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 Pendant ce temps, à Vera Cruz Grad (Ex-Yougoslavie topic)

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Zabos



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MessageSujet: Pendant ce temps, à Vera Cruz Grad (Ex-Yougoslavie topic)   Sam 14 Avr - 22:51

Citation :

Racisme, discriminations sociales, faible accès à l’éducation, quasi-exclusion du marché de l’emploi : la situation des Rroms de Bosnie-Herzégovine demeure critique. L’Union européenne exige pourtant que les pays fasse des progrès dans ces domaines. Officiellemment, il n’y aurait que 8 900 Rroms, mais on avance des chiffres compris entre 80 et 100 000 individus. Les organisations rroms de Fédération et de Republika Srpska pensent à s’unir.

Par Edin Avdic

« Hé, les journalistes, se peut-il que Campo [surnom de Mirsad Zulic, illustre acteur rrom] n’ait pas eu l’Oscar en or d’Amérique uniquement à cause du sang tsigane qui coulait dans ses veines ? », demande un monsieur entre deux âges, habitant du village rrom de Gorica, aux journalistes de Slobodna Bosna. C’est dans ce village qu’a grandi Emir Kusturica, le grand réalisateur, qui a promu Campo parmi les étoiles cinématographiques de l’ex-Yougoslavie.

Certes, ce « dilemme cinématographique » peut être accueilli comme une blague ; néanmoins, il dévoile la juste peur des Rroms par rapport au racisme et la ségrégation dans le monde. Officiellement, en Bosnie-Herzégovine, on compte 17 minorités ethniques, dont les plus nombreux sont les Rroms, qui ont d’ailleurs un niveau de vie social très bas. D’après les statistiques publiques, en 1991, les Rroms étaient au nombre de 8 900, tandis que les chefs des quarante associations rroms qui existent en Bosnie affirment que ce nombre va de 80 000 à 100 000 puisque, par crainte des discriminations, beaucoup de Rroms se déclareraient Bosniaques, Serbes ou Croates.

Fraternité et égalité

Les Rroms sont la minorité la plus pauvre et la plus nombreuse de Bosnie-Herzégovine. La grande majorité des jeunes Rroms gagnent leur vie en collectant des matières premières (surtout des métaux) sur les dépôts d’ordures ou en faisant la manche depuis leur petite enfance. Les habitants de Gorica assurent que les cercles mafieux profitent des enfants pour gagner de l’argent. « Nous sommes entre 80 000 et 100 000 en Bosnie-Herzégovine. Certes, les statistiques officielles ne témoignent pas en faveur de ces nombres, mais les Rroms, avant la guerre, se déclaraient autrement, cherchant à mieux s’intégrer dans la société, ou craignant la discrimination raciale. En ex-Yougoslavie, nous étions considérés comme une minorité, tandis qu’après l’accord de Dayton, nous avons obtenu à nouveau un statut constitutionnel de minorité, que nous avions au bon temps de Tito », explique Fehim Osmanovic, le président de l’Association Put Roma, « La voie des Rroms », de Vitez, et dirigeant du Conseil des Rroms de Bosnie-Herzégovine (Vijece Roma).

« Le gouvernement de Bosnie-Herzégovine nous assure une grande aide morale, et une toute petite aide matérielle, nous pouvons donc conclure que notre population se trouve aux marges de la société. Nos problèmes sont nombreux : cela va de la sécurité sociale et du logement jusqu’à l’emploi et l’éducation. Nous considérons la Bosnie-Herzégovine comme notre unique patrie, donc les frontières de deux entités ne sont pas un obstacle pour nous, et les Rroms de la Republika Srpska et de la Fédération coopèrent très bien entre eux. En outre, nous avons envisagé la fondation d’une association nationale rrom au niveau de l’État », poursuit Fehim Osmanovic, président de l’organisation que la plupart des Rroms considèrent comme leur unique représentant légal.

Notre interlocuteur souligne que l’idée de la fondation d’une telle organisation est aussi soutenue par de nombreuses associations de Republika Srpska, dont l’Union des Rroms de Sasa Matic, et l’association Veseli Brijeg de Banja Luka, dirigée par Saha Ahmetovic. « La position sociale des Rroms en Republika Srpska et en Fédération est également difficile en ce qui concerne l’emploi, la pauvreté, la santé et l’éducation, et, après la guerre, très peu de familles rroms sont rentrés à Banja Luka. Les Rroms sont une minorité, et notre engagement politique est très peu influent. Cependant, le peuple rrom n’a pas l’intention de diviser le pays en entités, ni selon les différences idéologiques ou religieuses. En Bosnie-Herzégovine, le problème du racisme est assez marqué, et nous essayons de lutter contre les préjugés, c’est pourquoi nous devons travailler tous ensemble », explique Saha Ahmetovic, travailleur social et présidente de l’association Veseli Brijeg de Banja Luka.

Le bon vieux temps de Tito

Les représentants de l’Union européenne s’occupent des populations rroms, posant le respect des droits de la personne comme condition pour le rapprochement européen de la Bosnie. En 2003, les Rroms ont été déclarés minorité nationale dans la Constitution de la Bosnie-Herzégovine, qui leur garantit touts les droits de la personne et du citoyen. Cependant, la communauté internationale a fait quelques remarques au sujet de l’attitude de notre gouvernement envers cette population.

« Les droits et les obligations des minorités nationales en Bosnie-Herzégovine, aussi bien que les obligations des autorités du pays de respecter, protéger et développer l’identité culturelle, linguistique et religieuse de chaque citoyen du pays, sont définis par la Loi. Ce document assure le droit à l’usage de sa propre langue, le droit à l’éducation, le droit économique et social, le droit d’établir des institutions culturelles, le droit de participation dans le gouvernement, et le droit à la diffusion des informations, impliquant la création et le bon fonctionnement de stations de radio ou de télévision, de la presse, etc. », explique le bulletin Nos voix comptent bien, publié en 2006 avec l’aide de USAID.

Un sondage intitulé « Soyons actifs », mené en Bosnie-Herzégovine avec l’aide de la Commission européenne et de l’UNICEF, a montré que les Rroms ont en ce pays un statut de « citoyens de seconde classe ». Le rapport issu de ce sondage confirme que les travailleurs sociaux n’ont rendu visite qu’à 1,5% des familles rroms, que 40% d’enfants n’ont pas d’accès à l’assurance médicale, et que 60% de familles ignorent si leur enfants ont été vaccinés contre certaines maladies. En plus, d’après une autre enquête conduite par l’OSCE, seulement 64% des enfants rroms ont accès à l’éducation élémentaire, et la plupart de ces enfants sont en proie à une ségrégation raciale, tandis que leur position matérielle ne fait qu’approfondir les différences.

Par ailleurs, les rapports de l’UNICEF rappellent les problèmes de la traite des êtres humains. Un nombre considérable d’enfants rroms seraient l’objet de ce commerce, et sont forcés soit de se prostituer, soit de mendier pour les maquereaux de la mafia.

« Nous espérons pouvoir assurer un avenir quelque peu meilleur pour nos enfants. Nous avons alarmé le gouvernement, et nous cherchons de l’aide de la part de la Banque mondiale et de la Commission européenne. Nos problèmes de base sont le chômage, l’éducation, la santé et le logement. Nous avons envisagé d’inclure le plus possible de jeunes rroms, et de déraciner enfin la mendicité organisée par mafia. De même, nous avons besoin d’une aide de la part des autorités de Bosnie-Herzégovine, notre unique patrie. Nous voulons changer l’image commune des Rroms dans ce pays, et montrer que nous pouvons et voulons bien faire partie de la société. Nous gardons un bon souvenir de Tito, qui nous a accordé tous les droits civils, surtout celui au travail », explique Mirsad Sejdic, président de l’association Romska Omladinska Inicijativa (« Initiative des jeunes Rroms »). Saban Mujic, président de l’association Put Roma (« Le chemin des Rroms ») est d’accord avec Mirsad Sejdic, et ajoute que les problèmes des familles qui n’ont pas l’eau courante ni l’électricité, des enfants non inscrits sur les registres de l’état-civil et qui n’ont donc pas de certificats de naissance, doivent être réglés le plus vite possible, car ce phénomène n’est pas admissible au XXIe siècle.

30 mars 2007, journal Sloboda Bosna
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Zabos



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MessageSujet: Re: Pendant ce temps, à Vera Cruz Grad (Ex-Yougoslavie topic)   Sam 5 Mai - 2:14

Citation :
Une nouvelle milice est en train de se créer en Serbie : la « Garde du saint roi Lazar », qui se donne pour but de « libérer » le Kosovo. Des anciens officiers supérieurs de l’armée encadreront cette structure et élaboreront des plans stratégiques. 5000 volontaires se seraient déjà présentés. On peut toutefois se demander quel intérêt la Serbie pourrait bien tirer de cette nouvelle aventure, que le gouvernement tolère et que l’Église s’apprête à bénir...

Après les fêtes du Premier mai, la Serbie, outre l’armée et de la police, pourrait compter une nouvelle formation militaire : la Garde du saint roi Lazar. Député et président du Mouvement des vétérans de Serbie, Zeljko Vasiljevic (SPS) affirme que cinq mille volontaires se sont déjà présentés. En cas de proclamation d’indépendance du Kosovo, ils seraient prêts à défendre les intérêts du peuple serbe.
(Image JPEG)
Le monastère de Ravanica, où repose le corps du tsar Lazar (© Laurent Geslin)

Parmi eux, confirme Zeljko Vasiljevic, on compte plusieurs généraux et colonels en retraite qui, sur une base volontaire, élaborent une structure militaire, des plans opérationnels, les voies de circulation et les possible attaques. Parmi les fondateurs de la Garde, on mentionne, outre les vétérans, le Mouvement populaire uni du serbisme (srpstvo).

Les fondateurs parlent tantôt d’une milice chrétienne, qui comprendrait également des Albanais, tantôt d’une armée de libération, de sorte qu’on ne sait pas très clairement quelle sera au juste l’activité de cette nouvelle force armée. Tout deviendra probablement plus clair après la fête de Djudjevdan (la Saint-Georges, le 6 mai). Un rassemblement, dont la police de Krusevac a été avisée, devrait se tenir devant le portail de l’église de Lazarica.

