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 Revue de presse:infos droites extrêmes, et racisme quotidien

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MessageSujet: Re: Revue de presse:infos droites extrêmes, et racisme quotidien   Dim 24 Juil - 14:01

Après le coup de la menace terroriste d'extrême-gauche après 4 roues d'un 4X4 trouées près du Fouquet's, voici le coup de la menace terroriste de l'extrême-droite. Ne pas oublier que ce qui s'est passé à Oslo n'est pas du fait d'un groupuscule, mais d'un individu, information prise jusqu'à présent (comme le cas Maxime Brunerie qui avait tiré sur Jacques Chirac sur les Champs-Elysées)
Citation :

Le terrorisme d'extrême-droite, nouvelle menace pour l'Europe?
par William Maclean

LONDRES (Reuters) - Les liens avec l'extrême-droite de l'auteur présumé de la double attaque qui a fait 91 morts en Norvège pourraient poser un nouveau défi sécuritaire à l'Europe, dix ans après les premiers attentats d'Al Qaïda.

Anders Behring Breivik, qui a été arrêté après la fusillade sur l'île d'Utoya, est présenté par les autorités comme un ancien membre d'un parti populiste, un franc-maçon et l'auteur de blogs critiquant le multiculturalisme et l'Islam. Il se présente lui-même sur sa page Facebook comme un "fondamentaliste chrétien".

Les polices européennes s'inquiètent depuis un moment de la montée des idées d'extrême-droite, alimentées par un mélange toxique d'islamophobie, de racisme anti-immigrés et de difficultés sociales.

Jusqu'à présent, toutefois, la violence avait rarement dépassé le stade de passages à tabac ou d'attaques à l'arme blanche.

La double attaque norvégienne, la plus meurtrière sur le continent depuis les attentats attribués à Al Qaïda qui avaient fait 52 morts à Londres en 2005, est d'une tout autre logique et selon un analyste, elle peut être qualifiée "d'Oklahoma City" européenne.

En 1995, un militant américain d'extrême-droite, Timothy McVeigh, avait tué 168 personnes en faisant exploser un véhicule piégé devant un bâtiment fédéral d'Oklahoma City, mettant en évidence le danger représenté par des groupuscules jusqu'alors peu contrôlés.

La problématique est la même en Europe, où les polices se sont concentrées depuis dix ans sur les réseaux terroristes islamistes.

"Il n'y a jamais eu d'attaque d'extrême-droite de ce genre en Europe", souligne Hagai Segal, spécialiste des questions de sécurité de l'Université de New York, à Londres.

"Ce serait l'équivalent européen d'Oklahoma City, une attaque commise par un individu avec des idées anti-gouvernementales extrémistes qui s'en prend au gouvernement en ciblant ses bâtiments ou ses institutions."

"La question la plus importante est maintenant de savoir s'il a agi seul, ou s'il fait partie d'un groupe."

PROPAGANDE PLUS PROFESSIONNELLE

En 2010, Interpol a estimé dans un rapport sur la sécurité qu'il n'y avait pas à cette époque de mouvement terroriste d'extrême-droite sur le continent.

Le rapport relève toutefois la professionnalisation croissante de l'extrême-droite, notamment dans la production de propagande antisémite et xénophobe, ainsi que sa présence accrue sur les réseaux sociaux.

"Même si la menace représentée par l'activisme d'extrême-droite apparaît sur le déclin et si le nombre d'actes criminels qui lui sont imputés est faible, la professionnalisation de la propagande et de l'organisation des groupes extrémistes dénote leur volonté de diffuser leur idéologie et constitue toujours une menace pour les Etats membres de l'Union européenne", souligne le texte.

Si les événements dans le monde arabe, et en particulier en Afrique du Nord, entraînent une forte augmentation de l'immigration, "l'activisme d'extrême-droite et le terrorisme pourraient se nourrir d'une peur accrue de l'opinion", met en garde Interpol.

La principale inquiétude des polices européennes était jusqu'à présent les affrontements entre militants d'extrême-droite et d'extrême-gauche en marge de rassemblements publics de groupuscules extrémistes.

Mais dans un discours prononcé en septembre 2010, le directeur-général du MI5, le contre-espionnage britannique, a rappelé qu'un "individu déterminé peut causer des dégâts importants". Jonathan Evans a cité l'exemple du néo-nazi David Copeland, dont les bombes artisanales visant les communautés ethniques et gay de Londres ont fait trois morts en 1999.

La police norvégienne s'est elle-même inquiétée de "l'incertitude croissante" provoquée par les activités des mouvements d'extrême-droite dans un rapport publié en février 2011.

"Les extrémistes norvégiens ont des contacts avec les extrémistes suédois et avec d'autres groupes en Europe. Ils ont même des contacts avec l'extrême-droite russe", indique le rapport.

Le Premier ministre norvégien, Jens Stoltenberg, a annoncé samedi que les enquêteurs norvégiens coopéraient avec des services étrangers pour tenter d'élucider la double attaque.

"Nous sommes en contact avec les agences de sécurité d'autres pays", a déclaré le Premier ministre.

"L'enquête est en cours et un de ses aspects est bien sûr de vérifier s'il peut y avoir des connections internationales."

Tangi Salaün pour le service français, NouvelObs

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MessageSujet: Re: Revue de presse:infos droites extrêmes, et racisme quotidien   Lun 25 Juil - 11:09

Citation :
Apéro saucisson de la Droite populaire : la réaction du Bloc identitaire et de Riposte Laïque
L’initiative de parlementaires de l’UMP suscite l’ironie de Pierre Cassen, de Riposte Laïque, et Fabrice Robert, du Bloc identitaire, à l’origine du premier “apéro saucisson-pinard” en juin 2010.


Le 12 juillet, des parlementaires de la Droite populaire (frange “dure” de l’UMP fondée par Lionnel Luca, Thierry Mariani, Christian Vanneste, etc.) lancent un “apéritif saucisson-vin rouge”, “afin de fêter dignement la fête nationale”.

Un apéro politique à base de saucisson et de vin rouge, au nom de la “laïcité”, ce n’est pas une première. La Droite populaire reprend mot pour mot la formule inaugurée le 18 juin 2010 par le Bloc identitaire et Riposte laïque. Ils organisaient une initiative similaire pour protester contre “l’islamisation” supposée de la France. Les mêmes remettaient le couvert le 4 septembre dernier.

Assumés comme bouclier anti-musulman par les identitaires, le porc et l’alcool ne sont pas accompagnés d’un discours très explicite du côté de la Droite populaire. LeMonde.fr souligne pourtant le rapprochement des registres, en décortiquant la charte du mouvement :

“Reprenant une sémantique très identifiée à l'extrême droite, ils se prononcent "contre les tabous du 'politiquement correct'". Ils soulignent: "Nous sommes attachés au patriotisme pour redonner fierté, espoir et ambition aux Français. Fiers de notre langue et de notre histoire, nous défendons aussi les symboles de notre Nation : la Marseillaise comme le drapeau tricolore."

Interrogés par Les Inrocks, les responsables des premiers apéros saucisson-pinard, Pierre Cassen de Riposte Laïque et Fabrice Robert du Bloc identitaire, se félicitent d’avoir fait des petits mais regrettent la demi mesure.

“Je trouve ça assez amusant”, glisse Fabrice Robert. “Mais ce serait mieux de transformer les intentions en actes, la Droite populaire fait partie des forces politiques au pouvoir.” Même discours chez Pierre Cassen :

“Mieux vaut tard que jamais. S’ils veulent vraiment reconquérir les valeurs populaires et patriotiques, ils avaient la possibilité de nous rejoindre dans nos initiatives. Mais le 18 juin 2010, je n’ai vu personne de l’UMP ni de la Droite populaire. Aux Assises de l’islamisation, le député Christian Vanneste nous avait fait part de son intérêt mais il n’a finalement pas donné suite.”

L’écho rencontré par les propositions du Bloc identitaire chez certains parlementaires UMP fait en tout cas le bonheur de Fabrice Robert.

“On sert souvent d’aiguillon idéologique. Je me souviens de la manière dont était évoquée notre action l’an dernier, la dénonciation par la presse, l’idée que nous étions des provocateurs. En quelques mois la donne a bien changé, nos idées sont reprises par une partie de la classe politique. On l’a déjà vu lors du débat sur l’islam organisé par l’UMP ou quand Claude Guéant s’est opposé aux prières de rue à Nice. Plus les forces politiques reprennent nos thématiques, plus l’identitarisation des esprits avance.”

Sur la même longueur d’ondes, les deux leaders groupusculaires dénoncent toutefois “l’insuffisance” de l’initiative de la Droite populaire et annoncent qu’ils ne s’y rendront pas, faute d’avoir été invités.

Camille Polloni, les Inrocks

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MessageSujet: Re: Revue de presse:infos droites extrêmes, et racisme quotidien   Lun 25 Juil - 11:15

Citation :
La tombe de Rudolph Hess détruite pour stopper les pèlerinages néonazis

La tombe de Rudolph Hess, adjoint d'Adolf Hitler lors des premières années du mouvement nazi, vient d'être détruite afin d'éviter qu'elle continue à être un lieu de pèlerinage pour néo-nazis. Ces derniers ont pourtant d'autres endroits où se retrouver, en Allemagne ou ailleurs.


Mercredi dans la matinée, la tombe de Rudolph Hess, ancien bras droit d'Adolf Hitler, a été détruite, sur décision de la municipalité de Wunsiedel. Karl-Willi Beck, maire de la commune où se trouve le cimetière abritant la tombe de Rudolph Hess, affirme que les os seront brûlés puis dispersés au-dessus d'un lac. Depuis 1987, la tombe de l'ancien proche d'Hitler était considérée comme un lieu de pèlerinage pour les néo-nazis qui voient en Rudolph Hess un martyre.

Chaque année, entre 6 000 et 7 000 extrémistes viennent à Wunsiedel autour de la date anniversaire de la mort de Hess, le 17 août. Malgré une publication du tribunal, en 2005, interdisant les rassemblements, les néo-nazis continuaient de se réunir et de déposer des gerbes. La commune a réussi à obtenir une autorisation de l'église et de la famille pour démolir la tombe.

Wunsiedel, pas la seule ville à voir défiler des fascistes

Dresde, dans l'est de l'Allemagne, est depuis quelques années le berceau de la puissance du NPD (Parti national-démocrate d'Allemagne) et constitue le théâtre de nombreux défilés de néo nazis. Au moins une fois par an, le 13 février, date de la commémoration du bombardement de la ville par les alliés en 1945, des milliers de partisans d'extrême droite se donnent rendez-vous. En février dernier, environ 1 300 personnes s'étaient rassemblées pour dénoncer, entre autres, les "crimes contre l'humanité des Alliés".

Wewelsburg, un château de la Renaissance situé dans l'est de l'Allemagne, également appelé "château d'Himmler", abrite depuis un an le premier musée consacré uniquement à l'histoire des SS -Schutzstaffel, escadron de protection-. Heinrich Himmler, maître absolu de la SS, a pris la direction de ce château en 1934 pour y installer une école d'élites pour officiers SS. Il l'a ensuite convertit en centre spirituel nazi. Ce château a toujours attiré les néo-nazis, certains y venant en faisant le salut hitlérien, mais l'ouverture de ce musée prétend changer la donne en montrant à quoi mène ces idées d'extrême droite.

En Belgique, à Brûly-de-Pesche, dans la province de Namur, on a découvert en décembre dernier que des pèlerinages néo-nazis sont régulièrement organisés dans l'ancien bunker d'Hitler qu'il s'était fait construire pour conduire la campagne française en 1940. L'ancien presbytère et l'ancienne école auraient été loués par des extrémistes alors que ces lieux sont deux gîtes mis à disposition du Centre belge du tourisme de le jeunesse. Choquée par ces révélations, la commune a décidé de redoubler de vigilance.

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MessageSujet: Re: Revue de presse:infos droites extrêmes, et racisme quotidien   Jeu 28 Juil - 0:14

Citation :
Un député veut contrôler la diffusion du rap "issu de l'immigration" !
Guillaume Champeau, Numerama

Le député UMP Michel Raison demande au ministère de la Culture quelles mesures il entend prendre pour "contrôler la diffusion de certaines oeuvres musicales" écrites par des groupes "issus de l'immigration".

