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 Dossier Jeux Olympiques

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Newo

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MessageSujet: Dossier Jeux Olympiques   Ven 8 Aoû - 2:44

Pour commencer



Citation :

Attaque virale contre le site de RSF à la veille d'une cybermanifestation
NOUVELOBS.COM | 07.08.2008 | 19:00

Le site de Reporters sans frontières est victime d'une attaque virale, à la veille de l'organisation d'une cybermanifestation à l'occasion de la cérémonie d'ouverture des JO. Outre la cybermanifestation, RSF appelle vendredi à un rassemblement à 13H00 devant le Fouquet's.

Le site internet de Reporters sans frontières a été victime jeudi 7 août d'une attaque virale, à la veille de l'organisation par RSF d'une cybermanifestation à l'occasion de la cérémonie d'ouverture des JO de Pékin, a indiqué l'organisation.
"Des hackers ont réussi à s'introduire au sein de l'administration du site de RSF pour mettre un virus à retardement qui peut contaminer les ordinateurs qui s'y connectent. Il s'agit d'un fichier malveillant qui s'introduit dans les ordinateurs de ceux qui consultent le site (ww.rsf.org)", a expliqué RSF.
Lorsqu'il se connecte au site de RSF, l'internaute reçoit un message de son antivirus le mettant en garde contre la présence d'un virus.
RSF reste accessible sur son blog intitulé "Droits de l'Homme, le journal des JO" (http://jeuxolympiques.rsfblog.org) et sur le site de la cybermanifestation (www.resfpekin2008.org).

Manifestation devant le Fouquet's

"On sait que ce fichier se fait passer pour un virus, mais on ne sait pas s'il s'agit d'un vrai virus. C'est un des meilleurs moyens de dissuader les gens de se connecter pour la cybermanifestation de vendredi", a indiqué RSF.
"L'adresse du virus indique qu'il vient de Taïwan, mais ce n'est pas sûr du tout. De bons hackers peuvent la falsifier", a ajouté l'organisation.
Outre la cybermanifestation, RSF appelle vendredi à un rassemblement à 13h00 devant le Fouquet's, à l'angle des Champs-Elysées et de l'avenue George V, après l'interdiction de toute manifestation devant l'ambassade de Chine par les autorités françaises, contrairement aux autres rassemblements prévus à l'étranger par l'organisation.
La préfecture de police a en effet interdit toutes les manifestations jeudi et vendredi aux alentours de l'ambassade de Chine, située avenue George V (VIIIe arrondissement).
L'organisation a déposé une requête en suspension devant le tribunal administratif, mais l'audience n'aura lieu que vendredi à 10h30.

"Clin d'oeil à Nicolas Sarkozy"

"Quelle que soit la décision du juge, on a décidé d'appeler à une manifesttaion à 13 heures à l'angle de l'avenue des Champs-Elysées et de l'avenue George V, devant le Fouquet's", a déclaré le secrétaire général de RSF, Robert Ménard, précisant qu'il s'agissait d'un "clin d'oeil à Nicolas Sarkozy".
Nicolas Sarkozy avait organisé une réception au Fouquet's le soir de son élection à la présidence de la République.
"Nous sommes juste hors du périmètre" fixé par la préfecture de police pour l'interdiction des manifestations autour de l'ambassade de Chine, a-t-il indiqué, en précisant que RSF n'avait pas demandé de nouvelle autorisation de manifester à la préfecture.

Devant les ambassades et virtuellement

RSF appelle à manifester le 8 août devant les ambassades de la Chine populaire à Londres, Madrid, Berlin, Washington, Bruxelles, Montréal, Rome, Stockholm, ainsi que devant le musée olympique à Lausanne.
RSF a relevé de nombreuses atteintes à la liberté de la presse en Chine. L'organisation de défense de la presse relève notamment que deux journalistes de l'AFP ont été interdits d'entrée dans un village du Xinjiang (nord-ouest) où une mosquée avait été rasée par les autorités en mai. "Nous condamnons cette nouvelle violation des règles adoptées en 2007 qui accordent la liberté de mouvement à la presse étrangère", écrit RSF.
L'organisation dénonce également la condamnation à un an de rééducation par le travail le 23 juillet, de Liu Shaokun, professeur au collège Guanghan, dans la ville de Deyang, dans la province du Sichuan, "reconnu coupable d'avoir diffusé des clichés d'écoles de la zone sinistrée par le tremblement de terre". RSF y voit "un nouvel exemple de la répression qui a suivi le tremblement de terre dans le Sichuan".

"Espionnage officiel"

Enfin RSF dénonce l'attitude des autorités chinoises qui multiplient les actes et les déclarations "dans le sens d'un plus grand contrôle policier dans le pays". L'organisation fait état d'un rapport diffusé par un sénateur américain évoquant un "espionnage officiel visant les hôtels tenus ou fréquentés par des étrangers". (avec AFP)

http://jeuxolympiques.rsfblog.org/

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MessageSujet: Re: Dossier Jeux Olympiques   Jeu 21 Aoû - 19:09