Si la Serbie n’avait pas accumulé les expériences de la Garde volontaire serbe, des Tigres d’Arkan, des Scorpions, des Guêpes jaunes, des Aigles blancs et d’autres formations similaires, parmi lesquelles se trouvait aussi l’Unité pour les opérations spéciales, on pourrait hausser les épaules et penser qu’il s’agit de la vantardise d’un groupe d’aventuriers. Comme il y a en Serbie des milliers de gens qui ont guerroyé dans les années 1990 de tous les côtés, et qui possèdent des dizaines de milliers d’armes à tuer, il n’est pourtant pas recommandé de se moquer de cette initiative. D’ailleurs, derrière cette entreprise, se trouve un député du Parti socialiste qui, jusqu’à ce jour, n’a jamais renoncé à apporter son soutien au gouvernement technique du Premier ministre Vojislav Kostunica.

Que peut attendre l’Etat de la formation d’une garde non gouvernementale ? Rien d’autre que cela : une organisation armée non gouvernementale, qui se basera sur l’idéologie et le savoir des généraux et des colonels qui ont perdu quatre guerres. Nos dirigeants devraient pourtant bien savoir ce que signifierait le fait que ce ne soit qu’une escouade de volontaires qui partirait de Serbie pour le Kosovo, au lieu d’une armée régulière de 5 000 combattants...

Les soldats professionnels de l’OTAN les feraient fuir comme des lapins. Ensuite, il ne resterait plus qu’à revenir au terrain politique. Une question demeurerait néanmoins ouverte : est-ce que la Serbie veut déclarer la guerre à ceux qui sont venus établir la paix au Kosovo ? La réponse serait claire et les conséquences seraient fatales.

Les Gardes du prince Lazar attendent la bénédiction de l’Église, tout comme les Scorpions l’ont autrefois obtenue. L’État ne se mêle pas des affaires ecclésiastiques, par conséquent il ne doit pas être gêné par le fait que certains dignitaires du clergé ne comprennent pas la politique et fassent quelque chose qui est contraire aux intérêts nationaux. L’État devrait uniquement se demander si tout cela est conforme aux lois et si la formation d’une nouvelle armée lui est utile. Dans l’impossibilité d’aller au Kosovo, cette armée pourrait commencer à guerroyer sur le terrain local. Celui qui possède des armes et veut la guerre peut facilement trouver des ennemis.

Source: Danas du 30 avril 2007
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps, à Vera Cruz Grad (Ex-Yougoslavie topic)   Jeu 17 Mai - 12:50

Source: BIRN
Article par Igor Milic
Traduit par Stéphane Surprenant
Citation :

« Garde du saint prince Lazar » : les Serbes du Kosovo restent sceptiques

Publié dans la presse : 8 mai 2007
Mise en ligne : jeudi 10 mai 2007

Le prince Lazar est mort à la bataille de Kosovo Polje en 1389, jurant de défendre le cœur chrétien de la Serbie contre les envahisseurs ottomans. Plus de six siècles plus tard, ses héritiers autoproclamés prétendent vouloir faire le même sacrifice. Cependant, les Serbes du Kosovo ont accueilli très froidement la création de cette milice, qui entend mener une « guerre sainte » contre l’indépendance du Kosovo. Beaucoup craignent que cette « mascarade » ne détériore encore plus la position des Serbes.

Tandis que le Kosovo, dont la population est en très grande majorité albanaise et musulmane, se dirige - selon toute vraisemblance de manière inéluctable - vers son indépendance de la Serbie, 200 inconditionnels serbes se sont rassemblés le 5 mai dans la ville de Krusevac, dans le centre de la Serbie, pour assister à la cérémonie inaugurale d’une organisation appelée « Garde du saint prince Lazar ». Leur but avoué : garder le Kosovo dans le giron de la Serbie, par la force s’il le faut.

L’initiative est venue d’un certain nombre de groupes nationalistes, dont le Mouvement des vétérans serbes et le Front populaire serbe uni. La « Garde » a adopté une déclaration promettant de prendre les armes si le Kosovo proclamait ou se voyait accorder son indépendance. Combien de Serbes répondront à l’appel, cela reste cependant à voir. Fait à noter, les autorités serbes ont arrêté 27 personnes qui se rendaient au rassemblement de Krusevac. La plupart d’entre eux portaient des T-shirts à l’effigie - maintenant interdite - de l’ancienne unité spéciale de la police, les Bérets rouges.

La plupart des Serbes sont fortement opposés à la séparation du Kosovo de la Serbie et voient dans ce territoire disputé le « berceau » de leur nation. Mais, dans le même temps, ils pensent qu’attiser de nouvelles tensions ne peut être que contre-productif.

Certains analystes et politiciens serbes du Kosovo ont affirmé que la création de la Garde ne constituait rien de plus qu’une réponse aux menaces faites par des extrémistes albanais kosovars de déclencher des opérations armées si l’indépendance était encore retardée.

« Le simple fait que l’initiative ait délibérément cherché à attirer l’attention des médias montre que ses auteurs n’aspirent à rien d’autre qu’à des bénéfices personnels », a déclaré Oliver Ivanovic, un politicien modéré serbe du Kosovo. Il a aussi présenté la « Garde du saint prince Lazar » comme un parallèle aux actions des extrémistes albanais du Kosovo.

Une dangereuse mascarade

« Un certain nombre d’organisations extrémistes virtuelles ont certainement poussé ces jeunes [Serbes] à revendiquer de telles idées et à emprunter la même voie que les Albanais dans l’action », a poursuivi Oliver Ivanovic. « Peu importe, c’est très mauvais », a-t-il ajouté. « Les conséquences pourraient être fatales pour les Serbes qui restent au Kosovo, parce que pareille initiative pourrait servir de prétexte pour lancer une nouvelle vague de violences contre eux ».

Marko Jaksic, l’un des chefs de file des Serbes du Kosovo dans le nord de la province et l’un des membres de l’équipe de négociation de la Serbie pour le statut du Kosovo, s’est ouvertement moqué de la cérémonie comme d’une vaine mascarade. « Ce genre d’idées ne nous est d’aucune utilité et ne relève en somme que de la pose, avec pour objectif la promotion personnelle de quelques individus », a constaté Marko Jaksic.

Petar Miletic, du Parti libéral indépendant, approuve cette interprétation. « Le temps de la violence est révolu », rappelle-t-il. Les Serbes du Kosovo ont en effet déjà payé un lourd tribut aux dernières violences dans la province. « Les gens qui prennent aujourd’hui de telles initiatives sont les mêmes qui ont placé la Serbie et les Serbes dans la position actuelle », a-t-il ajouté.

Au contraire, Ljubomir Kragovic, chef de la section kosovare du Parti radical serbe (SRS, ultra-nationaliste), soutient que les gens ont parfaitement le droit d’organiser de tels groupes s’ils le désirent. « Les individus et les groupes ont le droit de rassembler des partisans qui ont des idées similaires pour se protéger et protéger ceux qu’ils aiment », a-t-il affirmé. Il a toutefois ajouté que le Parti radical serbe n’avait rien à voir avec le groupe en question.

« Si des extrémistes albanais se permettent de faire des menaces de violence dans le cas où le Kosovo n’obtiendrait pas l’indépendance, il est logique que des extrémistes serbes suivent leur exemple », estime Branislav Krstic, un analyste qui vit dans la partie nord (et serbe) de la ville divisée de Mitrovica, dans le nord du Kosovo. « Si l’on considère que l’administration américaine appuie les extrémistes albanais du Kosovo, leurs adversaires serbes ont toutes les raisons de répondre à la violence par la violence ».

La population serbe sceptique ou hostile à la Garde

Néanmoins, dans les rues de Mitrovica nord, rares sont les habitants qui semblent intéressés par la protection que la « Garde du saint prince Lazar » prétend leur offrir. « Je ne veux pas d’une autre guerre, car je ne vois aucune raison justifiant d’autres pertes de vies humaines », explique Zoran Mihajlovic.

Dragisa Dazbijevic, un réfugié serbe originaire de Klina qui vit maintenant à Belgrade, affirme que les personnes à l’origine de la création de la Garde « n’ont aucunement le droit, quelles que soient les circonstances », de représenter les intérêt serbes. Il pense que le Kosovo devrait demeurer au sein de la Serbie, mais il croit aussi que des actions du type de la « Garde » se font au détriment des espoirs de la Serbie de conserver sa souveraineté sur sa province méridionale. « Cela va servir de prétexte pour continuer à étiqueter les Serbes comme des extrémistes et comme des réincarnations de Slobodan Milosevic », a-t-il ajouté.

Bien que la nouvelle de la fondation de la « Garde du saint prince Lazar » ait été largement rapportée au Kosovo, le groupe n’est pas pour autant perçu comme une menace. « Cela ne mérite pas d’être pris au sérieux », assure Baton Haxhiu, rédacteur au quotidien albanophone de Pristina Express.
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps, à Vera Cruz Grad (Ex-Yougoslavie topic)   Mar 29 Mai - 17:02

Citation :
Journal Shekulli

Serbie - Albanie : mais à qui est donc cette chanson ?


Traduit par Mandi Gueguen
Publié dans la presse : 15 mai 2007
Mise en ligne : vendredi 18 mai 2007

La Serbie a triomphé lors du concours de l’Eurovision, mais la chanson gagnante de Marija Serifovic, « Molitva » serait fortement « inspirée » de la chanson « Ndarja » de l’Albanaise Soni Malaj. Les accusations de plagiat rappellent l’histoire que raconte l’ethnologue bulgare Adela Peeva dans son film À qui est cette chanson ?, celle d’une chanson commune à plusieurs pays des Balkans, qui en réclament tous la paternité exclusive...