La proposition n'est pas issue d'un député portant officiellement une étiquette de l'extrême droite, mais elle pourrait l'être. Dans une question posée mardi au ministère de la Culture, le député Michel Raison (UMP) souhaite attirer l'attention du gouvernement "sur les chansons écrites par certains groupes de musique rap issus de l'immigration". L'élu de Haute-Saône estime en effet que "sous couvert de liberté d'expression" (sic), "ces groupes se livrent à de véritables appels à la haine raciale et religieuse en proférant des paroles obscènes, racistes et misogynes".

Il demande donc au ministère de la Culture "les mesures qui ont été prises pour censurer ces chansons et mieux contrôler la diffusion de certaines oeuvres musicales", sous-entendu sur Internet.

La question n'est pas nouvelle, mais c'est la première fois qu'elle est posée avec si peu de précaution linguistique par un député. En avril dernier, le ministère de la Culture avait déjà répondu à une interpellation similaire d'un autre député UMP, qui se contentait alors de viser "certains groupes musicaux", sans stigmatiser les populations issues de l'immigration, ce qui n'est ni juste ni nécessaire. La violence et la mysogynie dans le rap ne sont pas l'exclusivité des groupes dont les membres n'ont pas de parents tous nés en France. Sauf erreur de notre part, le rappeur OrelSan (dont la chanson "sale pute" avait fait scandale et provoqué une demande de censure sur le net par l'ancienne secrétaire d'Etat Valérie Létard) n'est pas "issu de l'immigration".

Dans sa réponse en avril, le ministère de la Culture s'était dit incompétent pour censurer lui-même les chansons de rap. Mais il appelait les maisons de disques à faire ce travail de censure.

Selon le député Raison, "les conséquences sont d'autant plus préoccupantes que ces groupes sont écoutés par des jeunes en pleine construction qui n'ont pas forcément la maturité nécessaire pour prendre du recul par rapport à de tels propos".

Bientôt un contrôle parental étendu au type de musique écouté par l'adolescent ?

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MessageSujet: Re: Revue de presse:infos droites extrêmes, et racisme quotidien   Jeu 28 Juil - 0:51

Citation :
Plongée dans la fachosphère
Appels au meurtre, théories du complot... la Toile d'ultra-droite se passionne pour la double attaque revendiquée par Anders B. Breivik. Par Estelle Gross et Céline Lussato.


"La seule bonne manière de prendre de la hauteur avec les musulmans, c’est depuis un mirador (pour) les tenir en respect ou les liquider". Ce commentaire, posté en lien d'un article sur la tuerie d'Oslo –et loin d'être unique– illustre l'écho sur la Toile des deux attaques perpétrées par Anders Behring Breivik.

Lorsque l'explosion près du siège du gouvernement norvégien puis la fusillade dans un meeting travailliste sont connues, très vite, le Net s'anime. Outre les sites d'actualité qui relaient chaque bribe d'information qui parvient à filtrer, les sites et forums xénophobes sont envahis de notes polémiques et de commentaires racistes. Un réseau qu'Anders Behring Breivik connaît bien.

Le site norvégien document.no a publié quelque 75 de ses contributions entre septembre 2009 et octobre 2010, affirme le quotidien suisse 'Le Temps'. Le journal précise qu'en "2009, l’extrémiste s’enregistrait aussi sur Nordisk.nu, un forum de discussion rassemblant des néonazis des pays nordiques pour parler politique ou musique dite du 'pouvoir blanc'".

Il a également posté sur Youtube, quelques heures avant de tuer près de quatre-vingt personnes, une vidéo résumant l'idéologie qu'il défend : il entend en effet "sauver la Norvège et l'Europe de l'Ouest face au marxisme culturel et à une invasion musulmane". Outre cette vidéo en anglais il a méthodiquement organisé la diffusion d'un ouvrage de 1.500 pages en le proposant au téléchargement sur plusieurs sites.

De l'attentat islamiste à la théorie du complot

Sur le réseau français, les réactions aux attentats sont immédiates. Sur "François Desouche" (fdesouche.com), l'un des plus représentatifs lieux d'échange, le discours de haine s'adapte au fur et à mesure des révélations de la presse durant 48h.

Vendredi, les commentateurs racistes se déchainent tout d'abord sur la thèse d’un attentat islamiste. "Moi je parie que c’est un attentat musulman évidemment. A part eux, qui d’autres?" écrit le pseudo "Herbe de Provence" avant de poster "Si seulement ça pouvait signer le début de l’expulsion des musulmans d’Europe…". Plusieurs centaines de messages affluent.

"Héritage" écrit : "Quand on voit ces images, on se dit que bah, on finira bien par les avoir, nos pogroms contre les musulmans. Ils l’auront bien cherché."

Plus tard dans la journée, les premières informations tombent sur la fusillade. Le "dangereux terroriste musulman" s’avère être un grand blond aux yeux bleus, "Norvégien pur souche". La communauté refuse d’y croire et évoque immédiatement une nouvelle piste, celle du "converti".

"Des blonds muslims, on en voit. L’autre jour, j’ai vu dans le métro un salafiste barbu. Un blanc avec une barbe rousse" poste "Parabellum". "Qahouet" renchérit : "Et voila, on y est. Après les nordiques convertis à l’Islam, les nordiques convertis au terrorisme. Merci Mahomet!"

Samedi matin, les enquêteurs norvégiens déclarent que le suspect est un "fondamentaliste chrétien" et la thèse du converti s’écroule à son tour. La fashosphère s'adapte : les propositions complotistes prennent le relai. "Décidément, l’attentat d’Oslo tombe bien, au moment où les partis qui s’opposent au développement préoccupant de l’islam se voient plébiscités par les électeurs", commente ironiquement Christine Tasin le dimanche matin sur le site Riposte Laïque. D'autres internautes accusent la franc-maçonnerie, le Mossad, "ceux à qui ça profite"…

Certains justifient son acte : "En même temps, s'il n'y avait pas d’immigrés, il n’y aurait pas eu ce drame." explique "Boblépongecarré".

Plus inquiétant encore, figurent sur fdesouche.com plusieurs appels au meurtre : "Armez-vous mes amis, il est grand temps. Pensez aux enfants", écrit "Refuse ! Résist !". Certains ne sont arrêtés ni par leur morale ni par leurs scrupules mais par une simple question de tempo. Tel "Ambact" qui écrit : "Pour les admirateurs de ce bonhomme, je vous le dis sincèrement, (…) il n’est tout simplement pas temps, voila."

"Pas vu pas pris"

Souvent modérés sur les sites d’actualité comme Le Figaro ou Le Nouvel Observateur, ces internautes repostent leurs messages sur fdesouche.com. S'ils utilisent parfois quelques subterfuges pour tromper les contrôles automatiques –ils parlent d'Hit.ler ou de con-nards– ils n'ont, semble-t-il, aucune retenue sur le fond. En contradiction totale avec la loi, comme le souligne Maître Olivier Iteanu : "Les injures à caractères racistes que vous avez constatées dans ces forums sont régies par les mêmes textes de loi que la presse en ligne. Elles sont donc illégales", explique l'avocat spécialiste du droit du numérique. "Mais il y a une sorte de régime de "pas vu pas pris" : il y a une telle masse de propos que des poursuites n'ont lieu que lorsque ceux-ci ont eu un écho au-delà d'internet, ou que la victime a agi pour les faire retirer", précise-t-il.

Certains sites sont hébergés à l'étranger, ce qui complique les poursuites en justice. Mais, de l'avis de Maître Iteanu, "le Parquet peut se saisir des dossiers quand ces sites sont évidemment destiné au public français. Et ce serait d'autant plus compréhensible à la suite des attentats d'Oslo".

"Le combat contre l’islamisation a pris beaucoup d’ampleur"

La fachosphère est vaste et son organisation parfois complexe.

Le site "Transeuropeextremes.com" alimenté par les étudiants de l'École Supérieure de Journalisme de Lille a répertorié en France 377 sites et blogs à tendance ultra-droite classés par familles : les identitaires, la droite nationale, les traditionalistes, l'entourage du FN ou encore les réactionnaires.

Novopress, qui se présente comme une agence de presse indépendante prétend, tout comme François de Souche, 'ré-informer' ses lecteurs. Tous les jours sont éditées des revues de presse où les articles sont décortiqués pour coller à l'idéologie des identitaires. Un article du 'Figaro' initialement titré "La Norvège n'abandonnera jamais ses valeurs d'ouverture" devient sur fdesouche.com : "Immigration en Norvège : ‘On ne reconnait plus notre pays'".

Sur la carte de la fachosphère, "François Desouche" figure comme un gros point rouge, fort de son succès d'audience avec près de 80 000 visiteurs uniques par jour.

De son côté, le parti du Bloc identitaire a sa propre nébuleuse. Il prône un protectionnisme européen et se dit également inquiet de "la croissance de l'islam".

Riposte laique, connu lui pour son désormais célèbre apéro "saucisson pinard" axe son discours sur la laïcité et l'islam, même si la revue prétend exprimer la voix de "tous les laïcs".

Chaque site fédère une communauté de commentateurs francophones (Belges, Suisse, Français) souvent actifs sur plusieurs en même temps.

Le sociologue Yannick Cahuzac explique qu'on "peut distinguer plusieurs mouvances mais par thème, en fonction de l’ennemi", tour à tour juifs, musulmans, libéraux, 'mondialistes', élites …

"Mais le combat contre l’islamisation a pris beaucoup d’ampleur ces dernières années", et beaucoup de courants se retrouvent sur ce même thème, souligne-t-il.

Ramifications internationales

Les forums ne s'arrêtent d'ailleurs pas aux frontières de l'hexagone. "Dès qu'il se passe quelque chose dans un pays qui peut être utilisé contre ce qu'ils appellent le multiculturalisme, c’est relayé" poursuit le spécialiste de l'extrême-droite.

Le forum international STORMFRONT, fondé aux USA par un membre du Ku Klux Klan, rassemble quant à lui les partisans du 'white power' et affiche 7 millions de messages. L'espace de discussion "comporte une section française très active qui lance des mini-campagnes ", précise le sociologue.

Pour sa part, le site suisse 'Mécanopolis' a fait de la théorie du complot son fond de commerce. Pour Yannick Cahuzac, "c'est une pensée trans-courant".

Mécanopolis défend ainsi son point de vue : "En réalité, les 'théories du complot' basées sur des faits indiscutables (…), peuvent justement permettre de comprendre la marche réelle des affaires, ce que le pouvoir en place veut éviter à tout prix." Tout un programme!

Dans son manifeste, Anders Behring Breivik s'en prend aux mêmes "ennemis", cite plusieurs forums français et revendique des liens avec le mouvement d'extrême-droite britannique EDL.

Même si "ces espaces de discussions ont aussi un rôle de soupape", explique Yannick Cahuzac, "un certain nombre de sites peuvent nourrir le genre de trajectoire de ‘loup solitaire’" qu'a emprunté le Norvégien.

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MessageSujet: Re: Revue de presse:infos droites extrêmes, et racisme quotidien   Sam 30 Juil - 10:24

Citation :
Jean-Marie Le Pen critique la "naïveté" de la Norvège
Jean-Marie Le Pen a estimé vendredi que la "naïveté" du gouvernement norvégien était "plus grave" que les attaques commises par Anders Behring Breivik.

Pour le président d'honneur du Front national, la Norvège "n'a pas pris la mesure du danger mondial que représentent d'abord l'immigration massive, qui est la cause principale, semble-t-il, dans l'esprit de ce fou meurtrier, mais encore le terrorisme, qui est un phénomène mondial".

"La situation me paraît grave non pas par cet accident d'un individu qui, sous l'effet d'une folie fut-elle passagère, se met à massacrer ses concitoyens", estime-t-il sur son blog vidéo hebdomadaire,

"Ce qui me paraît plus grave et que démontre cette affaire, c'est la naïveté et l'inaction du gouvernement norvégien. Vous savez que les policiers en Norvège ne sont pas armés", a-t-il ajouté. "Alors il est évident que quand un individu se met à massacrer ses concitoyens, il n'est pas très facile aux policiers de lui faire face."

