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 Homophobie

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Zabos



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MessageSujet: Re: Homophobie   Lun 17 Sep - 22:56

Toujours sur l'excellent Brave Patrie.

Citation :
lundi 30 avril 2007

Sports extrêmes pour pas trop cher : noyez un pédé

Les amateurs du grand frisson accueilleront la nouvelle avec intérêt : le meurtre devient enfin abordable en France.

Longtemps considérée comme le sport des rois, l’exécution d’autrui était dans notre pays restée hors de prix. Il était certes possible de participer à de gigantesques battues collectives dans des pays du tiers-monde, mais la mutualisation des coûts ne parvenait toutefois pas à mettre la vie humaine à portée de toutes les bourses. Il en a ainsi coûté plus de 421 Mds de dollars à la coalition des volontaires pour ramener 650000 trophées Irakiens à la maison, soit environ 650000 dollars par tête.

Deux jeunes de Nancy viennent de prouver que nul besoin n’était de partir loin pour goûter un peu d’adrénaline : quatre ans après avoir poussé un homosexuel piètre nageur dans un canal, ce qui avait entraîné sa noyade, ils ont écopé de cinq ans de prison, dont deux fermes. (Certaine presse sensationnaliste préfère mentionner trois ans de sursis. Fidèle à sa réputation de sérieux et de probité, Brave Patrie choisit de citer le chiffre le moins impressionnant. Deux ans fermes. Voilà.)

En Dils, le taux de conversion officiel de l’année de prison, cela vaut 133333 euros, soit près de cinq fois moins cher que chez nos amis Anglo-saxons. Pour un Blanc, en plus. Qui osera encore dire que la France n’est pas compétitive ?

(A l’heure où nous écrivons ces lignes, le candidat de l’UMP n’a pas encore exprimé son soutien à la victime. Il est toutefois possible qu’il fasse une déclaration sur l’incompatibilité du gène des pieds palmés avec celui de l’homosexualité.)
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Gonzo



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MessageSujet: Re: Homophobie   Lun 24 Sep - 13:03

Et vive les ghettos


Citation :
Le chef d’un parti politique roumain, le PNG, Gigi Becali, envisage de confiner les homosexuels dans des quartiers spéciaux, au cas où il serait élu président en 2009. « Je vais créer des quartiers pour les homosexuels et les lesbiennes, pour qu’ils y restent et nous laissent tranquilles », a déclaré M. Becali au cours d’une conférence de presse. Le candidat aux élections présidentielles a également fait état de son intention de « fermer les clubs gays et les sex-shops qui ont proliféré dans toutes les villes ».


Le Soir lundi 24.09.2007, 11:33
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Zabos



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MessageSujet: Re: Homophobie   Ven 21 Déc - 14:05

Citation :
Balkan Investigating Reporting Network

Violences et discriminations : comment survivent les homos d’Albanie

Traduit par Stéphane Surprenant

Publié dans la presse : 5 décembre 2007
Mise en ligne : mardi 11 décembre 2007



Le quotidien des homosexuels albanais est fait d’intolérance, de violences psychologiques et physiques, de discriminations. Contraints à la clandestinité, souvent rejetés par leur famille, beaucoup de gays albanais ne voient leur salut que dans l’exil. Les choses devront pourtant changer, si l’Albanie veut se rapprocher de l’Union européenne.

Par Ben Andoni

« Pourrais-je dire à ma mère que je suis gay ? Elle a presque quatre-vingts ans maintenant... Je ne voudrais jamais lui causer un tel traumatisme à cette étape de sa vie. Mon père - quand il était encore vivant - me l’avait demandé, mais je n’ai jamais pu lui avouer la vérité », raconte cet homme dans la quarantaine. Il a trop peur de donner son nom, il est toujours sur le qui-vive. Il regarde constamment par-dessus son épaule.

Entrer en contact avec Gjerji, comme il souhaite être appelé, n’a pas été une tâche facile. Il faut tout d’abord gagner sa confiance, en passant par un réseau d’intermédiaires. Bon nombre de cas dans le passé ont enseigné aux membres de la communauté homosexuelle que, dans une société aussi traditionnelle que celle de l’Albanie, afficher son orientation sexuelle sur la place publique signifie perdre son emploi, éventuellement faire l’objet de menaces ou même être renié par sa famille.

« D’après les informations et les chiffres que nous avons, il y aurait une communauté d’environ 3500 personnes, à Tirana seulement », révèle Genci Terpo, avocat œuvrant au sein du Groupe albanais pour les droits de l’homme (AHRG).

Bien que le Parlement albanais ait légalisé les relations homosexuelles en 1995, plus d’une décennie plus tard, les gays et lesbiennes demeurent toujours stigmatisés. Aussi, une majorité d’entre eux choisissent de s’exiler. Ils redoutent que la découverte de leur orientation sexuelle ne mette en cause leur sécurité elle-même.

« Les attitudes face à l’homosexualité n’ont pas tellement changé et ils doivent donc se protéger », explique Terpo. « Ce n’est pas tant que maintenant, en 2007, il y a une quelconque différence avec ce que nous avons vécu auparavant. Ils continuent de subir des discriminations dans tous les aspects de l’existence - incluant les institutions de l’État », ajoute-t-il.

Dans le passé, la majorité des homosexuels qui quittaient leur pays empruntaient surtout les routes illégales de la contrebande, par ailleurs si emblématiques des Balkans pendant les années 90. Aujourd’hui, un nombre croissant d’homosexuels se tourne vers les organisations qui se consacrent au droit humanitaire, telle que l’AHRG.

« Notre plus gros problème est de nous identifier les uns les autres et de trouver une possibilité de dénicher un espace commun où nous pouvons nous rencontrer sans crainte. Il existe des clubs de gays et de lesbiennes partout dans le monde, même dans les pays arabes qui sont historiquement plus traditionnalistes que le nôtre, mais bon, nous continuons de vivre dans la peur ici... », déplore S. L., membre de l’Association albanaise des gays et lesbiennes (ALGA).

S. L. assure avoir de bonnes raisons d’avoir peur. « Nous étions assis dans un parc lorsque deux fourgons de police sont arrivés. Les policiers sont sortis des fourgons et nous ont emmenés à l’écart. L’un des chauffeurs est venu vers moi et m’a donné des coups de pied à répétition, dans mon ventre, avec sa botte. Quand je l’ai supplié d’arrêter, il a seulement crié « Ferme ta gueule, tapette ! », et il a continué à me donner des coups de pied », se rappelle S. L. à propos de l’incident.