Article de Alma Mile

Ravis d’avoir emporté cette édition, les Serbes ne s’attendaient pas à cette houle d’accusations de plagiat. Cela vient s’ajouter aux autres accusations concernant le blocage des votes par les pays de l’Est. Le journal anglais The Sun a été le premier à évoquer cette histoire de plagiat : « La chanson interprétée par Marija Serifovic, Molitva, est la copie d’une chanson albanaise ». Le journal a reçu une vidéo de collage comparant les deux versions. La personne qui l’a envoyée explique : « Je connais cette chanson albanaise depuis longtemps, elle a gagné un concours populaire annuel intitulé « Top Fest ». Dès que j’ai entendu la chanson serbe je me suis rendu compte que c’était la même. Je ne sais si cela a été intentionnel, mais la ressemblance entre les deux est frappante », rapporte The Sun. Il suffit de cliquer sur le lien vers la vidéo pour la visionner. La chanson albanaise a été créée par le compositeur macédonien Maki. Même si la ressemblance semble évidente au néophyte, les professionnels ont eu droit à la parole.

Le compositeur albanais de la chanson, Mariano Filipovski - Maki a évoqué hier à Top Channel que la ressemblance est nette du moins en ce qui concerne l’harmonie, cependant, a-t-il précisé, ce n’est pas vraiment le cas pour la base mélodique. Adrian Hila, le compositeur de la « Ballade de pierre », la malchanceuse chanson albanaise qui n’a pas passé le cap de la première sélection, a soutenu ce premier avis en évoquant lui aussi uniquement une coïncidence harmonique par moments. Toutefois, le compositeur macédonien s’en remettra aux avocats pour suivre la question plus en détails. The Sun garde l’anonymat sur le nom de la personne qui est à l’origine de l’affaire et qui a produit les vidéos, cela a largement suffi à alimenter le débat. Même si The Sun est connu comme un tabloïd digne des scandales qu’il publie, il n’est pas le seul à évoquer cette affaire. Le 13 mai, un autre journal danois, Ekstra Bladet, a écrit un article accompagné de la photographie de la chanteuse albanaise Soni Malaj et du lien vers sa vidéo prise lors de l’édition de Top Fest 3 dont elle était sortie gagnante. Cela n’est pas rassurant pour les gagnants. Si l’histoire du plagiat se vérifie, la victoire tant attendue des Serbes n’aura pas eu la vie longue.

Le phénomène de vol des chansons n’est pas nouveau pour le Festival européen, les Serbes s’y sont trouvés mêlés encore à l’occasion de l’édition de 2004, l’Albanie y était représentée par Anjeza Shahini, les Serbes avaient obtenu la deuxième place, après quoi on a su que la chanson « Lane moje » (Ma biche) chantée par Zeljko Joksimovic était plagiée sur une autre chanson. La chanteuse Marija Serifovic, représentant la Serbie cette année, est aussi connue pour ses interprétations de chansons étrangères traduites en serbe. Une de ses chansons phares est « Agonija », une chanson tirée de celle de la très célèbre chanteuse grecque Despina Vandis, intitulée « Olo Lipi » (Je crois). « Molitva » a été chantée au festival « Beovizija » où elle a emporté le premier prix en mars 2007.

Aucune réaction n’a été obtenue de la chanteuse serbe ou des représentants de la délégation serbe à l’Eurovision, ni de la part des organisateurs du Festival, EBU. Les pays de l’Est ont dominé le trio de tête de cette édition, occupé par la Serbie en première place suivie de l’Ukraine et de la Russie. Le « lobby » occidental en a été très déçu, ayant été quasiment éliminé au premier tour. Les habitués de ce festival se sont trouvés cantonnés aux dernières places, ils ont manifesté leur mécontentement surtout au sujet du vote, en menaçant de se retirer totalement des futures éditions s’il n’était pas revu et remanié. Le festival que les Albanais lorgnaient depuis bien longtemps et auquel ils peuvent enfin participer, semble pris dans une profonde crise. Peut-être le temps est-il venu pour cette institution vieille de 52 ans de se lancer également dans une réforme.
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps, à Vera Cruz Grad (Ex-Yougoslavie topic)   Mar 29 Mai - 21:06

Tout ça pour cette daube: http://www.youtube.com/watch?v=nXGStUEckCI

Faut quand même être fin couillon pour vouloir revendiquer une telle bouse.
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps, à Vera Cruz Grad (Ex-Yougoslavie topic)   Lun 11 Juin - 11:58

Citation :
Osservatorio sui Balcani

En Albanie et au Kosovo, des femmes qui deviennent des hommes

Traduit par Mandi Gueguen

Publié dans la presse : 23 mai 2007

Mise en ligne : mardi 29 mai 2007

Sur la Toile



Dans le monde albanais, des femmes changent de « genre social » pour assumer le rôle d’hommes. Ce phénomène, régi par le droit traditionnel et le Kanun de Lek Dukagjin, est toujours en vigueur dans les zones
montagneuses du nord de l’Albanie et du Kosovo. Les femmes qui font le
serment de se comporter comme des hommes acquièrent tous les droits et obligations que le Kanun réserve normalement aux hommes.


Par Marjola Rukaj

Au Kosovo et dans les zones montagneuses du nord de l’Albanie, on peut encore trouver d’anciens
phénomènes sociaux, qui tendent pourtant progressivement à disparaître.
Depuis quelques temps, un de ces phénomènes refait surface, celui de la
« conversion » de femmes en hommes, une métamorphose sociale motivée
par des raisons qui n’ont rien de psycho-sociales, comme le voudrait
une première interprétation rapide.

Il s’agit en réalité d’un phénomène
social régi par le droit traditionnel et surtout par le plus important
code de conduite parvenu jusqu’aujourd’hui, le Kanun
de Lek Dukagjin. Celui-ci reconnaît aux femmes le droit de se proclamer
hommes, de se comporter en hommes et d’acquérir tous les droits
exclusivement réservés aux hommes par le Kanun. Des témoignages qui
remontent au moins à deux cents ans attestent de l’ancienneté de ce
phénomène, mais il semble que sa diffusion ait toujours été restreinte,
et qu’il soit surtout un moyen extrême pour répondre à des conditions
particulières imposées par les règles sociales et par le Kanun lui-même.

Il s’agit aujourd’hui de cas isolés, on
compterait en tout une dizaine de femmes [certains auteurs parlent de
cent, NdT], réparties entre le Kosovo et les zones albanaises
avoisinantes, alors qu’auparavant le phénomène était également connu en
Serbie, au Monténégro et en Bosnie-Herzégovine. En Albanie, le
phénomène, pendant longtemps, était analysé par une petite élite
d’anthropologues et d’ethnologues, alors que la majeure partie de la
population, sauf celle originaire des zones profondes du nord du pays,
en ignorait l’existence.

C’est un fait naturellement dû à une
remarquable absence d’intérêt des Albanais envers leur propre culture
traditionnelle, générée par la tendance xénophile de tous les Albanais
dans la période postcommuniste et même par le refus de l’idée
communiste d’exaltation et de mythification d’une culture qui aurait eu
quelque chose de particulier, bien différente de celle des nations
voisines. Cette exaltation de la « singularité » albanaise devint
ensuite fondamentale pour l’affirmation de l’identité nationale et, par
conséquent, elle fut synonyme du long isolement du pays durant
plusieurs décennies.

Le phénomène était cependant peu connu
même durant le communisme bien que l’idéologie nationale-communiste ait
construit le mythe du malësor (le montagnard),
guerrier courageux - symbole de l’indépendance séculaire face aux
Ottomans. En effet, le régime cherchait en même temps à rompre avec des
traditions qui s’adaptaient mal au contrôle du pouvoir communiste.



La couverture du livre d’Antonia Young

On a commencé à parler de ces femmes
qui deviennent hommes lorsque l’écrivaine et journaliste albanaise
Elvira Dones réalisa un documentaire sur six femmes âgées vivant en
hommes. L’écrivaine albanaise avait découvert l’existence de ces femmes
par hasard, sur une photo de famille du Kosovo, où l’on remarquait un
homme au visage extrêmement féminin. C’est ainsi qu’Elvira Dones se
lança dans des recherches et découvrit des histoires qui la marquèrent
au point de lui inspirer le roman Hana (« Lune »
en guègue, dialecte de l’Albanie du Nord), dont la protagoniste est une
femme devenue homme qui émigre aux États-Unis pour retrouver sa
féminité. Quelques années plus tôt, l’anthropologue Antonia Young avait
largement traité ce phénomène dans son livre Women who become Men (« Des femmes qui deviennent des hommes »).

Au début des années 1900,
l’exploratrice anglaise Edith Durham, amoureuse des Albanais plus que
de tout autre peuple, n’avait pas manqué d’admirer ces femmes, symboles
fascinants de fidélité à un serment.

La « conversion » assume une dimension
sociale qui accorde à la femme un statut d’égale à l’homme. Shtjefën
Gjeçov l’affirme expressément dans le recueil où il décrit les coutumes
où la femme est traitée de manière nettement inférieure par rapport à
l’homme. Ainsi, la femme n’avait pas de pouvoir de décision, aucun
droit de propriété, et n’était pas impliquée dans les affaires de
vendetta. On ne peut pas ignorer les points qui, dans le Kanun,
réduisent la femme à une marchandise, dont la vie est largement soumise
à la figure masculine.

On suppose que la femme devait être
vierge - souvent le « choix » n’était exprimé qu’après la puberté, mais
certaines petites filles étaient élevées comme des garçons.
L’abstinence sexuelle totale était exigée, et ces femmes étaient aussi
connues sous le nom de « Vierges jurées » (Virgjinat e bitume).
Le Kanun se réfère à elle comme à des femmes vêtues en hommes, puisque
l’habillement masculin était perçu comme un élément légitimant leur
serment de « conversion », prononcé devant douze hommes du village.
Après le serment, la vierge adoptait un comportement masculin, prenait
un nom d’homme, possédait des armes et pouvait fumer, boire et manger
avec les hommes dans la pièce qui leur était réservée, et où l’accès
était interdit aux femmes. Elle acquérait en outre le droit de vendre,
d’acheter et de gérer des propriétés, pouvait participer à la guerre et
aux affaires de vendetta entre les clans, des droits égaux à ceux de
tous les autres hommes.