L'attentat à la bombe d'Oslo et la tuerie de l'île d'Utoya ont fait 77 morts le 22 juillet et ont été revendiqués par un Norvégien de souche proche des milieux chrétiens d'extrême droite qui a été arrêté par la police.

Par Reuters
http://www.lexpress.fr

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MessageSujet: Re: Revue de presse:infos droites extrêmes, et racisme quotidien   Sam 30 Juil - 22:00

Citation :
A l’heure d’une nouvelle salve de départ en vacances, l’actualité régionale n’est plus forcément très excitante. Heureusement pour le Nord – Pas-de-Calais, deux de ses protagonistes continuent à s’en donner à coeur joie et de s’envoyer respectivement sur les roses : Le Front National et La Voix du Nord.

Suite
http://dailynord.fr/2011/07/front-national-la-voix-du-nord-le-grand-amour-continue/

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MessageSujet: Re: Revue de presse:infos droites extrêmes, et racisme quotidien   Sam 30 Juil - 22:05

Citation :
Discours de Grenoble: pour Marine Le Pen, Sarkozy devrait s'excuser

La présidente du Front national, Marine Le Pen, a demandé samedi dans un communiqué à Nicolas Sarkozy de "présenter ses excuses aux Français pour les avoir si durement trompés il y a un an par son discours de Grenoble", estimant que "pas une" promesse "n'a été tenue".

"Chacune des promesses du discours de Grenoble peut être reprise aujourd?hui : pas une n'a été tenue, qu?il s?agisse de la déchéance de la nationalité, de la lutte contre l?immigration, des sanctions accrues contre les récidivistes, ou du démantèlement des camps de Roms", déclare Mme Le Pen.

"Dans son discours de Grenoble, Nicolas Sarkozy établissait un lien entre insécurité et immigration. Mais quelles conclusions pratiques en a-t-il tiré? Strictement aucune", ajoute-t-elle.

Selon la présidente du parti d'extrême droite, deux mesures doivent être prises "immédiatement : l?arrêt de la réduction des effectifs de policiers et de gendarmes, qui continue cette année, et la suppression de toutes les pompes aspirantes de l?immigration, à commencer par l?Aide Médicale de l?Etat".

Orange-AFP

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MessageSujet: Re: Revue de presse:infos droites extrêmes, et racisme quotidien   Sam 30 Juil - 22:10


Citation :
Norvège: Jean-Marie Le Pen maintient ses propos, dément toute provocation


afp.com/Boris Horvat

PARIS - Le président d'honneur du Front national, Jean-Marie Le Pen, a maintenu samedi auprès de l'AFP ses propos sur la "naïveté" du gouvernement norvégien, qu'il avait jugée "plus grave" que la tuerie d'Oslo, tout en se défendant de toute provocation.

"La folie d'un dingo ce sont des choses qui arrivent. En revanche, les conséquences meurtrières me paraissent quand même beaucoup plus liées à la naïveté de l'Etat norvégien qu'à la folie de ce dingo", a répété Jean-Marie Le Pen.

Mais, a-t-il ajouté, "comment peut-on imaginer que je veuille diminuer la responsabilité de ce bonhomme que je ne connais pas '"

"Ce qui est irresponsable, c'est l'attitude de l'Etat norvégien, qui met une heure et demie à envoyer une police pour maîtriser cet énergumène", a-t-il déclaré. La tuerie a fait 77 morts.

Vendredi, alors qu'il s'exprimait comme chaque semaine sur le site internet du FN, Jean-Marie Le Pen avait jugé que la "naïveté" du gouvernement et de la société norvégiennes était "plus grave" que les attaques perpétrées par Anders Behring Breivik, qualifiées d'"accident" dans ses propos.

Il avait évoqué la Norvège comme "un petit pays sympathique", "mais qui n'a pas pris la mesure du danger mondial que représentent d'abord l'immigration massive, qui est la cause principale, semble-t-il, dans l'esprit de ce fou meurtrier (de son acte), mais encore le terrorisme, qui est un phénomène mondial".

Samedi, contactés par l'AFP, ni la présidente du FN, Marine Le Pen, ni ses proches, Louis Aliot ou Steeve Briois, n'ont donné suite.

L'association SOS Racisme a estimé que "par ses propos, Jean-Marie Le Pen engag(eait) bien évidemment le Front national".

"L'image de respectabilité que Marine Le Pen prétendait (...) offrir (au FN) a bien du mal à ne pas exploser en vol dès que, au Front national, l'occasion d'assouvir sa haine de l'étranger et son dédain pour la vie trouvent matière à s'exprimer", a ajouté SOS Racisme.

Le parti d'extrême droite avait officiellement condamné la tuerie samedi dernier, au lendemain des faits, dans un très bref communiqué.

Mais le FN a dû également suspendre quelques jours plus tard l'un de ses candidats aux cantonales (mars 2011), Jacques Coutela, qui avait diffusé sur son blog un texte faisant l'apologie d'Anders Behring Breivik et de son islamophobie.

Samedi dernier, au lendemain des attaques, un cadre du FN, Laurent Ozon, avait également posté plusieurs messages sur Twitter où il pointait une hausse de l'immigration en Norvège, semblant faire un lien avec la tuerie.

"Expliquer le drame d'Oslo : explosion de l'immigration : X6 (multipliée par 6, NDLR) entre 1970 et 2009", disait notamment l'un de ces tweets. Il s'était ensuite défendu de toute justification des actes imputés à Anders Behring Breivik.

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MessageSujet: Papa Nazi   Lun 1 Aoû - 12:29




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MessageSujet: Re: Revue de presse:infos droites extrêmes, et racisme quotidien   Lun 1 Aoû - 12:32

Les racistes fichent les anti fascistes. Et Facebook les y aident bien. C'est vrai aussi en sens inverse de temps en temps.
Voici un blog qui met les photos des anti racistes. Un bon français ne sachant l'écrire, blog truffé de fautes d'orthographes, grammaticales, etc ... Attention les yeux, ça pique !
http://smash-the-red.net/
Petite réponse au site http://fafwatch.wordpress.com/

N'oubliez pas : vivons heureux, vivons cachés.

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MessageSujet: Re: Revue de presse:infos droites extrêmes, et racisme quotidien   Jeu 4 Aoû - 12:06

Citation :
Un éleveur incarcéré pour saluts nazis et insultes racistes


Olivier Roudier Capture d'écran de son affiche de campagne

FAIT DIVERS - L'homme est un militant de la Ligue du Midi et un ancien candidat aux cantonales à Montpellier...

La fête votive de Saint-Nazaire-de-Pézan, près de Lunel, a mal tourné pour Olivier Roudier, 36 ans, éleveur de cochon. Arrivé fortement alcoolisé en compagnie d’un ami vers 2 heures du matin, selon midilibre.fr, ils ont dérapé devant le maire du village. Selon des témoins de la scène, les deux hommes auraient insulté un vigile et un gendarme réserviste, originaires d’Afrique du nord. Tout en faisant le salut nazi, ils auraient déclaré: «Ratons, bicots, les Arabes dehors, on est chez nous, on va tous vous crever, le crâne rasé collabo des melons.»

Port d’arme et dépendance à l’alcool

Olivier Roudier n’en est pas à son premier coup d’éclat. Fils de Richard Roudier, responsable départemental de la Ligue du Midi (une organisation d’extrême-droite), il a déjà été emprisonné par le passé. Lors de son interpellation mouvementée samedi soir, il a perdu un couteau de type point américain. Une motivation supplémentaire pour le parquet pour l’interpeller. «Il se présente armé d’un couteau, particulièrement alcoolisé et il fait des saluts nazis réitérés en présence des gendarmes en prononçant des propos abjects, haineux, d’une violence extrême», a dénoncé le vice-procureur lors du débat devant le juge des libertés et de la détention (JLD).

Depuis dégrisé, l’homme fait profil bas et regrette son attitude. Il explique son attitude par «l’absorption d’une grosse quantité d’alcool». Son avocate est sur la même ligne de défense, arguant que l’éleveur a plus besoin de soins pour soigner sa dépendance à l’alcool que d’aller en prison. La décision du JLD est restée ferme: Olivier Roudier est mis en examen pour rébellion, port d’arme et incitation à la haine raciale.

E.B. 20Minutes

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MessageSujet: Coco Chanel - au conditionnel   Jeu 4 Aoû - 12:10

Citation :
Coco Chanel était bisexuelle et a collaboré avec le régime nazi
par Mylène Vandecasteele- http://www.express.be/

Dans une nouvelle biographie de Coco Chanel, intitulée « Coco Chanel : An intimate Life », écrite par Lisa Chaney, on apprend que l’iconique créatrice de la maison de haute-couture française a eu plusieurs liaisons dans sa vie, y compris avec un espion nazi présumé, Hans Gunther von Dincklage, sans que l’on sache si elle était au courant de ses activités. Chaney a expliqué qu’après cette époque, elle était partie vivre en Suisse pour bénéficier de sa neutralité et éviter les poursuites qui auraient pu être engagées contre elle.

Coco Chanel a longtemps été accusée de sympathie intéressée pour les Nazis durant la seconde guerre mondiale. D’autres ouvrages l’ont accusée d’avoir eu des liaisons avec un autre SS, Walter Schellenberg, qui lui aurait permis de maintenir son domicile au très chic Hôtel Ritz à Paris. Elle a également été accusée de prendre avantage des lois pro-aryennes pour prendre le contrôle de sa société des mains de la famille juive Wertheimer. Elle a été arrêtée pour crimes de guerre, mais n’a jamais été condamnée.

L’ouvrage promet de fournir également d’autres détails à propos de Coco Chanel, notamment à propos de sa bisexualité alléguée, de son usage de drogues, et de ses liaisons avec des hommes mariés, y compris le peintre surréaliste Salvador Dali.

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MessageSujet: Re: Revue de presse:infos droites extrêmes, et racisme quotidien   Jeu 4 Aoû - 12:14

Citation :
Vive altercation entre la CGT et des identitaires sur le marché


La CGT distribuait des tracts antifascistes sur le marché d'Auchel avant qu'une altercation avec des identitaires (en photo) n'éclate. L'un de ces derniers aurait été blessé. La CGT distribuait des tracts antifascistes sur le marché d'Auchel avant qu'une altercation avec des identitaires (en photo) n'éclate. L'un de ces derniers aurait été blessé.

C'est une distribution de tracts qui a mal tourné. Mardi 26 juillet, plus de soixante-dix militants artésiens de la CGT, ainsi que de la CNT (Confédération nationale du travail), ont diffusé des tracts « antifascistes destinés à dénoncer les mensonges du Front national et des identitaires de la Maison de l'Artois », sur le marché d'Auchel.
Mais rapidement, le ton est monté entre les syndicalistes et les identitaires. Selon la CGT, ces derniers sont venus « délibérément sur ce marché pour provoquer et lancer des slogans racistes et fascistes, mais aussi pour défier les militants de la CGT au milieu de cette population fortement composée de femmes, d'enfants et de retraités. Et parmi eux, il n'y en avait que trois ou quatre d'Auchel, le reste venait de Lambersart ou du Hainaut ». Et la CGT d'assurer être restée « digne » et ne pas s'être laissée entraîner dans un « affrontement ».

