima.
Japon : à 22h32 (heure française), fort séisme de magnitude 6,4 sur la côte est du pays, au niveau de Sendai, donc légèrement au nord de Fukushima.
Japon : 73 maires envoient une lettre ouverte au premier ministre pour protester contre le redémarrage de réacteurs alors que la situation n'est toujours pas stabilisée à Fukushima et que l'urgence est de reloger les personnes évacuées. Plusieurs préfets (équivalent de nos présidents de région) protestent également.
Japon : 1300 personnes évacuées de la zone interdite de Fukushima portent plainte contre Tepco et les autorités de sûreté pour "crime". 33 personnes sont nommément impliquées par la plainte.


18 juin

Japon : la société Japan Nuclear Fuel annonce la reprise des tests de vitrification des déchets sur le site de Rokkasho. Cette usine fournie par Areva devait initialement fonctionner… en 2007 ! Malheureusement, les essais de fonctionnement ont toujours jusqu'à maintenant donné de mauvais résultats. Le lobby essaie donc de relancer la machine.
Japon : selon la chaîne de télévision TVNZ plus de 70 % des Japonais pensent qu'il est possible de passer l'été sans redémarrer de réacteurs, uniquement en étant économe sur ses consommation d'énergie et en limitant la climatisation.
Japon : alerte météo : un typhon arrive sur la côte est par le sud. Les vents sont prévus à 260 km/h.
Japon : contre-feu du gouvernement qui annonce un ambitieux programme en faveur des énergies renouvelables, avec des prix d'achat subventionnés généreux pour l'électricité en provenance du solaire et de l'éolien (le double de ce qui se pratique en Allemagne). Le gouvernement espère ainsi provoquer une montée en puissance des renouvelables de 2000 MW en un an.


19 juin

Japon : plusieurs ministres ont présenté leurs excuses publiquement après que le gouvernement des Etats-Unis ait annoncé qu'il ne comprenait pas pourquoi les cartes fournies par leurs scientifiques portant sur le nuage radioactif de Fukushima n'ont pas été rendues publiques au moment de l'accident. Le ministère des sciences a expliqué le blocage en affirmant qu'il n'était pas possible de s'assurer de la fiabilité des données. C'est sans doute pour la même raison que le gouvernement japonais ne transmet pas les études américaines qui estiment qu'il faut augmenter la zone d'évacuation ou qu'il faut considérer Tokyo comme une zone contaminée.
Grande-Bretagne : L'Autorité de démantèlement nucléaire britannique annonce l'arrêt de l'usine de retraitement Thorp à Sellafield en 2018, l'équivalent de l'usine Areva de La Hague. Cela confirme l'abandon de la possibilité d'y extraire du plutonium pour fabriquer du combustible Mox (mélange uranium-plutonium). La France reste donc le seul pays au monde à miser sur cette technologie très polluante.
Japon : Le typhon Guchol – le 5e de l'année – a touché le sud du Japon avec des vents à 240km/h remontant ensuite le long des côtes en s'affaiblissant : seulement 120 km/h au niveau de Fukushima. Record de précipitations dans le sud du pays.




20 juin

Japon : Toshiba veut utiliser les zones contaminées autour de Fukushima pour y installer une centrale solaire de 100 MW. Le site choisi est sur la commune évacuée de Minami Soma, à 25 km du réacteur. Le coût du projet est de 300 millions d'euros et la production électrique pourrait commencer en 2014.
Allemagne : malgré l'arrêt de la moitié de ses réacteurs nucléaires, le pays reste largement exportateur : 8,2 milliards de kWh pour le premier trimestre 2012. Cela signifie que sur la production des 9 réacteurs encore en activité, 4 n'ont servi qu'à l'exportation.


21 juin

Suède : un chien découvre des explosifs placés sous un camion qui circulait à l'intérieur du site de la centrale de Ringhals. Les autorités ont signalé que ce n'est pas la première fois qu'une telle tentative a lieu : depuis 2005, plusieurs fois des explosifs ont ainsi été trouvés.
Normandie : tourisme antinucléaire. Un paquebot de l'association Peace Boat — 900 voyageurs — est arrivé au port du Havre. Un bus de militants écologistes japonais a ensuite été en visite sur les sites de Penly et Paluel pour y rencontrer les antinucléaires locaux.


22 juin

Japon : mobilisation antinucléaire à Tokyo : plus de 30 000 personnes essaient de manifester devant la résidence du Premier ministre. Des personnalités présentes dans la foule expliquent notamment que l'Agence de sûreté nucléaire qui a donné son feu vert à la compagnie d'électricité Kansai Electric, gérante des réacteurs de Ohi, va être dissoute dans les semaines à venir à la suite de révélations sur sa corruption par le lobby nucléaire… ce qui laisse planer le doute sur la validité des rapports faits sur la sûreté à Ohi. Comme à chaque manifestation la police gêne au maximum les manifestants : ceux-ci n'ont le droit d'occuper que la moitié de la largeur du trottoir et n'ont pas le droit de bloquer la chaussée… donc cela fait une file interminable de manifestants, certains fort loin du lieu de manifestation. Face à cela des groupes proches de l'extrême-droite ont appelé à une manifestation pro-nucléaire. Là, pas de difficulté pour compter le nombre de manifestants : 12 selon les médias.


23 juin

Japon : The Japon Times annonce que 8 des 20 principaux dirigeants de TEPCO qui ont été "démissionnés" après l'accident de Fukushima, se sont trouvé des situations enviables dans d'autres compagnies. Ceci ne devrait pas les exempter de passer en procès un jour. Dans son éditorial, il dénonce la collusion entre les dirigeants des compagnies électriques et les autorités "indépendantes" chargées de les surveiller.


25 juin

Japon : selon l'agence de presse Chine nouvelle, pour la première fois depuis l'accident de Fukushima des fruits de mer pêchés dans la région ont été commercialisés par une coopérative de pêcheurs. Les fruits de mer ont été ébouillantés (ce qui ne change strictement rien à la radioactivité !) et ont trouvé preneurs en étant vendus 40 % moins cher que le prix du marché.
Etats-Unis : L'autorité de sûreté nucléaire vient d'autoriser l'augmentation de puissance de deux réacteurs de Turkey Point de 15 %… alors que les cuves de ces réacteurs prévues pour résister 30 ans ont déjà 39 et 40 ans !


26 juin

Japon : deux séismologues de renom, Katsuhiko Ishibashi, sismologue à l'université de Kobé et Mitsuhisa Watanabe, professeur de géomorphologie à l'université de Tokyo donnent une conférence de presse commune : ils dénoncent les modes de calcul des autorités de sûreté nucléaire, ironisent sur leur indépendance… et prédisent qu'un prochain tremblement de terre peut toujours mettre à mal la centrale d'Ohi. Rappelons que ces mêmes sismologues avaient donné une conférence de presse en 2007, après un tremblement de terre qui avait provoqué l'arrêt définitif de plusieurs réacteurs nucléaires… et qu'ils avaient annoncé alors un scénario très proche de ce qui s'est passé à Fukushima.

27 juin

Japon : TEPCO annonce des niveaux records de radiation dans le réacteur n°1. Jusqu'à 10 SV/h mesuré par un robot : dix fois plus que ce qui a été mesuré dans les réacteurs 2 et 3. Un humain y recevrait sa dose annuelle en 20 secondes ! Ce niveau record indique que le cœur du réacteur est de plus en plus à l'air libre. Il indique également qu'il sera extrêmement difficile de stopper la réaction nucléaire, car seuls des robots peuvent approcher le lieu.
Japon : l'Etat investit 10 milliards d'euros dans le capital de TEPCO et devient ainsi le principal actionnaire de l'entreprise (50,11 %) en sérieuse difficulté.
Inde : vive polémique dans le pays après que le gouvernement ait annoncé le recours à des psychiatres pour faire changer d'avis une population pour le moment très largement antinucléaire. L'ancien chef d'Etat-major de la marine, l’amiral L. Ramdas, n'a pu s'empêcher d'ironiser dans la presse en se demandant si les psychiatres ne devraient pas plutôt aider les membres du gouvernement qui ne semblent pas comprendre pourquoi on peut être contre le nucléaire.


28 juin

France : le Réseau Sortir du nucléaire rend publics des documents confidentiels de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, transmis à l'association de manière anonyme, qui font état de défauts génériques sur les centrales de Paluel (Seine-Maritime), Flamanville (Manche) et Saint-Alban (Isère). Les piscines des huit réacteurs concernés ne sont pas aux normes pour résister à un séisme. Cette anomalie avait été au départ trouvée sur les piscines de la centrale de Cattenom (Nord).
France : l'ASN, autorité de sûreté nucléaire, publie la liste de mise aux normes des réacteurs français après Fukushima. Les travaux exigés sont estimés à 10 milliards d'euros. L'ASN précise que ces mesures sont provisoires, Fukushima n'ayant pas encore donné tous les "enseignements" que l'on peut en tirer.
Japon : un groupe de parlementaires opposés au nucléaire publie un classement des centrales nucléaires du pays en fonction des risques d'accident. Ce groupe estime que 24 réacteurs doivent être définitivement fermés du fait de leur proximité avec des failles. Les réacteurs 1 et 2 de la centrale d'Ohi arrivent en tête du fait de son emplacement sur une faille séismique très active. Ils sont suivis par les réacteurs 3 et 4 de la même centrale. Ce sont les réacteurs 1 et 2 qui sont pourtant en voie d'être redémarrés.
Japon : la préfecture de Fukushima indique que 9779 personnes ont quitté la région pour les mois d'avril et mai 2012. Depuis l'accident, on approcherait les 200 000 départs volontaires soit environ 10 % de la population.


29 juin

Japon : dès le matin, plusieurs dizaines de milliers de manifestants antinucléaires (entre 15 000 selon la police et 60 000 selon les organisateurs) manifestent autour de la résidence du premier Ministre. Alors que jusqu'à maintenant les manifestations se tenaient sagement sur les trottoirs, cette fois, les manifestants ont désobéi aux policiers pour envahir les rues. La manifestation grossit alors toute la journée et le soir, ce sont entre 150 000 et 200 000 personnes qui bloquent le quartier. C'est la plus grosse manifestation antinucléaire jamais organisée au Japon.


30 juin

Japon : Le journal de Tokyo rapporte une étude médicale portant sur 2022 enfants de 0 à 7 ans vivant dans la préfecture de Fukushima. Sur cet échantillon, 141 présentent une contamination au césium dans leur urine. Trois enfants dépassent 10 bq/kg : les trois ont des parents qui ont continué à consommer des produits de leur potager après l'accident.
Japon : TEPCO annonce que le système de refroidissement de la piscine de combustible du réacteur n°1 de Fukushima est tombé en panne. C'est la deuxième panne de ce genre. Ces pannes nécessitent des réparations d'urgence car la température dans les piscines peut augmenter très rapidement.
France : le CEA et Bouygues annonce un accord pour la construction d'un nouveau réacteur Astrid à Marcoule (Gard). Il s'agit d'un surgénérateur expérimental de 600 MW fonctionnant au plutonium et au sodium. Le groupe parlementaire EELV dénonce une provocation et annonce qu'il ne votera pas la confiance au gouvernement si ce projet est maintenu. Il demande que les 650 millions du contrat soient réinvestis dans la maîtrise de l'énergie et les énergies renouvelables.
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Nico37



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MessageSujet: Re: Nature déchaînée contre technologie japonaise   Mar 21 Aoû - 23:49

Citation :
Juillet 2012

1er juillet

Japon : la compagnie Kansai Electric Power annonce le redémarrage du réacteur n°3 de la centrale d'Ohi. La réaction en chaîne a été réactivée. Au même moment, plusieurs centaines de personnes campent toujours devant la résidence du premier ministre.

3 juillet

France : le groupe EELV est reçu par la ministre de l'Ecologie. A la sortie, il se dit de nouveau confiant… sans précision.
Espagne : la centrale de Garoña, mise en route en 1971, voit son activité prolongée jusqu'en 2019 ! Vives réactions des opposants.

4 juillet

Japon : le réacteur n°3 de la centrale d'Ohi est rebranché au secteur et recommence à produire de l'électricité. A l'extérieur de la centrale, des centaines d'opposants manifestent depuis le 29 juin. Elle fonctionne dans les mêmes conditions qu'avant l'accident de Fukushima. Comme si rien ne s'était passé…
Japon : selon le groupe d'information économique Nikkei, il y aurait actuellement plus de 100 parcs photovoltaïques (entre 1 et 100 MW) en construction dans le pays.