Les discussions vont toujours bon train
sur l’origine de ce phénomène. Récemment, certains ont adopté un point
de vue assez moderne, en voyant dans ce phénomène une manifestation
d’homosexualité, hypothèse que l’anthropologue Antonia Young a
complètement rejetée car, dans une société totalement masculine comme
celle organisée par le Kanun, l’homosexualité était un tabou
indiscutable, et l’homosexualité féminine étant simplement
inimaginable. D’un autre côté, il faut aussi prendre en considération
le fait que la sexualité de ces femmes était absolument réprimée et
exclue de leur nouveau statut.

Johann G. Von Hahn, un diplomate
autrichien qui a longuement voyagé dans le Nord albanais, écrivait en
1863 que c’était probablement la version albanaise de la dévotion
chrétienne, vu que pendant ses nombreux voyages dans le Nord de
l’Albanie, le consul autrichien avait remarqué l’absence de couvents
catholiques. Selon lui, le concept catholique avait été adapté au
caractère combatif du peuple albanais...

Cependant, parmi ces vierges jurées, il
y avait des chrétiennes mais aussi quelques musulmanes. Des chercheurs
comme Milenko Filipovic, Andromaqi Gjergi, et Karl Kaser, remarquent
une réminiscence du phénomène des amazones. L’anthropologue albanais
Moikom Zeqo met en évidence, quant à lui, la réminiscence d’un
phénomène qui remonte à la crise du matriarcat, et qui doit être relié
à une autre série de phénomènes étranges comme le Kuvada (la
« couvade » - phénomène où l’homme imite la femme lorsqu’à peine
l’enfant mis au monde, il se travestit en femme et accueille les
invités couché dans le lit dans la position de la jeune accouchée). Ces
phénomènes seraient des restes de cultures très anciennes dans les
zones montagneuses qui, de par leur isolement, ont conservé des rites
et usages révolus.

Or, la conversion des femmes en hommes
avait surtout une fonction socio-économique. Il était d’usage, en
effet, d’élever une fille en garçon s’il n’y avait pas d’enfants mâles
auxquels transmettre les propriétés familiales, qu’il était impossible
de transmettre à une fille. C’était aussi un moyen parfait pour éviter
de voir naître de nouvelles vendettas, si une fille refusait les
fiançailles qui lui étaient fixées, l’orgueil blessé de l’homme refusé
pouvant être à l’origine de la vendetta entre les deux clans. Si, en
revanche, la femme faisait vœu de chasteté et renonçait à sa propre
féminité, l’obligation de vendetta était annulée.

Dans la presse albanaise, on a même
parlé de femmes ayant fait délibérément ce choix, pour profiter de plus
de liberté, pour intérioriser des valeurs masculines traditionnellement
té transmises dans la société albanaise, où appeler une femme « burrneshë » (de burrë - homme et neshë
- suffixe féminin) est l’expression d’une grande estime, de quelque
chose d’épique. Elvira Dones a rencontré des femmes qui n’avaient pas
regretté ce choix, mais aussi d’autres qui auraient bien voulu avoir
des enfants.

Dans son livre Women who become men,
Antonia Young avait estimé que ce phénomène s’était quasiment éteint,
mais elle avait tout de même prévu son réveil au Kosovo, en conséquence
de la crise des années 1990. De toute manière, les changements sociaux
profonds qui ont affectés les zones les plus reculés de l’Albanie et du
Kosovo, et surtout les fortes tendances migratoires vers les grandes
villes, semblent avoir fait cesser la nécessité de la conversion des
femmes en hommes. Toutes les Virgjina sont désormais des femmes âgées, qui relèvent d’un ancien phénomène exceptionnel.

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MessageSujet: Re: Pendant ce temps, à Vera Cruz Grad (Ex-Yougoslavie topic)   Lun 25 Juin - 1:31

en hommage aux charmantes demoiselles slaves, je propose de rebaptiser ce topic :



















"Y du monde aux Balkans"



















voilà...
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps, à Vera Cruz Grad (Ex-Yougoslavie topic)   Jeu 30 Aoû - 19:56

Citation :
Incendies : le Monténégro brûle, mais tous les canadairs ont été vendus

Traduit par Jasna Andjelic

Publié dans Vijesti : 26 août 2007
Mise en ligne : mardi 28 août 2007


Depuis le début de l’été, le feu ravage le Monténégro. Ces derniers jours, de violents incendies se sont rallumés dans le Nord du pays. Malgré l’aide fournie par la Russie, le pays n’a pas les moyens de lutter efficacement contre le feu. Et pour cause : les quatre canadairs dont disposait l’ancienne Yougoslavie ont été revendus clandestinement à la Grèce. Certains ont gagné de l’argent, que les autres fassent la chaîne avec des sceaux d’eau !

Par S. Lukovic

Les incendies qui ont fait des ravages cet été au Monténégro, en détruisant des centaines de hectares de forêt, surtout dans le Nord du pays, dans les canyons de la Tara et de la Draga, ont encore confirmé que le Monténégro était incapable de lutter contre le feu. Les sacrifices et les efforts surhumains des sapeurs-pompiers qui ont combattu les flammes avec un équipement personnel plus que modeste et des vieux camions citernes étaient insuffisants, parce que la plus grande partie du terrain en feu n’était accessible que des airs.

La « sœur » Russie a répondu fin juillet aux appels des dirigeants monténégrins par l’envoi d’un avion-citerne « Illouchine Il-76 », destiné à éteindre les incendies dans les larges taïgas et les steppes de Sibérie. Il est incontestable que les pilotes russes ont fait tout leur possible pour nous assister, mais l’énorme Illiouchine ne représentait pas la meilleure solution, parce que les zones sèches et rocheuses des montagnes au Nord du Monténégro ne sont pas propices à l’action d’un avion de cette taille. Cela est indirectement confirmé par le fait que le ministère de l’Intérieur du Monténégro a emprunté ces derniers jours aux Russes un hélicoptère « Kamovka -32 » pour lutter contre les incendies. Le communiqué du ministère indique que « ses caractéristiques techniques et de manoeuvre correspondent mieux aux conditions monténégrines ».

D’autre part, l’équipement permanent du Monténégro pour la lutte contre les incendies se réduit à deux petits avions agricoles du type « PZL M-18 dromadaire ». Destinés à la pulvérisation des cultures agricoles, ces petits engins ne peuvent contenir plus de 2.5 tonnes d’eau. En théorie, l’armée du Monténégro dispose aussi de plusieurs hélicoptères de transport « Mi-8 », qui peuvent être utilisés en cas d’incendie, mais ils sont en panne ou manquent de ressources techniques.

Même si ces hélicoptères étaient en bon état et que nous disposions de plusieurs « dromadaires », le Monténégro n’aurait pas un équipement anti-incendie efficace. Le seul moyen efficace sont les avions « Canadair » spécialement équipés pour lutter contre les incendies, produits par la société canadienne « Bombardier aerospace ». Cela a encore été confirmé lors de la dernière sortie d’un canadair au Monténégro, effectuée en été 2003 dans les environs de Tivat. C’était l’un des quatre canadairs croates, envoyé par le gouvernement croate, en réponse aux appels du gouvernement du Monténégro. Son action a duré environ 20 minutes, il a jeté seulement trois bombes d’eau sur l’incendie et il a prouvé sa supériorité par rapport aux trois hélicoptères « Mi-8 » et aux deux dromadaires qui avaient effectué 285 vols la veille pour jeter 570 tonnes d’eau sans aucun succès. En plus d’une capacité plus importante (6300 litres d’eau de mer plus 400 litres d’écume), l’avantage du canadair par rapport aux hélicoptères et aux dromadaires est sa vitesse d’action, puisqu’il n’est pas obligé de revenir sur l’aéroport après chaque lâcher d’eau, comme doivent le faire les dromadaires, ni d’attendre l’alimentation du réservoir anti-incendie comme le font les hélicoptères.

Le canadair collecte l’eau dans ses réservoirs en 12 secondes de glisse sur la mer, et il est capable de lâcher quelque 6,5 tonnes de mélange anti-incendie sur une surface de 60 mètres sur 200.

En 1993 encore, la Serbie et le Monténégro disposaient de quatre avions « canadair CL-125 » acheté par l’ex-Yougoslavie en 1981. Un avion a été perdu dans un accident en 1984 et remplacé par un nouveau, directement acheté auprès de l’usine de Montréal. Au début de la guerre, les quatre avions ont été transférés de leur base en Croatie à Belgrade. Ils ont formellement fait part de la flotte de la JAT, la compagnie aérienne yogoslave, mais les autorités serbes et fédérales les ont vendu à la Grèce quelques années plus tard. Les quatre avions ont attendu à l’aéroport de Belgrade jusqu’en octobre 2005, et ils ont ensuite été transférés en cachette en Grèce, avec de fausses immatriculations tchèques. Du côté serbe, l’affaire a été contrôlée par Milan Milutinovic, un des chefs du Parti socialiste de Serbie (SPS). La Grèce en a bien profité, parce qu’elle a racheté quatre avions en bon état, 13 moteurs de réserve et plus de 3 500 pièces de rechange et d’équipement pour seulement 8,4 millions de dollars.

Même s’ils ne sont plus tout neufs, les anciens canadairs yougoslaves sont toujours utilisés en Grèce pour éteindre les incendies dans les îles de l’Egée...
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps, à Vera Cruz Grad (Ex-Yougoslavie topic)   Mer 5 Sep - 14:51

S’il y a partage du Kosovo, il y aura partage de tous les Balkans

Traduit par Nerimane Kamberi

Publié dans Kona Ditore : 28 août 2007
Mise en ligne : jeudi 30 août 2007

Citation :
Les Albanais du Kosovo font bloc contre l’hypothèse d’une partition, de plus en plus souvent évoquée dans les milieux diplomatiques... Les responsables de l’équipe de négociations de Pristina souligne qu’un telle option serait l’abandon d’un des trois principes fixés par le Groupe de contact : l’inviolabilité des frontières du Kosovo. Dans ce cas, les autres principes n’auraient plus de raison d’être, le Kosovo pourrait envisager son rattachement à l’Albanie, et un redécoupage général des frontières des Balkans serait à l’ordre du jour. Le commentaire de Koha Ditore.