« L'ultime provocation des fascistes s'est déroulée en fin de marché, quand les identitaires ont tenté de charger les militants CGT, allant même jusqu'à bousculer les forces de l'ordre rappelées en urgence », continue la CGT, accusée par les identitaires d'avoir tagué la façade de la maison de l'Artois, « mais c'est faux ! », assure Éric Fatoux, de la CGT.
La Maison de l'Artois, récemment implantée à Auchel, a dévoilé « sa véritable identité devant la population auchelloise, c'est-à-dire qu'elle est un nid de fascistes racistes et violents », mentionne la CGT, disant s'être rendue de manière « pacifique » sur le marché afin de dénoncer ces idées. Pour la CGT, il est temps pour le maire de prendre ses « responsabilités politiques ». Cet épisode ne décourage pas la CGT, ayant prévu de revenir « dans les prochaines semaines » sur le marché d'Auchel avec « encore plus de forces et de militants de plus en plus convaincus de ce danger, pour chasser les fascistes de cette ville ».
Du côté de la police de Béthune, qui a envoyé des équipes sur les lieux, on se refuse à tout commentaire. Sujet « trop sensible », apparemment. D'après la CGT, la police est intervenue « au bout d'environ une heure et demie ».

http://www.lavenirdelartois.f

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MessageSujet: Re: Revue de presse:infos droites extrêmes, et racisme quotidien   Jeu 4 Aoû - 23:54

http://www.youtube.com/user/36bolle

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MessageSujet: Re: Revue de presse:infos droites extrêmes, et racisme quotidien   Sam 6 Aoû - 21:11

Citation :
Italie: un maire interdit la vente de sandwiches et autres kebabs
Le Point-AFP

Le maire de Cittadella (près de Padoue, nord) a décidé qu'à partir de vendredi il ne serait plus possible d'ouvrir des établissements vendant des sandwiches et kebabs à emporter dans le centre historique, notamment en raison de l'odeur dégagée par ces produits.

Ces "activités artisanales ne conviennent pas à l'urbanisme de notre centre historique (à cause de leur) typologie de consommation, leurs odeurs...", a expliqué par téléphone à l'AFP Massimo Bitocci, qui est aussi député de la Ligue du Nord, le parti anti-immigrés allié de Silvio Berlusconi.

"Si quelqu'un veut manger du kebab, qu'il le fasse chez lui ou hors du centre historique de Cittadella", ajoute-t-il, avant de trancher définitivement: "Ils ne font pas partie de notre tradition".

Il présente aussi sa réglementation comme une réglementation "de nature urbanistique", justifiée par le fait que selon lui ces activités "ne respectent pas les normes hygiéniques et sanitaires".

Ce n'est pas la première fois que le maire de Cittadella, coutumier des déclarations à l'emporte-pièce, fait parler de lui.

En 2009, il avait fait scandale avec des mesures contre les mendiants, les vendeurs ambulants et le stationnement des caravanes, pour éviter la formation de camps de nomades. Il avait aussi proposé des travaux d'utilité publique "forcés" pour les mineurs de moins de 16 ans consommant de l'alcool.

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MessageSujet: Re: Revue de presse:infos droites extrêmes, et racisme quotidien   Dim 7 Aoû - 0:18

Citation :
Comment la France surveille ses extrémistes Par Jean-Marc Leclerc Publié le 26/07/2011 à 15:46

Entre 300 à 400 individus d'extrême-droite sont l'objet d'une attention particulière. Une centaine d'agents de renseignement spécialisés opèrent sur tout le territoire.

Au ministère de l'Intérieur, la police suit au sein des mêmes structures les extrémistes de gauche comme de droite. Les enquêtes sont assurées par une centaine d'agents spécialisés de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI, ex-RG), rattachés à la sous-direction «subversion violente». Une soixantaine d'agents travaillent au siège de l'agence à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), tandis qu'une quarantaine d'autres se répartissent sur le territoire national. On les trouve notamment à Toulouse, fief historique de l'ultra gauche, mais aussi dans l'Est et le Nord, près des frontières belges et allemandes, où évoluent des groupuscules perméables aux idées de la droite radicale.

Paris dispose, de son côté, d'une section spécialisée d'une vingtaine de policiers, ex-RG, au sein de sa Direction du renseignement de la préfecture de police. Tous alimentent et exploitent le fichier de renseignement «Cristina» sur les profils dits «inquiétants». «On compte, selon les périodes, 300 à 400 individus identifiés comme proches de l'extrême-droite», estime un agent de la DCRI. L'agence, confiée au préfet Bernard Squarcini, révèle que des groupes ont nécessité, ces derniers temps, une surveillance particulière, sans lien avec l'homme qui vient de s'illustrer en Norvège.

«Rien ne vaut le flair des agents expérimentés»

«Le cas Anders Breivik est ce qu'il y a de pire : il s'agit d'un terroriste isolé, donc difficilement détectable, comme ces islamistes qui font leur Djihad tous seuls», confie un policier. Pour les repérer, «rien ne vaut le flair des agents expérimentés, doués d'un solide bon sens et curieux de nature», ajoute un commissaire des ex-RG. La surveillance au jour le jour des éléments à risques s'effectue par un travail classique de suivi des déplacements, à l'étranger notamment, en liaison avec les services des pays «amis». Dès que l'un d'eux se signale quelque part, une filature et quelques questions posées lors de discrètes enquêtes de voisinage permettent de prendre la température.

«Les écoutes administratives sont diligentées dès le premier signe d'une possible volonté de passage à l'acte», explique un enquêteur. Car la police ne peut se permettre de «brancher» toute cette mouvance au quotidien. Une plateforme dédiée, à Levallois, épie les SMS et remonte les données de connexion des mobiles utilisés par ces individus, pour déterminer qui contacte qui et avec quelle fréquence.

La veille Internet moins contraingnante juridiquement

Les forums Internet, où ces extrémistes aiment à se retrouver, sont scrutés en permanence. Cette pratique policière présente l'avantage de n'être pas encadrée aussi strictement que les branchements de lignes téléphoniques, contingentés et visés par Matignon. La méthode se révèle d'autant plus payante que ces personnes sont obsédées par l'idée de laisser une trace dans l'Histoire. Ce complexe les pousse à commettre des erreurs et, dans certains cas, à signer par avance leurs forfaits. Internet reste toutefois un terrain de jeu très vaste et la multiplicité des sites rend vaines les tentatives de veille exhaustive.

«Il est certain que l'affaire norvégienne va conduire Paris à resserrer les mailles du filet autour de ces marginaux», confie un haut fonctionnaire, place Beauvau. Des opérations préventives sont à prévoir dans les jours et les semaines qui viennent, histoire de maintenir la pression sur ces milieux qui ont tendance à «recruter» en période de crise.

Citation :
Extrême droite : les activistes européens sous surveillance Par Thierry Portes Publié le 25/07/2011 à 09:08

Le tueur d'Oslo, Anders Behring Breivik, appartient à la catégorie des «résistants sans leader».

Dans son dernier rapport, publié au printemps dernier, Europol note que le plus grand danger terroriste sur le Vieux Continent demeure lié à l'islamisme radical. L'agence européenne recense cependant plusieurs attaques menées par des activistes d'extrême droite ces dernières années. En Hongrie, trois attentats ont été déjoués en 2009, après l'assassinat de plusieurs Roms en 2008. En France, six personnes ont été arrêtées pour une activité liée au terrorisme d'extrême droite en 2009. La police est pareillement intervenue en Grande-Bretagne, en République tchèque et en Allemagne. Ont été saisis ici des «listes d'ennemis» , là des explosifs, là encore du matériel de propagande ou des données informatiques.

Ce même rapport cite «les enquêtes de la police britannique qui ont souligné le fait qu'aujourd'hui des individus motivés par des opinions d'extrême droite, agissants seuls, sont une menace bien plus grande que les actuels groupes ou réseaux» appartenant à cette mouvance. Une mouvance, expliquait hier Michel Quillé, directeur adjoint d'Europol, qui s'est «professionnalisée» et qui a largement recours à Internet et aux réseaux sociaux.

Loup solitaire

Si la menace terroriste d'extrême droite a sans doute été minimisée, alors qu'al-Qaida retenait toutes les attentions, le profil du Norvégien Anders Behring Breivik entre donc dans un cadre analysé depuis longtemps. Son passage par la franc-maçonnerie peut certes étonner. Mais pour le reste, ce trentenaire, chrétien fondamentaliste, a adhéré puis quitté un parti d'extrême droite parce qu'il ne le trouvait pas assez radical, tout en maintenant des liens sur les réseaux sociaux de l'extrême droite. Comme tant d'autres «nazillons» européens.

Pour les spécialistes, Anders Behring Breivik correspond ainsi à la figure du «loup solitaire» mettant en œuvre une stratégie de «résistance sans leader». Le concept de «résistance sans leader» a été forgé par l'extrême droite américaine dans les années 1970. Les cibles idéologiques ont évolué au fil du temps, prenant notamment un nouveau tour avec l'apparition d'al-Qaida. Mais on retrouve dans la liste des ennemis à abattre, les étrangers, les Juifs, les musulmans et les personnalités appartenant aux «élites multiculturelles»… Pour parvenir les armes à la main à ses fins, expliquait Joseph Tommasi, fondateur d'un groupuscule néonazi aux États-Unis, le défenseur de la race blanche doit agir comme un «loup solitaire».

«Mort au ZOG !»

Cette «résistance sans leader» est d'autant plus difficile à repérer qu'elle se fonde sur des individus préparant seul, de manière obsessionnelle, leur attentat. Internet s'est chargé de fournir les recettes des bombes artisanales à base d'engrais. «Les réseaux sociaux, notait le rapport d'Europol, permettent aux terroristes de récupérer des informations sur les personnes, leurs familles et leurs localisations comme jamais auparavant.»

Loup solitaire français, Maxime Brunerie, qui avait tenté d'assassiner le président Chirac en juillet 2002, était proche du groupuscule d'extrême droite Unité radicale et avait laissé, avant de passer à l'acte, ce message sur la Toile: «Regardez la télévision dimanche, la star ce sera moi. Mort au ZOG!» ZOG, est l'acronyme de Zionist Occupation Government («Gouvernement d'occupation sioniste»), avatar créé par Tommasi de la pensée antisémite née au XIXe siècle. On peut également citer l'exemple meurtrier du Britannique David John Copeland, un ancien membre d'un parti néonazi anglais qui, au printemps 1999, durant trois semaines successives, a disposé dans Londres des bombes contenant chacune 1500 clous. Ces engins visaient des quartiers où vivaient des communautés noire, asiatique ou homosexuelle. Au total, ces attaques firent 3 morts, 129 blessés, dont 4 subirent des amputations.

Zapatero demande «une réponse politique» concertée de l'UE

Le premier ministre espagnol, José Luis Zapatero, a estimé hier à Londres que les événements survenus en Norvège appelaient «une réponse politique» concertée de l'Union européenne pour contrecarrer la montée des idées d'extrême droite. «C'est une des plus grandes tragédies dont nous ayons été témoins depuis des décennies. C'est un des événements les plus préoccupants qu'il nous a été donné de voir sur le sol européen», a souligné le chef du gouvernement espagnol lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue David Cameron.

«Ce n'est pas un événement de plus. C'est quelque chose d'extrêmement grave qui requiert une réponse, une réponse européenne, une réponse commune pour défendre la liberté, pour défendre la démocratie, demandant aux gens de se lever, de combattre le radicalisme et de réagir face à la xénophobie», a ajouté le premier ministre espagnol.

De son côté, la commissaire européenne en charge des Affaires intérieures, la libérale suédoise Cecilia Malmström, a déploré que «trop peu de dirigeants se dressent pour défendre la diversité».

La Pologne, qui assume la présidence semestrielle de l'UE, a annoncé qu'elle allait organiser, avec le coordinateur européen de la lutte contre le terrorisme, des réunions de travail avec des responsables norvégiens, après le carnage survenu dans leur pays.
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Nico37



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MessageSujet: Re: Revue de presse:infos droites extrêmes, et racisme quotidien   Dim 7 Aoû - 22:41

Citation :
Jean-Marie et Marine Le Pen, la politique à double voix 06/08/2011

Comme l’ont montré ses propos sur la Norvège, le président d’honneur du FN compte s’exprimer pendant la présidentielle. Au risque de gêner sa fille.
Par Christophe Forcari
Mais que faire de Jean-Marie Le Pen pendant la campagne présidentielle de sa fille, Marine ? Une question que certains cadres du mouvement se posent ouvertement après les propos tenus par le président d’honneur du Front national lors de la tuerie en Norvège, il y a deux semaines. Sur son blog vidéo, le vieux leader d’extrême droite avait rendu en partie responsable «la naïveté du gouvernement norvégien» face «au danger de l’immigration massive». Sommée de réagir, Marine Le Pen avait botté en touche en accusant droite et gauche de monter une polémique artificielle.