5 juillet

Japon : la commission parlementaire chargée d'étudier la part du séisme et du tsunami dans la catastrophe de Fukushima a remis un rapport de 620 pages. Elle conclut intelligemment en rappelant que c'est d'abord une catastrophe créée par l'homme… "L'accident (..) est le résultat d'une collusion entre le gouvernement, les agences de régulation et l'opérateur Tepco, et d'un manque de gouvernance de ces mêmes instances". Il y a bien eu un séisme et un tsunami… mais leurs effets ont été terribles car les travaux prévus de longue date pour s'en protéger n'ont pas été effectués pour des raisons purement financières. Cette enquête donne des informations fort différentes des rapports lénifiants de TEPCO, jusqu'alors les seuls disponibles. Le rapport remet en cause la version selon laquelle c'est le tsunami qui a provoqué l'accident. Les témoignages recueillis montrent au contraire que le séisme a sûrement largement contribué à entamer le processus de la catastrophe. Ce dernier point est important : cela signifie qu'un réacteur, même éloigné des côtes (comme c'est le cas en France, mais pas au Japon) peut subir un accident similaire avec seulement un fort séisme.
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Nico37



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Date d'inscription : 08/03/2011

MessageSujet: Re: Nature déchaînée contre technologie japonaise   Ven 24 Aoû - 1:55

Citation :
A Fukushima, les habitants vivent à l’heure de la séparation 13.08 Brigitte Bègue

Le 7 août dernier, en pleine commémoration de l’explosion des bombes sur Hiroshima et sur Nagasaki, les 6 et 9 août 1945, trois citoyens japonnais en provenance de Fukushima sont venus rendre compte à Paris de leur quotidien. Une rencontre à l’initiative des journalistes de l’environnement (Aje). Ils sont tous membre du CRMS (Citizen’s radioactivity measuring station), un réseau que les habitants de Fuskushima ont mis en place avec l’aide de la Criirad (organisme indépendant de mesure de la radio-activité qui s’est crée au moment de Tchernobyl) pour faire face à la désinformation du gouvernement japonais sur l’ampleur de la catastrophe.

« Comme on ne nous donnait pas de chiffres sur la radioactivité, les habitants de FuKushima se méfaient de plus en plus, raconte la présidente du CRMS, Aya Marumori. Les autorités nous disaient que si nous étions malades plus tard, ce serait à cause de notre stress et non de la radioactivité. Dans ce contexte, la population a commencé à se taire. Et aujourd’hui, c’est encore ça qui prédomine. Nous n’avons pas le droit de dire notre inquiétude. Du coup, les gens s’autocensurent, les jeunes mamans et les femmes enceintes se sentent pourtant insécurisées. Mais on nous répond toujours qu’il n’y a aucun problème ». En juillet 2011, les habitants se prennent par la main pour créer le CMRS. Objectif : réaliser des mesures indépendantes de la radioactivté dans l’air, sur les aliments, dans les écoles, les habitations, les crèches, les sols, etc. L’association a également acheté un appareil qui puisse mesurer directement sur le corps les doses reçues par les citoyens. « Des médecins et des pédiatres nous soutiennent, souligne Aya Marumori. Nous avons déjà organisé des visites médicales gratuites huit fois et mille personnes sont venues consulter ». Pour chaque famille, « un carnet de vie », sorte de carnet de santé est établi afin de suivre leur état dans les années qui viennent. Neuf stations de mesures ont déjà été installées dans la préfecture de Fukushima et une antenne a été mise en place à Tokyo.

Des conséquences sur la santé encore inconnues

« On ne peut pas encore savoir l’impact de Fukushima sur notre santé, les gens ont beaucoup de symptômes, surtout chez les enfants, mais on ne sait pas si c’est lié à l’explosion de la centrale. Les parents nous disent par exemple, qu’avant, quand leurs enfants étaient enrhumés, ils guérissaient plus vite que maintenant. Est-ce lié à une baisse du système immunitaire ? Des enfants ont eu des examens de leur thyroïde à l’hôpital mais nous n’avons pas encore les résultats », déclare Wataru Iwata, directeur du laboratoire CMRS. Kodai Tanji, lui, vivait chez ses parents avec sa femme et ses deux enfants, dans le quartier de Watari, à l’est de Fukushima quand la catastrophe a eu lieu : « J’avais entendu parler des pastilles d’iode mais je n’ai pas pu m’en procurer. Avec ma famille, on a vécu enfermé trois jours, j’avais interdit à mes enfants de sortir de la maison. Ma mère était tellement angoissée qu’elle a encouragé ma femme et les enfants à partir. Le 14 mars, alors qu’on préparait le dîner, j’ai appelé un taxi pour les envoyer à Tokyo. Il n’y avait plus d’essence ni de train à Fukushima, tout était bloqué, c’était cher mais la seule solution. Le 15 mars, j’avais tellement peur moi aussi que je suis parti les rejoindre ». La famille de Tanji est partie ensuite se réfugier dans un village entre Osaka et Tokyo, « C’est comme si on faisait une course poursuite avec le nuage radioactif », dit-il.

Les mères et les enfants partent

Aujourd’hui, sa femme, Yayoi et leurs enfants de 11 et 9 ans, vivent au sud du Japon, à 600 kms de lui, chez les parents de Yayoi. « Au début, on se téléphonait tous les jours, mais ça finit par coûter cher, raconte-t-elle. Mon mari vient nous voir une fois tous les deux mois en TGV ou en voiture. Jusqu’à mars 2012, les réfugiés pouvaient utiliser l’autoroute gratuitement mais aujourd’hui, il faut payer 120 euros un aller simple, les autoroutes sont très chères au Japon, et il doit faire huit heures de route ». Quand pense-t-elle rentrer ? « Je ne sais pas, cela peut encore exploser à Fukushima, j’ai peur ». « Watari était un beau quartier avec ses cerisiers qui donnaient 40 000 cerises au printemps mais il est aujourd’hui très contaminé », déplore Kodai. Pourtant, les autorités n’ont pas cru bon d’évacuer les habitants. La zone d’évacuation obligatoire a été délimitée à 20 kms autour de la centrale, au-delà, c’est parfois recommandé quand on est à 30 kms, par exemple, ou qu’on habite un « spot » de haute contamination comme c’est le cas pour Watari mais, sans obligation de partir, la population doit se débrouiller seule.

Deux foyers évacués

Sur 300 000 habitants à Fukushima, environ 161 000 ont quitté leur habitation : 100 000 sont, néanmoins, restés à l’intérieur de la préfecture, les autres sont partis beaucoup plus loin. Comme Yayoi, la plupart des réfugiés volontaires sont des mères et des enfants, les pères sont restés à Fukushima pour travailler. A Watari, les autorités ont conclu que deux foyers seulement devaient être évacués. Pourtant, selon le CMRS, 309 sont contaminés au-delà du seuil. « Pourquoi tous les habitants ne sont-ils pas traités de la même manière, pourquoi devons-nous attendre la décontamination par l’Etat, pourquoi ne sommes-nous pas évacués et indemnisés », interroge Kodai Tanji. Seuls ceux qui ont de l’argent peuvent quitter Fukushima Aujourd’hui, le CMRS se bat, entre autres, pour que les réfugiés volontaires puissent être aidés financièrement : ceux qui été évacués par le gouvernement perçoivent mille euros d’indemnités par mois auxquels s’ajoutent un dédommagement pour les frais médicaux, de déplacement et de première nécessité (électricité, gaz, etc.). Les réfugiés volontaires n’ont eu droit qu’à 6000 euros par enfant et 800 euros par adulte. Du coup, seules les familles qui ont un peu d’argent, comme celle de Tanji, peuvent fuir FuKushima, les autres sont condamnés à subir la pollution radioactive. Une loi votée par le parlement japonnais le 21 juin dernier devrait bientôt permettre aux habitants de Fukushima qui veulent quitter la zone de réclamer des indemnités. « Encore faut-il qu’elle soit appliquée et que le seuil de radioactivité au-delà duquel on estime qu’il y a danger pour leur santé soit correctement défini par les autorités », insiste Wataru Iwata. Ce qui semble loin d’être le cas. D’autant que comme il le souligne « la radioactivité n’est pas là même partout : elle est plus importante près du toit qu’au rez-de-chaussée des maisons ».
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Nico37



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MessageSujet: Re: Nature déchaînée contre technologie japonaise   Sam 25 Aoû - 1:54

Citation :
Japon : Je suis en colère Michel Bernard Journaliste à la revue Silence

Je suis en colère parce que l'accident de Tchernobyl n'a pas servi de leçon. Et que l'on continue à entendre et lire les mêmes mensonges sur le nucléaire dans les médias.

Je suis en colère quand j'entend à la radio, un haut responsable du nucléaire français nous dire qu'on ne peut remettre en cause le nucléaire : "personne n'a envie de revenir à la bougie". Que je sache, dans les pays européens qui n'ont pas de centrales nucléaires (Autriche, Danemark, Grèce, Irlande, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Portugal…), y-en-t-il où l'on s'éclaire à la bougie ? Il n'y a que 441 réacteurs nucléaires dans le monde (dont 58 en France, 55 au Japon)… dans seulement 31 pays, tous les autres pays s'en passent.

Je suis en colère quand en 1979, après l'accident nucléaire de Three-Mile Island, on nous a dit que c'était parce que les Américains étaient moins forts que nous ; quand en 1986, après l'accident de Tchernobyl, on nous a dit que les Russes étaient moins foirt que nous… et que je lis aujourd'hui que les Japonais sont moins forts que nous… De qui se moque-t-on ?

Je suis en colère quand on me dit que l'on peut continuer à exploiter encore des vieux réacteurs comme Fessenheim en Alsace (qui a trente ans) parce que "plus il est vieux, mieux on connait un réacteur". Ce n'est pas parce que vous connaissez bien les défauts de votre vieille voiture qu'elle tombe moins souvent en panne et moins gravement. (Le réacteur Fukushima-Daiichi 1, qui vient d'exploser avait 40 ans et a été autorisé à continuer de fonctionner pour dix ans en février 2011 !).

Je suis en colère quand on nous dit que l'on ne peut se passer du nucléaire en France, parce que cette énergie fournit près de 80 % de notre électricité. C'est oublier que l'électricité n'est pas la principale source d'énergie (c'est le pétrole) et que le nucléaire ne représente que 17 % de notre énergie. Si l'on voulait s'arrêter, on pourrait s'appuyer sur une solidarité au niveau de l'Europe : là, le nucléaire ne représente que 35 % de l'électricité et seulement 9 % de l'énergie ! Il suffirait donc d'économiser 9 % pour s'en passer !

Je suis en colère parce qu'au nom de la défense de la croissance économique, les programmes énergétiques français ou européens, négligent toujours plus ou moins le potentiel des économies d'énergies, préférant la surconsommation, éventuellement alimentée par le recours aux énergies renouvelables. Or l'énergie la plus propre reste celle que l'on ne consomme pas. En adoptant les meilleures techniques disponibles et en évitant les comportements énergivores, nous pourrions diviser par 4 notre consommation en une vingtaine d'années.

Je suis en colère parce que les discours économiques nous polluent : on nous dit qu'arrêter un réacteur nucléaire, ce serait de l'argent gaspillé… mais les 1000 milliards d'euros déjà dépensé en 25 ans pour la gestion de la catastrophe de Tchernobyl (et c'est loin d'être terminé), ce n'est pas un gaspillage encore plus grand ? Mille milliards d'euros, c'est sensiblement le coût qu'il a fallut dépenser pour construire l'ensemble des 441 réacteurs actuellement en fonctionnement.

Je suis en colère parce que je sais que l'on peut arrêter relativement rapidement le programme nucléaire français, qu'il existe de multiples scénarios de sortie sur le sujet (de 2 à 30 ans selon les efforts qu'on veut bien consentir).

Je suis en colère quand j'entends mon gendre, 25 ans, ingénieur dans le photovoltaïque, me dire qu'il cherche un nouveau travail car la profession est sinistrée suite aux récentes décisions du gouvernement.

Je suis en colère quand mon fils, 20 ans, me dit : "à quoi ça sert de faire des études si dans cinq ans on a tous un cancer" (et il ne pense pas qu'au nucléaire, mais aussi à la pollution atmosphérique, aux pesticides…).

Alors j'agis, je me suis investi depuis une trentaine d'années dans les médias écologistes pour faire circuler une information moins déloyale et j'incite les journalistes et les lecteurs à prendre le temps d'eux aussi chercher où est la vérité. Comment peut-on encore minorer l'importance de la pollution radioactive au Japon alors que les images sur internet nous montrent les réacteurs en flamme ?

Alors j'agis et je m'engage dans l'une des 875 associations qui animent le Réseau Sortir du nucléaire pour demander à nos élus de faire pression pour un changement de politique dans le domaine de l'énergie. (www.sortirdunucleaire.org)

Alors j'agis au niveau local en rejoignant les nombreux groupes locaux qui travaillent à des plans de descente énergétique qui nous permettront de diminuer la menace nucléaire, mais aussi notre dépendance à un pétrole qui va être de plus en plus rare. (www.transitionfrance.fr)

Alors j'agis car aujourd'hui si le lobby nucléaire arrive à manipuler élus et médias, c'est parce que nous ne nous indignons pas assez !
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Nico37



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MessageSujet: Re: Nature déchaînée contre technologie japonaise   Dim 26 Aoû - 16:21

http://webdoc.france24.com/fukushima/index.html
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Nico37



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MessageSujet: Re: Nature déchaînée contre technologie japonaise   Mar 28 Aoû - 23:18

Citation :
Les papillons mutants de Fukushima France 2 (vidéo) Gaëlle LE ROUX (texte)

Un an et demi après la catastrophe de Fukushima, des biologistes japonais ont mis en évidence une mutation génétique chez des papillons exposés aux radiations. L’étude ravive les inquiétudes sur les conséquences humaines de l’accident nucléaire.