Par Fatmir Aliu

Les Kosovars ont une nouvelle fois attiré l’attention de la communauté internationale en déclarant que si les menaces de partage du Kosovo se répètent trop souvent, Prishtina allait aussi adopter une position plus ferme, avec des revendications sur les territoires voisins. Même si personne ne nomme encore ces « territoires voisins » qui seraient affectés par un tel échange, les menaces sont explicites. Certains pays des Balkans ne seraient pas épargnés si de nouvelles frontières du Kosovo étaient tracées à la suite d’un « compromis imposé ». Jeudi, à Vienne, ou elle devra rencontrer la « troïka » diplomatique internationale (USA, UE, Russie), la délégation kosovare va porter le message de la non violation de son intégrité territoriale. Les négociateurs kosovars déclaraient ces derniers jours qu’ils allaient rappeler aux ambassadeurs Frank Wisner (EU), Wolfgang Ischinger (UE) et Alexandre Botsan-Kharchenko (Russie) qu’il ne pouvait y avoir de partage du Kosovo sans partage des autres pays de la région.

« Il n’y a pas et il ne peut y avoir de partage du Kosovo. Si de telles tentatives étaient faites, ce serait une aventure très dangereuse, parce que de nombreuses cartes des Balkans devraient être redessinées », a déclaré lundi le porte-parole du groupe unitaire de négociations, Skender Hyseni. Le délégué de l’UE Wolfgang Ishinger avait déclaré lors de la visite de la troïka à Prishtina, le 12 août dernier, que si Prishtina et Belgrade étaient d’accord sur un partage du Kosovo, la communauté internationale donnerait son approbation. Mais Prishtina, dans sa réplique à la déclaration de l’ambassadeur européen, avait été ferme en déclarant qu’elle quitterait les négociations si, d’ici le 10 décembre, les internationaux amenaient une telle idée sur la table. Le groupe de négociation a confirmé qu’il se rendrait au grand complet à Vienne pour la reprise des négociations, et qu’il ne parlerait qu’avec la troïka diplomatique et non pas avec la délégation serbe. Selon le porte-parole du Groupe unitaire, les Kosovars n’espèrent pas beaucoup de ces rencontres, même si les négociateurs ont l’intention de faire comprendre aux négociateurs internationaux qu’il ne pouvait plus y avoir de négociations autour de la question de l’indépendance du Kosovo.

Même si la perspective du partage du Kosovo, seulement mentionnée publiquement jusqu’à présent par le diplomate allemand, reste encore une question hypothétique, Prishtina a déclaré que si le Groupe de Contact violait un des principes qui avait guidé tout le processus diplomatique pendant les derniers mois, sous la direction de Maarti Ahtisaari, alors les autres principes ne tiendraient pas non plus. Les trois principes fixés par le Groupe de contact étaient que les frontières du Kosovo ne pouvaient pas être modifiées, que le Kosovo ne pouvait pas se rattacher à l’Albanie et qu’il ne pouvait pas revenir à la situation prévalant avant 1999.

« C’est très hypothétique mais si cela se produit, si ce processus est enclenché, il ne se limitera pas au Kosovo. Si le Kosovo perd une partie de son territoire, on ne pourra plus l’empêcher de se rattache à un autre pays (l’Albanie) », a déclaré le porte-parole du groupe de négociations, Skender Hyseni.
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MessageSujet: C'est uber chouette, l'Europe...   Jeu 6 Sep - 15:48

Les bonnes idées européennes...

Citation :
Osservatorio sui Balcani

Le mur de Schengen coupe les ponts entre la Slovénie et la Croatie


Traduit par Mandi Gueguen
Publié dans la presse : 22 août 2007
Mise en ligne : mardi 4 septembre 2007

À partir du 1er janvier 2007, la Slovénie, sauf retards éventuels, entrera de plein droit dans l’espace Schengen. Le pays se prépare ainsi à être la frontière extérieure de la zone européenne de libre échange. En faisant tomber les ponts et en bloquant les sentiers.

Par Franco Juri

(Image JPEG) « Ce sont les directives Schengen, nous n’y pouvons rien », répondent les fonctionnaires slovènes quand on leur demande pourquoi à partir du 1er janvier 2008, tous les ponts sur les fleuves qui marquent la frontière entre la Slovénie et la Croatie, et qui ne sont pas des passages officiels, seront détruits. Surtout ceux qui surplombent les fleuves Kupa et Sutla. Trois ponts, qui se trouvent près des localités de Hum et de Strmec, ont déjà été détruits. Il s’agissait de trois petits ponts en bois qui avaient survécu à la Seconde Guerre mondiale, ils n’auront pas survécu à l’Europe. L’Union européenne, maître d’œuvre d’un remake de la destruction du « Stari Most », le vieux pont de Mostar.

La presse slovène n’en parle presque pas, le gouvernement est laconique, mais les gens de la frontière qui, depuis l’époque yougoslave, utilisent les ponts pour communiquer, se rencontrer, travailler ou retrouver des proches habitant l’autre rive, protestent et se mobilisent. Ces personnes, qui parlent les mêmes dialectes, ont des liens, notamment familiaux, très étroits. À Cedan, une petite ville croate à la frontière de Kupa, Croates et Slovènes ont protesté d’une seule voix : des sportifs, des opérateurs touristiques, des jeunes se sont organisés en deux associations touristiques : la « Kupa » croate et la « Kostel » slovène. Ils étaient sur le point de restaurer ensemble le vieux pont de bois qui relie les deux rives, une des zones les plus attractives de la région.

« Nous voulons construire et non détruire des ponts ! », clament les habitants croates et slovènes de Cedan et de Kostel, en direction de Ljubljana et de Bruxelles. Mais leurs voix ne portent pas jusque là. La Commission européenne veut, exige même, que la nouvelle ligne Schengen, qui est sensée longer la frontière slovéno-croate à partir de 2008 soit « contrôlable au maximum ». Donc, sans ponts, ni routes ou sentiers dépourvus de postes de frontières officiels.

Un projet existe même pour couper, par de vrais obstacles physiques, les nombreux sentiers qui traversent la frontière et qui sont utilisés par la population locale. Le mur de Schengen n’a aucune pitié. La Slovénie s’est donné du mal pour faire accepter aux bureaucrates de l’UE un accord de coopération (SOPS) signé avec la Croatie en 1994, et entré sept ans plus tard en vigueur à cause de contentieux entre les deux États.

Le SOPS, né sur le modèle d’accords existant entre l’ex-Yougoslavie, l’Italie et l’Autriche, facilite la vie et la communication des populations proches de la frontière. Elle prévoit des aménagements douaniers pour les habitants de la zone, une plus grande perméabilité des frontières avec l’ouverture de postes destinés exclusivement à la population locale et elle régularise l’utilisation des terrains cultivés et des propriétés qui souvent enjambent la frontière.

Ces accords furent déterminants dans le développement des zones frontières italo-slovène et slovéno-autrichiennes. Le gouvernement de Ljubljana, selon ses propres affirmations, a dû se battre pour faire accepter cet accord à la Commission européenne. Mais il n’a rien pu faire pour les ponts et les sentiers qui ne traversent pas les postes de frontières internationaux et locaux (60 le long de 670 km de frontière), ceux qui ne peuvent être gardés par les lois de contrôle et de sécurité de Schengen.

La Slovénie est un pays de transit, les migrations du Sud-Est qui se dirigent vers l’UE en passant par les Balkans la touchent directement. À cette question s’ajoute la lutte contre le terrorisme et le crime organisé. La Slovénie tient à assumer, et en y mettant du zèle, son rôle de frontière européenne, une position de choix pour ses contentieux frontaliers avec la Croatie. En effet, la frontière maritime n’est toujours pas définie entre les deux pays, ce qui risque de poser problème lors du prochain déplacement de la ligne Schengen vers le Sud-Est.

La frontière sera décidée par un arbitre international

Avec Schengen, Ljubljana et Zagreb, après dix ans de contentieux, semblent décidées à régler la question de manière arbitraire, par une procédure judiciaire internationale. Jusque là, la Slovénie, peu convaincue de pouvoir résoudre le contentieux en sa faveur dans le cadre de l’UE, a utilisé tous les freins possibles et a saisi la Cour de réconciliation et d’arbitrage de l’OSCE, présidée par Robert Badinter, le juge français qui signa, en 1992, avec sa commission d’arbitrage voulue par la CE et par l’ONU, la fin de la Yougoslavie. Il donna la possibilité à la Slovénie et la Croatie de reconnaître, sur la base d’une reconnaissance réciproque, la frontière le long de la ligne qui divisait les deux républiques yougoslaves.

La Croatie soutient maintenant que l’objet d’un nouvel arbitrage doit seulement être l’inexistante frontière maritime, à établir auprès du Tribunal pour le droit maritime de Hambourg. La Slovénie soutient que la frontière terrestre n’ayant pas été établie non plus, il faut statuer sur l’ensemble de la frontière. Les récentes négociations semblent avoir ouvert des perspectives encourageantes, en laissant entrevoir le compromis d’une procédure concernant toute la frontière auprès de la Cour de Justice de la Haye. Elles ont pourtant été assombries par des interceptions téléphoniques qui démontreraient - selon les accusations lancées par l’ancien Premier ministre Tone Rop - que le Premier ministre croate Ivo Sanader et son homologue slovène Janez Jansa (à l’époque du leader battu de l’opposition), s’entendaient, quelques jours avant les élections slovènes de 2004, sur les incidents dans le golfe de Pirano.

En septembre 2007, la commission parlementaire d’enquête continuera à chercher la vérité. Une tâche peu aisée, compte tenu de la situation chaotique de la SOVA (les services secrets slovènes). Dans ses bureaux secrets, de nombreux documents, des procès-verbaux et des enregistrements compromettants, sont en train d’être brûlés.