«Occupation». Pas question pour la fille de désavouer son père. «Si j’avais été en désaccord ou si ses propos m’étaient apparus choquants, je l’aurais dit», a affirmé vendredi, la présidente du FN sur Europe 1. «Pers onne ne peut faire taire Le Pen. Pas même sa fille !» commente, amusé, un cadre du parti. «C’est un homme que l’on contraint difficilement», rappelle Bruno Gollnisch, son ancien numéro 2, qui parle d’expérience. Il «reste très attaché à sa liberté de parole», ajoute Jean-François Jalkh, délégué général du FN. Quitte à saper quelque peu le travail de «dédiabolisation» menée par la présidente du FN. «On le connaît, il dit ce qu’il pense et embête ceux qui ne sont pas d’accord. Mais il ne cherche pas à plomber la campagne de sa fille», veut croire Marie-Christine Arnautu, vice-présidente du parti et proche de Marine Le Pen. «Il va falloir anticiper pendant la campagne pour éviter qu’il nous sorte des trucs qui pourraient la mettre en difficulté» , résume un autre proche de la future candidate.

Beaucoup redoutent des propos comme ceux de 2005 sur «l’Occupation allemande pas si inhumaine que cela» qui avait mis en pétard sa fille. A cette occasion, elle avait clairement manifesté son désaccord en boudant les instances du parti pour une retraite à La Trinité-sur- Mer (Morbihan), le bastion familial. «Il faut éviter à tout prix de créer des problèmes inutiles comme de pseudo-dissensions entre le père et la fille. Il va falloir lui trouver un rôle où l’on pourra le "driver". Ce qui ne sera pas le plus facile», résume un cadre.

Ce n’est pas la première fois que Le Pen père met Le Pen fille dans l’embarras en faisant entendre une musique différente. Comme cela a été le cas dans le cadre de l’affaire Alexandre Gabriac, ce conseiller régional Rhône-Alpes, photographié le bras tendu devant un drapeau à croix gammée. Au printemps, alors que la commission de conciliation recommandait un simple, blâme Marine Le Pen annonçait, par communiqué, l’exclusion de ce fidèle de Bruno Gollnisch. Une décision jugée rapide par Jean-Marie Le Pen, qui ajoutait que la présidente du FN pouvait «à tout moment revenir sur sa décision». Dans le cas d’Yvan Benedetti, bras droit de Bruno Gollnisch et proche du groupuscule fasciste L’œuvre française, également exclu, en juillet, pour deux ans du FN, Le Pen s’est gardé de toute déclaration publique. Mais, à plusieurs reprises, il a tenté de faire revenir sa fille sur sa décision. Les proches de Gollnisch, eux, ne sont pas mécontents de voir la présidente du FN mise en difficulté par les propos de son père. «Jean-Marie Le Pen a parfaitement le droit de livrer son analyse politique sur les événements. Elle peut être parfaitement différente de celle de sa fille», juge un partisan de Gollnisch durant la campagne pour la présidence du FN. «Le Pen n’a pas fait le choix de se singulariser systématiquement par rapport à sa fille. Il exprime son opinion à sa manière et elle souvent de manière plus soft», commente Jean-François Jalkh.

«Frange historique». La coexistence entre le président d’honneur et la présidente en exercice risque de ne pas être évidente au cours de la campagne présidentielle. Bruno Gollnisch n’imagine pas que «Jean-Marie Le Pen ne tienne pas toute sa place dans cette campagne. Il ne dédaignera pas d’arpenter les tréteaux et je pense qu’il sera sollicité pour donner son avis sur la direction stratégique de la campagne». L’entourage de Marine Le Pen redoute de voir un FN s’exprimer à deux voix. «A elle, à titre préventif, de trouver une sorte de "gentleman agreement" avec son père. La répartition des rôles sera une des premières tâches du directeur de campagne et je lui souhaite bien du courage», confie un dirigeant. La répartition actuelle n’est pas sans avantage. «Lui, c’est lui, moi, c’est moi», pourrait dire Marine Le Pen comme Laurent Fabius alors Premier ministre l’avait martelé à propos de François Mitterrand. Surtout le soutien de son père, dans le rôle du méchant, lui permet «de mobiliser et de conserver la frange historique de l’électorat frontiste, traditionnellement lepéniste», espère Jean-François Jalkh. A charge, pour elle, de l’élargir. Pour Bruno Gollnisch, «ce n’est pas mal d’avoir deux fers au feu, avec deux styles différents. Comme l’on dit en termes de marketing, cela élargit l’offre». Pour Marine Le Pen, la cohabitation avec le président fondateur du FN n’est pas finie : il veille toujours sur son héritage.
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MessageSujet: Re: Revue de presse:infos droites extrêmes, et racisme quotidien   Lun 8 Aoû - 21:21

Citation :
Marine Le Pen à la recherche d'un second souffle Par Guillaume Perrault

La candidate d'extrême droite, en quête de crédibilité, veut croire qu'elle n'a rien à craindre d'une campagne longue.

La présence du leader d'extrême droite dans le trio de tête des candidats à l'Élysée aux côtés des candidats PS et UMP, mesurée par les instituts de sondage, peut-elle durer? Marine Le Pen, régulièrement créditée par plusieurs instituts d'au moins 20% d'intentions de vote à la présidentielle, ne recueillait plus que 16% dans le sondage CSA réalisé les 20 et 21 juin.

Il est vrai que l'enquête de l'Ifop pour la Lettre de l'opinion, rendue publique lundi, attribuait de nouveau à la présidente du Front national 20,5 % et 21 % d'intentions de vote dans les deux hypothèses retenues, qui ne différaient que par le candidat testé pour Europe Écologie-Les Verts, Nicolas Hulot ou Eva Joly. Arguant de ces résultats, Marine Le Pen estime qu'elle «se maintient à un niveau très élevé», qui représente «un palier, pour mieux reprendre de l'élan» à la rentrée.

Personnalisation accentuée

En 2002, Jean-Marie Le Pen et son ancien bras droit devenu son rival, Bruno Mégret, avaient respectivement recueilli 16,86% et 2,34% des suffrages. Voilà neuf ans, l'extrême droite avait donc totalisé 19,2% des voix à l'élection présidentielle. C'est à peine inférieur aux intentions de vote spectaculaires dont Marine le Pen est aujourd'hui créditée.

Son entourage ne manque donc pas d'arguments pour soutenir que la présidente du FN «n'a rien à craindre d'une campagne longue». Les permanents du parti s'affairent. La personnalisation du mouvement s'accentue. L'université d'été, qui n'avait pas eu lieu l'an dernier par mesure d'économie, sera remplacée cette année par «les journées d'été de Marine le Pen», les 10 et 11 septembre à Nice où le FN s'est redressé, aux dernières cantonales.

Une «convention présidentielle» est ensuite prévue. La chasse aux 500 parrainages est lancée. Un comité de soutien, présidé par l'avocat Gilbert Collard, est en quête, lui, de people. Quelques déplacements à l'étranger sont envisagés, au gré des personnalités qui accepteraient de rencontrer Marine le Pen. Bref, un dispositif classique pour une candidate en quête de crédibilité.

Des éléments de fragilité persistent cependant chez la candidate du FN, qui se montre à la fois «avenante et carnassière», selon l'heureuse formule de l'essayiste Claude Imbert. La campagne de Marine le Pen repose entièrement sur sa personne. Aucun de ses lieutenants -Louis Aliot, Steeve Briois, Wallerand de Saint-Just- n'est connu du grand public. Cette situation semble appelée à durer et soumet l'intéressée, très sollicitée par les médias et peu portée par tempérament à la diplomatie, à un état de tension permanente.

Son caractère belliqueux lui permet de faire bonne figure dans les débats audiovisuels, qui dégénèrent souvent en match de catch. Il n'est pas sûr que Marine Le Pen montrerait la même aisance face à un contradicteur courtois et précis. Mais pour le moment, la candidate du FN avance et veut croire qu'elle ne sera pas, dans la campagne qui commence, une vedette de première partie de spectacle, reléguée au second plan une fois les stars entrées en scène.
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MessageSujet: Re: Revue de presse:infos droites extrêmes, et racisme quotidien   Mer 10 Aoû - 19:34

Guerre ethnique à Londres ? Encore faudrait-il que des ethnies se combattent, ce qui ne semble pas le cas. Même si une grande partie des émeutiers sont d'origine étrangère, multi ethniques, des bons anglais (tout simplement blanc pour nos amis les fachos) y ont participé.
En 2005, les émeutiers français s'attaquaient au symbole de l'Etat (bus, bibliothèques municipales, commissariats, mairies, ...). En 2011, les émeutiers s'attaquent à la richesse (en la détruisant ou en se l'appropriant). Pas de guerre raciale en vue.

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MessageSujet: Re: Revue de presse:infos droites extrêmes, et racisme quotidien   Mer 10 Aoû - 22:03

Pour avoir une idée de l'ambiance interne au FN : http://www.drzz.fr/exclusif-drzz-fr-jai-passe-six-mois-au-coeur-du-front-national-par-jean-patrick-grumberg
Article très subjectif mais pas inintéressant...
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MessageSujet: contre-révolte   Jeu 11 Aoû - 2:21

Les nationalistes profitent de la peur et réinvestissent des rues.



Chasse aux noirs, même innocents







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Nico37



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MessageSujet: Re: Revue de presse:infos droites extrêmes, et racisme quotidien   Jeu 11 Aoû - 22:21

Citation :
Le Pen père s’accroche
La présidente du Front national est gênée par les « sorties » de son père, omniprésent et qui n’en fait qu’à sa tête.


Mercredi 27 juillet dernier. Alors que Marine Le Pen se repose à La Trinité-sur-Mer, son père passe la matinée à Nanterre (Hauts-de-Seine), au siège du Front national. Il a fondé le FN en 1972 et, quatre décennies plus tard, il peine à « décrocher ». Pour lui, il n’y a pas de vacances. Dernière preuve en date : sa « sortie » contre la Norvège, pays à ses yeux coupable de « naïveté » face à l’immigration et au terrorisme. La gauche dénonce un nouveau « dérapage », et somme Marine Le Pen de prendre ses distances avec le « provocateur ». Or, affirme l’intéressée, « la seule chose qui puisse me faire sortir de mes gonds, c’est lorsque l’on s’attaque à mon père ».


Déplacements en province, interventions médiatiques, présence dans toutes les instances décisionnaires du FN : Jean-Marie Le Pen est loin d’avoir quitté le navire. Si sa fille s’interdit de le critiquer, de nombreux membres de son entourage aimeraient, eux, voir le tribun plus discret. « Sur le site du FN, on le voit beaucoup trop », se plaignait un membre de la « galaxie Marine » quelques jours avant le dernier dérapage. Et le même homme de se dire « fatigué » d’avoir entendu récemment « Le Pen pleurer sur les enfants de Kadhafi alors qu’il s’était moins insurgé en 1989 quand le colonel libyen avait fait abattre un avion d’UTA… ». Un autre déplore la « judiciarisation » du FN (le parti a plus que jamais le dépôt de plainte facile) : il voit là « une relepénisation du mouvement ».

"Il veille au grain"

« Jean-Marie veille au grain », corrige un autre responsable du FN : « Un certain nombre de choses le rendent grognon. A commencer par le fait de n’être plus président… » Il y aurait aussi, entre lui et sa fille, quelques désaccords idéologiques. La fameuse « dédiabolisation » ? Le Pen craint qu’elle n’entrave l’unité du FN. Il était d’ailleurs monté au créneau pour défendre Alexandre Gabriac, un élu FN pris en flagrant délit photographique de salut nazi. « Il pense que ce n’est pas au Mrap et à la Licra (associations antiracistes et de défense des juifs de France, NDLR) de dicter au FN ce que doit être son image », affirme l’un de ses proches. Plus inattendu : Jean-Marie Le Pen n’apprécierait pas la manière dont sa fille s’est faite, contre l’euro, la championne du retour au franc. « Son père considère que ce n’est pas à nous de porter la responsabilité de la fin de cette monnaie, qui va se casser la gueule toute seule », explique le même proche de Jean-Marie Le Pen.