Les zizeeria maha, des petits papillons bleus, étaient jusqu’alors considérés comme particulièrement résistants aux effets de la radioactivité. Mais un an et demi après l’accident nucléaire de Fukushima, des scientifiques japonais ont révélé des mutations génétiques chez ces insectes, capturés à proximité de la centrale et particulièrement exposés aux radiations. L’étude a été rendue publique mardi 14 août dans la revue "Scientific Reports".

Six mois après la catastrophe nucléaire de Fukushima, plus de la moitié des papillons capturés dans la zone contaminée présentaient des malformations, notamment au niveau des ailes.
Les biologistes ont d’abord capturé un groupe de 144 papillons dans dix endroits différents du Japon, dont la région de Fukushima, deux mois après l’accident nucléaire de mars 2011. Ils étaient à l’état de larve au moment de la catastrophe. Les spécimens collectés près de la centrale endommagée ne présentent pas, selon l’étude, un taux de malformation différent des autres. En revanche, 18 % des papillons de la génération suivante, nés du croisement d’insectes sains et d’insectes exposés aux radiations, sont anormaux. Ils ont notamment des antennes atrophiées, des malformations des pattes, des lésions au niveau des yeux et des ailes…Ce chiffre passe à 34 % pour la génération d’après. Six mois après la catastrophe, plus de la moitié des papillons capturés lors d’une seconde opération près de la centrale de Fukushima présentent des anomalies morphologiques.

Les papillons, de l'espèce zizeeria maha, présentaient aussi des lésions au niveau des yeux, des pattes et des antennes.
En exposant à des radiations des papillons non affectés préalablement, les scientifiques sont parvenus à prouver que les malformations constatées chez les papillons de Fukushima étaient bel et bien dues aux émanations radioactives provoquées par l’accident nucléaire. "Nous en avons tiré la conclusion claire que les radiations dégagées par la centrale de Fukushima Daiichi avaient endommagé les gênes des papillons, assure Joji Otaki, professeur à l’université Ryukyu d’Okinawa, dans le sud du Japon. Nos résultats étaient inattendus : nous avons toujours cru que ces insectes étaient très résistants aux radiations."

Quid des effets chez l'être humain ?

Si les résultats de cette étude sont préoccupants, aucune conclusion générale sur l’impact de l’accident ne doit pour l’heure être tirée, précise le chercheur. L’effet observé n’est aujourd’hui avéré que sur les papillons, pas sur les autres espèces animales ou sur l’homme. Pourtant, nombre de scientifiques tirent la sonnette d’alarme quant aux effets probables de la catastrophe sur la santé humaine. Tim Mousseau, biologiste spécialiste de l’impact des radiations sur les animaux et les plantes à l’université américaine de Caroline du Sud, est l’un d’entre eux. "Cette étude est importante et bouleversante dans ses implications pour les communautés humaines et biologiques vivant à Fukushima", a-t-il déclaré sur la BBC.

Un papillon n'ayant subi aucune malformation.

Michel Fernex, médecin suisse, professeur de médecine à l’université de Bâle et ancien président de l’organisation Les enfants de Tchernobyl Belarus, s’en inquiète également. À son retour d’un récent séjour au Japon, où il a été invité par des associations de victimes de Fukushima, le professeur a témoigné d’impacts d’ores et déjà visibles sur les hommes, notamment sur les enfants. "J’ai pu rencontrer quatre professeurs [de l’université de médecine de Fukushima], raconte-t-il dans un entretien publié dans le quotidien "l’Alsace" fin juillet. Ils étaient très surpris de voir apparaître chez des sujets jeunes des infarctus du myocarde, du diabète, des maladies des yeux. […]. [Les études de l’institut indépendant Belrad auprès des populations touchées par Tchernobyl] ont mis en évidence les liens entre contamination, notamment par le Césium 137, et ces pathologies."

Il relate également l’apparition de maladies de la thyroïde. "Mais les cancers ont un temps de latence qui fait qu’ils ne séviront que dans quatre ans, tout comme les cancers du cerveau chez les enfants et plus tard chez les adultes", assure-t-il. Puis il poursuit : "Le nombre de bébés de faible poids à la naissance augmente. Le nombre de naissance de filles baisse de 5 % parce que l’embryon féminin est plus vulnérable". L’évolution des maladies du nouveau-né et du mongolisme reste en revanche inconnue. "Ces données sont gardées secrètes", affirme Michel Fernex. Comme pour Tchernobyl*, les chercheurs japonais subissent l’intimidation des autorités pour qu’ils ne poussent pas leurs études trop loin, selon le médecin. "Directive a été donnée à l’université de Fukushima de ne pas parler de nucléaire. Seul un jeune professeur d’écologie tente des études sur les conséquences de la catastrophe sur les enfants. Il subit des menaces", rapporte-t-il.

Bataille de chiffres

Plus de 26 ans après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, en avril 1986 en Ukraine, une bataille des chiffres est toujours en cours autour des conséquences sanitaires de l’accident. Les experts de l’ONU, de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sont régulièrement accusés de fournir des bilans tronqués et des chiffres extraordinairement bas concernant le nombre de décès et maladies directement imputables à l’exposition des populations aux radiations, après l’accident.

"L'AIEA a deux missions: contrôler le nucléaire militaire et promouvoir le nucléaire civil, une entreprise qui commence par la négation des conséquences d'une catastrophe comme Tchernobyl", accusait ainsi Roland Desbordes, président de la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) en 2005, au lendemain de la publication d’un rapport de 600 pages validé par huit agences de l’ONU, dont l’AIEA et l’OMS, qui n’imputait "que" 4 000 morts à l’accident de Tchernobyl.

Au Japon, aucune personne n’est décédée directement du fait des radiations provoquées par l’accident de Fukushima. Mais les habitants de la région et les travailleurs qui interviennent dans la centrale endommagée craignent des effets à long terme. Quatre études épidémiologiques ont été lancées dans le pays après la catastrophe. Elles devraient durer 30 ans. Aucune donnée médicale notable n’a, pour l’heure, été rendue publique. Parallèlement, l’équipe de biologistes auteure des études sur les papillons bleus s’attèle désormais à faire des recherches sur l’impact des radiations sur des animaux. Les résultats ne devraient pas être connus avant plusieurs années.

*Youri Bandajevskaïa, un médecin biélorusse travaillant sur les conséquences sanitaires de la catastrophe de Tchernobyl, a été arrêté en 1999 puis condamné deux ans plus tard à huit ans de prison. Il avait démontré l’effet toxique du Césium 137, même à faible dose, sur les enfants et les adultes, et n’avait de cesse d’appeler son gouvernement à prendre des mesures pour protéger les populations.
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Nico37



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MessageSujet: Re: Nature déchaînée contre technologie japonaise   Dim 2 Sep - 13:02

http://www.itele.fr/video/inquietudes-a-fukushima
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Nico37



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MessageSujet: Re: Nature déchaînée contre technologie japonaise   Sam 8 Sep - 16:55

Citation :
La dangereuse imposture nucléaire Jean-Jacques Delfour, professeur de philosophie en CPGE, ancien élève de l'ENS de Saint-Cloud

L'information commence à émerger : dans la centrale nucléaire de Fukushima, la piscine du réacteur 4, remplie de centaines de tonnes de combustible très radioactif, perchée à 30 mètres, au-dessus d'un bâtiment en ruine, munie d'un circuit de refroidissement de fortune, menace l'humanité d'une catastrophe pire encore que celle de Tchernobyl. Une catastrophe qui s'ajoute à celle de mars 2011 à Fukushima : 3 réacteurs percés qui déversent leur contenu mortel dans l'air, dans l'océan et dans la terre.
Les ingénieurs du nucléaire ne savent pas quoi faire face à tous ces problèmes. Ils ont déclamé que la sécurité, dans le nucléaire, était, est et sera totale, que, lorsqu'une catastrophe majeure a lieu, personne n'a de solution à proposer. Telle est l'effroyable vérité que révèle Fukushima. Tchernobyl avait été mis au compte de l'incompétence technique des Soviétiques. Impossible de resservir la même fable politique.

Si l'on fait usage de sa raison, il ne reste qu'une seule conclusion : l'incompétence des ingénieurs du nucléaire. En cas de panne du circuit de refroidissement, si l'échauffement du réacteur atteint un seuil de non-retour, il échappe au contrôle et devient un magma en fusion de radionucléides, de métal fondu et de béton désagrégé, très toxique et incontrôlable (le corium).

La vérité, posée par Three Miles Island, Tchernobyl et Fukushima, est que, une fois ce seuil franchi, les ingénieurs sont impuissants : ils n'ont pas de solution. Ils ont conçu et fabriqué une machine nucléaire mais ils ignorent quoi faire en cas d'accident grave, c'est-à-dire "hors limite". Ce sont des prétentieux ignorants : ils prétendent savoir alors qu'ils ne savent pas. Les pétroliers savent éteindre un puits de pétrole en feu, les mineurs savent chercher leurs collègues coincés dans un tunnel à des centaines de mètres sous terre, etc. Eux non, parce qu'ils ont décrété qu'il n'y aurait jamais d'accidents très graves.

Dans leur domaine, ils sont plus incompétents que les ouvriers d'un garage dans le leur. S'il faut changer le cylindre d'un moteur, les garagistes savent comment faire : la technologie existe. Si la cuve d'un réacteur nucléaire est percée et si le combustible déborde à l'extérieur, les "nucléaristes" ne savent pas ce qu'il faut faire. On objectera qu'une centrale nucléaire est plus complexe qu'une voiture. Certes, mais c'est aussi plus dangereux. Les ingénieurs du nucléaire devraient être au moins aussi compétents dans leur propre domaine que ceux qui s'occupent de la réparation des moteurs de voiture en panne : ce n'est pas le cas.

Le fait fondamental est là, affolant et incontestable : les radionucléides dépassent les capacités technoscientifiques des meilleurs ingénieurs du monde. Leur maîtrise est partielle et elle devient nulle en cas d'accident hors limite, là où on attendrait un surcroît de compétence : telle est la vérité, l'incontestable vérité. D'où l' aspect de devin à la boule de cristal des ingénieurs et des "spécialistes" du nucléaire. La contamination nucléaire ? Sans danger, affirment-ils, alors qu'ils n'en savent rien. L'état du réacteur détruit sous le sarcophage de Tchernobyl ? Stabilisé, clament-ils, alors qu'ils n'en savent rien. La pollution nucléaire dans l'océan Pacifique ? Diluée, soutiennent-ils, alors qu'ils n'en savent rien. Les réacteurs en ruine, percés, détruits, dégueulant le combustible dans le sous-sol de Fukushima ? Arrêtés à froid et sous contrôle, assurent-ils, alors qu'ils n'en savent rien.

Les effets des radionucléides disséminés dans l'environnement sur les générations humaines à venir ? Nuls, clament-ils, alors qu'ils n'en savent rien. L'état des régions interdites autour de Tchernobyl et Fukushima ? Sans nocivité pour la santé, aujourd'hui, comme pour des décennies, proclament-ils, alors qu'ils n'en savent rien. Pour qui les radiations sont-elles nocives ? Seulement pour les gens tristes, avancent-ils, alors qu'ils n'en savent rien. Ce sont des devins. L'art nucléaire est un art divinatoire. C'est-à-dire une tromperie.

Le nucléaire, qui s'annonçait comme la pointe avancée du savoir technoscientifique au point de se présenter comme une sorte de religion du savoir absolu, se révèle d'une faiblesse extrême non pas par la défaillance humaine mais par manque de savoir technoscientifique. Quelle que soit la cause contingente du dépassement du seuil de non-retour (attentat terroriste, inondation, séisme), l'incapacité de réparer et de contrôler la dissémination des radionucléides manifeste un trou dans le savoir qui menace la certitude de soi de la modernité. Les modernes prétendaient avoir rompu avec les conduites magiques. Le nucléaire est l'expérience d'une brutale blessure narcissique dans l'armature de savoir dont s'entoure l'homme moderne ; une souffrance d'autant plus grande que c'est sa propre invention qui le place en situation de vulnérabilité maximale.

En effet, le refus de considérer la possibilité réelle d'un accident hors limite a pour conséquence la négligence pratique et l'indisponibilité de fait des moyens techniques appropriés à ces situations hors limite. Ces moyens n'existent pas ; et personne ne sait si l'on peut les fabriquer. Peut-être qu'un réacteur en "excursion" est incontrôlable ou irrécupérable.