Citation :
Nicolas Lopez, jeune sabreur français est une médaille d'argent atypique (L'Equipe, 13/8 ) : "Rares sont les sportifs qui ont glissé dans leurs bagages pour aller à Pékin "Dieu et l'Etat" de Bakounine ou "Le droit à la paresse" de Paul Lafargue." Et, Dans Le Parisien ( 18/8 ), Lopez confirme :
"J'ai aussi un point de vue d'homme, une vision politique, qui fait que les Jeux, c'est aussi le business, la représentation du capitalisme moderne, le gigantisme de la pub." En Voilà un qui a le cerveau musclé.
Le Canard Enchaîné

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MessageSujet: Re: Dossier Jeux Olympiques   Jeu 21 Aoû - 19:13

Citation :
Des documents internes de la police révélent la stratégie vis-à-vis des journalistes étrangers

Une dizaine de journalistes étrangers ont été agressés ou malmenés par des policiers chinois depuis le début des Jeux olympiques de Pékin. Pourtant, des consignes, dont Reporters sans frontières a obtenu copie, ont été adressées fin juillet aux commissariats de police pour qu’ils n’entravent pas le travail de la presse internationale. Ces directives officielles demandent en revanche clairement d’enquêter sur les Chinois qui témoigneraient de leur sort auprès des médias étrangers. Un autre document daté du 7 août, également obtenu par Reporters sans frontières, enjoint les policiers à traiter dans les plus brefs délais les manifestations à caractère religieux.

"Les règles pour la presse étrangère adoptées en janvier 2007 étaient pourtant simples et explicites : liberté de mouvement et liberté d’interview. Les documents de la police chinoise obtenus par Reporters sans frontières démontrent que des ordres ont bien été donnés pour laisser travailler la presse étrangère, mais tout en prenant des renseignements sur les Chinois qui apporteraient un témoignage dérangeant. Les récentes arrestations de Chinois souhaitant manifester ou s’exprimer pendant les JO illustrent bien cette volonté de s’en prendre à ses propres citoyens plutôt qu’aux milliers de journalistes étrangers", a affirmé l’organisation.

Reporters sans frontières publie trois documents de la police chinoise sur la stratégie officielle vis-à-vis des médias étrangers. Si l’intention est plutôt de garantir la liberté d’interview aux milliers de journalistes étrangers présents dans la capitale chinoise, les autorités demandent également aux policiers d’empêcher le travail des reporters non accrédités et surtout d’enquêter sur les Chinois qui s’exprimeraient devant la presse. Cela fait craindre des représailles après les Jeux olympiques quand les milliers de journalistes accrédités seront partis.

Daté du 25 juillet 2008, un premier document intitulé "Quatre directives relatives à l’encadrement des journalistes étrangers" demande aux forces de sécurité de ne pas couvrir l’objectif des reporters (1), de ne pas endommager leur équipement (2), de ne pas confisquer leur carte mémoire (3) et de ne pas enquêter sur les affaires mineures les concernant (4).

Reporters sans frontières a recensé plusieurs cas où ces directives ont été clairement violées. Le 25 juillet, des journalistes de Hong Kong ont été empêchés physiquement par des officiers en uniforme de filmer les débordements de foule qui ont eu lieu pendant la vente de tickets d’entrée pour des épreuves olympiques. Le 13 août, le reporter John Ray de la chaîne britannique ITN a été interpellé par des policiers chinois à Pékin alors qu’il couvrait une manifestation de militants pro-tibétains. Il a été immobilisé par la force pendant vingt minutes alors qu’il s’était identifié comme journaliste, tandis que son collègue cameraman était empêché de filmer l’arrestation des manifestants. Un photographe du quotidien britannique The Guardian a, quant à lui, eu son matériel professionnel détruit par des policiers. Dans le Xinjiang cette fois, des reporters de l’agence Associated Press ont été contraints d’effacer des images de leurs appareils photo.

Le second document est intitulé "Huit directives de non-intervention concernent les situations où un journaliste étranger interview un Chinois". Selon les autorités, les policiers ne doivent pas intervenir si le journaliste est accrédité (1), si le journaliste est non accrédité mais ne s’intéresse pas à des sujets politiques (2), si la personne interviewée a donné son accord (3), si le journaliste traite d’un pays tiers (4), lors de conférences de presse d’organisations étrangères disposant d’autorisations (5), si le journaliste réalise une interview sur des sujets sensibles mais que l’interviewé ne provoque pas un rassemblement qui dérange l’ordre public (6), si l’interviewé traite de sujets tels que le Tibet, Xinjiang, Taiwan, Falungong ou critique le Parti ou le gouvernement, mais qu’il n’a pas un comportement excessif (7), si un journaliste prend des photos ou filme le travail des policiers sans les déranger dans leurs activités (8).

Au point 7, la directive précise qu’il est conseillé aux policiers d’"aborder l’interviewé [chinois] conformément à la législation chinoise et suivre et contrôler le journaliste concerné". Dans une dizaine d’affaires, des Chinois ont été arrêtés après avoir voulu alerter l’opinion publique internationale sur leur sort. Le 17 août, deux Chinoises septuagénaires ont été condamnées à un an de rééducation par le travail pour avoir demandé la permission de manifester pendant les JO. Tandis que Zhang Wei, ancienne résidente du quartier de Qianmen à Pékin, a été arrêtée par la police le 9 août, après avoir témoigné auprès de journalistes étrangers sur les circonstances de son relogement.