"Le succès de sa fille ne peut pas lui faire plaisir"

En creux, quand intervient un dérapage de Le Pen père, revient toujours la même question : et si le fondateur du Front national refusait d’avoir un héritier ? Un ancien dirigeant d’extrême droite est formel : « Le grand projet de Le Pen, ce n’est pas d’installer un grand parti qui lui survive. C’est de réussir sa saga personnelle. Donc, le succès de sa fille ne peut pas lui faire plaisir. » Au mois d’avril, il semblait pourtant sur le chemin du passage de témoin assumé quand il confiait à France-Soir reconnaître les bienfaits de la rénovation du FN : « Marine a souhaité que cette agression contre nous cesse. Comme je l’ai cristallisée sur moi pendant des années, le fait d’avoir passé les rênes a pu servir la dédiabolisation. » Mais patatras, cela n’aura pas duré. Voilà qu’il récidive.

Marine Le Pen connaît mieux que personne son père. Elle décrit un homme qui « ne sait pas mettre son cœur en bandoulière. Il est trop attaché à sa liberté pour ça ». Elle s’oblige donc au fatalisme : sa liberté s’arrête là où commence celle de son… prédécesseur.

Citation :
Le Pen vs Le Pen ou l’impossible contorsion communicante du Front National par Olivier Cimelière

Depuis qu’elle a officiellement conquis les rênes du Front National en janvier 2011, Marine Le Pen s’ingénie avec ardeur à gommer les aspérités trop extrémistes que son père se plaisait à cultiver du temps où il était à la tête du parti frontiste. Côté sondages, la stratégie de communication visant à « dédiaboliser » le FN recueille un écho plutôt attentif chez les électeurs. En juin dernier, 37% se déclaraient prêts à voter (1) pour la présidente du FN dans l’optique d’un 2ème tour présidentiel contre Nicolas Sarkozy (soit 20% de plus que le score récolté par son père en mai 2002 contre Jacques Chirac). Peut-on pour autant parler de plan com’ gagnant et d’un Front nouveau ? Pas si sûr !
Malgré tous les efforts de respectabilité et d’acceptabilité entrepris par Marine Le Pen et son équipe de communicants, le Front National semble condamné à trimballer une schizophrénie récurrente qui vient ponctuellement brouiller la belle image ripolinée du mouvement. Un dédoublement de personnalité qui commence avec les saillies verbales du père dont l’influence perdure même s’il s’est mis en retrait de la vie du FN. Dernier exemple flagrant en date : les fracassantes déclarations de Jean-Marie Le Pen au sujet de l’abominable massacre commis par l’extrémiste fanatique norvégien, Anders Breivik sur l’île d’Utoya.


Jean-Marie Le Pen, un pavé dans la mare communicante de sa fille

Sur le site officiel même du parti, l’ex-leader et fondateur du Front National n’hésite pas à critiquer « la naïveté » des autorités norvégiennes et à les qualifier de « plus graves » que le massacre commis par l’illuminé fondamentaliste chrétien. Pour lui, la Norvège est (2) « un petit pays sympathique mais qui n’a pas pris la mesure du danger mondial que représentent d’abord l’immigration massive, qui est la cause principale (des attentats), semble-t-il, dans l’esprit de ce fou meurtrier, mais aussi le terrorisme. La situation me paraît grave non pas par cet accident d’un individu qui, sous l’effet d’une folie, fut-elle passagère, se met à massacrer ses concitoyens. Ce qui me paraît plus grave et que démontre cette affaire c’est la naïveté et l’inaction du gouvernement norvégien ». Une provocante analyse qui s’inscrit en totale contradiction avec la ligne officielle impulsée par le Front National. Laquelle veut à tout prix éviter les amalgames d’image entre son discours populiste et nationaliste et des actes meurtriers à connotation xénophobe.

Du crâne rasé au crâne bien fait


les idées courtes doivent faire place à une rhétorique toujours aussi ferme mais plus policée

Cette irruption intempestive du président d’honneur du FN est une illustration symptomatique des obstacles que la stratégie de communication frontiste s’efforce désormais de contourner pour effacer les relents sulfureux qui ont toujours collé aux basques de Jean-Marie Le Pen. Pour augmenter sa percée dans l’opinion publique, sa fille opère depuis plusieurs années un repositionnement où les idées courtes des crânes rasés de skinheads doivent faire place à une rhétorique toujours aussi ferme mais plus policée. Chercheur au CNRS, Gilles Ivaldi résume parfaitement la problématique communicante de la fille de son père (3) : « Marine Le Pen s’est construite sur deux piliers : l’option stratégique de la crédibilité et la présence médiatique ».
De fait, les mots et les thématiques vont à partir de 2006 être beaucoup plus soigneusement calibrés que les éructations ouvertement polémiques de Jean-Marie Le Pen. Ainsi, lorsque Marine Le Pen publie son livre « A contre-flots » (4), elle s’applique notamment à développer une vision dissonante de celle de son pater familias sur la Seconde Guerre Mondiale pour lequel l’occupation nazi n’était « pas inhumaine ». De même en 2009, elle récidive dans sa prise de distance envers la logorrhée paternelle au sujet de la Shoah que Jean-Marie Le Pen avait qualifiée de « détail » de l’Histoire. Au cours d’une émission télévisée, elle réaffirme ne « pas penser » que les chambres à gaz « soient un détail de l’histoire» (5).

Virage sémantique toute !


Aux discours musclés de son père, Marine Le Pen privilégie une ligne moins segmentante

Aux discours musclés de son père, elle privilégie une ligne populiste moins segmentante et réductrice. Pour définir sa rénovation discursive, elle cite volontiers un aphorisme de Georges Bernanos (6) : « Il y a une bourgeoisie de gauche et une bourgeoisie de droite. Il n’y a qu’un peuple ». Dès lors, la sémantique frontiste va s’évertuer à se patiner tout en martelant son inflexible fonds de commerce populiste.
Jean-Yves Camus, chercheur à l’Iris (Institut de Relations Internationales et stratégiques) est convaincu de cette opération de normalisation pour mieux et plus largement irriguer les idées frontistes (7). Pour lui, la communication de Marine Le Pen fonctionne « non pas en ostracisant la radicalité mais en bannissant les provocations radicales. Elle ne demande pas aux militants d’abjurer leur radicalité mais de faire en sorte qu’elle ne soit pas un boulet ».
L’exercice d’équilibrisme rhétorique qu’emprunte le Front National n’en demeure pas moins une cosmétique communicante destinée à rendre fréquentable le parti et le sortir du ghetto politique dans lequel il a été longtemps confiné en dépit de quelques succès électoraux çà et là. Dans leur dernier ouvrage sobrement intitulé « Marine Le Pen » (8), les journalistes-essayistes Caroline Fourest et Fiammetta Venner démontent la mécanique verbale de la cheftaine du FN (9) : « La nation sert à maquiller le retour au droit du sang, la République à habiller la préférence nationale, voire la préférence culturelle et la laïcité à réhabiliter l’identité chrétienne ».

Recherche cautions désespérement


En quête de sérieux, le FN a créé son think tank baptisé « Idées-Nations »

La tactique communicante du FN ne procède toutefois pas d’un simple rhabillage du vocabulaire référent du parti. Là où Jean-Marie recourait goulument aux postures « folkloriques » teintées d’agressivité à l’égard des juifs, des immigrés et de la nébuleuse « UMPS » pour exister dans le paysage politique, Marine Le Pen entend crédibiliser son discours plutôt d’agiter le chiffon rouge de la provoc’. Outre une purge des vieux fanas-milis de l’Algérie française et du IIIème Reich dans les instances dirigeantes du FN, elle s’est également entourée d’experts (dont beaucoup souhaitent toutefois demeurer anonymes) issus de la haute administration, du monde de l’entreprise, des intellectuels et des juristes. Ce sont eux qui ont par exemple nourri et argumenté, chiffres à l’appui, la profession de foi du Front National intitulée « 12 étapes essentielles pour sortir de l’euro » (10).
Dans le même registre de gain en crédibilité, voire de notabilisation, le Front National s’est doté depuis septembre 2010 d’un think tank entièrement dédié baptisé « Idées-Nations ». Dirigé par Louis Alliot, le compagnon à la ville de Marine Le Pen, ce club de réflexion vise à agréger les idées issues de personnes de la société civile pour alimenter la plateforme programmatique du FN en vue des élections présidentielles de 2012. Colloques, interventions de personnalités expertes dans leur domaine, rien n’est négligé pour conférer une image de sérieux loin des débordements outranciers de Jean-Marie Le Pen.


Première grosse prise médiatique : l'avocat Gilbert Collard

Enfin, pipolisation de la vie politique oblige, le Front National s’est livré à un mercato de recrues de personnalités célèbres dont la plus emblématique provient sans nul doute du soutien officiel du très cathodique avocat Gilbert Collard. En mai 2011, le vibrionnant homme de loi est le premier à franchir le Rubicon en annonçant publiquement son ralliement à Marine Le Pen (11) : « Je n’ai pas pris ma carte au Front national, mais je suis très ami, et de longue date, avec Marine Le Pen. Je suis mariniste. Mon lien est avec elle ». En agissant ainsi, il brise un tabou qu’un autre bretteur avait déjà bien ébréché en mars 2011. Ce dernier n’est autre que le journaliste et ancien président de Reporters sans Frontières, Robert Ménard. Dans un pamphlet remarqué, le trublion s’insurge contre la petite élite qui « traite les électeurs du FN comme des crétins égarés » (12) et prend la défense de Marine Le Pen. A mesure que la campagne électorale va battre son plein, il ne serait désormais pas surprenant de voir d’autres noms connus rejoindre à leur tour le comité de soutien de Marine Le Pen et servir ainsi la stratégie de respectabilisation du FN.

Appel du pied aux médias


Total look et pleine page dans Paris Match

Cette stratégie s’est en plus doublée d’une médiatique opération séduction de Marine Le Pen. Là encore, il s’agit d’estomper le côté para prêt à en découdre et humour bourru de corps de garde que le père a toujours eu plaisir à imprimer. Pour Marine Le Pen, cela s’est d’abord traduit par un relooking total. Loin d’être superfétatoire, celui-ci entend ainsi afficher l’image d’une femme souriante, moderne (divorcée deux fois et mère de trois enfants), adoptant des tenues plus glamour et féminines et se délestant au passage de plus de 10 kg (13). Autant dire qu’on est loin des caciques à l’air martial et cheveu ras, suintant la naphtaline des vieilles valeurs françaises.
Ce nouveau look a eu tôt fait de décomplexer une partie des médias traditionnels. Autant l’invitation d’un Jean-Marie Le Pen sur un plateau de télévision était inéluctablement précédée d’indignations et de cris d’orfraies de nombreux journalistes, autant Marine Le Pen n’a quasiment aucune difficulté à amadouer les émissions qui comptent (hormis les réfractaires avérés que sont les talk-shows de Michel Drucker et Laurent Ruquier). Là où son père morigénait sans encombre les journalistes et les assommait de blagues graveleuses à tire-larigot, elle joue au contraire la carte de la séduction. Là où son père privilégiait la presse d’extrême-droite pour décocher ses formules à l’emporte-pièce, elle snobe ostensiblement des titres comme Rivarol, Minute et Présent. De même, elle n’a pas levé le petit doigt en 2008 pour continuer à subventionner l’hebdomadaire du parti, National Hebdo en proie à des difficultés financières. Résultat : le titre a déposé le bilan.


Marine Le Pen : moins infréquentable que le père sur les plateaux de TV

Le chercheur Jean-Yves Camus décode cette évolution à 180° à l’égard du monde des médias classiques (14) : « Marine Le Pen n’a pas besoin de la presse d’extrême-droite. Ce sont ses apparitions dans les grands médias qui lui ramènent des électeurs, pas l’éventuel soutien de journaux proches ». Un pari gagnant puisque Marine Le Pen a été invitée deux fois en 2010 dans l’émission politique d’Arlette Chabot sur France 2. C’est encore elle qui a eu les honneurs du tout premier numéro de la nouvelle émission politique de la chaîne publique, « Des paroles et des actes » animé par David Pujadas. L’heure est donc à la détente avec les médias.
Un constat dont se réjouit le directeur de la communication de Marine Le Pen, Alain Vizier (15) : « On est beaucoup moins ostracisé qu’avec le père ». Et côté journalistes, le ressenti est similaire comme le dit l’éditorialiste de RMC Info, Jean-Jacques Bourdin (16) : « Elle est plus accessible que les autres, elle n’a aucune exigence avant une interview, elle ne demande pas qu’on lui communique les sujets abordés. C’est très facile de travailler avec elle ».