Je ne le sais pas et aucun "nucléariste" ne le sait; mais il est sûr que personne ne le saura jamais si l'on n'essaye pas de fabriquer ces outils techniques. Or l'affirmation d'infaillibilité empêche leur conception. Sans doute, ouvrir ce chantier impliquerait d'avouer une dangerosité jusqu'ici tue et de programmer des surcoûts jusque-là évités. Ainsi, l'infaillibilité des papes du nucléaire a plusieurs avantages : endormir les consciences et accroître les profits, du moins tant que tout va bien ; l'inconvénient majeur est de nous exposer sans aucun recours à des risques extrêmes.

Tout savoir scientifique ou technique est, par définition, incomplet et susceptible de modification. Affirmer l'infaillibilité d'un savoir technoscientifique ou se comporter comme si cette infaillibilité était acquise, c'est ignorer la nature du savoir et confondre celui-ci avec une religion séculière qui bannit le doute et nie l'échec. D'où l'effet psychotique de leurs discours (infaillibles et certains) et de leurs pratiques (rafistolages et mensonges). Tout observateur est frappé par cette contradiction et plus encore par son déni. Chacun est sommé d'un côté de leur reconnaître une science et une technique consommées et de l'autre côté de se taire malgré le constat de leur échec. Bref, le nucléaire rend fou. Mais ce n'est qu'un aspect de notre condition nucléaire. Contaminés de tous les pays, unissez-vous !
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Nico37



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MessageSujet: Re: Nature déchaînée contre technologie japonaise   Lun 1 Oct - 21:36

Citation :
Nucléaire : les 19 centrales françaises seraient épinglées par Bruxelles 01/10

Les résultats des stress-tests européens post-Fukushima du parc nucléaire français ne sont pas bons, selon Le Figaro qui affirme que le bilan note des "défaillances" pour toutes les centrales françaises mais n'exige aucune fermeture.

SURETE NUCLEAIRE - Il y a en France 54 réacteurs dans un total de 19 centrales. Elles sont toutes visées par les conclusion d'un test européen de sécurité des installations tenant compte de la catastrophe de Fukushima.

Des défaillances dans chaque centrale, mais aucune fermeture imposée. Ce serait le résultat du bilan par l'Union européenne des stress-tests post-Fukushima des 19 centrales nucléaires françaises, dont Le Figaro affirme avoir obtenu une copie.

D'après le journal, les centrales tricolores manquent d'instruments de mesure sismique répondant aux exigences de l'après-Fukushima et leurs équipements de secours ne sont pas protégés comme ceux des réacteurs des pays voisins. Des défauts qui ont cependant déjà été relevés par l'Autorité de sûreté nucléaire dans un rapport, et pour lesquels EDF a assuré que des solutions seront trouvées.

La plupart des critiques concernent les centrales françaises

Fessenheim, souvent pointée du doigt pour son statut de doyenne du parc, n'est pas la plus mal notée par le rapport. Le quotidien écrit que "les procédures prévues en cas d'accident grave sont jugées insuffisantes à Chooz et Cattenom mais adéquates à Fessenheim".

Ces tests de résistance et de sécurité sont menés depuis un ans sur ses 147 réacteurs répartis dans 14 pays, dont 58 en France dans 19 centrales.

Le cas d'un crash d'avion sur une centrale

"Nos contrôles de sécurité ont été stricts, sérieux et menés en toute transparence", a déclaré le commissaire à l'Energie Gunther Oettinger, en amont de cette information, ce lundi. " Ils ont permis de révéler ce qui allait bien et là où il fallait apporter des améliorations", a-t-il ajouté.

Avant de mettre en garde: la commission européenne ne montrera "aucune complaisance" sur la sécurité du parc nucléaire européen.

Selon le journal allemand Die Welt, qui dit avoir consulté ce rapport, le commissaire Oettinger chiffre à 25 milliards d'euros les travaux de mise en conformité rendus nécessaires par les contrôles qui ont fait apparaître des "centaines d'insuffisances". Die Welt précise d'ailleurs que la plupart des critiques concernent les centrales françaises.

La Commission européenne a réclamé des contrôles sur tous les types de réacteurs installés dans l'UE et a demandé une analyse des conséquences d'un accident d'avion sur une installation.

L'objectif était de vérifier la sécurité des installations en cas de rupture des approvisionnements en électricité, comme cela s'est produit sur le site de la centrale de Fukushima au Japon après le séisme suivi d'un gigantesque tsunami qui a inondé les installations.

Gunther Oettinger espère que la commission sera en mesure de soumettre ce rapport et ses recommandations aux dirigeants de l'UE lors du sommet des 18 et 19 octobre à Bruxelles.
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Nico37



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MessageSujet: Re: Nature déchaînée contre technologie japonaise   Mar 2 Oct - 23:32

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Nico37



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MessageSujet: Re: Nature déchaînée contre technologie japonaise   Sam 27 Oct - 3:22

Citation :
La centrale de Fukushima continuerait de fuir

Les niveaux élevés de radioactivité des poissons pêchés au large de la centrale de Fukushima pourraient indiquer qu'elle continue de fuir, 19 mois après la catastrophe nucléaire, selon l'étude d'un expert américain.

Dans cette étude publiée jeudi dans la revue américaine Science, Ken Buesseler, chimiste à l'Institut océanographique de Woods Hole (Massachusetts, nord-est des Etats-Unis), a analysé des mesures de césium effectuées par les autorités japonaises sur des poissons, des crustacés et des algues prélevés près de la centrale.

Les résultats, selon Buesseler, tendraient à prouver que les taux constatés sont provoqués soit par une petite fuite persistante de la centrale, soit par la contamination des fonds marins. C'est d'ailleurs dans des espèces dites démersales (vivant au contact du fond dans la zone marine littorale) que les plus importants niveaux de césium ont été relevés: rascasses, raies, congres, flétans, soles, etc.

Selon les conclusions de l'étude, environ 40% des poissons pêchés dans les environs de la centrale de Fukushima (nord-est) ne sont pas consommables selon les normes établies par les autorités nippones.

Le scientifique précise toutefois qu'au large du nord-est du Japon, au-delà de la zone la plus proche de la centrale, la vaste majorité des poissons pêchés restent en-dessous des limites autorisées pour la consommation, même si les autorités japonaises les ont resserrées en avril 2012.

Buesseler souligne en outre, dans le numéro de Science daté de vendredi, que les niveaux de contamination dans presque toutes les espèces de poissons et crustacés ne diminuent pas. Mais ces niveaux varient selon les espèces, ce qui complique la réglementation par les pouvoirs publics.
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Nico37



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MessageSujet: Re: Nature déchaînée contre technologie japonaise   Jeu 8 Nov - 3:45

Citation :
100 milliards d'euros: ce que devrait coûter l'accident de Fukushima 07/11

Le coût total engendré par la catastrophe nucléaire de Fukushima pourrait doubler, a prévenu le producteur d'éléctricité Tepco ce mercredi.

La note s'alourdit pour le Japon. Le coût total lié à la catastrophe nucléaire qui s'est produite après le tsunami du 11 mars 2011 dans la centrale de Fukushima devrait être deux fois plus important que prévu. La direction de Tokyo Electric Power, le producteur d'énergie qui gère la centrale, a en effet indiqué ce mercredi qu'il prévoyait des coûts de 10.000 milliards de yens (soit près de 100 milliards d'euros) au lieu des 5.000 préalablement calculés. Ce montant comprend les dédommagements aux victimes et la décontamination des sites qui avaient été touchés par les fuites nucléaires.

En raison des graves difficultés financières engendrées par la catastrophe pour Tepco, l'Etat nippon a mis la main à la poche, grimpant au capital de la compagnie, ce qui a débouché sur une nationalisation de fait. Face à ces nouveaux besoins identifiés, le Tokyo risque d'être à nouveau sollicitée.
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Nico37



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MessageSujet: Re: Nature déchaînée contre technologie japonaise   Mar 11 Déc - 1:44

Citation :
Des robots pour inspecter la centrale nucléaire de Fukushima Marc Zaffagni

Pour travailler dans les décombres de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, détruite par le tsunami qui a frappé le Japon en mars 2011, des engins spéciaux voient le jour. Toshiba propose un curieux robot quadrupède portant sur son dos un petit rover et Cyberdine adapte son exosquelette HAL pour protéger des radiations et de la chaleur.


À la suite du tsunami qui a ravagé le Japon en mars 2011, la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi a subi une explosion sur l’un de ses réacteurs. Plus d’un an et demi après le sinistre, le site reste hautement contaminé et certaines zones sont encore inaccessibles aux interventions humaines. Pour avancer dans les travaux sans risquer des vies, l’alternative consiste à utiliser des robots. Toshiba vient de présenter un modèle quadrupède capable d’évoluer sur des terrains accidentés, de monter des escaliers et d’éviter les obstacles jonchant le sol. Il est équipé d’une caméra et d’un dosimètre pour mesurer le niveau de radiation environnant.

Contrôlé par une connexion sans fil, ce robot pourra se rendre dans les zones les plus fortement contaminées. Et s'il se trouve bloqué dans sa progression, il peut lâcher... un robot, qu’il transporte sur son dos. Doté de 4 roues et d’une caméra, ce compagnon est relié au robot principal par un câble. Il pourra, par exemple, inspecter l’état d’une tuyauterie ou des installations situées dans des zones étroites difficiles d’accès.

http://www.youtube.com/watch?v=Uohs8ompwxU

Le robot quadrupède de Toshiba en action, capable de gravir des marches avec une inclinaison prononcée. Lorsque le terrain ne lui permet plus de progresser, il peut déployer le minirobot qui se trouve sur son dos à l’aide d’un bras motorisé. Le minirobot peut par exemple s’engouffrer dans un passage étroit ou un tuyau, en renvoyant les images avec sa caméra embarquée.

Le robot quadrupède pèse 65 kg pour un peu plus d’1 m de haut. Il se déplace à 1 km/h et possède une autonomie de deux heures. Le minirobot d’inspection pèse quant à lui 2 kg, pour 313 mm par 327 mm par 47 mm, avec une autonomie d’une heure et une vitesse de déplacement de 200 m/h. Toshiba indique dans son communiqué qu’il compte poursuivre le développement de son robot, notamment en ajoutant un bouclier antiradiations et en le rendant étanche.

Un exosquelette avec du tungstène pour explorer Fukushima

Les interventions humaines restent malgré tout indispensables à la centrale de Fukushima-Daiichi. Afin de protéger les personnes et les soulager dans leurs tâches pénibles, l’une des solutions adoptées est le recours à un exosquelette. Cyberdyne, une société créée par le professeur Sankai de l’université de Tsukuba, a développé une version spéciale de son exosquelette Hybrid Assistive Limb (HAL) destiné aux équipes ayant à évoluer dans des conditions dangereuses.

HAL utilise des capteurs placés sur la peau qui détectent les signaux électriques envoyés par le cerveau aux muscles et permettent au système de se synchroniser avec les mouvements des bras et des jambes. Résultat : HAL permet de soulever jusqu’à 40 kg sans forcer. L’exosquelette intègre des coques de protection en tungstène afin de réduire de moitié l’exposition aux radiations, un système de refroidissement pour l’utilisateur et des capteurs qui mesurent le rythme cardiaque et la température. De quoi prêter main forte aux équipes sur place.
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Nico37



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MessageSujet: Re: Nature déchaînée contre technologie japonaise   Mar 11 Déc - 21:49

Citation :
Japon: un réacteur bientôt démantelé ? AFP 10/12

Un réacteur d'une centrale nucléaire actuellement stoppée du Japon est vraisemblablement situé sur une faille active et, dans ce cas, risque de devoir être démantelé, selon des géologues consultés par la nouvelle Autorité de régulation nucléaire. Les experts mandatés par cette instance ont procédé à des examens sous le complexe nucléaire de Tsuruga (préfecture de Fukui, ouest), études qui indiquent que les derniers mouvements de la faille identifiée sont selon eux suffisamment proches pour considérer qu'elle est encore active.

A la suite d'une réunion avec lesdits experts, Shunichi Tanaka, président de l'organisme de régulation, a laissé entendre que l'autorité aurait dans ces conditions du mal à garantir la sécurité du site et donc à donner l'autorisation de redémarrer le réacteur concerné. Si l'Autorité nucléaire conclut qu'il s'agit d'une faille active, le réacteur en question devra être démantelé.

A ce jour, seulement deux réacteurs sur un parc de 50 sont en service au Japon, les autres étant maintenus à l'arrêt par mesure de précaution et en raison de nouveaux tests de résistance aux catastrophes naturelles imposés par le gouvernement après l'accident de Fukushima consécutif à un tsunami en mars 2011. Aucun ne peut redémarrer sans le feu vert de la nouvelle autorité nucléaire créée en septembre et qui est en train de revoir les standards de sécurité.