L’ALGA et l’AHGR ont bien tenté d’attirer l’attention du public sur la situation des homosexuels en Albanie. Outre son travail de publicité, l’AHGR fournit également une assistance légale gratuite aux membres de l’ALGA, en cas d’arrestation ou de mauvais traitements.

Selon S. L., un certain nombre de membres de l’organisation sont actuellement en cours de procédure de demande d’asile dans des pays de l’UE, en raison de la discrimination dont ils sont victimes. Quelques-uns sont déjà partis.

Le premier cas enregistré par l’ALGA date de 2002. L’un de ses membres se vit alors accorder l’asile aux Pays-Bas grâce à l’aide de l’AHRG, après avoir subi des violences psychologiques et physiques répétées de la part d’agents de police.

Les rapports concernant les droits de l’homme en Albanie constatent tous que des attitudes bien enracinées dans la population en général repousse les gays et les lesbiennes albanais dans les marges de la société. D’après l’AHRG, les homosexuels albanais font face à « l’intolérance, aux violences psychologiques et physiques - souvent de la part de la police d’ailleurs -, ainsi qu’à la discrimination sur leur lieu de travail ».

A. A., un autre membre de l’ALGA, a obtenu l’asile en Suède. Suite à un harcèlement constant par la police, il a demandé de l’aide au AHRG afin de trouver une façon de partir pour un autre pays.

« Il ne pouvait pas aller à l’école, il était intercepté, harcelé et torturé par la police », confirme Elsa Ballauri, directrice de l’AHRG. « Ce n’était pas très difficile pour les autorités suédoises de prendre une décision dans son cas. »

M.L. est un autre membre de l’ALGA qui cherche à obtenir l’asile.

« Sa vie est vraiment en danger, il doit absolument quitter l’Albanie. Sa famille l’a complètement rejeté après avoir découvert qu’il était gay. Ils ont employé la violence contre lui... Maintenant, ils représentent carrément une menace pour sa vie », affirme Ballauri dans un rapport écrit.

Un autre problème criant qui pousse les gays et lesbiennes albanais à quitter le pays - en plus des abus et des discriminations - est la pauvreté.

« Ils sont extrêmement marginalisés, ils ne disposent d’aucun endroit où se rencontrer et, à cause de la discrimination permanente, en sont réduits à la misère », explique Klodian Rrepaj, coordonnateur du Programme national pour le HIV/SIDA, qui essaie de rejoindre la communauté.

Si la situation des homosexuels en Albanie n’a jamais été sous les feux des projecteurs, cette question pourrait apparaître sur le devant de la scène, dans la mesure où le pays s’est rapproché de l’UE suite à la signature de l’Accord de stabilisation et d’association en juin 2006. Cet entente envisage l’adhésion de Tirana à l’Union européenne.

« Si nous avions la chance de mener une vie normale, nous ne serions pas si pressés de partir. Ce qui est difficile à comprendre, c’est que les niveaux de violence et de discrimination à notre endroit ne changent pas, même si tout ce qui nous entoure est en pleine évolution ! », nous confie Gjergji, qui sirote son espresso dans un café bondé et rempli de fumée de Tirana.

« Je ne sais pas », dit-il avec une petite voix. « Je serai peut-être le prochain à partir. »
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l' antillais



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MessageSujet: Re: Homophobie   Dim 23 Déc - 19:29

Citation :
Le mercredi 26 septembre 2007, un homosexuel de l'agglomération nantaise se suicidait, laissant une lettre dans laquelle il dénonçait les conditions de son interpellation et de sa garde à vue par la Police Nationale.

Suicide d'un homosexuel après une garde à vue.

19/12/2007/

Le mercredi 26 septembre 2007, un homosexuel de l'agglomération nantaise se suicidait, laissant une lettre dans laquelle il dénonçait les conditions de son interpellation et de sa garde à vue par la Police Nationale.

L'homme avait été interpellé le vendredi 21 septembre 2007 dans l'après midi dans le parc public du Château de la Gournerie (Commune de Saint Herblain), un lieu public de rencontres fréquenté par les homosexuels.

Sa garde à vue avait eu lieu à l'Hôtel de Police de Nantes et avait pris fin le lendemain, samedi 22 septembre 2007 en fin de matinée, soit près de 18 heures après son arrestation. Il fut remis en liberté avec une convocation devant le Tribunal Correctionnel de Nantes pour le 20 novembre 2007.

Profondément choqué et humilié par le traitement qui lui avait été réservé lors de son interpellation et de sa garde à vue, l'homme en avait parlé à ses proches avant de se donner la mort cinq jours plus tard. A l'intention des policiers qui l'avaient arrêté, il avait également écrit une longue lettre, saisie par la Police Nationale pour les besoins de l'enquête.

La famille de la victime a écrit au Procureur de la République de Nantes en date du 4 novembre 2007 pour connaître les suites de l'enquête judiciaire ouverte et demander une copie de la lettre du défunt.

Près de trois mois après les faits, un mois et demi après cette requête auprès de l'institution judiciaire, la famille n'a reçu aucune réponse.

En accord avec les proches de la victime, nos deux associations ont décidé de :

Rendre publique cette tragique affaire

Saisir le Ministre de l'Intérieur afin qu'une enquête administrative soit diligentée dans les plus brefs délais

Saisir le Ministre de la Justice afin de connaître les suites de l'enquête judiciaire

Une famille dans la peine attend que les autorités policières, judiciaires et gouvernementales daignent enfin lui répondre sur les conditions de l'interpellation et de la garde à vue de leur proche ; c'est désormais une question de décence et de dignité.

Pour le Collectif contre l'homophobie

Hussein Bourgi, le président

Pour le Centre Lesbien et Gay Nantes-Atlantique

Pierre Yves Le Brun, le président

communiqué commun CCH Montpellier
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Odin



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MessageSujet: Re: Homophobie   Dim 23 Déc - 23:23

Jsuis entrain de mater the brokeback mountain avec mes parents, mon pere déblatère des horriblités homophobes, j'ai envie de peter un cable sur st'enfoiré....
Saloperie de fierté de merde qui empeche d'être libre sexuellement, qui empeche de tolérer l'autre, parceque "on est pas des tapettes, nous on est des mecs des vrais".
Putain ca me fout mal ca...
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Moujik Looping



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MessageSujet: Re: Homophobie   Dim 23 Déc - 23:54

rôoo je compatis,

hier j'ai été boire le café chez les beaux-parents (parents de ma copine) et son père vote FN c'est dire si à certain moment c'était fun...
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l' antillais



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MessageSujet: Re: Homophobie   Lun 24 Déc - 1:58

'l'est française ta copine?
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Odin



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MessageSujet: Re: Homophobie   Lun 24 Déc - 5:10

A propos du film (ce post est une blague inventée par moi super supra drole), il est un peu cul cul vous trouvez pas?