Reporters sans frontières a pu observer à Pékin que lors de manifestations d’étrangers chrétiens ou pro-tibétains, les autorités préféraient laisser intervenir des policiers déguisés en jeunes patriotes ou des civils membres des groupes de surveillance, avant de procéder à l’arrestation des manifestants. Par ailleurs, la campagne d’intimidation menée par la Sécurité publique avant les Jeux olympiques vis-à-vis des militants des droits de l’homme de Pékin a permis aux autorités d’écarter ces porte-parole des revendications sociales, religieuses et politiques en Chine. Plus d’une quarantaine de ces défenseurs ont été placés en résidence surveillée, contraints de quitter Pékin ou obligés de se cacher de peur des représailles.

Le troisième document est une analyse par le Bureau des affaires criminelles de trois incidents impliquant des militants pro-tibétains, des Chrétiens et un délinquant. Dans les directives de travail, il est demandé en priorité aux policiers d’enquêter de manière exhaustive et d’agir afin d’éviter une mauvaise publicité. Le Bureau des affaires criminelles recommande d’interpeller les manifestants étrangers et de les expulser au plus vite. Les policiers doivent tout faire pour "dépolitiser" les actions, en soulignant auprès du public des conséquences pour l’ordre public. Dans le 4e point des directives, il est demandé de traiter dans les "plus brefs délais les cas religieux". "Eloigner la foule, développer toutes sortes de manœuvre pour calmer la situation, informer immédiatement le département des Affaires religieuses", sont les consignes adressées aux policiers de Pékin.

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MessageSujet: Re: Dossier Jeux Olympiques   Jeu 21 Aoû - 19:13

Citation :
Internet “géobloqué“ dans le pays : Reporters sans frontières dénonce une discrimination envers les internautes tibétains

Reporters sans frontières condamne le blocage de certains sites de médias et d’organisations internationales au Tibet alors qu’ils sont débloqués dans le reste de la Chine depuis le 1er août.

“Ce blocage géographique est une mesure discriminatoire. Que les sites Internet relatifs à la question tibétaine soient filtrés n’est pas une surprise. Mais que les internautes du Tibet n’aient pas accès aux mêmes contenus que ceux du reste de la Chine, qui connaissent déjà une censure importante, est inacceptable“, a déclaré l’organisation.

Le 20 août, les sites des organisations de défense des libertés Reporters sans frontières et Amnesty International étaient inaccessibles au Tibet alors qu’ils ont été débloqués dans le reste de la Chine le 1er août. Les sites des médias Radio Free Asia (exceptée dans sa version anglaise) et Voice of America l’étaient également, alors qu’ils sont accessibles à Pékin et à Shanghaï. En revanche, le site d’un journal de la communauté tibétaine en exil, Potala Post (www.pressoftibet.com), est accessible au Tibet.

La question de l’autonomie de la province chinoise reste un sujet très sensible pour les autorités et de nombreux sites traitant de ce sujet sont filtrés en Chine, y compris dans le centre de presse principal de Pékin.

Voici une liste non exhaustive des sites Internet bloqués relatifs au Tibet : www.tibetpost.net, www.tibet.net, www.phayul.com, www.vot.org, www.tchrd.org tibetonline.tv www.studentsforafreetibet.org www.freetibet.org woeser.middle-way.net

L’écrivain d’origine tibétaine et auteur du blog woeser.middle-way.net, Tsering Woeser, est régulièrement menacée par les autorités chinoises en raison des articles qu’elle publie sur Internet. Le 23 juillet 2008, elle a porté plainte contre le gouvernement chinois qui l’empêche de quitter le territoire. Elle est privée de ses droits de citoyenne chinoise depuis 2004 sous prétexte qu’elle pourrait "mettre en péril la Nation". Le 6 mars 2008, les autorités lui avaient interdit de se rendre en Norvège pour recevoir un prix pour son travail et son engagement pour la liberté d’expression. En septembre 2003, son deuxième ouvrage, Xizang Biji (Notes sur le Tibet), avait été retiré de la vente en raison de son contenu jugé “nocif pour l’unification et la solidarité de la nation“.

Par ailleurs, l’accès à la bibliothèque musicale iTunes de l’entreprise américaine Apple est interdit en Chine après que les autorités ont découvert que des internautes ont téléchargé l’album “Songs for Tibet“ réalisé par plusieurs artistes connus afin de protester contre la politique chinoise dans la province.

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MessageSujet: Re: Dossier Jeux Olympiques   Jeu 21 Aoû - 19:15

Citation :
“Les JO continuent, les mauvais traitements également“ : Reporters sans frontières dénonce les conditions de détention des prisonniers d’opinion

Reporters sans frontières dénonce les conditions de détention de certains prisonniers d’opinion chinois, qui n’ont pas accès aux soins dont ils ont besoin d’urgence. L’organisation a notamment reçu des informations préoccupantes sur l’état de santé de Huang Qi, Hu Jia et Sun Lin. Elle appelle la communauté internationale, notamment les chefs de gouvernements qui seront présents à la cérémonie de clôture des Jeux olympiques, à se mobiliser pour que ces prisonniers puissent être soignés.