Les mêmes experts sont aussi consultés sur d'autres soupçons de failles actives ailleurs, dont une sous le complexe d'Ohi (ou Oi) où deux des quatre tranches (3 et 4) sont actuellement actives, ayant obtenu en juin l'aval de l'Etat pour être relancées.
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Nico37



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MessageSujet: Re: Nature déchaînée contre technologie japonaise   Mer 19 Déc - 3:29

Citation :
Japon : la victoire des conservateurs rouvre la porte du nucléaire 18.12 Audrey Garric (avec agences)

L'argument de la "sortie du nucléaire" n'a pas su convaincre au Japon. Vingt mois après la catastrophe de Fukushima, le Parti libéral-démocrate (PLD), pro-nucléaire, a triomphé, dimanche 16 décembre, aux législatives, laminant les formations qui avaient fait campagne pour l'abandon de l'atome en pariant sur le rejet de la population.
Bien que des millions de Japonais aient signé une pétition pour dire "adieu au nucléaire" et que des centaines, voire des milliers, de militants "no nuke" aient défilé chaque vendredi sous les fenêtres du premier ministre, le PLD l'a emporté en se posant en "parti réaliste" privilégiant les défis économiques, principale préoccupation des citoyens, devant la question des centrales atomiques.

RELANCE DES RÉACTEURS

Conséquence : le plan énergétique du gouvernement sortant de Yoshihiko Noda – qui prévoyait l'arrêt progressif de la production nucléaire sur trente ans – risque, sinon de passer intégralement à la trappe, du moins de subir une révision importante.

Le PLD s'est engagé à un passage en revue des 50 réacteurs du pays – dont seuls deux sont actuellement en service – dans un délai de trois ans pour se prononcer ensuite sur leur relance. Les conservateurs, qui plaident en faveur d'un Japon fort et non tributaire de l'étranger, jugent en effet impossible à moyen terme de se passer d'une des rares formes d'électricité que le pays est capable de produire sans trop dépendre de l'extérieur.

La perspective d'une relance du nucléaire s'est immédiatement traduite sur les marchés par une très forte progression des titres des compagnies d'électricité lundi. Plus forte hausse : l'action de la compagnie gérant la centrale de Fukushima, Tokyo Electric Power (Tepco), s'est envolée de près de 33 % à la Bourse de Tokyo, après être tombée très bas après l'accident nucléaire de mars 2011.

Lire : Japon : le marché salue la victoire des conservateurs

NOUVELLE AUTORITÉ DE RÉGULATION NUCLÉAIRE

Si la décision de relance est du ressort du pouvoir politique, le verdict de sûreté préalable doit toutefois être prononcé par la nouvelle Autorité de régulation nucléaire, mise en place en septembre. Cette instance prévoit de définir de nouvelles normes de sécurité plus sévères que les précédentes dans le courant de l'année prochaine, de superviser l'élaboration de plans de prévention et de secours par les régions hébergeant des installations atomiques et de se prononcer sur leur sûreté.

Lire : Japon : l'autorité nucléaire renforce les règles de sûreté des centrales

Outre le passage en revue des résultats de "tests de résistance" imposés à tous les réacteurs, l'autorité est en train de procéder, avec des experts-géologues extérieurs, à des examens du sous-sol de six sites nucléaires soupçonnés d'être bâtis sur des failles actives.

La nouvelle autorité, constituée d'un comité de 5 membres et d'effectifs administratifs et techniques de 500 personnes, s'avère, à la différence de la précédente, statutairement indépendante du gouvernement et, en particulier, du ministère de l'industrie. Sa transparence se matérialise notamment par la diffusion sur Internet de ses réunions et trois conférences de presse hebdomadaires. Mais des critiques ont fusé dans la presse sur les choix de ces cinq membres, compte tenu de leur passé professionnel dans le secteur de l'énergie nucléaire.

DÉFAILLANCE DES OPÉRATEURS DE CENTRALES

"Les changements concernant le statut de l'instance de régulation sont positifs, mais il reste beaucoup à faire au niveau des industriels et exploitants en termes de prise de conscience et de gestion de la sûreté", a assuré à l'AFP André-Claude Lacoste, ex-président de l'Autorité de sûreté nucléaire française, auditionné vendredi par l'autorité nippone avec deux autres experts étrangers. Et d'ajouter : "Il est extrêmement dangereux que les opérateurs de centrales considèrent comme suffisant de s'en tenir aux seules règles que leur impose le pays, car le principe premier de la sûreté nucléaire internationale repose sur l'initiative d'élever davantage le niveau."

Vendredi, Tepco avait admis que ses "mauvaises habitudes" étaient responsables de la catastrophe du 11 mars 2011. Takefumi Anegawa, qui dirige la cellule de réforme mise en place par le groupe après le désastre, a fait siennes les conclusions d'un rapport parlementaire qui avait dénoncé en juillet la "collusion" entre le gouvernement, l'autorité de sûreté et l'opérateur nucléaire. Le responsable de Tepco a jugé que ce rapport, fruit de six mois d'enquête, contenait de nombreuses descriptions "des failles de notre culture d'entreprise en matière de sécurité et de nos mauvaises habitudes".

Lire : Fukushima : le gouvernement et Tepco ont ignoré le risque d'accident

La compagnie avait déjà admis en octobre qu'elle avait minimisé le risque de tsunami par peur de devoir fermer la centrale pour travaux. Dans un rapport en forme de confession, elle indiquait qu'avant même que le tsunami géant ne submerge la centrale, la compagnie était au courant que les systèmes de défense et de protection étaient insuffisants, mais qu'elle n'avait toutefois pas agi. "Il y avait cette inquiétude que si de nouvelles et sévères mesures étaient imposées, la sécurité de toutes les centrales existantes serait devenue un sujet de préoccupation", indiquait le texte.

Lire : Fukushima : la compagnie Tepco admet avoir minimisé le risque de tsunami

NORMES DE SÛRETÉ PLUS ÉLEVÉES

"Il est nécessaire de relever encore les normes de sûreté nucléaire, en envisageant tous les événements extrêmes qui peuvent affecter les centrales, et ce, de manière transparente", assure Delphine Batho, interrogée par Le Monde.fr. La ministre de l'écologie, qui participait à une conférence ministérielle internationale sur la sûreté nucléaire, samedi dans la préfecture de Fukushima, a fait des propositions en ce sens : la publication du suivi par chaque Etat du plan d'action sur la sûreté de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), comme le fait déjà la France ; l'obligation de revues des centrales par des équipes étrangères ; et la création d'une force d'action rapide à l'échelle internationale en cas de crise.

"Les engagements pris lors de la conférence générale de l'AIEA en septembre 2011 [un renforcement de la sûreté des centrales mais sans caractère contraignant] ne doivent pas être perdus de vue, avance la ministre. Au Japon, nous avons essayé de convaincre nos partenaires d'avancer sur la question de la sûreté nucléaire, qui est un peu éclipsée aujourd'hui au profit de l'agenda économique."
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Nico37



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MessageSujet: Re: Nature déchaînée contre technologie japonaise   Ven 18 Jan - 3:15

Citation :
Fukushima : le CNRS tait la vérité et domestique les masses Thierry Ribault | Economiste au CNRS

Le CNRS a rendu accessible le 7 janvier un dossier scientifique multimédia sur l’énergie nucléaire, destiné au « grand public ». Chercheur au CNRS en poste au Japon, où je travaille sur les modalités de la protection humaine dans le contexte du désastre de Fukushima, je tiens à me dissocier des propos tenus dans cette « animation », destinée à domestiquer les masses et taire la véritable situation à Fukushima.

Dans ce dossier « scientifique » aux desseins animés, les affirmations dénuées d’argumentation et prenant des allures d’évidences indiscutables sont légion. Ainsi, il y est certifié que :

« Le nucléaire est un investissement politique sur le très long terme, qui impose des décisions sur plusieurs décennies, difficiles à remettre en cause même après un accident nucléaire majeur comme celui de Fukushima. »

On apprend également que :

« Le rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur la catastrophe de Tchernobyl, paru en 2005 sous l’égide des Nations unies, a évalué le nombre de décès de victimes immédiates de l’accident à moins de 50, et à 2 200 celui de l’excès de décès entraîné par l’exposition à la radioactivité des 200 000 “liquidateurs” les plus exposés. »

Des estimations remises en question

Rappelons que ces estimations ont été contestées par l’Union of Concerned Scientists (qui annonce 25 000 morts), ou par l’Académie des sciences de New York (qui en annonce entre 211 000 et 245 000, 15 ans après la catastrophe).

En Ukraine, un rapport gouvernemental de 2011 rend compte de 2 254 471 personnes affectées par le désastre de Tchernobyl, dont 498 409 enfants. Entre 1992 et 2009, chez les enfants ukrainiens, les maladies endocriniennes ont été multipliées par 11,6, les pathologies de l’appareil locomoteur par 5,3, les maladies du système gastro-intestinal par 5, les maladies cardiovasculaires par 3,7 et les troubles du système urogénital par 3,6.

La proportion d’enfants présentant des maladies chroniques est passée de 21% à 78%, et sur les 13 136 enfants nés des « liquidateurs » de Tchernobyl de 1986-1987, 10% présentaient des malformations congénitales à la naissance.
Parodie de « neutralité scientifique »

Les Nations unies constituant par ailleurs manifestement l’unique source accréditée par les contrôleurs scientifiques du CNRS, pourquoi ces derniers ne se réfèrent-ils pas au rapport radionégationniste de 2011 de l’United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation (UNSCEAR) ?

Ce dernier fait état de 62 morts – 15 morts du cancer de la thyroïde et 47 morts parmi les secours d’urgence – en tout et pour tout en lien avec l’irradiation due à la catastrophe de Tchernobyl.

Faire état de quelques nuisances radio-induites supplémentaires ne peut, il est vrai, que servir la déplorable parodie de « neutralité scientifique » à laquelle ils s’adonnent, en concubinage avec leurs « partenaires » (CEA [Commissariat à l’énergie atomique], ANDRA [Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs], IRSN [Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire], EDF, AREVA).
« Domestiquer les masses »

A Fukushima, selon le même dossier, « une zone rouge de 20 km a été délimitée, dans laquelle le gouvernement travaille à la dépollution : nul ne sait quand les quelque 110 000 habitants seront autorisés à rentrer », sans que soit fait mention des vastes zones inhabitables situées à 40 km de la centrale et bien au-delà, et sans que soit rappelé que le critère de définition de la zone de migration obligatoire a été fixé à une dose de 20 millisieverts par an, soit quatre fois plus qu’à Tchernobyl et vingt fois la norme internationale d’inacceptabilité.

La fameuse « non-imposition des valeurs », à laquelle faisait référence Max Weber dans sa conférence de 1917, « La science, profession et vocation » (si chère à certains chercheurs du CNRS qui, récemment réunis en colloque, l’y revendiquaient encore), ne s’est, de fait, pas imposée dans l’élaboration de ce dossier sur le nucléaire, destiné plutôt, comme dirait Weber lui-même, à « domestiquer les masses ».

Ce que le dossier du CNRS se devait d’établir concernant le désastre de Fukushima, et que ses exécutants académiques ont choisi de ne pas dire, je souhaite le dire aujourd’hui après bientôt deux ans de travail sur place.
Fukushima : les silences du CNRS

Le désastre de Fukushima, c’est une diffusion de césium 137 dans l’atmosphère 500 fois plus importante qu’à Hiroshima, d’après le physicien artisan du nucléaire japonais Anzai Ikuro. C’est aussi, selon le Norwegian Institute of Air Research, la plus grande émission de gaz rare xénon 133 connue en dehors des essais nucléaires : plus de deux fois les émissions de ce gaz à Tchernobyl.

C’est un tiers du département de Fukushima contaminé à un taux supérieur à 37 000 becquerels par mètre carré (pour le seul césium 137), et au moins treize départements contaminés, le tout représentant 8 à 10% du territoire japonais.

C’est 1 532 barres de combustible de 3 tonnes et de 4 mètres de long chacune, stockées dans la piscine du réacteur n°4, au cinquième étage d’un bâtiment qui menace, à la première secousse, de s’effondrer, suscitant ce commentaire laconique du Pr. Hiroaki Koide, spécialiste des réacteurs à l’université de Kyoto : « Ce serait la fin ».

Le 4 janvier 2013, le Pr. Koide reconnaît dans un entretien qu’il nous a accordé qu’« il existe une marge de manœuvre, car selon TEPCO, si la piscine du 4ème réacteur s’effondrait, ou même si toute l’eau de refroidissement s’échappait, tant que la disposition des barres n’est pas modifiée, la température peut monter jusqu’à 170°C ».

100 000 habitants de Fukushima qui ne peuvent pas partir

Le désastre de Fukushima, c’est 24 000 employés ayant travaillé sur les lieux depuis mars 2011, dont seulement 3,7% peuvent bénéficier d’un examen de détection de cancer proposé par les autorités et TEPCO. C’est, sur les deux millions d’habitants du département, seulement 100 000 réfugiés du nucléaire ayant migré à l’intérieur du département et 63 000 autres l’ayant quitté.

C’est seulement 10% des enfants du département déplacés en dehors de celui-ci. C’est un tiers des 300 000 habitants de la ville de Fukushima affirmant vouloir partir sans pouvoir le faire. Ce sont les aides au retour mises en place par le gouvernement, pour inciter les réfugiés à revenir dans des zones pourtant identifiées comme contaminées, et c’est depuis décembre 2012 la suppression de la gratuité des logements publics pour les nouveaux réfugiés hors du département.