La foule en déliiiiiiiiiiiiiire!!!!!!!
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Moujik Looping



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MessageSujet: Re: Homophobie   Lun 24 Déc - 11:30

l' antillais a écrit:
'l'est française ta copine?

Yep du 74
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seigneuryo



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MessageSujet: Re: Homophobie   Lun 24 Déc - 14:30

Moujik Looping a écrit:
l' antillais a écrit:
'l'est française ta copine?

Yep du 74
Elle doit être super alors, tu peux pas test.

Ha pis c'est noël, les beaufs sont de retour dans les vieilles polémiques stérile ahaa.
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Moujik Looping



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MessageSujet: Re: Homophobie   Mar 15 Jan - 11:11

ralalalalalal

Voulez participer à l'esprit de Noel et constatant que tous mes voisins avaient décoré leurs portes, j'ai décidé de m'y mettre, j'ai donc affiché deux chevreuils qui s'enculent... (j'ai toujours aimé le bon goût...)

malheureusement un perfide voisin m'a arraché cette nuit mes deux petits autocollants........ SALOP...

même les animaux ne sont pas tranquils !!!
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Gonzo



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MessageSujet: Re: Homophobie   Mar 15 Jan - 11:48

Tu peux toujours imprimer ca et le coller par après




Merci Reiser
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Moujik Looping



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MessageSujet: Re: Homophobie   Mar 15 Jan - 11:50

lol2 lol2 lol2
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MessageSujet: Re: Homophobie   Mar 15 Jan - 16:50

Reiser über alles.

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MessageSujet: Re: Homophobie   Mer 23 Jan - 13:18

Odin a écrit:
Jsuis entrain de mater the brokeback mountain avec mes parents, mon pere déblatère des horriblités homophobes, j'ai envie de peter un cable sur st'enfoiré....
Saloperie de fierté de merde qui empeche d'être libre sexuellement, qui empeche de tolérer l'autre, parceque "on est pas des tapettes, nous on est des mecs des vrais".
Putain ca me fout mal ca...

Citation :
L'ACTEUR HEATH LEDGER DECEDE A 28 ANS

Le comédien australien, devenu célèbre avec le film Le secret de Brokeback Mountain, a été retrouvé mort mardi dans son appartement new-yorkais. Il était âgé de seulement 28 ans.

Heath Ledger était séparé de sa femme, Michelle Williams, avec qui il avait eu une petite fille, depuis l'année dernière. La police enquêterait sur une mort par overdose...

L'acteur avait dernièrement joué dans I'm Not There, dans lequel il incarne l'une des nombreuses incarnations de Bob Dylan, et dans The Dark Knight, le nouveau Batman dans lequel il joue le Joker. Pour mémoire, Heath Ledger avait eu l'honneur d'une nomination aux Oscars il y a trois ans pour Le Secret de Brokeback Mountain.

http://www.programme-tv.net/actus-tv/805/heath-ledger-decede.html

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MessageSujet: Re: Homophobie   Mer 23 Jan - 16:11

Citation :

La France condamnée par la CEDH pour avoir refusé à une lesbienne d'adopter
source : Associated Press le 22/01/2008 17:25

La Cour européenne des droits de l'Homme a condamné mardi la France pour discrimination pour avoir refusé à une homosexuelle la possibilité d'adopter un enfant. Elle a alloué à la plaignante 10.000 euros au titre du préjudice moral.

Dans cette décision, adoptée par dix voix contre sept, la CEDH rappelle que "le droit français autorise l'adoption pour un célibataire, ouvrant ainsi la voie à l'adoption par une personne célibataire homosexuelle" et note que le Code civil reste muet "quant à la nécessité d'un référent de l'autre sexe".

En pratique, cette décision devrait aboutir à ce que "l'administration n'ait plus la possibilité de refuser un agrément en raison de l'homosexualité d'un requérant", a expliqué à l'Associated Press l'avocate de la plaignante, Me Caroline Mécary. L'arrêt "va conduire la France à réviser sa position en matière d'adoption par des homosexuels", a-t-elle ajouté. Selon l'avocate, neuf pays européens autorisent aujourd'hui l'adoption d'enfants par des homosexuels.

La plaignante, Emmanuelle B., une institutrice de maternelle de 45 ans vivant avec une psychologue, a déclaré mardi que cette décision était "vraiment difficile à réaliser après dix ans de parcours".

"Je suis très heureuse quand même, même si c'est vrai que ça fait dix ans de perdus (...) La décision de la Cour européenne ne me donne pas d'agrément. Toutes les démarches sont à refaire, à reprendre depuis le début", a-t-elle réagi sur Europe-1. Aujourd'hui, "je voudrais que les personnes qui vivent en couple avec une autre femme ou un autre homme puissent faire une demande en toute transparence", a-t-elle ajouté.

Emmanuelle B. avait déposé une demande d'adoption en 1998 auprès des services sociaux du Jura leur signalant son homosexualité.

Sa demande fut rejetée en mars 1999 par le conseil général du Jura pour défaut de "repères identificatoires" dû à l'absence d'image ou de référent paternel. Une décision annulée par le tribunal administratif de Besançon (Doubs) mais confirmée ensuite par la cour administrative d'appel puis par le Conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative.

La CEDH, saisie en décembre 2002, précise que cette procédure "ne concerne pas l'adoption d'un enfant en tant que telle, mais la demande d'agrément en vue de pouvoir adopter, le cas échéant, par la suite".

Seuls des motifs graves et convaincants peuvent justifier le refus d'agrément en vue d'adopter. Or, soutient la CEDH, les raisons avancées par les autorités françaises pour justifier leur refus ne sauraient être qualifiées en ce sens.