“Les conditions de détention des journalistes et des cyberdissidents sont inacceptables et les mettent en danger. Nous rappelons au Comité international olympique que la Charte olympique stipule que le sport doit être mis "au service du développement harmonieux de l’homme, en vue d’encourager l’établissement d’une société pacifique, soucieuse de préserver la dignité humaine". Encore une fois, le CIO faire preuve de lâcheté et ne fait rien pour que les valeurs de l’olympisme soient respectées en Chine. Nous condamnons le comportement des autorités locales qui refusent que les prisonniers aient accès aux soins dont ils ont besoin et demandons leur libération sans délai“, a déclaré l’organisation.
(PNG)
Huang Qi

Le cyberdissident Huang Qi, détenu à Chengdu (capitale du Sichuan) depuis le 10 juin 2008, souffre de violents maux d’estomac et de tête, suite aux mauvais traitements qui lui ont été infligés lors de son incarcération pour “subversion“, de 2000 à 2005. Il est accusé de “possession illégale de secrets d’Etat“ et n’a pas encore pu voir son avocat. Toutes ses demandes de libération pour raison humanitaire ont été rejetées.

Le cyberdissident Hu Jia, détenu à Tianjin (200 km à l’est de Pékin) depuis le 8 mai 2008, est atteint d’une maladie du foie liée à une infection par le virus de l’hépatite B. Il doit suivre un traitement quotidien auquel il n’a pas accès. Il est en danger de mort. Arrêté le 27 décembre 2007 pour “incitation à la subversion au pouvoir de l’Etat“, il a été condamné à trois ans et demi de prison le 3 avril 2008 pour avoir publié sur Internet des informations concernant des affaires d’Etat. Sa femme, Zeng Jinyan, ainsi que leur petite fille de 8 mois, demeurent introuvables depuis le début des Jeux olympiques.

Le journaliste Sun Lin, plus connu sous le pseudonyme Jie Mu, est détenu à Nanjing (est du pays). Depuis qu’il a été battu en prison, sa vue baisse considérablement et il souffre de violents maux de tête. Sa famille a demandé qu’il puisse voir un médecin mais cela lui a été refusé. Arreté le 30 mai 2007, il était un collaborateur régulier du site Internet d’informations Boxun et le fondateur du journal aujourd’hui interdit Da Du Shi. Le 27 juin 2008, il a été condamné à quatre ans de prison pour “possession illégale d’armes“. Sa femme, He Fang, également collaboratrice de Boxun, a été condamnée à une peine de prison avec sursis. Elle a été libérée.
(JPEG)
Hu Jia

“Huang Qi, Hu Jia et Sun Lin ne sont pas les seuls à souffrir de ces conditions de détention. Actuellement, cinquante cyberdissidents et vingt neuf journalistes sont emprisonnés en Chine en raison du travail qu’ils fournissaient. Nous appelons la communauté internationale à se mobiliser pour obtenir leur libération“, a ajouté l’organisation.

L’avocat et cyberdissident Yang Maodong, plus connu sous le nom de Guo Feixiong, refuse régulièrement de s’alimenter pour protester contre ses conditions de détention. D’après sa femme, Zhang Qing, il est victime de maltraitances physiques et notamment soumis à la torture électrique. Détenu depuis le 13 décembre 2007 à Meizhou (province du Guangdong), il a été condamné à cinq ans de prison en novembre 2007 pour “trouble à l’ordre public“.

Hada, directeur de la publication The Voice of the Southern Mongolia, est régulièrement maltraité dans la prison de Chifeng (Mongolie intérieure) où il purge une peine de quinze ans. Détenu depuis 1995, il n’a pas vu la lumière du jour depuis près d’un an. Il n’a pas le droit de parler ni de lire et n’a pas confiance dans les médicaments que les gardiens de la prison lui donnent.

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MessageSujet: Re: Dossier Jeux Olympiques   Jeu 21 Aoû - 19:18

Citation :
Chine - Rapport annuel 2008

Superficie : 9 598 050 km2.
Population : 1 315 844 000.
Langue : mandarin.
Chef de l’Etat : Hu Jintao.


Un vent glacial s’est abattu sur la liberté de la presse avant le 17e Congrès du Parti communiste qui s’est tenu en octobre à Pékin. Les journalistes ont été contraints de relayer la propagande officielle, tandis que les cybercenseurs sévissaient sur Internet. Malgré une règlementation assouplie en janvier, près de 180 correspondants de la presse étrangère ont été arrêtés ou harcelés en 2007.


Début 2007, des représentants de Reporters sans frontières ont rencontré, pour la première fois, des officiels chinois, notamment le vice-ministre de l’Information à Pékin. Les autorités se sont dites prêtes à reconsidérer la situation des journalistes et des internautes actuellement emprisonnés, notamment Zhao Yan, collaborateur du New York Times, condamné à trois ans de prison sur la base d’accusations mensongères. Mais elles n’ont tenu aucun de leurs engagements. Zhao Yan a été libéré, en septembre, à la fin de sa peine. Et les autres promesses sont restées lettre morte. A la fin de l’année, les autorités ont refusé d’accorder des visas à cinq représentants de Reporters sans frontières qui souhaitaient se rendre à Pékin.

"Nous garantissons une liberté totale de la presse". Cette autre promesse, faite en 2001 par un officiel chinois qui défendait le dossier de candidature de Pékin pour les Jeux olympiques de 2008, n’a jamais été respectée. 2007 aura été l’année des désillusions. Beaucoup d’observateurs s’attendaient à plus de tolérance envers la presse et à une plus grande liberté d’expression, comme l’avaient annoncé les autorités. Mais le gouvernement, et plus particulièrement la police politique et le Département de la propagande, ont tout fait pour empêcher la presse libérale, les internautes et les dissidents de s’exprimer. Les correspondants étrangers ont été encore largement entravés dans leur travail malgré une règlementation qui leur accorde jusqu’en octobre 2008 plus de liberté de mouvement.