Deux importantes échéances électorales approchent dans le même temps : les élections présidentielles d’octobre en Slovénie et les élections de novembre en Croatie. Les délais d’un accord sur l’arbitrage international s’amenuisent...
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps, à Vera Cruz Grad (Ex-Yougoslavie topic)   Lun 10 Sep - 14:18

Citation :
Le Courrier des Balkans

ALBANIE: A la découverte de ces femmes qui vivent comme des hommes

Mise en ligne : samedi 11 août 2007

Celles que l’on appelle « les vierges jurées » font partie de la société traditionnelle du nord de l’Albanie, dans les zones montagneuses frontalières avec le Kosovo et le Monténégro. De nombreux voyageurs de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, comme Edith Durham, font état de leurs rencontres avec ces femmes, qui ont choisi de vivre en hommes et qui sont acceptées comme telles. Récit dans la région de Bajram Curri, où cette réalité sociale reste toujours bien vivace.

Par Jacqueline Dérens

La ville de Bajram Curri est une morne bourgade qui aligne ses immeubles socialistes décrépits, ses rues poussiéreuses et la bonhomie tranquille de ses habitants. Une image qui contraste sérieusement avec les rares guides touristiques qui mettent en garde le voyageur qui s’aventurerait dans cette région. C’est que cette dernière, fief du clan Berisha, a été le lieu d’affrontements violents pendant les émeutes de 1997, qui ont suivi le scandale retentissant des pyramides financières, forçant le Président de l’époque, Sali Berisha à la démission.. Floués, ruinés, ceux qui avaient cru aux mirages de l’argent facile se sont vengés en saccageant tous les bâtiments publics et en réglant leurs comptes à coup de fusil. À l’époque, l’unique hôtel de Bajram Curri servait aussi de morgue. Les esprits semblent bien calmés aujourd’hui et le touriste y est le bienvenu.

Les noms de quelques-unes de ces femmes sont connues depuis que l’ethnologue Antonia Young leur a consacré une étude. Elles sont connues et respectées par leur communauté, aussi il fut assez aisé d’interpeller deux commères qui passaient sur la place et qui, sans hésiter, ont donné les noms et adresses de Shkurtan et Hajdar. Pour se rendre chez Shkurtan, il faut monter les escaliers d’un de ces vilains bâtiments, qui réserve toutefois une surprise aux visiteurs : les portes des appartements sont toutes plus décorées les unes que les autres, sculptures kitch et ferrures rutilantes rivalisent d’éclat. Manque de chance, la voisine de Shkurtan, alertée par les coups à la porte explique cette dernière était partie pour Tirana.

L’histoire de « tonton »

Nous partons alors à la recherche de Hajdar qui, nous le savions, refuse de parler de son histoire. Mais nous avons quand même frappé à sa porte, au quatrième étage de son HLM. Un jeune homme ouvre la porte, écoute notre demande et accepte d’aller voir si « tonton », c’est ainsi que tout le monde appelle Hajdar, accepterait de nous parler. La réponse, comme nous nous y attendions, fut négative. Mais le jeune homme, son petit-neveu, accepte d’aller prendre un verre et de.raconter l’histoire de son « oncle ».

Hajdar a décidé de devenir un homme quand son frère est mort d’un cancer, laissant une veuve et des enfants à élever. À partir de ce moment, Hajdar a assumé pleinement le rôle de chef de famille. Habillé en homme, il est devenu vendeur de pain dans une boulangerie collective pour faire vivre la maisonnée dont il avait la pleine et entière responsabilité. Fervent communiste, ses avis et conseils étaient toujours écoutés avec attention par les communistes de la localité. Fatlind, son petit-neveu, nous a avoué avec un sourire que tonton avait toujours le portrait d’Enver Hoxha dans sa chambre, alors que la famille, comme la majorité des habitants de la région, sont des supporters inconditionnels de Sali Berisha, l’actuel Premier ministre, natif de Tropojë, commune à laquelle est rattachée Bajram Curri. Fatlind admire son « oncle » qui a sacrifié sa vie de femme pour, selon la tradition, élever ses neveux et protéger sa belle-sœur. Pour ce jeune homme de 19 ans, semblables à tous les jeunes de son âge avec son jean et ses baskets, Hajdar est son « meilleur copain ». « Avec lui », dit-il, « nous parlons d’homme à homme ». Il ne cache pas son respect pour son oncle et son départ en Italie, pour faire ses études, dépendra de l’accord d’oncle Hajdar, le chef de la famille.

Le lendemain, après avoir interrogé le gérant de l’hôtel, nous partons pour le village de Tpla, où vivent plusieurs de ces « vajze e betuar ». Les routes en Albanie sont dans un état désastreux et pour aller à Tpla, il faut emprunter une piste de montagne. Nous montons, nous montons dans la montagne, et un paysage magnifique s’offre à nous, le même sans doute, qu’Edith Durham a admiré en 1908. Pas âme qui vive, évidemment pas de panneaux indicateurs non plus, ce qui pose problème quand la piste bifurque à droite et à gauche. De quel côté s’engager ?

Surgit enfin un cavalier providentiel. Notre interprète lui explique le but de notre insolite présence motorisée et, sans hésiter, il nous ordonne de le suivre. Mais notre interprète, lasse sans doute d’être ballottée dans le véhicule automobile, demande au cavalier de monter en croupe. Et voilà un bien étrange convoi : un cheval monté à cru par deux cavaliers, et une voiture qui le suit comme elle peut sur la piste. Nous arrivons bientôt dans un immense polje, cette cuvette plate au sommet des montagnes où pousse une bonne herbe. C’est là que vivent les paysans, dans des maisons très éloignées les unes des autres, et qu’ils font paître leur bétail. Notre guide fait signe de suivre la piste, le cheval ira à travers la prairie. Nous avons certainement mal compris car au bout de quelques minutes la piste est traversée par une crevasse infranchissable. Nous avons perdu de vue cheval et cavaliers, nous sommes au milieu de la prairie, sans aucun point de repère. Que faire, sinon attendre ? Le temps semble long, très long, mais le cavalier réapparaît, montre la bonne direction et nous voyons enfin un petit groupe d’hommes et des moutons au milieu du polje. Nous les rejoignons et dans le groupe nous rencontrons Emin, le berger.

Emin, le meilleur berger

Jamais nous n’aurions imaginé que ce petit vieillard coiffé d’une casquette était une femme. Emin veut bien nous parler, il raconte, un peu timide, sa vie au milieu de ses moutons. Très jeune, elle a décidé de vivre comme un homme, d’être berger et de vivre pour ses moutons. Quand il hésite, un de ses cousins qui est avec lui prend la suite du récit. Au temps du communisme, Emin était le meilleur berger de la coopérative, mais comme c’était une femme, il a pris sa retraite à 55 ans. Emin a toujours refusé de cesser de travailler. À 72 ans, il continue de s’occuper de ses 24 moutons. Son frère lui a proposé d’arrêter et de rester à la maison, mais pour Emin cela serait trop dur. Il ne sait rien faire à la maison, ni la cuisine, ni le ménage, ni aucun travail d’aiguille. On s’en doute à voir ses mains aux gros doigts noueux. Sa vie est au grand air, à chercher la meilleure pâture pour ses moutons. Quand on lui demande s’il ne regrette pas le choix de cette vie difficile, la réponse est nette : non, vraiment aucun regret...


Nous reprenons la route, sans cavalier cette fois, pour trouver Haki qui habite dans une des maisons du polje. Nous suivons un chemin où les crevasses, les bosses et les mares d’eau se succèdent jusqu’à ce que nous arrivions au but : une jolie maison recouverte de chèvrefeuille, avec dans la cour un grand mûrier aux fruits blancs. Notre guide frappe, frappe et frappe encore à la porte devant laquelle se trouve une paire de gros godillots. Haki vit seul dans cette maison.


Pas de réponse, en attendant nous mangeons des mûres, nous refrappons et un vieux monsieur bougon ouvre la porte et nous demande très irrité pourquoi nous l’avons réveillé. Au mot « gazette », il nous ferme la porte au nez. Toutefois, fidèle à la tradition albanaise d’accueil des hôtes, il n’oublie pas de nous inviter à rester dans le jardin et à manger des mûres autant qu’il nous plaira. Mais d’entretien, il n’en est pas question ! Depuis quelque temps, les journalistes, les équipes de télévision se succèdent et posent des questions curieuses et indiscrètes sur un mode de vie qui, pour ces femmes et leur communauté, est naturel et accepté. Nous n’insistons pas et partons à la recherche de Sokol, dont on nous a indiqué la maison.

Toujours en évitant crevasses, bosses et trous d’eau, nous arrivons chez Sokol, ou plutôt chez son neveu. Une grande maison abrite toute la famille, dont Sokol est le chef de famille. Nous restons sous l’avancée où l’on nous sert le café. Nos hôtes nous apprennent que Sokol est parti à Bajram Curri au chevet d’une parente malade. Nous sommes un peu déçus, mais ils nous proposent de téléphoner et de voir avec elle si elle veut bien nous recevoir le lendemain. Le téléphone portable est indispensable, ici comme ailleurs. Le neveu et sa femme sont très bavards et parlent de Sokol avec une fierté non dissimulée. Pour sa famille, Sokol est un héros. Fahri, son neveu, nous explique qu’elle a fait le choix de vivre comme un homme vers l’âge de 12 ans et que depuis elle a toujours vécu comme tel, assumant les fonctions sociales d’un homme. Elle a changé son nom initial de Zhujë pour celui de Sokol, qui veut dire le faucon (ou, symboliquement, le brave), affirmant ainsi son désir de liberté totale. Vêtu en homme, portant le plis, cette calotte de feutre blanc que seuls portent les hommes albanais, fusil à l’épaule et à cheval, sa fonction la plus importante consistait, dans cette région où la loi du Kanun réglait les questions d’honneur, à accompagner les femmes qui allaient voir leurs maris qui se cachaient dans le maquis pour une raison ou une autre. Cette fonction pourrait évoquer celle d’un eunuque qui veillait sur le harem de son maître... Après nous avoir expliqué que des équipes de télévision étaient venues récemment, le neveu et sa femme nous souhaitent bon retour à Bajram Curri où nous verrons Sokol le lendemain.