Les magistrats siégeant à Strasbourg ont constaté que les autorités françaises ont, pour rejeter cette demande d'agrément, "opéré une distinction dictée sur les conditions tenant à son orientation sexuelle, distinction qu'on ne saurait opérer d'après la Convention" européenne des droits de l'Homme.

La plaignante réclamait 50.000 euros au titre du préjudice moral.

Dans un communiqué, l'Association des parents gays et lesbiens (APGL) a dit se réjouir de la décision de la CEDH qui "crée une obligation morale à notre pays" et "contraint l'administration française à ne plus discriminer les homosexuel(le)s qui refusent de mentir sur leur orientation sexuelle lors de la procédure d'adoption". AP

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MessageSujet: Re: Homophobie   Mer 23 Jan - 16:12

Citation :
Vanneste répond aux critiques sur son investiture
NOUVELOBS.COM | 17.01.2008 | 09:56


Le candidat de l'UMP à la mairie de Tourcoing, condamné pour homophobie, raille "la bêtise et l'intolérance" des "activistes (du PS) qui ont un pois chiche à la place du cerveau".

Christian Vanneste, député du Nord tête de liste à la mairie de Tourcoing, répond, mercredi 16 janvier, sur son site, aux reproches qui lui ont été faits ces jours derniers.
Son investiture par l'UMP, alors qu'il a été condamné, en 2006, pour avoir tenu des propos homophobes, a suscité un tollé, notamment dans le milieu associatif. Act Up, ou les associations de lutte contre l'homophobie Inter LGBT et l'Autre Cercle sont montées au créneau. Côté politique, le PS a qualifié cette investiture de "honte pour la République".

Oscar Wilde

Interprétation du principal intéressé: "Quelques activistes qui ont un pois chiche à la place du cerveau se déchaînent à nouveau au parti socialiste et ailleurs pour m’interdire de penser." Le député ironise en supposant que "Proust, Gide, Oscar Wilde (écrivains homosexuels, NDLR) doivent se retourner dans leur tombe devant tant de bétises et d’intolérance".
Et de se défendre en citant Oscar Wilde, "ce génie": "'Si Adam avait été homosexuel, nul ne serait là pour le dire'. C’est exactement ce que j’ai dit", explique-t-il.
Christian Vanneste se compare encore à Oscar Wilde en affirmant que, lui aussi, "en son temps avait été condamné po

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MessageSujet: Re: Homophobie   Mer 23 Jan - 16:19

Citation :
Un corps retrouvé dans le jardin public de Cambrai : meurtre homophobe ?

Un impressionnant dispositif de sécurité a été déployé au jardin public de Cambrai dimanche.

Le corps d’un homme de 60 ans, partiellement dévêtu, a été retrouvé, dimanche matin, dans le jardin public de Cambrai. L’hypothèse de l’homicide à connotation homophobe était privilégiée hier soir. Deux individus sans domicile fixe, d’une vingtaine d’années, ont été interpellés et entendus. Ils seront déférés aujourd’hui devant le parquet de Cambrai.

PAR SAMUEL PETIT
region@lavoixdunord.fr PHOTO « LA VOIX »



Ce sont des joggeurs qui ont donné l’alerte dimanche vers 9 heures après avoir fait une sinistre découverte dans le jardin public de Cambrai.
Ils ont trouvé au beau milieu de ce parc situé près du centre-ville un corps gisant dans un massif d’arbustes, le visage maculé de sang. La victime portait de nombreuses lésions au visage et des traces de coups violents. Les faits se sont produits dans la nuit de samedi à dimanche à 0 h 20 – ce qu’a confirmé la température du corps de la victime lors de sa découverte.

Un impressionnant dispositif de sécurité, commandé par le capitaine Desseint, a été établi autour du site naturel, entièrement bouclé. La brigade criminelle du service régional de police judiciaire (SRPJ) et le substitut du procureur de la République de Cambrai, Nicolas Steimer, se sont ensuite rendus sur les lieux.
Les enquêteurs ont scrupuleusement fouillé les alentours du jardin public jusqu’en début d’après-midi, au moment où le cadavre a été retiré des lieux.

Le jour et la nuit…
La victime, retrouvée partiellement dénudée, a été rouée de coups au visage. Deux individus sans domicile fixe, d’une vingtaine d’années, ont été interpellés et entendus par la police. Ils seront déférés aujourd’hui devant le parquet de Cambrai. S’agit-il d’un règlement de comptes ? D’une bagarre qui aurait dégénéré ? Ou d’un crime homophobe, la piste semble-t-il la plus sérieuse.

Les lieux du drame ont mené les vingt-cinq enquêteurs à envisager plusieurs hypothèses. De jour, le jardin public de Cambrai est un espace arboré, très prisé des promeneurs et des sportifs, notamment le dimanche. La nuit, il devient, à en croire les riverains, un site beaucoup moins fréquentable. « Samedi soir, il y a déjà eu une rixe au même endroit et ce n’est pas la première fois que ça arrive… Sans parler des voitures qui roulent à toute allure aux abords du parc. Et tout le monde sait à Cambrai que c’est un lieu de rendez-vous homosexuels… », raconte un riverain, à peine étonné de l’issue des faits.

D’autres témoignages recueillis dans le quartier confirmaient ces dires dimanche après-midi. Hier à 20 heures, de source officielle, les auteurs présumés n’étaient toujours pas passés aux aveux. Au même moment, contrairement à l’habitude, pas une âme ne traînait aux abords du jardin public de Cambrai.

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MessageSujet: Re: Homophobie   Mar 12 Fév - 3:09

Toujours intéressants, les points de vue "d'ailleurs"...

Citation :
Le Courrier de la Bosnie-Herzégovine

Bosnie-Herzégovine : les « queers » défendent leurs droits !

Par Haris Hadžić

Mise en ligne : vendredi 8 février 2008

Svetlana Djurković, présidente de l’association « Queer » (en anglais : étrange, curieux, singulier) de Sarajevo depuis 2002, est une des rares personnes en Bosnie-Herzégovine à s’être mobilisée pour la défense de la liberté d’orientation sexuelle. Dans les pays des Balkans, ce genre d’associations ne courent pas les rues. Svetlana Djurković nous explique ce que signifie et implique être « queer » en Bosnie-Herzégovine.

www.queer.ba

Née à Zagreb en 1974, Svetlana a grandi à Sarajevo. En 1991, elle partait aux États-Unis pour un échange universitaire qui devait durer dix mois, mais la guerre qui a éclaté dans son pays natal a fini par prolonger ce séjour de... dix ans ! Diplômée en anthropologie et en sciences sociales, Svetlana a toujours été intriguée par les questions se rapportant au nationalisme, aux conflits ethniques et à la création d’une identité nationale. De retour en Bosnie depuis septembre 2002, elle s’occupe toujours de la question de l’identité, « mais d’une autre manière »...