Rebonds sur la Toile


Le Web est un pilier de la stratégie de communication du Front National depuis 1997

Les gains d’image glanés par Marine Le Pen constituent en tout cas un sacré atout pour le Front National sur Internet. Premier parti politique hexagonal à avoir créé un site dès 1997, le FN mise énormément sur la viralité du Web et des réseaux sociaux pour assurer son prosélytisme électoral. Le site officiel du parti enregistre ainsi plus de 400 000 visiteurs uniques par mois (16). La page Facebook du FN (17) revendique 27400 membres, loin devant le PS (14995) et Europe Ecologie (10320).
Sur le front numérique, le parti de Marine Le Pen ne se contente pas d’engranger des « friends » mais évangélise à tour de bras en fournissant des contenus à répandre sur les forums généralistes, les sites grand public, les zones de commentaires, bref partout où le message est susceptible d’être lu. Pour Louis Alliot, vice-président du FN, il est une évidence qui ne se conteste pas (18) : « En 2012, la campagne sera numérique. Je pense que sur Internet, il y a moyen de toucher des publics très larges (…) Ce que j’aimerais, c’est réussir à convaincre des personnes qui ne le sont pas ».
Pour transformer cet entrisme numérique, le FN peut déjà compter sur le support très actif de sites particulièrement engagés dans la promotion des thèses frontistes pour ricocher dans les moindres recoins de la Toile. C’est ainsi que le blog « François Desouche » créé en 2005 par un communicant qui se veut anonyme, affiche plus de 10 000 visiteurs quotidiens au compteur (19). Autre site qui mise sur la viralité des propos : Novopress qui se définit comme une agence de presse indépendante et qui n’hésite pas à déposer ses vidéos sur les plus célèbres plateformes d’Internet. Enfin, les fans de Marine Le Pen ont créé un site baptisé Nations Presse.info dont le préambule introductif donne clairement le ton (20) : « Dotée d’un réseau de correspondants, non seulement sur l’ensemble du territoire national, mais aussi sur notre continent européen et au-delà, Nations Presse Info a la ferme volonté de promouvoir au sein de la Mouvance nationale, une réappropriation de l’information au quotidien, débarrassée de carcans idéologiques et philosophiques antinationaux ».

Conclusion – Alors brevet de bonne conduite pour le FN ?

A voir les courbes de popularité actuelles de Marine Le Pen, on pourrait penser de prime abord que la stratégie de communication visant à arrondir les angles d’attaque du Front National a porté ses fruits. Il est d’ailleurs de moins en moins surprenant d’entendre lors de dîners ou de discussions entre amis, des personnes déclarer ouvertement leur sympathie à l’égard de la cheftaine frontiste. Il y a quelques années, cet « aveu » aurait sonné comme une vilenie. Aujourd’hui, Marine Le Pen semble s’être enracinée de manière plus « acceptable » sur l’échiquier politique français à tel point que l’aile droite de l’UMP s’en préoccupe fortement sous la houlette de la « Droite populaire » et ses 35 députés et tente de récupérer une partie de la mise.
Pourtant, dans cette stratégie de respectabilité, c’est le Front National lui-même qui est son propre ennemi. Malgré les débauches d’effort pour apparaître comme un parti « normal », le FN vit régulièrement à ses dépens le célèbre adage : « Chassez le naturel, il revient au galop ». Lors du drame atroce d’Utoya en Norvège, Jean-Marie Le Pen n’a pas été le seul à déborder du cadre dans lequel sa fille aimerait mouler l’appareil. Haut cadre du FN et conseiller de Marine Le Pen, Laurent Ozon n’a pas hésité à publier sur son fil Twitter ce qu’il fallait voir dans cet attentat : «Expliquer le drame d’Oslo : explosion de l’immigration : [multipliée par six] entre 1970 et 2009 » soit une « corrélation positive » avec les « tensions intercommunautaires en Norvège » (21), déclenchant ainsi un tollé d’indignation.


Le fil Twitter de Laurent Ozon à propos d'Oslo (capture Rue89)

Sur le même sujet, Jacques Coutela, membre du Front National a été encore plus loin. Sur son blog baptisé « La valise ou le cercueil » (sic !), le militant frontiste a posté un hommage (supprimé par la suite) à Anders Breivik présenté comme un « résistant », « une icône », « le premier défenseur de l’Occident », ou encore un « Charles Martel 2 ». Quelques jours plus tard, l’impétrant récidive en écrivant cette qu’Anders Breivik n’était pas « une icône, mais simplement un visionnaire face à la montée de l’islamisation de l’Europe »(22).
Or, le Front National n’en finit pas d’accumuler les dérapages au fil du temps. Ainsi en avril 2011, Marine Le Pen a dû exclure le conseiller régional Alexandre Gabriac après que des photos le montant en train de faire le salut nazi ont circulé publiquement. Plus récemment, deux autres élus FN ont posé problème. Candidat aux dernières cantonales à Reims, Thierry Maillard se voit reprocher la création d’une affiche électorale ayant repris la photo d’un adolescent blond des jeunesses hitlériennes. Conseiller municipal à Vénissieux, Yvan Benedetti n’a pas hésité à se déclarer « antisioniste, antisémite et antijuif » (23) devant des étudiants en journalisme. Et la liste est loin d’être close.
Autant dire le plan com’ de réhabilitation du Front National aura bien du mal à oublier le code génétique d’un parti dont la xénophobie a toujours été le fonds de commerce. Il conviendrait simplement que cela soit un peu plus souvent rappelé et remis dans le contexte plutôt que de se contenter de faire de Marine Le Pen, une égérie médiatique.

Sources

(1) – Sondage Harris Interactive pour Marianne realize du 3 au 5 juin 2001 auprès de 1449 personnes
(2) – B.V – « Jean-Marie Le Pen ressort les gros sabots » – FranceSoir.fr – 30 juillet 2011
(3) – Isabelle Ficek – « Marine Le Pen, au nom du père » – Les Echos – 12 janvier 2011
(4) – Marine Le Pen – A contre-flots – Editions Grancher – avril 2006
(5) – « Détail : Marine se désolidarise de son père » – Libération.fr – 28 mars 2009
(6) – Saïd Mahrane – « La hantise de l’Elysée » – Le Point – 7 octobre 2010
(7) – Renaud Dély – « Pourquoi elle est si dangereuse » – Le Nouvel Observateur – 23 juin 2011
(8) – Caroline Fourest et Fiammetta Venner – Marine Le Pen – Grasset – juin 2011
(9) - Renaud Dély – « Pourquoi elle est si dangereuse » – Le Nouvel Observateur – 23 juin 2011
(10) – R. Ro – « De très discrets conseillers » – L’Express – 15 décembre 2010
(11) – Guillaume Perrault – « Gilbert Collard se rallie à Marine Le Pen » – Le Figaro.fr – 11 mai 2011
(12) – Marie Guichoux – « Dans les filets de Marine ? » – Le Nouvel Observateur – 31 mars 2011
(13) – Olivier Beaumont – « Le match Le Pen – Gollnisch » – Le Parisien – 17 décembre 2010
(14) – « Les torchons brûlent » – Les Dossiers du Canard Enchaîné – juillet 2011
(15) – « La fête de gondole » – Les Dossiers du Canard Enchaîné – juillet 2011
(16) – « A tu et à Toile » – Les Dossiers du Canard Enchaîné – juillet 2011
(17) – Guillaume Champeau – « Le FN est le 1er parti sur Facebook » – Numerama.com – 5 janvier 2011
(18) – « A tu et à Toile » – Les Dossiers du Canard Enchaîné – juillet 2011
(19) – Ibid.
(20) – « Qui sommes-nous » – www.nationspresse.info
(21) – Dominique Albertini – « Jean-Marie Le Pen met sa fille dans l’embarras » – Le Journal du Dimanche – 31 juillet 2011
(22) – « Attentats d’Oslo : un membre du FN suspendu pour apologie de Breivik » – Le Monde.fr – 26 juillet 2011
(23) – Olivier Beaumont – « Marine Le Pen fait le ménage » – Le Parisien – 29 juin 2011

A lire en complément :

- Visiter le site des étudiants de l’école de journalisme de Lille qui publie notamment une cartographie très détaillé de la blogosphère d’extrême droite : http://transeuropeextremes.com/porte-voix/cartographie-extreme-droite-fachosphere/
- Caroline Fourest et Fiammetta Venner – Marine Le Pen – Grasset – juin 2011
- Nathalie Kosciusko-Morizet – Le Front Antinational – Les Editions du Moment – juin 2011
- Visiter le site Elus 2.0 pour en savoir plus sur l’extrême-droite et sa présence sur Internet
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MessageSujet: Re: Revue de presse:infos droites extrêmes, et racisme quotidien   Ven 12 Aoû - 0:30

Citation :
Des t-shirts piégés contre le néo-nazisme
Par Emmanuelle Alféef (LEXPRESS.fr)


Certains participants d'un festival d'extrême-droite allemand ont eu une surprise en lavant un t-shirt qu'on leur avait offert. Il cachait un appel à se faire aider pour sortir de la sphère néo-nazie.

L'association allemande Exit-Deutschland a voulu frapper fort en distribuant le 6 août des t-shirts "trojan" (terme utilisé en informatique pour désigner un cheval de troie) à un festival de musique d'extrême-droite. En apparence, ils véhiculaient un message ordinaire dans ce type de manifestation. Après un passage dans la machine à laver, les bannières de groupuscules néo-nazis laissaient place à un appel à se faire aider par l'association.

Exit-Deutschland a pour mission d'aider les personnes impliquées dans les groupuscules néo-nazis à quitter ces mouvances. Pour toucher directement leur cible, les membres ont pris contact avec les organisateurs du festival Rock für Deutschland via des forums néo-nazis, précise Spiegel-Online. Il se sont présentés comme des militants anonymes du NDP, le parti d'extrême-droite qui sponsorise le festival. Et ont fait parvenir 250 t-shirts.

Des symboles néo-nazis qui partent au lavage


Sur le devant, on pouvait y voir l'inscription "Hardcore rebellen" (rebelles hardcore) accompagnée d'une tête de mort entourée de drapeaux. Mais au premier lavage, ces impressions s'effacent au profit d'un tout autre slogan : "Ce que ton t-shirt peut faire, tu peux le faire aussi". En dessous, une bannière de l'association expose son but et donne un numéro de téléphone. Bernd Wagner, le fondateur d'Exit-Deutschland, a expliqué dans un communiqué avoir voulu ainsi "faire connaître [nos] actions sur la scène et auprès des jeunes qui ne sont pas encore complètement impliqués dans l'extrême-droite".

Les premiers participants à avoir lavé le t-shirt ont réagi 24 heures après la distribution, rapporte Exit-Deutschland sur son site. Un avertissement par SMS a circulé parmi les participants, prévenant d'un "faux" et considérant qu'Exit avait "gaspillé des milliers d'euros du contribuable". L'association est financée en partie par un programme fédéral visant à réinsérer des anciens néo-nazis dans la société. Le site officiel du festival Rock für Deutschland s'est également insurgé contre l'action, estimant que "2000 euros d'impôt ont été gaspillés" Mais Spiegel-Online précise que l'opération a été financée par une entreprise appartenant à un expert en marketing qui souhaite rester anonyme.

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MessageSujet: Re: Revue de presse:infos droites extrêmes, et racisme quotidien   Sam 13 Aoû - 2:29

Citation :
Les tourments de Farid Smahi « l’arabe du FN » Par Loïc H. Rechi, photo Vincent Desailly - article paru dans Snatch #07, avril-mai 2011

Après une quinzaine d’années passées à servir le Front National, Farid Smahi, Français d’origine algérienne, était débarqué par Marine Le Pen suite à la grand-messe du parti d’extrême droite. Rencontre triste avec un ex-joueur de waterpolo qui s’est sans doute trompé d’équipe.