Le désastre de Fukushima, c’est la mise en place de la plus grande enquête sanitaire sur les effets des radiations jamais conçue, qui permettra de collecter, d’ici 2014 et sur trente ans, les données relatives aux habitants du département, dont 360 000 enfants, les objectifs de l’équipe en charge étant de « calmer l’inquiétude de la population » et d’« établir un record scientifique ».

Sur les 80 000 enfants examinés pour la thyroïde, 39% présentent des nodules de moins de 20 mm et des kystes de moins de 5 mm d’épaisseur. Un premier cas de cancer de la thyroïde a été officiellement déclaré chez un enfant de moins de 18 ans le mardi 11 septembre 2012.

« Les gens regardent ailleurs »

Le désastre de Fukushima, c’est cet habitant de la ville de Fukushima qui nous déclare lors d’un entretien, en novembre 2012, que le ghetto de Varsovie et les zones contaminées de Fukushima, c’est une seule et même chose :

« Les gens de l’extérieur savent que s’y trouve l’antichambre des camps de la mort, regardent ailleurs et continuent de certifier que le nucléaire, c’est incontournable. »

Voilà la « protection » mise en œuvre à Fukushima, qui ne suscite que silence dans le dossier nucléaire du CNRS. « L’ignorance c’est la force », disait Orwell. Dans cette situation d’effondrement de la conscience humaine, de grande inversion où le désastre est nié dans ses conséquences négatives, pour être transmué en opportunité d’affaires dans un milieu morbide auquel chacun est sommé de se soumettre, la prise de position en faveur de la vie est devenue un programme révolutionnaire.

Raccourcir la période de nocivité des managers de l’organisation des apparences, mettre en cause l’ensemble des intérêts qui gouvernent la dégradation du tout, tromper les trompeurs, renverser les inverseurs, évacuer les évacuateurs : voilà ce que, à mes yeux, doit « chercher » à faire un chercheur au CNRS.

Non pas se contenter d’un engagement, piètre variante de la mise au service du nucléaire attestée ici par la mobilisation des scientifiques de caserne, mais, face aux actes déraisonnés des producteurs d’ignorance et à la déshumanisation qu’ils promeuvent, faire preuve d’un véritable enragement.
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Nico37



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MessageSujet: Re: Nature déchaînée contre technologie japonaise   Sam 19 Jan - 16:42

Citation :
Harlem Désir fustige une " alliance droite/extrême droite " AFP 18.01

Le premier secrétaire du PS Harlem Désir a dénoncé vendredi une " alliance décomplexée " de la droite avec l'extrême droite après une première proposition de loi co-signée par des députés UMP et Marion Maréchal-Le Pen.
Marion Maréchal-Le Pen a co-signé pour la première fois une proposition de loi émanant d'un député UMP, Lionnel Luca, qui demande que la répression de l'insurrection vendéenne pendant la Révolution française soit qualifiée de " génocide vendéen " .

"Nous avons vu la droite à l'Assemblée nationale faire un nouveau pas dans le sens de l'alliance de fait avec l'extrême droite", a estimé M. Harlem Désir.
"La réalité c'est que cette droite soit disant décomplexée c'est en réalité l'alliance décomplexée de la droite et de l'extrême droite et je dénonce la proposition de loi qui vient d'être signée en commun par (l'ancien secrétaire d'Etat) Alain Marleix, M. Lionnel Luca, députés de l'UMP, et Mme Marion Maréchal-Le-Pen sur le thème du génocide vendéen qui n'est qu'un prétexte et qui d'ailleurs a toujours été utilisé par l'extrême droite pour essayer de nier les génocides du 20è siècle", a ajouté le chef du PS.
"Je crois qu'on a là, de la part de M. Marleix et de M. Luca, la révélation d'une stratégie délibérée de rapprochement avec l'extrême droite. On a déjà assisté dimanche dernier à cette alliance de fait dans la rue avec M. (Jean-François) Copé et plusieurs leaders de l'UMP qui défilent côte à côte avec le bloc identitaire, Mme Maréchal Le-Pen, M. (Bruno) Gollnisch contre de nouveaux droits, contre le fait d'accorder l'égalité des droits à tous indépendamment de leur orientation sexuelle", a-t-il dit.
"Nous allons combattre avec la plus grande vigueur cette droite qui dérape, cette opposition incapable de faire la moindre proposition constructive face à la crise", a encore dit M. Harlem Désir.
"Il ne s'agit pas d'un dérapage mais bien d'un choix révélant une inquiétante proximité idéologique", ont estimé pour leur part les Jeunes Socialistes.
Il s'agit là d'une "attitude révélatrice de la criante perméabilité qui existe aujourd'hui entre l'UMP de Jean-François Copé et le FN de Marine Le Pen, dénigrant d'un même élan l'héritage de la révolution française", ont-ils ajouté dans un communiqué.
Interrogé par l'AFP, M. Luca, député des Alpes-Maritimes et figure de la Droite populaire, a répondu n'avoir eu "aucun contact" sur le sujet avec la députée frontiste, expliquant que Mme Marion-Maréchal Le Pen avait reçu, "comme d'autres", sa proposition de loi par courrier électronique.
M. Harlem Désir, qui a fait le déplacement à Clermont-Ferrand pour visiter l'usine Michelin, a d'autre part estimé que cette entreprise "est une grande fierté pour la France, un fleuron industriel national".
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Nico37



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MessageSujet: Re: Nature déchaînée contre technologie japonaise   Jeu 28 Fév - 15:47

Citation :
Fukushima : augmentation du risque de cancer près de la centrale 28-02

L'accident nucléaire de Fukushima, au Japon, a entrainé une relative augmentation du risque de cancer dans les zones les plus touchées prés de la centrale, estime un rapport de l'Organisation Mondiale de la Santé, rendu public jeudi à Genève. (c) Afp
GENEVE (AFP) - L'accident nucléaire de Fukushima, au Japon, a entraîné une relative augmentation du risque de cancer dans les zones les plus touchées prés de la centrale, estime un rapport de l'Organisation Mondiale de la Santé, rendu public jeudi à Genève.

Il ressort de cette évaluation que l'évènement de Fukushima, en mars 2011, "ne devrait entraîner aucune augmentation perceptible des risques pour la santé à l'extérieur du Japon", ajoute le rapport d'experts.

Ils estiment dans ce document de 166 pages que dans un rayon de 20 km autour de la centrale accidentée après un violent séisme suivi d'un tsunami, le risque de cancer de la thyroïde chez les femmes et les enfants est en augmentation à 1,25%, contre habituellement 0,75%.

En 1986 après l'accident de Tchernobyl en Ukraine, il avait été relevé une augmentation notable des cancers de la thyroïde parmi les enfants.

"La première préoccupation identifiée dans ce rapport porte sur des risques de cancer particuliers liés à la zone et à des facteurs démographiques", a souligné Mme Maria Neira, directeur à l'OMS pour la santé et l'environnement.

"Un examen des données, basé sur l'age, le sexe et la proximité par rapport à la centrale, montre un risque plus grand pour ceux qui étaient dans les zones les plus contaminées. En dehors de ces zones, y compris au sein de la préfecture de Fukushima, aucune augmentation du risque de cancer est attendue", a affirmé Mme Neira.

L'OMS insiste dans ce rapport sur la nécessité d'un suivi au cours des années des populations à risque, ainsi qu'une surveillance des aliments et de l'environnement.

Pour les travailleurs qui participent à la neutralisation de la centrale, il y a une "augmentation des risques concernant leur vie entière pour la leucémie, le cancer de la thyroïde et l'ensemble des cancers solides par rapport aux taux de référence", estime le rapport. "Quelques travailleurs qui ont inhalé des quantités significatives d'iode radioactif pourraient développer des troubles non cancéreux de la thyroïde", ajoute l'OMS.
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Nico37



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MessageSujet: Re: Nature déchaînée contre technologie japonaise   Ven 8 Mar - 20:38

Citation :
Les corbeaux de Fukushima Karyn NISHIMURA-POUPEE

CENTRALE NUCLEAIRE DE FUKUSHIMA DAIICHI (Japon) - Lorsque la terre trembla le 11 mars 2011, que l'on ne tenait plus debout dans le bureau de l'AFP, on comprit tout de suite que ce séisme-là n'était pas comme les autres. Mais on était loin d'imaginer le drame qui allait suivre: le tsunami gigantesque, et la catastrophe dans la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Au cours des mois suivants, nous avons livré des centaines de dépêches sur la situation dans ce site atomique et alentour, sans jamais pouvoir constater la situation de visu: la zone était, et reste, strictement interdite.

Pour une journaliste, rien n'est plus frustrant que d'être à ce point dépendante du bon vouloir des autorités. Près de deux ans plus tard, fin décembre 2012, je peux enfin me rendre à Fukushima. Un voyage de presse de quelques heures, strictement encadré, dans la centrale dévastée pour accompagner une visite du Premier ministre Shinzo Abe. Mais deux ans plus tard, c'est encore plus désespérant.

J'ai encore du mal à me convaincre que les scènes que j'ai vu alors étaient réelles. Imaginez: des villes entières totalement désertées, plus une âme humaine qui vive sur des centaines de kilomètres carrés autour de la centrale maudite. Avant, il y avait des gens dans les appartements, des paysans dans les champs, des clients dans les restaurants, des enfants aux mains de leurs parents. Tout, tout est resté en plan, à l'abandon. On voudrait interroger des gens. Mais plus personne ne se promène sur les routes, ne prend plaisir à sillonner la forêt luxuriante avoisinante, une des plus belles du Japon.

Cette vidéo amateur, tournée par un évacué qui se fait appeler Nekiragi, montre ce qui était la rue principale de Tomioka, un village dont les habitants ont tous été priés de quitter les lieux après la catastrophe:



Intactes ou à moitié détruites par le séisme du 11 mars 2011, des dizaines de milliers de maisons sont inhabitées. Pas un seul individu dans les nombreuses petites entreprises, les stations-services, les supermarchés et autres bâtiments qui bordent les routes.

Où sont-ils tous ? Quelle existence mènent-ils maintenant ? Espèrent-ils revivre ici? Font-ils parfois le déplacement? "Je suis revenu visiter ma maison, à Tomioka", m'a récemment écrit le même Nekiragi, photos à l'appui. "Ca c'est une peinture que j'avais réalisée il y a des années". Illusoire plus que prémonitoire, elle s'appelle "le retour". Impossible retour dans un environnement où le dosimètre affiche plus de 6 microsieverts/heure (contre 0,05 à Tokyo).

Elle était pourtant belle sa grande demeure blanche et marron à deux étages. A l'intérieur, tout est resté. Ici, la bibliothèque. "J'avais acheté le livre 'Terre des hommes', d'Antoine de Saint-Exupéry", dit encore Nekiragi. Et devant ce spectacle de désolation, le même de philosopher: "la tristesse ce n'est pas que ce soit cassé, c'est que le temps soit arrêté".

Le plus souvent, les seuls objets en mouvement que l'on aperçoit dans la zone encore fermée sont des fourgons de la police en patrouille ou les voitures des travailleurs du complexe atomique ravagé. Les panneaux publicitaires se voulaient alléchants, ils sont déprimants: on y souhaite la bienvenue, on y parle d'avenir, mais il n'y a plus personne pour les lire, personne pour y croire.

Personne, mais de pauvres corbeaux qui se croient encore heureux dans la nature continuent de survoler la centrale. Comme avant. Tôt ou tard les rayonnements qu'ils ne voient pas, ne sentent pas, auront raison d'eux. Ils nous fichent le cafard, ces corbeaux noirs. Et on regarde encore et encore partout, en se disant que non, ce n'est pas possible, que c'est juste pour quelques heures, quelques jours, quelques mois au plus. Mais non, c'est pour des années, que dis-je, des décennies pour les villages les plus proches du foyer radioactif.

Devant ce spectacle affligeant, le visiteur d'un jour tente d'imaginer comment cela s'est passé le 11 mars 2011, à 14H46, lorsque la terre a tremblé comme jamais dans cette région du nord-est du Japon, lorsque la vague de plus de quatorze mètres est venue gifler la centrale. "J'ai cru plusieurs fois mourir", a témoigné le directeur du site à l'époque, Masao Yoshida, un homme aujourd'hui très malade du cancer, pas à cause des rayonnements... du moins pas directement... du moins officiellement.

Au pied des réacteurs 5 et 6 du complexe atomique, l'océan si proche est redevenu sage. Mais ses ravages sont toujours visibles: des énormes réservoirs pliés par la déferlante, des carcasses de voitures enfoncées dans les bâtiments, des débris entassés.

Et puis des enchevêtrements de tuyaux, partout, sur lesquels s'affairent par endroits des hommes en combinaisons blanches, casqués et portant un masque intégral. A proximité, sont enterrés sous d'immenses tentes blanches des décombres radioactifs. Peu importe que l'on soit samedi ou dimanche, entre Noël et le jour de l'An, le travail doit continuer à la centrale de Fukushima, l'attention rester extrême. "Agir avec la sécurité comme première priorité", rappelle un panneau signé du directeur dans le QG de crise du complexe où quatre des six réacteurs ont été saccagés par la nature.