En effet, elle a fondé en 2002, avec un ami, l’association « Queer », qui existe officiellement depuis février 2004. Sur le modèle européen et américain, cette association s’occupe de la promotion des droits de la personne, par le biais de la protection de la culture et de l’identité des personnes LGBTTIQ (lesbiennes, gays, bissexuelles, transsexuelles, transgendres, intersexuées, queer).

CdBIH : Comment est née l’association « Queer » ?

Svetlana : Dès mon retour en Bosnie en 2002. Il y avait deux personnes au départ, mon collègue Bratić et moi. Je savais qu’il n’y avait pas d’association de ce genre ici. Moi, j’avais déjà milité en Amérique. À Washington, j’ai pris part dans le projet « Femmes en noir », qui était lié au conflit israélo-palestinien. Puis, j’ai travaillé avec les réfugiés de Bosnie. Pendant un temps, j’ai travaillé dans une école aussi. Cependant, j’avais envie de m’occuper de cette question. Six mois avant de rentrer, j’ai quitté mon travail, et je me suis mise à prendre les coordonnés de tous les gens qui étaient liés à ce sujet, d’une manière ou d’une autre.

Nous nous étions mis d’accord par email, et nous avons commencé à travailler au sein de l’association « Bosna 14 septembar », qui était inactive à cette époque. En septembre 2003, nous avons commencé à concevoir notre association, nous nous sommes mis à rédiger les statuts, à inventer un nom. Cependant, le certificat d’enregistrement ne nous a été donné qu’en 2004. À ce point déjà, beaucoup de gens avaient adhéré.

Une constante perturbation de la norme

CdBiH : Qu’est-ce qui rapproche les membres de l’association Queer ?

Svetlana : L’association s’occupe de la promotion des droits de l’homme, de la protection de la culture et de l’identité des personnes LGBTTIQ, soit des personnes queer. Nous avons donc débuté avec cette notion puisqu’elle désigne le refus de la norme en général, pas seulement dans un contexte sexuel. Certes, le terme queer porte en premier lieu sur la sexualité, mais aussi sur les droits de l’homme, et sur l’identité dans son sens le plus large. Finalement, chaque personne, qu’elle soit gay, lesbienne, transsexuelle ou rien de cela, mais qui est ouverte à ces variétés, est en fait queer. Le but était de faire une association inclusive et non pas exclusive, de sorte qu’elle regroupe aussi les personnes hétérosexuelles dont les attitudes, modes de vie et de penser dévient de la norme.

CdBiH : Que signifie exactement le mot « queer » ?

Na-strani

Svetlana : Queer est un mot anglais, issu du latin, et présent désormais dans de nombreuses langues du monde. Ca signifie twisted, tordu, original. Chez nous, on dirait « nastran », un terme qui décrit la réalité de manière exceptionnelle. Par exemple, si une guerre commence, et que toi, tu décides de ne pas t’y engager, tu es queer. Nous avons créé une publication, intitulée Na-strani [« De côté »]. Cela n’est pas un détachement pur de la norme. Ce terme va même au-delà ; il sous-entend une constante perturbation de la norme. Il peut aussi porter sur un tas d’autres choses : théorie, activisme, identité, et ce mot peut être employé comme verbe, nom, adjectif...

CdBiH : Combien d’adhérents avez-vous ?

Svetlana : Nos soirées sont fréquentées par plus de 150 personnes. Il y en a de tout le pays, même de l’étranger. Les personnes qui fréquentent nos séminaires, ateliers et divertissements sont encore plus nombreuses. Les adhérents ont l’accès gratuit à toutes les activités, prennent part aux réunions, peuvent prendre des décisions au sein de l’association, sont inscrits sur la liste de diffusion pour que le travail soit le plus transparent possible. Cependant, nous n’insistons pas tellement sur les cotisations, et ne faisons pas de grande différence entre ceux qui ont ou n’ont pas payé leur cotisation.

La liberté d’orientation sexuelle, un droit ignoré

CdBiH : Au niveau de vos activités, j’ai vu l’affiche de votre publication Na-Strani. Peux-tu expliquer de quoi il s’agit exactement ?

Svetlana : Nous avons commencé par deux grands projets : l’évaluation et la faisabilité. Ces deux projets nous ont permis d’effectuer trois études : juridique, médiatique, et « q invisible ». C’était en fait une enquête conduite au sein de la population même. Les deux études restantes portaient sur la santé et la sexualité, sur un échantillon d’adolescents lycéens. Ces deux études seront publiées prochainement.

Nous avons su par là qu’une attention particulière est à apporter aux secteur de la santé et de l’éducation. Les résultats nous ont montré que ces deux secteurs, en dehors de la discrimination dans les institutions et l’exclusion en général, exigent un soin particulier. Certes, le problème de la discrimination s’est révélé, lui aussi, très important. Les deux droits (à l’éducation et à la santé) sont des droits progressifs. Autrement dit, ces deux catégories exigent un niveau élevé de mise en pratique. Un droit progressif sous-entend un investissement constant, dans un but d’améliorer le niveau de vie en général.

Nous avons mis en place une campagne pour les droits de la personne, afin de promouvoir les valeurs de l’article 2 de la Loi sur l’égalité des sexes en Bosnie-Herzégovine, votée en 2003 et pourtant ignorée par la majorité des gens. Cette loi stipule que chaque discrimination basée sur le sexe ou sur l’orientation sexuelle est interdite et entraîne des sanctions légales. Les « gender centers » et d’autres organisations du secteur non-gouvernemental, qui sont censés promouvoir cet article, ne parlent jamais de l’orientation sexuelle. Dans notre analyse judiciaire, nous avons remarqué que cette loi doit être rendue plus visible dans son ensemble, et non pas partiellement. Nous avons donc lancé une campagne qui visait à répandre les connaissances relatives à cette loi, et au sein de cette campagne ont été mis en place des ateliers avec la population LGBTTIQ, avec le secteur non-gouvernemental, et deux conférences ont été tenues.