Le président Hu Jintao a consolidé les bases de son pouvoir, en mettant en avant les principes de la "société harmonieuse"... dont la démocratie est exclue. Les conservateurs du régime ont entrepris de construire cette "harmonie" par la force. En mars, Zhou Yongkang, ministre de la Sécurité publique, a appelé les services de sécurité à intensifier la répression contre les "forces hostiles", notamment les mouvements séparatistes et les dissidents, avant les Jeux olympiques.

Les "prisonniers des Jeux olympiques"

La police a donc entrepris d’arrêter les dissidents et les blogueurs qui appellent à l’amélioration de la situation des droits de l’homme avant la tenue des Jeux olympiques. Le plus connu de ces "prisonniers olympiques" est Hu Jia, arrêté le 27 décembre à son domicile de Pékin. Les policiers ont présenté un mandat d’arrêt l’accusant d’"incitation à la subversion du pouvoir de l’Etat". Son épouse, la blogueuse Zeng Jinyan, et leur fille âgée d’un mois et demi, ont été, plusieurs semaines durant, encerclées par des dizaines de policiers. Tous les deux défenseurs de l’environnement, des droits des malades du Sida et des prisonniers politiques, Hu Jia et Zeng Jinyan ont tenté de repousser les limites de la liberté d’expression en Chine, en postant sur leurs blogs des informations dérangeantes.

La répression s’est également abattue sur les contributeurs chinois de sites d’informations hébergés à l’étranger. Au moins trois collaborateurs du site d’informations Boxun, basé aux Etats-Unis, sont actuellement emprisonnés. Sun Lin, également connu sous son nom de plume Jie Mu, correspondant de Boxun en Chine, a été arrêté par la police le 30 mai à Nanjing (Est). Il avait dénoncé des abus de pouvoir, notamment dans des vidéos diffusées sur le site. Huang Jinqiu, autre correspondant régulier de Boxun, est détenu depuis 2003. Il a été condamné à douze ans d’emprisonnement pour "subversion du pouvoir de l’Etat" dans la province du Jiangsu (Est). Et en août 2007, le cyberdissident et blogueur He Weihua a été interné de force dans un hôpital psychiatrique du Hunan (Sud). Selon ses proches, cette décision est liée à ses articles publiés sur son blog www.boxun.com/hero/hewh/. Un quatrième, Li Changqing, a été libéré en février 2008, après avoir été condamné en 2006 à trois ans de prison par un tribunal de la ville de Fuzhou (province du Fujian, Sud-Est) pour diffusion d’"informations alarmistes".


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MessageSujet: Re: Dossier Jeux Olympiques   Jeu 21 Aoû - 19:19

Citation :
La presse libérale sous pression

La presse libérale - notamment les quotidiens Xin Jing Bao et Nanfang Dushi Bao, et le magazine Caijing - a parfois été à l’origine d’informations embarrassantes pour les autorités locales ou nationales. Ainsi, en juillet, le Xin Jing Bao (Beijing News) a révélé que des responsables locaux avaient réussi à interdire la publication d’un rapport qui chiffre à près de 70 milliards de dollars le coût de la pollution dans le pays. Un mois auparavant, c’est le journal britannique Financial Times qui affirmait qu’un rapport de la Banque mondiale sur les problèmes environnementaux avait été censuré par le gouvernement. L’information avait circulé sur de nombreux sites et blogs chinois, avant d’être retirée par les cybercenseurs.

"Dans la rédaction, nous savons que dès qu’il s’agit d’un sujet qui concerne les leaders du Parti, les nominations d’officiels ou des sujets internationaux comme la Corée du Nord, il faut attendre la dépêche de l’agence Xinhua, a expliqué à Reporters sans frontières un journaliste du Beijing News. Publier quelque chose avant, c’est trop risqué. Tout le monde est au courant des interdits : les minorités, la liberté religieuse et Falungong." Le gouvernement ne se prive pas de rappeler à l’ordre les médias libéraux. En mars, le magazine économique Caijing, source d’information privilégiée de la communauté internationale, a été contraint de censurer un article sur l’adoption d’une nouvelle législation sur la propriété privée. La rédaction a également été obligée de retirer des articles de son site Internet.

Les meneurs de cette presse au ton plus libre prennent d’énormes risques. Yu Huafeng, président du quotidien Nanfang Dushi Bao, est incarcéré depuis 2004 à Canton. Son collègue Li Minying, ancien directeur du journal, a été libéré en février 2007, trois ans avant la fin de sa peine. Ils avaient été condamnés à six ans de prison pour "corruption". En 2005, plus de deux mille journalistes chinois avaient signé une pétition demandant la libération de leurs confrères.