Sokol, « le meilleur des hommes »

Le petit-neveu de Sokol nous attend le lendemain comme convenu et nous emmène dans une HLM pour rencontrer son « grand-oncle ». Sokol est un tout petit monsieur qui porte (plis, chemise blanche et veston, et nous accueille avec un grand sourire. Sokol est parfaitement à l’aise et répond, souvent avec malice et sans aucune gêne, à nos questions. La femme de son neveu nous offre le café et le raki. Sokol reste assis sur le sofa. Il redit ce que nous avait déjà dit son neveu la veille. C’est elle qui a décidé de vivre en homme quand ses parents ont proposé de la marier. « Je leur ai dit que je les respectais profondément mais que, pour le mariage, c’était moi qui décidais et c’était non ». Comme le veut la tradition, elle a alors fait vœu de célibat et de chasteté, endossé des vêtements d’homme et vécu comme tel depuis. Elle nous confie aussi que jamais elle n’aurait pu supporter d’obéir à quelqu’un, et que son choix lui a permis de vivre sa vie comme elle la voulait. Elle n’a jamais accepté de devenir membre du parti communiste, mais elle a travaillé à la coopérative sans en être officiellement membre et sans se faire payer. Elle assistait à toutes les réunions où son avis était écouté et respecté. Elle nous raconte en riant que, pendant les pénuries alimentaires, quand il fallait faire la queue pour obtenir sa ration, elle faisait la queue avec les femmes. Elle avoue avec coquetterie ses 80 ans « au moins ». Elle ne sait ni lire, ni écrire, mais elle sait très bien compter car, l’œil pétillant, elle nous confie qu’elle aime l’argent et que personne n’a jamais pu la tromper à ce sujet ! Sokol regarde beaucoup la télévision, surtout les informations et les films d’action et de guerre, ses préférés...

Sokol parle avec malice et sens de l’humour. Quand nous lui demandons si des filles accepteraient aujourd’hui de vivre comme elle, ou Hajdar ou Haki, ou Shkurtan, sa réponse est claire : les filles d’aujourd’hui n’auraient pas le courage de le faire. Le petit-neveu nous raccompagne et quand nous demandons ce qu’il pense de son « oncle », il avoue qu ’il a un grand respect pour lui, mais qu’il est peu fatigué par ses conseils. Comme tous les jeunes, il veut partir à l’étranger, en Angleterre où se trouve déjà de la famille, mais Sokol n’approuve pas du tout ce choix. Lui non plus ne connaît pas de cas de fille de son âge ayant choisi de vivre comme un homme.

Un phénomène en voie de disparition ?

Nous aurions aussi voulu rencontrer Sanie qui travaille sur le chantier de l’autoroute qui va relier le Kosovo à l’Albanie, mais nous jouons de malchance et, chaque fois que nous arrivons sur le chantier, elle est partie : elle est chauffeur et se déplace constamment. Sanie est beaucoup plus jeune, autour de la cinquantaine comme deux autres de ces « vierges » que nous avons essayées de rencontrer sans succès. L’une était à un mariage et l’autre refusa de répondre à nos questions, les yeux obstinément fixés au sol.


Pour la ville de Bajram Curri et le village le plus proche où vit Sanie, on nous a signalé cinq cas. À Tpla, dans la montagne, sur 500 habitants qui vivent sur le polje, il y a cinq vierges jurées, un pourcentage loin d’être négligeable pour un phénomène qui serait en voie de disparition. Il est vrai que toutes celles que nous avons rencontrées sont septuagénaires et que, questionnées sur l’existence de femmes jeunes qui auraient suivi leur exemple, elles nous ont dit qu’elles n’en connaissaient pas. Les jeunes neveux nous ont aussi dit qu’ils ne connaissaient pas de cas semblables parmi les jeunes filles de leur entourage... Toutefois, les « vajze e betuar » font bien partie de la société et rien ne garantit que le phénomène soit appelé à disparaître car la vendetta sévit encore, et ce sont les hommes qui émigrent le plus. Dans ces conditions, de nombreuses femmes restent seules, non mariées, souvent en charge de frères, de neveux ou de parents...

Toutes les femmes rencontrées étaient de tradition musulmane, mais la religion ne semble pas jouer un rôle dans ce choix puisqu’on trouve tout autant de « vierges jurées » dans la communauté catholique. Nous apprendrons que l’oncle de Haki a contribué à la restauration d’une turbe, le tombeau d’un saint derviche. La famille de Haki est bektashi. Une mosquée neuve dresse son minaret à l’entrée de Bajram Curri, mais la dévotion semble être le dernier des soucis de la population, qui rêve surtout d’une vie meilleure alors que leurs parents et grands-parents sortent d’un régime communiste exceptionnellement dur. La tradition semble beaucoup plus forte que tous les régimes politiques que l’Albanie a connu, reste à savoir comment cette tradition résistera ou évoluera.

Tout au long de nos rencontres, nous avons passé du genre féminin au genre masculin, utilisant « il » ou « elle », faisant préciser si Emin était « berger » ou « bergère », si Hadjar était bien « vendeur ». Pour leur entourage, il n’y a pas d’ambiguïté, tout le monde sait que ces hommes sont des femmes, mais pour respecter leur choix on les appelle « oncle » et l’on utilise, en général, le genre masculin pour les désigner.

En voyant la sérénité de ces femmes, le respect qu’elles inspirent à leur entourage, l’affection que leur porte leur famille, on ne peut s’empêcher de penser que ce choix extrême qu’elles ont fait était, pour elles, la seule forme de résistance à une société figée, où l’autorité et le pouvoir masculin ne pouvaient s’affronter que d’égal à égal, d’homme à homme. Sokol ne dit-elle pas avec malice qu’elle est « le meilleur des hommes » ?
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps, à Vera Cruz Grad (Ex-Yougoslavie topic)   Jeu 27 Sep - 14:25

Citation :
Marche de néonazis à Novi Sad le 7 octobre 2007

7 organisations non gouvernementales belgradoises, dont les Femmes en Noir et le Comité des avocats pour les droits humains, ont fait savoir leur étonnement devant l'absence de réaction des autorités alors qu'est annoncée une marche fasciste à Novi Sad le 7 octobre.

La manifestation est organisée par Nacionalni Stroj (le Rang National), groupe d'extrême-droite dont deux membres ont été récemment condamnés pour propagation de la haine raciale : Goran Davidovic (surnommé le "Fuhrer") et Miodrag Stefanovic.

Nacionalni Stroj arbore affiches et tracts avec la croix gammée. Le motif de la marche est la volonté de rappeler ce que sont à leurs yeux les valeurs de "vrais patriotes".

Sur Nacionalni Stroj, on trouvera un très bon article sur le Courrier des Balkans, daté du 11 novembre 2005, "Voïvodine : violente attaque des néo-nazis à la fac de Novi Sad" (trad. par Jasna Andjelic).

Goran Dadidovic dispose d'un blog.

Le Groupe d'action antifasciste de Novi Sad dispose d'un site internet.

Rappelons qu'en 1942 à Novi Sad s'étaient produits des massacres en nombre et que le Centre Simon Wiesenthal appelle à ce que Sandor Kepiro, qui réside à Budapest, soit mis en accusation pour sa responsabilité, le 23 janvier 1942, dans le meurte de 1200 personnes (dont un grand nombre de Juifs). Sur ce point, se reporter à la page de Shalom Magazine.

Publié par Dragan Grcic

http://serbie-droitshumains.blogspot.com/2007/09/la-marche-de-nacionalni-stroj-interdite.html
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps, à Vera Cruz Grad (Ex-Yougoslavie topic)   Mer 17 Oct - 13:34

Citation :

Nouvelles milices au Kosovo : tour de chauffe ou répétition générale ?


Traduit par Jean-Arnault Dérens

Publié dans la presse (journal "BIRN"): 11 octobre 2007

La fantomatique Armée nationale albanaise (AKSH) refait parler d’elle, avec une apparition très médiatisée sur une grande route du Kosovo fin septembre. Si le scepticisme prévaut sur le réel potentiel militaire de cette guérilla, son retour, au moment où les discussions sur l’avenir du Kosovo ne cesse de s’enliser, n’est sûrement pas de bon augure. Côté serbe aussi, des milices sortent de l’ombre : s’agit-il d’une « répétition générale » avant de nouveaux affrontements ?

Par Krenar Gashi

« La guerre est inévitable ! La seule façon d’éviter la guerre dans les Balkans est d’accorder au Kosovo une indépendance complète internationalement reconnue », prévient Gafurr Adili, porte-parole de l’Armée nationale albanaise (Armata Kombetare Shqiptare, AKSH).

Gafurr Adili, dont l’organisation - classée comme terroriste par l’ONU - lutte pour l’unification des Albanais de toutes les régions et de tous les pays des Balkans où ils sont présents, renchérit en affirmant que « l’indépendance du Kosovo constitue une exigence minimale ».

La récente réapparition de l’AKSH, sème la confusion au Kosovo. Tandis que certains ne lui accordent pas assez de crédibilité pour représenter une menace sérieuse pour la sécurité, d’autres craignent que cette organisation ne gagne du terrain à mesure que les reports permanents d’une solution du statut définitif du territoire attisent les tensions dans l’entité administrée par l’ONU.

Ces tensions augmentent déjà, alors que le compte à rebours est lancé, puisque le nouveau round de négociations doit s’achever le 10 décembre. Alors que les politiciens kosovars se préparaient à rencontrer de nouveau la délégation serbe à Bruxelles le 14 octobre, l’AKSH a refait parler d’elle.

Des images vidéo tournées près de la frontière entre le Kosovo et la Serbie, plus précisément dans la municipalité de Podujevo, montrait un groupe d’une douzaine d’hommes vêtus d’uniformes noirs - certains portaient même des carabines de tireurs d’élite sophistiquées - patrouillant sur l’une des plus importantes routes du Kosovo et contrôlant les véhicules qui passaient.

« Nous ne revenons pas. Nous avons toujours été là. Nous avons seulement décidé que le moment était venu de reprendre les armes, parce que la population [albanaise] est menacée par beaucoup de groupes paramilitaires pénétrant au Kosovo depuis la Serbie », nous a expliqué Gafurr Adili, au téléphone depuis l’Albanie voisine.