C’était à cette occasion que nous avons publié le livre Na-strani, qui est en fait un ensemble de travaux relatifs à la sexualité. Nous avons organisé trois séminaires pour la population LGBTTIQ sur les droits de l’homme et l’activisme. En novembre, il y en aura encore deux. Parallèlement, nous travaillons sur un beau petit projet, « Par l’art aux droits de la personne ». Nous avons créé des petites bandes couleur arc-en-ciel, nous avons peint des jarres, des verres, des plaques, cravates, parapluies, écharpes, toujours couleurs arc-en-ciel, garnis de messages de paix. Nous avons installé ces petits objets sur tous les bustes de la ville que nous ayons pu trouver. Nous avons aussi travaillé sur un défilé de mode, qui a eu lieu lors de la Fashion Week de Sarajevo, parrainé par notre association, et nous mettons en place un projet relatif à la prévention du SIDA. Il s’agit d’une incitation à un comportement rationnel devant la question de la protection de la santé.

Plus les gays sont visibles, plus ils sont rejetés

CdBiH : Oui, justement, j’ai vu ces rubans dans la ville. Les gens semblent bien accepter l’affirmation de la population LGBTTIQ dans la société ?

Svetlana : Cela entraîne toujours des réactions, positives comme négatives. Quand nous avons cherché des locaux pour la première fois, nous avons eu de la chance de tomber sur un monsieur qui nous a fait un accueil formidable. Il a dit qu’il était marié de manière classique, avec des enfants, mais qu’il était content de nous louer son appartement, puisqu’il « en avait marre du primitivisme ».

Toutefois, nous avons dû déménager, et cette fois-ci, ça a été plus compliqué. La quête des locaux a duré 4 ou 5 mois. Les gens refusaient de nous louer un appartement. Ma collègue Boba disait : « Je ne sais pas pourquoi, l’argent que nous leur offrons, c’est toujours de l’argent, n’est-ce pas ? ».

Certes, l’argent c’est l’argent ; mais s’ils nous louent leur appartement, les voisins pourraient avoir l’impression qu’ils nous donnent leur soutien. Or, ils ne le veulent pas. Les personnes queer deviennent de plus en plus visibles ; on en parle à la télé, dans les journaux... de sorte que les gens prennent conscience de ce phénomène. Par exemple, s’il y a deux mecs qui partagent une chambre, les gens de l’immeuble se mettront à se demander s’ils ne sont vraiment que des camarades de chambre. Cela fait que les queer, une fois repérés dans leur milieu, peuvent avoir des problèmes.

Notamment, à Zagreb, ou en Croatie en général, il y a eu beaucoup d’excès. Une fois la visibilité augmentée, il y a plus de violence. Donc, il y a les deux : d’une manière ou d’une autre, ce sujet semble ne plus être aussi tabou qu’il l’était auparavant. Peu importe, les gens peuvent trouver cela normal ou dégoûtant, mais on ne dit plus « il n’y a pas de ça chez nous ». Nous entrons dans un espace public.

CdBiH : Quand on se promène en ville et qu’on voit deux jeunes filles qui se tiennent la main, on n’a pas la sensation de voir quelque chose d’extraordinaire. Par contre, quand on croise dans la rue deux mecs qui se tiennent la main, on a très peu de chance de se tromper. Toutefois, ici à Sarajevo, c’est rare de voir deux mecs qui se tiennent la main. Mais ici, les gens ne s’identifient pas trop non plus par leur style vestimentaire, si je ne m’abuse...

Svetlana : Tu vois, chez nous, il est tout à fait acceptable de voir deux jeunes filles qui se tiennent la main. Par contre, il est vrai qu’on ne voit pas de mecs qui se tiennent la main, parce que cela serait trop évident. Une autre raison est que les filles qui échangent de la tendresse ne perturbent pas le modèle macho, ni le modèle patriarcal.

Si l’on parle du patriarcat, il n’y a qu’une chose qui puisse perturber cette concept, c’est un homme gay. Si une femme refuse un homme macho, tant pis, il en trouvera une autre. La seule personne qui puisse le perturber, c’est un autre homme orienté vers lui. Au cours d’une journée, une femme peut éprouver de la peur à plusieurs reprises. Si je marche dans la rue, et que je vois un groupe d’hommes, je me demande si je vais changer de trottoir, pour ne pas passer près d’eux. En fonction de leur langage corporel, je les juge dangereux ou pas. Un tas de choses me vient à l’esprit : vont-ils m’insulter, me siffler, me toucher ou, pire, me violer ou me battre ?... Toi, par contre, en tant qu’homme, tu n’as pas peur d’une menace à ton intégrité corporelle de cette sorte. Une femme ne peut te menacer de cette façon. Il n’y a qu’un autre homme gay orienté vers toi qui puisse faire en sorte que tu aies cette peur-là.

Voilà, c’est ma théorie de l’homophobie, et mon point de vue sur la question de pourquoi les hommes ont un tel problème avec les homosexuels. Cela porte surtout sur les hommes qui ne comprennent pas leur sexualité. Je connais un Sarajévien qui habite à Vancouver, au Canada. Une fois, après la « gay pride » à Belgrade, il a dit que tout ce qui se rapportait à l’homosexualité le dégoûtait. Il a dit qu’il n’aimait pas le fait qu’au Canada, on apprend aux enfants que c’est acceptable pour un enfant d’avoir deux mamans ou deux papas. Il m’a raconté aussi qu’une fois où il allait se promener vers 3 heures du matin, il s’est trouvé dans un parc qui est en fait un point de rencontre de la population gay. Il a eu très peur, parce que les gens qu’il avait rencontrés là-bas lui « lançaient des regards ».

Alors, j’ai passé une nuit entière à réfléchir à son homophobie et à sa conclusion : « il faudrait leur donner quelques coups de pied à tous ! ». Sans entrer dans le discours sur ce qu’il faisait à 3 heures du matin là où se rassemblent les homosexuels, ce qui m’a beaucoup intriguée, c’est le fait qu’il avait ressenti cette angoisse qu’éprouvent les femmes quand elles sont menacées par un homme qui m’a interessée...

« Une société qui ne te donne pas le moindre soutien »

CdBiH : Comment les LGBTTIQ perçoivent-ils leur propre identité, le fait d’être « différents » ?