D’autres journalistes, victimes de purges au sein de leur rédaction, ont été reclassés dans des publications jugés inoffensives. Début 2007, Huang Liangtian a été limogé de la direction du mensuel Bai Xing (Masses populaires) pour être nommé dans un magazine sur l’agriculture moins critique. Bai Xing avait multiplié les enquêtes sur les conditions de vie dans les zones rurales et révélé que l’administration d’une région pauvre de la province du Henan (Centre) avait fait construire une place plus large que celle de Tiananmen à Pékin. Les autorités locales avaient demandé la tête du journaliste. "Je ne suis pas sûr que la liberté de la presse va s’améliorer pour les médias gouvernementaux. Je suis triste que ma vie de journaliste s’arrête ainsi", a expliqué Huang Liangtian à Reporters sans frontières. En juillet, c’était au tour de Pang Jiaoming du China Economic Times d’être sanctionné par les autorités pour avoir publié une enquête sur la mauvaise qualité des matériaux de construction des rails de la première ligne de train à grande vitesse reliant Wuhan à Canton.

Une censure quotidienne

Le Département de la propagande et l’Administration générale de la presse et des publications (GAPP) se sont répartis le travail pour freiner les ardeurs des journalistes. En cours d’année, la GAPP a rappelé que "les reportages doivent être vrais, précis, objectifs, justes et ne doivent pas s’opposer aux intérêts de l’Etat ou enfreindre les droits des citoyens". Le Département de la propagande a, quant à lui, multiplié les interventions auprès des rédactions. En novembre, Reporters sans frontières a publié un document interne qui détaillait les différentes formes de censure. Sous la forme d’un Glossaire, le Département de la propagande met en garde les rédactions qui ne respectent pas "les règles de discipline mises en place pour l’information". Les instructions sont claires : "1- "Interdiction de reportage" signifie : interdiction d’écrire un reportage sur le sujet. - 2- "Ne pas envoyer de reporter" signifie : autorisation de publier l’article standard de l’agence Xinhua ou bien de reproduire le reportage, article (contribution) d’un média local. - 3-"Interdiction de critiquer" signifie : aucun commentaire sur les propos y compris au moyen d’un dessin."

Ainsi, en novembre, le Département de la propagande a ordonné aux responsables des principaux médias chinois d’éviter les reportages négatifs sur la pollution de l’air, les relations avec Taïwan au sujet de la torche olympique et les problèmes sanitaires, dans le cadre de la préparation des Jeux olympiques.

La censure a été encore plus forte pour les télévisions et les radios. Les journalistes de la chaîne gouvernementale CCTV sont avertis tous les matins, quand ils se connectent à leur ordinateur professionnel, des sujets à ne pas traiter ou à couvrir avec précaution. En décembre, il leur a, par exemple, été interdit d’aborder le cas d’une Chinoise enceinte, morte à l’hôpital faute de soins. Ils ont dû aussi limiter leurs commentaires sur l’assassinat de Benazir Bhutto, afin de ménager l’allié pakistanais.

Malgré les protestations de la presse, le gouvernement a fait adopter une loi sur la gestion des situations de crise (Emergency response law), en août 2007. Celle-ci interdit la "fabrication et la diffusion de fausses nouvelles sur les accidents et les désastres et impose au gouvernement de fournir une information exacte et dans les délais sur ces cas". Les médias risquent de perdre leur licence s’ils publient des informations sans autorisation. En pratique, ils devront reprendre uniquement les dépêches de l’agence de presse officielle Xinhua lors de catastrophes naturelles, d’accidents industriels, d’épidémies ou de troubles à la sécurité publique, et ne pourront mener leur propre enquête. Dans la foulée, les autorités chinoises ont imposé des limites au travail de la presse sur l’effondrement d’un pont à Fenghuang, une ville touristique de la province du Hunan (Sud), qui a fait plus de quarante morts. Le Département de la propagande a ordonné, le 16 août, aux médias chinois de restreindre leur couverture de cet événement et les rédactions ont été contraintes de retirer leurs reporters de Fenghuang. Avant de quitter les lieux, cinq journalistes, dont un du Nanfang Dushi Bao, ont été frappés par des hommes liés aux autorités locales.

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MessageSujet: Re: Dossier Jeux Olympiques   Jeu 21 Aoû - 19:19

Citation :
Campagne contre les "faux journalistes"

Sur ordre du gouvernement, le Département de la propagande et la GAPP ont collaboré pour mener à bien une campagne nationale contre les "faux journalistes". Prétextant un reportage truqué sur de la nourriture avariée, réalisé en juillet par un jeune reporter d’une chaîne de Pékin, les autorités ont traqué les "faux journalistes" qui utiliseraient des accréditations auprès de médias étrangers ou de Hong Kong, pour pratiquer le "chantage et la désinformation". Au bout de quelques semaines, le gouvernement a annoncé avoir identifié 150 "faux journalistes" et 300 médias sans licence. Une dizaine de journalistes, notamment deux responsables d’une publication de Liaoning (Nord-Est), Les nouvelles sociales (illégal selon les autorités), ont été incarcérés. Si le chantage existe en Chine, il n’en reste pas moins que de nombreux médias travaillent sans licence faute de pouvoir en obtenir.

L’Administration générale de la presse et des publications a profité de cette campagne pour mettre en place un fichage de près de trente mille journalistes qui seront accrédités pour les Jeux olympiques. Officiellement, il s’agit encore une fois d’identifier les "faux journalistes" et d’aider les responsables chinois à répondre aux interviews. Mais le gouvernement n’a pas précisé quels types d’informations seront collectés. Ce projet de fichage des reporters étrangers a été confirmé par un consultant étranger travaillant avec le comité organisateur des Jeux olympiques. Le Département de la sécurité d’Etat a été chargé de répertorier les reporters et les militants qui pourraient "perturber" les JO.