«- Vous en êtes où aujourd’hui ?
- Aujourd’hui, je suis un homme libre, profondément déçu.
- Et vous allez faire quoi maintenant ?
- Je ne sais pas. Je pense que j’ai assez d’expérience politique. Je suis assez connu. Je souhaite bon vent à Marine.
- D’accord, mais vous avez de la rancoeur non ?
- Oui, elle avait une occasion extraordinaire à travers moi. Ce qu’on appelle la diversité. Tous mes amis m’appellent et me disent «non ce n’est pas possible«. Je n’ai même pas eu le droit à un conseil de discipline extraordinaire. Non, j’ai juste reçu une lettre. « T’es viré ».
- Et vous espérez toujours qu’on vous reprenne en fait ?
- (Long silence) Non je crois que la page est tournée, incontestablement. Elle n’avait pas intérêt à ce que je devienne son ennemi. Je suis une bête blessée. Mais attention, je ne suis pas n’importe quelle bête. »

Aussi loin qu’on puisse retrouver sa trace médiatique, quelque part au début des années 90, Farid Smahi a toujours fait preuve d’une constance absolue. Il suffisait de pointer un objectif et un micro dans sa direction pour que l’éclat au fond de l’oeil devienne incandescent, le débit se fasse fluide et le propos hermétique à toute contradiction. L’odeur du journaliste et la vue des caméras ont toujours transcendé l’individu. Farid Smahi fonctionne comme un organisme autotrophe, à la différence près que son processus personnel de photosynthèse se produit lorsqu’on braque une caméra sur lui. Cet amour immodéré des objectifs est pourtant le vice qui l’a perdu. Le 16 janvier 2011, sous le regard de tout ce que pays compte de journalistes politiques, il commet son plus grand coup d’éclat médiatique depuis l’annonce de son engagement avec le Front National presque quinze ans plus tôt. Lui le fidèle de Jean-Marie Le Pen; lui le type qui a servi de « caution beur » à un parti nauséabond; lui l’interlocuteur privilégié avec les harkis et la communauté musulmane – dans une certaine mesure – se désintègre littéralement en vol.

Au milieu de la cohue, un cyclone déboule, furibard contre de Marine Le Pen et ses proches conseillers. Après une décennie et demi de loyaux services, il vient d’apprendre entre deux conférences qu’il n’est pas reconduit au Bureau Politique du Front National, l’organe réflectif et décisionnel du parti. Alors quitte à rendre les armes, autant s’offrir un baroud d’honneur digne d’un scorpion encerclé par un mur de flammes bleu blanc rouge. Farid Smahi « le boxeur » tel qu’il se définit, vide son sac devant un parterre de plusieurs dizaines de journalistes et de membres du FN et crie sa rage contre Marine qu’il accuse de l’avoir sacrifié sur l’autel de la lutte contre l’islam. Puis avec un trémolo dans la voix, il s’en va non sans un ultime commentaire lourd de sens. « En 1998, le Front National était bien content d’avoir le bougnoule de service. On ne me jette pas comme ça, on me parle. Je suis un être humain de chair et de sang. »

Deux mois plus tard, le brun aux larges épaules habillées d’un costard trois pièces qui s’assoie en face de moi dans un café-restaurant de la place de la République est emprunt de précautions. Il n’a plus la lueur du combattant au fond de l’oeil. Pas plus que l’assurance et l’envie de combattre. A cinquante-sept ans, Farid Smahi est un homme brisé, laissé sur le bord de la route par le panzer Marine Le Pen. Mais le gaillard l’a bien cherché et vit une version moderne de la tragédie faustienne. S’il en est là aujourd’hui, c’est parce que sa volonté d’obtenir un poste d’élu à tout prix l’a poussé à conclure un pacte contre-nature avec Jean-Marie Le Pen, le Méphistophélès de l’extrême-droite. Smahi l’a appris à ses dépends, on ne joue pas impunément avec le feu sans se brûler.

Du water-polo au cheval de Troie

Issue d’une famille prolétarienne portée par un père qui a combattu les Nazis, la carrière de Farid Smahi débute assez loin des bassins de l’extrême-droite, plus exactement dans des piscines municipales du côté de Lyon. Après une vie de sportif de haut de niveau qui le mène en équipe de France de water-polo vers la fin des années 70, il enchaine sur une fonction d’éducateur et devient entraineur de l’équipe de Boulogne-Billancourt. Parallèlement, il s’investit dans le mouvement associatif, au sein de France-Plus, une association qui réunit des jeunes français d’origine maghrébines et notamment des enfants de Harkis comme Farid. Au sein de cette association qui mène une campagne vigoureuse pour présenter des candidats aux élections municipales au début des années 90, Farid intègre les rudiments de la rhétorique politique, développe l’embryon des idées qui ne le quitteront plus et croise régulièrement des types comme Julien Dray, Malek Boutih ou Harlem Désir. Devenu responsable du comité parisien, le gars est globalement stigmatisé au sein du mouvement et se voit régulièrement taxé de militant de droite – lui qui se considère encore de gauche. Il finit par claquer la porte avec fracas en 1993 – une vieille habitude – non sans signer au préalable une tribune dans le Quotidien de Paris qui marque le point de départ d’une longue descente aux Enfers. Dans celle-ci, Smahi dénonce l’ostracisme des partis politiques à l’égard des beurs et la « confusion » entre « honnêtes familles françaises d’origine immigrée » et « étrangers plus ou moins marginaux, délinquants ». Il ne le sait probablement pas encore mais une bonne partie des éléments de langage qui vont faire sa marque de fabrique pendant les dix-huit années suivantes sont déjà là.

Dans la foulée de son départ, il monte sa propre association « Arabisme et Francité », signe deux ouvrages dont le remarqué et provocateur Faut-il brûler les Arabes de France? et devient même chroniqueur occasionnel pour Le Figaro. Chaque page, chaque colonne, chaque ligne sont utilisées pour défendre ses idéaux de patriote français pro-palestinien déçu par la manière dont les gouvernements successifs – et la gauche en particulier – ont échoué selon lui à intégrer les populations d’origines étrangères. Mais en se posant en fervent défenseur de la suppression de la binationalité, Smahi se trouve un combat qu’il placera désormais au dessus de tout. Pour justifier son obsession sur un thème qui a contribué à le faire connaitre dans les arcanes du pouvoir, Farid Smahi tire sur ce bon vieux ressort de la peur. « Menace en cas de guerre », « Cheval de Troie », aucune expression n’est trop forte à yeux pour définir son aversion pour les individus dotés de deux nationalités, marquant toujours une différence entre « les honnêtes immigrés » et « ceux qui profitent du système ». Farid le gouailleur vomis les binationaux par tous les trous et ne se prive pas de le souligner à outrance dans ses livres ou ses chroniques publiées dans le quotidien de droite à la maquette bleutée, avec une préférence marquée pour ceux d’origine maghrébines ou israélienne.

Dans la gueule de Cerbère

A force de jouer avec le feu, Smahi finit par allumer un brasier un jour de 1997. Il propose à Jean-Marie Le Pen de déjeuner avec lui, selon ses propres mots pour « savoir s’il voulait jeter les arabes, les noirs, les juifs à la mer, une fois au pouvoir. » Les deux hommes passent deux heures à table à échanger, à se trouver des points de convergences. Smahi tombe ainsi complètement sous le charme du vétéran des guerres d’Indochine et d’Algérie à tel point qu’il en parle encore aujourd’hui comme d’un deuxième père. Accablé par le milieu politique pour avoir partagé le gueuleton interdit, meurtri des accusations qui lui sont faites, l’ancien sportif rumine sa rage et accepte finalement le marché que l’on sait, un pacte qui lui coûte au passage un divorce et de nombreuses amitiés. Les conséquences seront telles qu’à compter de 1998, il ne reverra plus ses deux premiers enfants. Mais devenu élu au conseil général d’Ile de France, Smahi grimpe les échelons dans le parti, rentre au Bureau Politique et accède au trône de la fédération de l’Essonne même s’il essuie parfois les saillies racistes de certains membres de la frange megretiste, non sans se défendre. Devenu le garant maghrébin du parti, il fait tout pour se rendre indispensable et va jusqu’à emmener Jean-Marie Le Pen sur la dalle d’Argenteuil en 2007, à trois semaines de la présidentielle, pour faire un pied de nez à Sarkozy et son fameux discours sur le Kärcher. Tout aussi actif dans l’ombre, il oeuvre notamment aux côtés de Jany Le Pen et Jean-Michel Dubois au sein de l’association « SOS Enfants d’Irak » – affiliée au parti – qui achemine des médicaments pour les enfants irakiens malades.

Quand la question de la succession du Saint-Père commence à se poser, Smahi se place instinctivement du côté de la fille plutôt que de celui de Bruno Gollnisch, le bras droit. Jusqu’au fameux congrès de Tours de janvier dernier donc. A cette occasion, Smahi, persuadé de conserver son poste au Bureau Politique décide contre toute attente de soutenir Gollnisch. Face à lui, attablé un jeudi matin dans ce café sans âme de la Place de la République, je lui demande sans pincette comment peut-on faire un calcul aussi mauvais en ayant plus de vingt ans de politique dans les pattes. Le gaillard, les yeux embrumés, la voix emplie de tristesse me répond simplement « De par sa fidélité, je ne voulais pas que Bruno fasse un mauvais score. » La suite est connue. Smahi apprend son éviction entre deux discours, pète son câble, déverse un lot d’inepties sur un complot juif et s’auto-exclus du parti, donnant à Marine – sans pitié – un motif inespéré pour se débarrasser d’un élément devenu obsolète, un frontiste qui a échoué à séduire la population française d’origine arabe.

Après avoir laissé Smahi – plus par tristesse pour lui que par mimétisme – je me suis laissé envahir à mon tour par un sentiment confus. J’ai marché vers Goncourt, un peu hagard, en pensant à ce type complètement paumé, à sa détresse qui m’a sincèrement fait de la peine. Aujourd’hui, Farid Smahi est logiquement empli de rancoeur contre ses prétendus amis frontistes d’hier, contre les Jean-Marie Le Pen et les Bruno Gollnisch qui ne l’ont jamais rappelé depuis. A ce ressentiment se mêlent sans doute aussi des regrets douloureux comme de l’eau de mer qu’on applique sur une plaie à vif; c’est qu’à cinquante-sept ans, il est sans doute trop tard à pour recommencer une carrière politique. Farid Smahi est aujourd’hui un individu à la dérive qui défend encore certaines idées par automatisme mais donne le sentiment de ne plus savoir où il en est, allant jusqu’à louer les qualités d’un Nicolas Dupont-Aignan, cinq minutes après m’avoir lu une citation d’un Alain Soral réussissant l’exploit de placer « complot juif », « francs-maçons » et « conflit des civilizations » en trois phrases. Smahi le dit lui-même, il est une bête blessée. Mais là, assis face à Smahi, on croit entrevoir au fond de ses yeux le petit garçon qui a grandi à Lyon et a fait une grosse bêtise. On en viendrait presque à lui souhaiter le droit à la rédemption, le droit de purger ses erreurs et repartir sur un bon pied, du bon côté. Au cours d’un autre entretien, c’est finalement Jean-Yves Camus, politologue spécialiste de l’extrême droite française, qui s’est chargé d’abattre la bête verbalement. « Ses tentatives de capter une partie de l’électorat d’origine arobo-musulmanes ont complètement échoué. Il ne faut pas être grand sorcier pour savoir pourquoi.Quand on est effectivement d’origine maghrébine et qu’on devient non pas seulement militant du Front mais un élu pendant aussi longtemps, on finit quand même par se poser la question de savoir à quoi on sert ? Visiblement ou il ne se l’est pas posée, ou la réponse qu’il a apporté était pas la bonne. » L’histoire de Farid Smahi est peut-être simplement celle d’un type qui se serait fourvoyé sur la manière de tirer profit de son intelligence.
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