Svetlana : Cela dépend de l’individu. Tu vois, nous sommes tous passés par des phases normales de la vie. L’un devient lié à ses parents, grandit, casse des objets dans la maison, l’autre se découvre peu à peu. Nos camarades nous taquinent, on n’a aucune idée de ce qui est important dans la vie... Tous les adolescents se sentent haïs par le monde entier, et puis on grandit, on mûrit...

« J’aime ma fille lesbienne »
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MessageSujet: Re: Homophobie   Mar 12 Fév - 3:09

VOIR LE DEBUT DE L'INTERVIEW DANS LE POST PRECEDENT

Citation :

Cette histoire peut être appliquée aux gays aussi. Il y a des gens qui disent qu’ils ont pris conscience de leur orientation à l’âge de 12 ans ou encore plut tôt. Il y a des gens qui n’ont jamais eu de rapports sexuels avec le sexe opposé, d’autres qui en ont eu, et qui ont changé d’orientation après. Quand on vit dans une société qui ne te donne pas le moindre soutien ni affirmation, on est obligé de passer par des phases de maturation émotionnelle que les autres achèvent plus jeune. Dans ce cas, ce qui importe le plus, c’est de savoir dans quelle phase se trouve cette personne. Il y a des gens qui nient leur propre sexualité, et luttent contre eux-mêmes. Par contre, il y a aussi des gens mariés avec des enfants, qui disent qu’ils se sentent attirés par le même sexe de temps en temps, une fois par an... ils le verbalisent, et puis cela disparaît. Il y en a aussi qui ne veulent pas se mentir, et qui cherchent tous les moyens de quitter ce pays, parce qu’ils étouffent ici. Ils savent qu’ici, ils ne peuvent pas être ce qu’ils sont librement.

En ce qui concerne la population « gay », il y a un très haut niveau d’homophobie internalisée. Nous avons conduit un autre sondage d’opinion, où presque 100% des interrogés ont répondu de manière positive à la question de savoir si les LGBTTIQ devaient avoir les mêmes droits que les autres. Or, dans la suite du questionnaire, les mêmes gens ont trouvé que cette population ne devrait pas avoir le droit au mariage, aux enfants, au rassemblement, etc. Ils nient donc leurs propres déclarations. On a fait une analyse approfondie de ce questionnaire, et nous avons trouvé que c’étaient justement les hommes gays qui avaient répondu de façon contradictoire. C’est parce qu’ils ont tout un stéréotype en tête, selon lequel deux hommes ne peuvent pas s’occuper d’un enfant, qu’il lui faut une présence féminine, etc. Dès qu’il y a deux hommes d’une grande promiscuité, d’un coup, toute la population est caractérisée comme telle. Il est très difficile d’entretenir et de faire durer un rapport homosexuel. Une fois que ça devient visible, on est en proie à des attaques. C’est pourquoi les gens reviennent très souvent à la promiscuité pure. C’est plus facile à cacher. Si une personne a un niveau de conscience de soi-même plus élevé que l’autre, il va y avoir des problèmes. Ce rapport ne peut pas se maintenir, parce qu’un partenaire va sans doute exercer une pression sur l’autre, dans le sens de faire avancer leur relation. S’ils se mettent à habiter ensemble, il faudra bien prendre en compte l’attitude de l’entourage. Puis les relations se rompent, parce qu’il est impossible de supporter une telle pression.

Par contre, il est très difficile de nier son orientation « trans », parce que c’est assez évident. Ils ont des problèmes avec ceux qui ne veulent pas avoir de rapports avec des hommes féminisés. Moi, par exemple, j’ai un problème similaire. Des gens de l’association ne me disent pas bonjour quand ils me croisent dans la rue, parce que je figure souvent à la télé, alors ils craignent d’être vus en train de parler avec moi. Si tu me dis bonjour, cela veut dire que tu es gay. Un de mes potes a nié son orientation homosexuelle pendant longtemps, et il voulait se marier et avoir des enfants... il dit qu’il aurait préféré être hétéro ; « pourquoi aurais-je choisi de vivre dans la peur, d’être différent, de faire de moi un intrus, pour qu’on me dise au final : « C’est toi qui l’a décidé » ? ».

Une règle d’or : ne jamais dévoiler l’homosexualité de quelqu’un !

CdBiH : Il y a sans doute des « hétéros » qui viennent à vos soirées ? Quel est le rapport, y a-t-il des provocations ?

Svetlana : Les fêtes ont lieu régulièrement, une fois par mois, parfois encore plus fréquemment, en fonction de l’événement. Ce samedi, la fête aura lieu au « FIS ». Les gens qui y viennent sont « friendly ».

Tant que notre association organise ces fêtes, elles sont inclusives ; il y a des gens qui veulent en organiser uniquement pour la population « gay » ou lesbienne. Nous n’avons rien contre cela, mais nous n’en organiserons pas. Initialement, nous avons voulu n’inviter que la population LGBTTIQ, par crainte que quelqu’un vienne et reconnaisse quelqu’un qui ne veut pas être vu là-bas. Alors, des personnes « friendly » se sont mises à fréquenter nos événements. Ce qui est important pour nous, c’est la confidence, parce que chez nous, il y a une règle : « Ne jamais dévoiler l’homosexualité de quelqu’un ! ». On me demande souvent si je connais une personne de leur connaissance qui est homosexuelle. Je ne peux parler de cela. À la rigueur, je peux parler de mon homosexualité à moi.

Il n’y a pas de provocations aux soirées. Certes, il peut arriver qu’un individu malintentionné figure parfois, et si jamais cela arrive, nous remédions à la situation. Nous avons organisé nos événements à Mostar et à Tuzla aussi. Dans le monde, il y a tellement de sortes de bars, c’est plutôt une question de mode. À Washington, par exemple, j’ai vu des bars gay où ne vont que des gens très riches... Nos fêtes sont comme n’importe quelles autres : les gens dansent, boivent...

Une autre chose importante est que certaines personnes ont dû souffrir pour s’accepter. Par contre, il y en a beaucoup d’autres qui ne se différencient en rien du reste du monde, en ce qui concerne l’attitude violente, etc. Il existe un stéréotype selon lequel les « queers » seraient plus ouverts que les autres, et cela vaut pour certains. Cependant, parmi nos membres, il y en a qui voudraient adopter une communication agressive. La plateforme politique de notre association est non-violente, post-féministe. C’est comme ça partout, je pense, parce que le seul lien entre eux, c’est leur orientation sexuelle.