180 incidents avec les correspondants étrangers

Les nouvelles mesures de régulation mises en place le 1er janvier 2007 ont apporté une certaine liberté de mouvement aux correspondants de la presse étrangère. Certains médias ont tout de suite profité de cette évolution pour réaliser des reportages qui leur étaient auparavant interdits. Ainsi, l’agence Reuters s’est rendue en Mongolie intérieure pour rencontrer l’épouse de Hada, directeur de publication mongol emprisonné depuis 1995. L’agence britannique demandait en vain l’autorisation de réaliser cette interview depuis 2004. Reuters a également pu interviewer Bao Tong, ancien assistant du Premier ministre réformiste Zhao Ziyang. Mais quelques jours seulement après l’adoption de cette nouvelle régulation, des correspondants étrangers ont été empêchés de se rendre chez des enfants de Zhao Ziyang ou d’interviewer l’avocat shanghaien Zheng Enchong, l’avocat Gao Zhisheng ou la militante antisida Gao Yaojie. Et des reporters de Hong Kong ont été refoulés par des soldats, le 9 janvier, alors qu’ils s’approchaient du lieu du crash d’un avion militaire dans la province du Guangdong (Sud-Est).

Tout au long de l’année, la police a entravé le travail des correspondants qui enquêtaient sur des sujets sensibles. En mars, une équipe de la BBC World Service a été interpellée par des policiers dans un village du Hunan où venait d’avoir lieu une émeute. "Vous n’êtes pas aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne. Ici, c’est la Chine," a affirmé l’un des officiers qui les ont interrogés. Un journaliste leur a expliqué que le gouvernement de Pékin avait adopté une nouvelle réglementation. "C’est seulement pour les informations liées aux Jeux olympiques, et je ne crois pas que vous soyez venus ici pour les JO", a rétorqué l’officier.

Pas moins de sept journalistes ont été interpellés ou agressés alors qu’ils tentaient d’accéder au village de Shengyou (sud de Pékin) où, en 2005, des hommes de main de responsables locaux avaient tué six personnes et blessé plus de cinquante autres. Cela a concerné l’Agence France-Presse, la BBC World Service et la correspondante de Swiss TV, Barbara Luthi, qui a été frappée par des policiers.

Travailler au Tibet et au Xinjiang est toujours aussi difficile. En mai, Harald Maass, correspondant du quotidien allemand Frankfurter Rundschau, et Tim Johnson, correspondant du groupe de presse américain McClatchy, ont été convoqués par un haut responsable du ministère chinois des Affaires étrangères qui leur a reproché d’avoir violé les règles journalistiques dans des articles sur le Tibet. Dès leur arrivée à Lhassa, les deux correspondants avaient été suivis et harcelés par des policiers en civil. Des Tibétains avec qui ils s’étaient entretenus ont dû payer des amendes. La police a empêché Harald Maass de se rendre dans la ville de Shigatse.

Au total, le Foreign Correspondents Club of China (FCCC) a reçu des informations sur 180 violations de ces régulations qui vont de la surveillance de journalistes à l’interpellation. Et selon un sondage réalisé en 2007 par le FCCC, à la question : "Est-ce que la Chine respecte la promesse faite en 2001 par Wang Wei, un organisateur des JO de Pékin qui disait : "Nous donnerons aux médias étrangers toute liberté de reportage", plus de 67 % répondent "Non". Seulement 8,6 % des journalistes interrogés répondent "Oui".

Le pluralisme menacé à Hong Kong ?

A Hong Kong, le pluralisme existe toujours, même si les intérêts économiques de certains patrons de presse les ont incités à ménager les autorités de Pékin. "Pour les journalistes de Hong Kong qui enquêtent en Chine, il faut se méfier des autorités locales, des mafias et des puissants qui n’aiment pas trop notre style de presse. Plus généralement, la couverture de la Chine est plus timide qu’auparavant. Des sujets comme l’indépendance de Taiwan ou le Falungong sont devenus tabous", explique Mak Yin-ting, secrétaire général de la Hong Kong Journalists Association. "L’argent se fait en Chine. Pas étonnant alors que la moitié des propriétaires de journaux aient des intérêts économiques sur le continent. Le problème est le degré d’autocensure que cela provoque. Par exemple, dans beaucoup de quotidiens, Taiwan est maintenant traité dans la rubrique Chine. Et la majorité des médias de Hong Kong ne couvrent pas les manifestations de Falungong, alors qu’ils sont régulièrement des dizaines de milliers dans la rue", a expliqué quant à lui Francis Moriarty du Foreign Correspondents Club. Plusieurs incidents ont eu lieu à Hong Kong en 2007 : Shuhwey Liao et I-Chun Ko, deux reporters taïwanaises de la radio Sound of Hope (proche de Falungong), ont été refoulées de Hong Kong, et les animateurs de la radio pirate Citizen Radio ont de nouveau dû paraître devant une cour de justice pour avoir enfreint la loi sur les télécommunications.

La répression au Tibet et au Xinjiang

La censure et le contrôle policier ont été encore plus forts dans les provinces où il existe des mouvements autonomistes. En novembre, trois Tibétains ont été condamnés par la Cour intermédiaire de Kardze (province du Sichuan, frontalière du Tibet), à des peines de prison allant de trois à dix ans pour "espionnage pour le compte d’organisations étrangères mettant en danger la sécurité de l’Etat". Selon les autorités, ils auraient envoyé à l’étranger des photos de manifestations de nomades tibétains ayant eu lieu début août. Adak Lupoe, moine supérieur du monastère de Lithang, et Kunkhyen, musicien et enseignant, ont été condamnés respectivement à dix et neuf ans de prison, reconnus coupables "d’espionnage" pour avoir pris des photos et procédé à des enregistrements des manifestations.