Il y a tout juste un an que le site est considéré comme stabilisé, mais le danger n'est pas écarté pour autant. La compagnie exploitante, Tepco, veut accélérer le calendrier, retirer vite le combustible usé de la piscine de désactivation du réacteur 4. Si elle venait à flancher, ce n'est pas un rayon 20 km qu'il faudrait évacuer, mais 200 ou plus, Tokyo compris! Vider en urgence une mégalopole de 37 millions d'habitants, soit l'équivalent de l'Algérie ou de la Californie? Cela semble infaisable, impensable. Qu'une telle possibilité ait pu à un moment émerger dans les têtes des experts-conseillers du gouvernement semble sortir tout droit d'un mauvais film catastrophe. Et pourtant, le scénario a bel et bien été envisagé, à un moment, par les autorités.

Sur le terrain, la bataille contre le temps est quotidienne. Quelque 3.000 personnes s'escriment là chaque jour. Certains ont l'air si jeune, la trentaine. Comment leur famille vit-elle leur dévouement? Ont-ils vraiment choisi d'être ici? Sont-ils conscients du danger? Quels sont d'ailleurs réellement les risques qu'ils encourent? Les avis des experts sont divisés sur la question, pas facile de savoir.

Quelle est leur motivation ? N'ont-ils pas l'impression de perdre leur temps ceux qui, à longueur de journée, passent lentement des compteurs Geiger de gauche à droite, de haut en bas, sur les carrosseries et vitres des véhicules sortant de la centrale, juste pour s'assurer qu'ils ne sont pas trop contaminés? Et cette femme qui me sourit à J-Village, centre de préparation des travailleurs, que pense-t-elle ? N'a-telle pas en réalité plutôt envie de pleurer? Moi, si. "J-Village: hôtel, restaurant, fitness club", annonce encore une pancarte surréaliste à l'entrée de cet ex-centre d'entraînement sportif construit par Tepco.

Aux murs des bâtiments de cet espace à 20 km de la centrale, des messages d'enfants de la région ont été punaisés pour encourager tous ceux qui ont désormais à effectuer la tâche la plus ingrate qu'il soit: nettoyer le site saccagé. "Gokurosama", "otsukaresama" ("vous avez bien travaillé", "vous devez être fatigué"): entre eux, les ouvriers se saluent humblement dans la file d'attente devant le système de contrôle d'irradiation, en espérant qu'il ne mente pas quand il leur dit d'une voix féminine "il n'y a rien d'anormal".

Mais comment ne hurlent-ils pas en entendant ces mots? Car rien n'est normal, tout est anormal au contraire, dans ce travail, cette obligation de passer par des sas, d'être inspectés par des machines, de porter des tenues de cosmonaute, de respirer à travers des masques, de compter les doses de rayonnements absorbés...

Certains sont pourtant venus de loin pour trimer ici quelques mois ou années, parfois forcés par des yakuzas-usuriers, un sale boulot pour rembourser au centuple des dettes contractées je ne sais comment. Quant aux résidents chassés par la radioactivité, d'aucuns espèrent rentrer, vivants, avant la fin du démantèlement. Il devrait durer quarante ans.
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Nico37



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MessageSujet: Re: Nature déchaînée contre technologie japonaise   Mar 19 Mar - 14:21

Citation :
Panne de courant à la centrale nucléaire de Fukushima Edité par A.B. avec AFP 18/03

Une panne de courant a contraint l'opérateur de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima, ravagée par le tsunami de 2011, à suspendre le refroidissement de trois piscines de stockage de combustible usagé.
Le refroidissement de trois piscines de stockage de combustible usagé a dû être stoppé par l'opérateur de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima, ravagée par le tsunami de 2011. En cause : une panne de courant, a rapporté mardi l'agence Kyodo. Les postes de contrôle voisins n'ont pas enregistré de modifications importantes des niveaux de radioactivité après cette coupure de courant survenue lundi peu avant 19 heures heure locale (11 heures, heure française), a indiqué l'agence de presse japonaise.

Dans la nuit de lundi à mardi, à 1h45 heure locale (lundi 17h45, heure française), l'opérateur de la centrale, Tokyo Electric Power Co. (TEPCO), n'était pas parvenu à relancer l'alimentation électrique des systèmes de refroidissement, a ajouté Kyodo. L'incident n'a pas affecté jusqu'à présent l'injection d'eau dans les réacteurs numéro 1 et numéro 3 de la centrale, dont le combustible avait fondu à la suite de l'accident de 2011, selon l'Autorité de régulation nucléaire (NRA) citée par Kyodo.

La fusion partielle ou complète du combustible était survenue dans trois des six réacteurs de la centrale de Fukushima à la suite du séisme et du tsunami géant du 11 mars 2011, qui avaient entraîné l'arrêt de la fourniture d'électricité et des systèmes de refroidissement. La panne d'électricité survenue lundi a entraîné, en plus de l'arrêt des systèmes de refroidissement des piscines de stockage du combustible usagé de trois des réacteurs, l'arrêt des équipements de traitement des débris de la centrale contaminés, dont des matériaux radioactifs.

Citation :
Fukushima: reprise partielle du refroidissement des piscines après une panne 19.03 AFP

L'opérateur de la centrale nucléaire japonaise Fukushima Daiichi a partiellement rétabli mardi après-midi le système de refroidissement des piscines de stockage du combustible, arrêté depuis une panne de courant la veille au soir.

L'électricité a été coupée lundi pour une raison inconnue à 18H57 (09H57 GMT), a expliqué mardi matin à l'AFP un porte-parole de Tokyo Electric Power (Tepco), Kenichi Tanabe. Il a ajouté que cette panne de courant avait entraîné l'arrêt des systèmes de refroidissement des piscines de stockage du combustible usagé des réacteurs 1, 3 et 4.

Le rétablissement partiel du courant a ensuite permis de relancer le système de refroidissement de la piscine du réacteur 1 à 14H20 (05H20 GMT), a précisé Tepco un peu plus tard dans un communiqué.

La compagnie d'électricité a ajouté que les systèmes de refroidissement des piscines des réacteurs 3 et 4 devraient fonctionner normalement vers 20H00 (11H00 GMT).

Le dernier système de refroidissement en panne, celui de la piscine de stockage dite "centrale", à l'écart des réacteurs proprement dits, devrait remarcher mercredi à 08H00 (mardi 23H00 GMT), a ajouté Tepco, ce qui règlerait le problème.

"Aucun changement important des niveaux de radioactivité n'a été détecté par nos instruments de mesure à proximité", a souligné M. Tanabe, écartant la possibilité d'une résurgence de la crise.

L'incident n'a pas affecté l'injection d'eau dans les réacteurs 1 à 3 eux-mêmes, dont le combustible avait fondu à la suite de l'accident de 2011, a-t-il poursuivi.

De son côté le responsable exécutif des installations nucléaires chez Tepco, Masayuki Ono, a précisé que la température de la piscine de stockage du réacteur 4 avait été estimée à 30,5 degrés Celsius à 10H00 locale (01H00 GMT).

Cette piscine est celle qui inspire le plus d'inquiétude car elle est la plus "garnie", avec 1.330 barres de combustible usagé et 200 barres de combustible non utilisé.

D'après Tepco, la température y monte en moyenne de 0,3 à 0,4 degré par heure depuis la coupure du système de refroidissement, ce qui laisse à l'opérateur environ quatre jours pour rétablir le courant avant que ne soit atteinte la limite de sûreté, fixée à 65 degrés Celsius.

M. Ono a souligné que la température des deux autres piscines était plus basse. Il a ajouté qu'un problème dans une unité de distribution de courant pourrait être à l'origine de la coupure, sans certitude toutefois.

"Notre priorité est de rétablir le courant pour relancer (le) refroidissement et nous voulons y parvenir le plus vite possible (...). Si cela prenait trop longtemps, nous pourrions toujours si nécessaire ajouter de l'eau de refroidissement (dans les piscines) afin d'éviter que la situation ne dégénère", a-t-il voulu rassurer.

Pour Akio Koyama, professeur au service de sécurité nucléaire de l'Université de Kyoto, la situation ne semble "pas grave dans l'immédiat".

"Même si l'eau atteint 65 degrés, ce ne serait pas critique à partir du moment où les barres sont toujours immergées. Mais si le niveau baissait au point que les barres soient à l'air libre, il y aurait alors motif à s'inquiéter", a-t-il ajouté.

L'accident nucléaire de Fukushima, le pire depuis celui de Tchernobyl (Ukraine) en 1986, s'était produit après un puissant séisme et le passage d'un tsunami géant le 11 mars 2011, qui avaient entraîné l'arrêt de l'alimentation des systèmes de refroidissement.

D'importantes quantités de radiation s'étaient disséminées dans l'environnement autour de cette centrale à 220 km au nord-est de Tokyo. La phase critique de l'accident est considérée comme terminée depuis décembre 2011, mais les travaux de sécurisation du site n'avancent que pas à pas en raison des hauts niveaux de radioactivité.
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Nico37



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MessageSujet: Re: Nature déchaînée contre technologie japonaise   Mer 7 Aoû - 3:06

Citation :
" Situation d'urgence " à Fukushima, alors que l'eau radioactive se déverse dans l'océan AFP 06.08

Une "situation d'urgence" a été déclarée, mardi 6 août, par l'Autorité de régulation nucléaire japonaise (NRA) à la centrale de Fukushima, où de l'eau hautement radioactive se déverse toujours dans l'océan Pacifique, sans que l'opérateur Tepco (Tokyo Electric Power) soit en mesure de la contenir.

Selon la NRA, cette eau contaminée est en train de monter vers la surface et dépasse les limites légales d'écoulement radioactif, plus de deux ans après la catastrophe – accident nucléaire le plus grave depuis Tchernobyl, causé par un séisme et un tsunami qui avaient provoqué une panne de grande envergure dans la centrale.
L'ampleur de la menace posée par l'eau contaminée et ses conséquences sur l'environnement halieutique ne sont pas connues avec certitude. Mais les fuites radioactives de ce type peuvent affecter la santé des animaux marins puis celle des hommes qui consommeraient leur chair.

TRITIUM, STRONTIUM, CÉSIUM...

Dimanche, Tepco a communiqué pour la première fois une estimation des fuites radioactives dans l'océan. Bilan : entre vingt et quarante mille milliards de becquerels se sont déversés de mai 2011, soit deux mois après l'accident, à juillet 2013.



A la fin de juillet, la compagnie était revenue sur sa théorie selon laquelle l'eau chargée de tritium, de strontium, de césium et d'autres éléments radioactifs stagnait sous terre, et avait avoué qu'elle atteignait l'océan. Un revirement survenu au lendemain d'élections sénatoriales qui se sont soldées par la victoire du Parti libéral-démocrate du premier ministre Shinzo Abe, largement favorable au nucléaire. A la suite de cet aveu, l'autorité nucléaire japonaise a prévu d'enquêter sur ces fuites et de surveiller la contamination de l'océan.

Tepco avait toutefois assuré que l'impact de cette fuite radioactive dans le Pacifique était limitée et que les analyses d'eau de mer "ne montraient pas d'augmentation anormale des taux de radioactivité". Pourtant, dans des mesures prises dans un puits situé entre les réacteurs et la mer, Tepco avait enregistré un niveau de radioactivité de plusieurs dizaines de milliers de fois supérieur à la dose limite admise pour de l'eau de mer – niveau qui grimpait encore au mois de juillet.

"Nous ne savons toujours pas quelle est la cause précise de ces fuites, qui sont plus compliquées que nous ne le pensions", avait aussi déclaré Tepco, qui fait l'objet de critiques récurrentes pour sa façon, jugée malhonnête, d'informer le public. Pour l'instant, Tepco n'a prévu que des solutions temporaires pour pallier le problème. L'opérateur de la centrale injecte un produit chimique souterrain afin de solidifier les sols et d'éviter que les eaux radioactives ne s'écoulent, mais, selon le quotidien japonais Asahi, il n'est pas efficace au niveau des nappes phréatiques.

TEPCO CRITIQUÉ

Dans la centrale, chaque jour, 3 000 techniciens et ouvriers travaillent d'arrache-pied pour préparer le démantèlement du site, mais ils sont en permanence confrontés à de nombreuses avaries dans des lieux qui leur restent inaccessibles à cause de la radioactivité.

Tepco a été très critiqué pour son manque de réactivité face aux conséquences du tsunami et à la fusion des réacteurs. Dans les premières semaines qui ont suivi la catastrophe, le gouvernement japonais avait autorisé Tokyo Electric Power à déverser en urgence des milliers de tonnes d'eau contaminée dans le Pacifique.