Il est très difficile de travailler avec les gens qui ont si peu de choses en commun. Je t’assure que les gays ne se différencient en rien des autres. Notre association laisse à chacun la possibilité de s’auto-identifier. Cela veut dire que j’ai beau penser que tu est trans, par exemple, tant que tu ne t’identifies pas comme tel je dois le respecter. Les gens ont le droit de ne pas se déclarer à propos de leur religion, sexualité, ou nationalité... Il y a un grand pourcentage (50%) des gens qui ne se déclarent pas au niveau de leur nationalité. Ils optent pour une identité non-nationale.

Une « Gay Pride » à Sarajevo ?

CdBiH : En ce qui concerne une affirmation de la population LGBTTIQ plus organisée et plus importante, c’est pour quand la « Gay Pride » de Sarajevo ?

Svetlana : Nous avons commencé à en parler afin d’évaluer le niveau d’opinion publique, en tant que secteur non-gouvernemental. En fait, nous avons envisagé un événement qui irait vers une affirmation de la population dans la société, une rupture des barrières... Il n’est pas difficile d’organiser un événement, mais si l’on veut faire une bonne organisation, de sorte qu’il n’y ait pas de blessés, alors c’est une autre paire de manches. S’il ne s’agissait que d’organiser une journée ensemble, on pourrait se réunir dans un pré pour pique-niquer. Au bout du compte, ce sera un test pour le secteur non-gouvernemental. Cela nous permettra de savoir jusqu’où ils sont prêts à aller.

En même temps, ce qui serait encore plus important que la « Gay Pride », ce serait une sorte de festival « queer », qui aurait lieu fin 2008, qui inclurait des projections cinéma, et qui durerait 4 ou 5 jours. Cela veut dire qu’il faudrait que nous nous mettions sur les préparatifs dès le début 2008. En plus des films, nous avons prévu d’organiser des tables rondes, discussions, etc. avec l’Institut Goethe, la Fondation Société ouverte (Open Society Fund) et d’autres ONG.

CdBiH : Avec quelles organisations avez-vous établi des coopérations ? Tu m’as parlé de Višegrad ?

Svetlana : Oui, justement, là-bas, c’est avec l’association « Most » [« Le pont »]. C’est avec eux que nous avons mis en place des ateliers sur le sexe, le genre, la sexualité, l’identité et les droits de la personne. Quelquefois, je mets en place des ateliers pour l’organisation « Žene ženama » (« De Femmes à femmes », association de défense des droits des femmes en Bosnie, www.zenezenama.com.ba ). Le message est toujours le même : « Je suis toujours la même personne ». Ensuite, nous avons fait des projets avec la fondation « Cure » (Jeunes filles, « meufs », www.fondacijacure.org ). Il y a eu 16 jours d’activisme, ateliers, etc. Ce qui n’est pas mentionné sur notre site, c’est notre coopération avec le Conseil de la Presse. Notamment, ils ont créé un nouveau code comportant d’ailleurs l’article 4A, qui porte sur l’identité sexuelle.

Nous faisons aussi partie de l’initiative pour une loi contre la discrimination, lancée par le Comité Helsinki. Les associations Žene Ženama, Fonds pour une Société ouverte (Open Society Fund), le Comité Helsinki pour les droits de la personne étaient elles aussi chargées de ce projet, qui est actuellement en attente au Parlement. On attend encore de voir si la proposition sera adoptée et sous quelle forme. C’est avec eux que nous avons mis en place des ateliers sur les droits de la personne. Également, le Parti des libéraux nous a invités à faire un exposé.

CdBiH : Aimerais-tu profiter de cette interview pour remercier quelqu’un en particulier ?

Svetlana : J’aimerais présenter mes remerciements à tout individu à l’esprit ouvert, capable de se servir de sa propre tête, sans égard à son orientation. C’est plutôt un désir ou un espoir de créer une société ouverte. Je remercie celles et ceux qui veulent construire une telle société...
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MessageSujet: Re: Homophobie   Lun 9 Juin - 1:18

Un petit tour en Turquie:

Citation :
Les tribunaux turcs ont une particularité: on connaît en général le jugement avant qu’il ne soit rendu. C’est le cas pour l’AKP qui fait le ménage avant de rendre les clefs de la boutique. C’est le cas de l’association gay et lesbienne Lambda Istanbul , la seule organisation homosexuelle de Turquie, dont la justice a ordonné la fermeture le 29 mai, à Istanbul. Motif: Lambda est jugée “contraire à la loi et à la moralité”.

Cette procédure judiciaire contre Lambda, qui fait suite à de multiples humiliations et intimidations de la part des autorités turques, a fait réagir les défenseurs des droits de l’homme, dont HRW . Et aussi l’infatigable Perihan Magden.

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MessageSujet: Re: Homophobie   Mer 11 Juin - 20:50

Citation :
Est-ce que vus pensez qu'il y a une image, une sorte "d'icône" de l'homosexuel (je ne sais aps trop comment le dire), homme ou femme qui s'impose à vous socialement?

Ben jdirais, vive la bisexualité. Perso, homme ou femme, je me fous du sexe tant qu' il y a de l' amour. Oui, je sais, c' est très gnangnan...
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Mutos



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MessageSujet: Re: Homophobie   Mer 11 Juin - 21:17

miss anarchiste a écrit:
Citation :
Est-ce que vus pensez qu'il y a une image, une sorte "d'icône" de l'homosexuel (je ne sais aps trop comment le dire), homme ou femme qui s'impose à vous socialement?

Ben jdirais, vive la bisexualité. Perso, homme ou femme, je me fous du sexe tant qu' il y a de l' amour. Oui, je sais, c' est très gnangnan...

Personelement je pense que ce n'est pas si "gnangnan" que ça. Et puis même tu peux virer "bisexualité", et n'utiliser que "sexualité", et je changerais même "amour" qui est trop connoté, mais je ne sais pas par quel autre mot...
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MessageSujet: Re: Homophobie   Mer 11 Juin - 22:54

"[...] de l'amour, ou pas."
Ben ouais quoi.
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miss babouche



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MessageSujet: Re: Homophobie   Sam 14 Juin - 15:06

ouais. En fait faut que ce soit un plaisir dans le respect de soi et de l' autre.
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MessageSujet: Re: Homophobie   Aujourd'hui à 13:33

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Homophobie
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