Au Xinjiang, l’un des fils de la célèbre militante ouïghoure Rebiya Kadeer, Ablikim Abdiriyim, a été condamné, le 17 avril, à neuf ans de prison pour avoir diffusé des articles "sécessionnistes" sur Internet. Selon l’agence officielle chinoise Xinhua, Ablikim Abdiriyim a tenté de donner une mauvaise image des "droits de l’homme et des politiques ethniques en Chine".

Une centaine de journalistes et internautes emprisonnés

La Chine populaire reste le pays qui emprisonne le plus grand nombre de journalistes, cyberdissidents, internautes et défenseurs de la liberté d’expression. Leurs conditions de détention sont souvent difficiles : ils partagent des cellules surpeuplées avec des criminels, sont contraints au travail forcé et sont régulièrement battus par leurs gardiens ou des codétenus. Dans les premières semaines de leur incarcération, les mauvais traitements sont fréquents. Les policiers tentent de leur arracher des aveux. Au 1er janvier 2008, au moins 33 journalistes étaient emprisonnés en Chine.

Avant d’être libéré le 5 février 2008 deux ans avant la fin de sa peine, le journaliste de Hong Kong, Ching Cheong, était incarcéré dans une prison de Canton. Son épouse a raconté à Reporters sans frontières les conditions de détention de son mari : "J’ai le droit de le voir une fois par mois, pendant une heure. Nous sommes derrière une vitre, et nous parlons au téléphone. Notre conversation est écoutée. C’est même écrit sur les murs du parloir. Ching Cheong est dans une cellule avec 12 autres prisonniers, la plupart des criminels condamnés à de lourdes peines. Dans la prison, il y a deux usines. Lui, il doit travailler huit heures par jour, avec des heures supplémentaires deux fois par semaine, jusqu’à 21 heures le soir. Il fabrique des uniformes de police. Les prisonniers ne sont pas payés. Avant d’être arrêté, Ching Cheong avait déjà des problèmes de pression artérielle. Mais cela ne se produisait que deux ou trois fois par an. Maintenant, c’est tous les jours. Il souffre de la discipline militaire qui règne dans la prison. Il a perdu 15 kilos depuis son arrestation. Vous savez, le premier mois de détention à Pékin a été extrêmement dur. Un traitement que l’on peut considérer comme de la torture mentale."

De son côté, le cyberdissident Guo Qizhen, condamné à quatre ans de prison pour "incitation à la subversion du pouvoir de l’Etat", a été battu, en mai, par des codétenus dans sa cellule de Shijiazhuang (Hebei, nord-est de la Chine). L’agression a été orchestrée par des gardiens de la prison. Sa femme a rapporté que son corps était couvert d’hématomes. Le cyberdissident, qui avait une jambe cassée au moment de son arrestation, n’a pas bénéficié des soins médicaux adéquats. Son état de santé s’est considérablement détérioré.

La grande muraille électronique

La Toile chinoise est l’une des plus contrôlées au monde. Depuis le mois d’août 2007, une "cyberpolice" a été instaurée pour surveiller les connexions des internautes. Une vingtaine d’entreprises, notamment américaines, ont été contraintes de signer un "Pacte d’autodiscipline" qui les oblige à censurer le contenu des blogs qu’elles hébergent en Chine et à demander aux blogueurs de communiquer leur vraie identité. Les fermetures de sites Internet ont été très nombreuses lors du dix-septième Congrès du Parti communiste à Pékin en octobre. Les forums des sites d’informations les plus connus étaient fermés "par précaution" le temps du congrès, afin qu’aucune information ne dénote de la ligne politique fixée par les autorités. A cette occasion, Reporters sans frontières a publié un rapport réalisé par un internaute chinois, qui fait état du système de censure du Web en vigueur dans le pays. Cinq bureaux gouvernementaux disposent de services dédiés à la surveillance du contenu des sites et des e-mails.

Au moins 51 cyberdissidents sont actuellement enfermés en Chine pour avoir usé de leur droit à la liberté d’expression sur le Web. Les autorités chinoises ont fermé des sites Internet au Tibet, notamment le forum de discussion le plus fréquenté par les étudiants tibétains (http://www.tibet123.com), les privant d’outil pour donner leur avis sur la politique du gouvernement. En juillet, le forum de discussion Mongolian Youth Forum (www.mglzaluus.com/bbs), très populaire en Mongolie intérieure, a été fermé par les autorités. Selon l’un de ses animateurs, les autorités reprochaient les discussions fréquentes abordant les "problèmes ethniques" de cette province chinoise.

Les firewalls mis en place sont très réactifs. Ainsi, après seulement quelques heures, le site de Reporters sans frontières en chinois - www.rsf-chinese.org -, lancé fin mai, a été bloqué. La cyberpolice utilise visiblement des logiciels contenant des filtres par mots clefs. Sans se soucier des conséquences pour les internautes chinois, toute adresse IP liée à un site jugé indésirable est bloquée sans préavis.

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