Mais la diffusion de ces eaux toxiques a été vue d'un très mauvais œil par les pays voisins et les pêcheurs japonais. Depuis, la compagnie a promis qu'elle ne déverserait pas d'eau irradiée sans le consentement des localités voisines.
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Nico37



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MessageSujet: Re: Nature déchaînée contre technologie japonaise   Mar 13 Aoû - 19:29

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Nico37



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MessageSujet: Re: Nature déchaînée contre technologie japonaise   Lun 19 Aoû - 23:39

Citation :
Des flaques d'eau radioactive à Fukushima A. G. avec AFP 19/08

Des flaques contenant de l'eau extrêmement radioactive ont été découvertes près de réservoirs d'eau à la centrale nucléaire japonaise de Fukushima, a annoncé lundi la compagnie d'électricité Tokyo Electric Power, Tepco.
    
Le niveau de la radioactivité, mesuré à environ 50 cm au-dessus de ces flaques, était d'environ 100 millisieverts par heure. Un millisievert par an correspond à la limite d'exposition acceptable pour l'homme telle qu'établie par Commission internationale de protection radiologique. Quelque 120 litres d'eau pourraient s'être échappés d'un réservoir d'eau.
    
Tepco, la compagnie qui exploitait la centrale, a affirmé que l'eau contaminée ne s'était pas écoulée dans l'Océan Pacifique tout proche, mais l'Autorité de régulation nucléaire a demandé à ce que soit étudiée l'éventualité contraire en raison de la présence de canalisations à proximité.   
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Nico37



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MessageSujet: Re: Nature déchaînée contre technologie japonaise   Mar 20 Aoû - 19:19

Citation :
Une fuite de réservoir à l'origine de flaques d'eau radioactives à Fukushima avec AFP | 20.08

Un réservoir a laissé s'échapper 300 tonnes d'eau radioactive qui s'est répandue en flaques et dans le sol à la centrale nucléaire japonaise de Fukushima, a indiqué la compagnie d'électricité Tokyo Electric Power (Tepco) qui essaie de pomper ce liquide pour éviter une extension de la contamination du site.

La radioactivité mesurée à environ 50 cm au-dessus de ces flaques était d'environ 100 millisieverts par heure. Un ouvrier qui serait exposé à ce niveau accumulerait en une heure la dose maximale autorisée en cinq années actuellement au Japon pour les travailleurs du secteur nucléaire, a expliqué le porte-parole de Tepco lors d'une conférence de presse.
L'Autorité de régulation nucléaire a situé cet incident au niveau 1 de l'échelle internationale des événements nucléaires (INES, de 0 à 7), ce qui correspond à une "anomalie". C'est la première fois depuis la catastrophe du 11 mars 2011 que l'autorité nippone diffuse une alerte INES.

EAU CONTAMINÉE DÉVERSÉE DANS LE PACIFIQUE

L'eau a été découverte lundi matin. Elle provient d'un des nombreux réservoirs de stockage installé sur le site pour contenir de l'eau qui a été partiellement débarrassée de certains éléments radioactifs mais reste néanmoins contaminée. Tepco est parvenu mardi à localiser précisément le réservoir qui laisse s'échapper l'eau et a évalué à 300 tonnes la quantité qui avait déjà fui. Il resterait environ 670 tonnes dans ce réservoir.

Un muret mis en place aux abords de ces citernes d'eau est censé arrêter le liquide en cas de fuite. Toutefois, des valves pourraient avoir été laissées ouvertes, laissant ainsi l'eau radioactive s'écouler au-delà, d'où la détection de flaques à l'extérieur de cet espace fermé. La fuite du réservoir se poursuivait toujours mardi en fin de matinée. Avec le temps, cette eau se mêlant à l'eau souterraine accumulée en plus de deux ans pourrait se répandre jusque dans la mer, a reconnu Tepco.

Le 7 août, le gouvernement japonais a finalement rendu publique une estimation de la quantité d'eau contaminée qui se déverse dans l'océan Pacifique depuis l'accident nucléaire : pas moins de 300 tonnes chaque jour. Ces fuites ont été estimées par Tepco, en termes de radioactivité, à entre 20 et 40 000 milliards de becquerels entre mai 2011 et juillet 2013.

Le gouvernement réélu du premier ministre Shinzo Abe, qui avait promis de davantage s'impliquer dans la gestion de cette eau contaminée, prévoit de limiter ce deversement à 60 tonnes par jour à partir de décembre.

CUVES, PRODUIT CHIMIQUE ET FILETS

A la fin du mois de juillet, Tepco était revenu sur sa théorie selon laquelle l'eau chargée de tritium, de strontium, de césium et autres éléments radioactifs stagnait sous terre, avouant qu'elle atteignait l'océan. A la suite de cet aveu, l'autorité nucléaire japonaise a prévu d'enquêter sur les causes de ces fuites et de surveiller la contamination de l'océan.

Ces rejets dans le Pacifique n'étaient cependant un secret pour personne. En janvier, par exemple, un poisson pêché près de la centrale présentait un niveau de contamination radioactive plus de 2 500 fois supérieur à la limite légale – au grand dam des pêcheurs de la région.

Ces fuites d'eau radioactive sont issues du refroidissement des réacteurs ravagés. De l'eau douce y est injectée en permanence pour les maintenir à une température inférieure à 50 ºC. Chaque jour, ces opérations produisent 400 tonnes d'eau hautement radioactive, dont une partie est stockée dans des réservoirs souterrains. Tepco a reconnu que certains d'entre eux fuyaient.
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Nico37



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MessageSujet: Re: Nature déchaînée contre technologie japonaise   Ven 23 Aoû - 15:15

Citation :
" A Fukushima, les solutions mises en œuvre ne sont qu'un pis-aller " 21/08

Directeur général adjoint de l'Institut de radioprotection et de sureté nucléaire (IRSN), en charge de la radioprotection, Jérôme Joly décrypte la situation de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima, où a été annoncée une fuite de 300 tonnes d'eau radioactive provenant d'un réservoir de stockage.

L'Autorité japonaise de régulation du nucléaire (ARN) a classé, mercredi 21 août, au niveau 3 – celui d'incident "grave" – une fuite d'eau contaminée dans la centrale de Fukushima. Quelle est la nature exacte de cette fuite ?

Jérôme Joly : Le séisme et le tsunami du 11 mars 2011 qui ont provoqué la catastrophe de Fukushima ont aussi mis hors service tout le système de drainage des eaux du site nucléaire. En temps normal, ce système isolait les bâtiments de la nappe phréatique sur laquelle ils sont construits, afin d'éviter la pénétration des eaux souterraines dans leur sous-sol. Depuis l'accident, cette isolation n'existe plus. D'où, depuis deux ans et demi, la persistance d'infiltrations d'eau, qui sont aujourd'hui le problème majeur à Fukushima. Manifestement, il est loin d'être réglé.

Pour comprendre la situation, il faut savoir que le refroidissement des réacteurs sinistrés – les réacteurs 1, 2 et 3 – est aujourd'hui réalisé par l'injection en continu de 5 m3 d'eau douce par heure et par réacteur. Chaque jour, ce sont ainsi plusieurs centaines de tonnes d'eau qui circulent dans les installations. Or, il s'agit d'un circuit de refroidissement "ouvert" : les cœurs des trois réacteurs ont fondu et ont percé les cuves, et les enceintes de confinement, mises à mal par des explosions dans les jours qui ont suivi l'accident, ne sont plus étanches. L'eau injectée dans les réacteurs, où elle se charge en éléments radioactifs, ruisselle donc et s'écoule dans les galeries techniques, jusqu'au sous-sol des bâtiments des turbines.

Pour éviter que cette eau contaminée ne s'infiltre dans la nappe phréatique, Tepco [la compagnie d'électricité de Tokyo, gestionnaire du site] doit la pomper en permanence, à raison d'environ 700 m3 par jour. Une partie de cette eau – moins de 300 m3 par jour – est traitée et décontaminée avant d'être réinjectée dans le circuit de refroidissement. Il en reste donc plus de 400 m3 par jour, qui sont aujourd'hui stockées dans plusieurs centaines d'énormes citernes réparties sur le site nucléaire.

C'est d'un de ces réservoirs que s'est échappée de l'eau contaminée, dans un volume d'environ 300 tonnes selon l'autorité de contrôle japonaise.

Cette eau est-elle plus radioactive que celle qui s'écoule en permanence vers l'océan, à raison de 300 tonnes par jour d'après les chiffres donnés, le 7 août, par le gouvernement japonais ?

A priori non. On y trouve, vraisemblablement, différents radioéléments, notamment du césium, du tritium, du cobalt et du strontium radioactifs, arrachés par l'eau de refroidissement au combustible nucléaire fondu. Mais sans doute pas à des niveaux plus importants que ceux de l'ensemble des eaux qui ruissellent dans le sous-sol des bâtiments, où l'eau pompée est traitée et décontaminée avant d'être envoyée dans les réacteurs et les réservoirs de stockage. Le problème de l'eau contaminée se pose à l'échelle de la totalité du site nucléaire.

Pourquoi, alors, l'autorité de contrôle du nucléaire a-t-elle, pour la première fois depuis mars 2011, parlé d'incident grave à propos de cette fuite ?

Le niveau 3 auquel est classé cette fuite vient du fait que deux barrières de confinement de l'eau ont été mises en défaut. D'une part, la citerne elle-même, qui se trouve dans un ensemble de réservoirs de stockage installés dans la partie ouest du site de Fukushima. D'autre part, le mur de rétention qui entoure cet ensemble de réservoirs et qui est destiné à contenir d'éventuelles fuites. Il y a donc une double défaillance.

Au-delà de cette explication technique, depuis quelques semaines, l'ARN [structure indépendante mise en place en septembre 2012 pour remplacer la précédente autorité de sûreté, vivement critiquée], de même que le premier ministre japonais, Shinzo Abe, mettent la pression sur Tepco pour que soit trouvée une réponse pérenne à la question de l'eau contaminée. L'un des responsables de l'ARN a déclaré que Tepco n'était pas en mesure de faire face, seul, à ce problème. Peut-être faut-il aussi y voir une volonté de transparence sur la gestion de cette crise.

Quel est le risque sanitaire ?

Les fuites d'eau contaminée vers l'océan ne constituent pas un problème sanitaire majeur. Elles sont marginales par rapport aux rejets massifs, aussi bien aériens que marins, du printemps 2011. Pour le césium 137, le radioélément le plus persistant, ces rejets ont été estimés à environ 60 millions de milliards de becquerels dans l'atmosphère, et à 27 millions de milliards de becquerels dans l'océan, soit la plus forte pollution radioactive en mer de l'Histoire. Par ailleurs, du fait du lessivage par la pluie des dépôts au sol, l'océan reçoit encore aujourd'hui une radioactivité importante, évaluée à plusieurs millions de millions de becquerels par jour.

En comparaison, la contamination de la mer par les fuites actuelles est donc limitée. Son impact écologique éventuel devrait être restreint aux environs immédiats de la centrale, du fait de la capacité de dilution des océans. Les mesures qui sont faites dans le port et dans les eaux proches ne montrent pas pour l'instant de hausse de la radioactivité.

Pour autant, la situation reste préoccupante. Les mesures mises en œuvre à ce jour par Tepco ne sont qu'un pis-aller. Cet état de fait ne peut pas perdurer.

Quelles sont les solutions possibles pour gérer l'eau contaminée ?

Actuellement, la capacité de stockage d'eau radioactive sur le site de Fukushima est d'environ 300 000 m3 et devrait être portée à 450 000 m3 dans les prochains mois. Ce volume ne va faire qu'augmenter, puisque le pompage est permanent. Il n'est pas possible de continuer ainsi indéfiniment. In fine, cette eau devra être prise en charge sur le site par une installation de traitement des effluents liquides, avant rejet en mer. Il faudra une autorisation pour encadrer ces rejets, ce qui nécessite la constitution d'un dossier de sûreté, une démonstration de l'efficacité des traitements, une évaluation des risques, une étude d'impact, une surveillance...

Dans l'immédiat, Tepco a injecté dans le sol, au niveau des stations de pompage, des résines chimiques qui forment une barrière destinée à empêcher l'écoulement de la nappe phréatique vers la mer. Mais cette barrière a pour effet de faire monter le niveau de la nappe qui descend de la montagne vers l'océan, donc d'obliger à pomper toujours plus les eaux qui s'échappent du circuit de refroidissement pour éviter qu'elles se mêlent aux eaux souterraines. C'est sans fin.

Tepco a aussi creusé, en amont du site nucléaire, une douzaine de puits dont la fonction est de pomper les eaux souterraines pour rabattre la nappe phréatique et ainsi abaisser son niveau, afin de limiter les infiltrations dans les bâtiments. A terme, ces eaux rejoindront elles aussi la mer et il faut donc des autorisations de rejet.

De son côté, le gouvernement envisage une autre solution, consistant à geler le sol autour de la centrale, c'est-à-dire à le transformer en permafrost, grâce à des injections d'azote liquide. C'est une option complexe, dont il faut s'assurer qu'elle est à la fois efficace et sans danger.

Dans tous les cas, il s'agit d'opérations difficiles, qui ne pourront être menées qu'en concertation entre toutes les parties prenantes.
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