Pas de conflit avec la KFOR

« Nous opérons dans les zones où la KFOR [la mission de paix de l’OTAN] est absente. Ces zones comprennent surtout des villages près de la frontière avec la Serbie, où les troupes de la mission de paix ne patrouillent pas », précise-t-il. « Nous n’affronterons pas les troupes de l’OTAN... S’ils décident de prendre le contrôle de la région et de garantir la sécurité de la population locale, nous allons simplement ranger nos armes et rentrer chez nous. »

Le colonel Bertrand Bonneau, porte-parole de la KFOR, déclare que c’est ce qu’ils devraient faire immédiatement. « Laissons-les baisser leurs armes et rentrer chez eux afin de vivre sans violence. Ils se tourneront vers des moyens démocratiques afin de participer positivement à la définition de l’avenir du Kosovo », explique le colonel. « Ces groupes sont aussi dangereux qu’inutiles pour la sécurité de la région », argue-t-il, avant d’expliquer que, chaque jour, la KFOR « mène des patrouilles synchronisées avec les forces armées des pays voisins, y compris celles de la Serbie ».

Mais les inquiétudes concernant la sécurité au Kosovo grandissent, bien que les autorités et de nombreux experts pensent que l’AKSH ne représente pas un véritable danger pour l’ordre public.

Le Kosovo est sous administration de l’ONU depuis 1999, lorsqu’une campagne de bombardements de l’OTAN a forcé les autorités serbes à retirer leurs troupes du territoire. La mission de la KFOR, dirigée par l’OTAN, a été mise en place dans le but de maintenir la paix, d’assurer la sécurité, et de soutenir l’administration de l’ONU.

Des membres de l’AKSH ont été périodiquement remarqués sur le territoire depuis la fin des hostilités en 1999. Ils ont revendiqué plusieurs attentats à la bombe au Kosovo. Cependant, le groupe avait évité les projecteurs pendant quelque temps, durant la phase antérieure des négociations sur le statut du Kosovo menées sous médiation internationale. Jusqu’à la semaine dernière, il n’avait pas été vu depuis début 2006.

(Image JPEG) Le ministre de l’Intérieur, Blerim Kuci, semble pourtant préoccupé. « Je suis inquiet. Toute structure parallèle est illégale et nuisible. Nous ignorons qui et qu’est-ce que représente l’AKSH », admet-il. Le groupe se décrit lui-même comme l’aile militaire du Front pour l’unification albanaise (FBKSH).

Toutefois, Blerim Kuci fait remarquer qu’il est assez facile par les temps qui courent de bluffer au Kosovo. « Il y a beaucoup d’armes ici, alors n’importe qui peut en prendre une et se proclamer le représentant d’un groupe, que ce soit l’AKSH, l’AKSH-bis, ou peu importe comment ils choisissent de s’appeler. » Il ajoute qu’aussi longtemps que le statut politique du Kosovo ne sera pas résolu, il sera difficile de traiter avec des groupes tels que l’AKSH.

Des « actes démocratiques de violence »

« Ces hommes sont des idéalistes. Ce sont des vétérans qui ont combattu dans toutes les guerres des Balkans. Ils ont pris l’habitude des mouvements illégaux sous le régime communiste. Ils sont prêts à mourir, si nécessaire, pour la liberté de leur nation », assure Gafurr Adili, qui refuse de révéler le nombre de combattants de l’AKSH, prétextant que cette information a une valeur stratégique. « Je peux seulement dire que ce nombre s’accroît. »

Rame Arifaj, conseiller du Premier ministre en matière de sécurité, voit un lien évident entre la réapparition de l’AKSH et l’impasse de la question du statut du Kosovo. « Les nombreux reports de la résolution du statut du Kosovo se répercutent directement sur la population, qui perd patience », soutient Rame Arifaj. Il croit que l’AKSH « n’a pas l’intention ni la capacité de provoquer des troubles », mais il affirme qu’ils ne devraient pas être totalement ignorés.

Lulzim Peci, un expert des questions de sécurité, est du même avis. « En pratique, ils ne constituent pas une force réellement menaçante. Ils pourraient au pire causer de petits incidents, mais rien de majeur », dit-il. Néanmoins, Lulzim Peci craint que la situation générale au Kosovo ne favorise la création de groupuscules armés dans le genre de l’AKSH, c’est-à-dire basés sur des communautés ethniques.

« Le Kosovo aura ses propres forces de sécurité pour se protéger lui-même, d’une manière institutionnelle », a déclaré récemment le Premier ministre Agim Ceku aux journalistes. Mais Agim Ceku - qui avait lui-même commandé en 1999 les troupes de la guérilla kosovare albanaise regroupées sous la bannière de l’Armée de libération du Kosovo (UÇK) - a ajouté un avertissement : « L’apparition de tels individus n’envoie pas un bon message pour le Kosovo ».

Bien entendu, Gafurr Adili entretient des vues diamétralement opposées. « Quand tous les moyens politiques ont été épuisés, alors vient le temps de commettre des actes démocratiques de violence », lance-t-il. « Nous avons toujours remporté la victoire dans notre combat sur les champs de bataille, puis perdu ces mêmes combats quand nous sommes revenus à la table de négociation », a-t-il conclu - sur des paroles qui font redouter à certains de nouveaux troubles au Kosovo.
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps, à Vera Cruz Grad (Ex-Yougoslavie topic)   Lun 5 Nov - 21:37

Citation :
L’EUFOR et l’OTAN prêtes à intervenir en Bosnie

Traduit par Jacqueline Dérens
Mise en ligne : vendredi 2 novembre 2007



La situation instable politiquement en Bosnie-Herzégovine inquiète la communauté internationale, et l’EUFOR comme l’OTAN se sont déclarées prêtes à une intervetion en cas d’affrontements graves.


L’amiral Hans-Jochen Witthauer

La force de maintien de la paix en Bosnie est prête à intervenir au cas où une nouvelle guerre éclaterait dans ce pays.

C’est ce que vient de déclarer le Commandant de l’EUFOR [1], Hans-Jochen Witthauer, dans un entretien au journal Dnevni List. C’est la première fois que la possibilité d’un nouveau conflit a été publiquement mentionnée par un haut responsable international.

Cette remarque faite par le vice-amiral Hans-Jochen Witthauer au journal de Mostar reflète l’inquiétude grandissante devant l’aggravation de la situation politique et de la sécurité dans la région.

Cette inquiétude a été alimentée par la tension croissante entre les dirigeants serbes de Bosnie et les organisations internationales et l’incertitude qui prévaut sur le statut du Kosovo.

« L’instabilité est visible en Bosnie-Herzégovine, mais aussi dans toute la région des Balkans occidentaux, c’est pourquoi nous maintenons en place un nombre minimal de troupes prêtes à intervenir si une nouvelle guerre éclate », a déclaré Hans-Jochen Witthauer.

« La question de la résolution du statut du Kosovo crée des problèmes qui se reflètent dans toute la région. Les Balkans sont toujours une zone fragile et instable. Les tensions interethniques sont toujours fortes dans toute la région des Balkans occidentaux et la communauté internationale doit être, et est très attentive aux problèmes de la région. »

Les forces de maintien de la paix en Bosnie ont été réduites de 60.000 hommes en 1995 à 2.500 aujourd’hui pour l’EUFOR.

L’OTAN se dit prête à déployer son arsenal militaire depuis l’Italie et l’Allemagne en cas d’une éruption de violence.


Troupes de l'EUFOR en Bosnie

[1] L’EUFOR est la force opérationnelle de l’Union européenne qui a succédé, en Bosnie-Herzégovine, à la Force de stabilisation (SFOR) de l’OTAN, le 2 décembre 2004.
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps, à Vera Cruz Grad (Ex-Yougoslavie topic)   Ven 23 Nov - 17:33

Bon ca se passe pas en croate, et c'est une langue qui fourche

Citation :
En commettant une erreur de prononciation de l’hymne national croate, pour y glisser un inattendu « pénis », un chanteur d’opéra a peut-être aidé les joueurs de la sélection à se détendre et donc à gagner contre l’Angleterre, déplore vendredi la presse britannique. Le chanteur d’opéra Tony Henry interprétait l’hymne national croate devant quelque 90.000 supporteurs réunis mercredi soir au stade de Wembley, à Londres, quand il a mal prononcé « Mila kuda si planina » (« Tu sais, ma chérie, comment nous aimons nos montagnes ») pour le transformer en « Mila kura si planina » (« Ma chérie, un pénis et une montagne »). Les joueurs ont alors réprimé un rire, Vedran Corluka et Luka Modric se lançant en particulier une œillade complice.
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps, à Vera Cruz Grad (Ex-Yougoslavie topic)   Dim 17 Fév - 21:54

Citation :
MITROVICA, Serbie (Reuters) - Des bâtiments de l'Union européenne et des Nations unies ont été la cible de jets de grenades à Mitrovica, dans la partie serbe de cette ville du nord du Kosovo, après la proclamation unilatérale de l'indépendance de la province serbe peuplée à 90% d'Albanais de souche.

Une grenade a explosé dans les locaux de l'Onu, causant des dégâts minimes, dit-on de source occidentale dans la ville.

L'UE a fait évacuer le bâtiment qu'elle occupe, qui abrite l'équipe préparant une mission de supervision de l'indépendance du Kosovo.

"Les autorités ont abandonné le bâtiment (de l'UE). Les gardes de sécurité disent que deux grenades ont été lancées. L'une d'entre elles a explosé", a dit un responsable à Reuters.

Un véhicule appartenant à l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui était garé dans un parking de l'Onu, a été endommagé dans l'explosion, dit-on de source policière.

Les forces françaises de la Kfor ont préparé des barrages faits de blocs de béton et de barbelés pour fermer en cas d'affrontements les ponts reliant les quartiers serbe et albanophone de Mitrovica.

Dans le quartier nord de la ville, bastion des Serbes, ces derniers ont déployé leurs drapeaux aux feux de signalisation.

"Nous verrons ce qui se passe cette nuit. Il y aura des tas de gens armés ici", prédit un Serbe en sortant une grenade de sa poche.

Matt Robinson

Voilà, le Kosovo est indépendant de fait.

Alors maintenant, rock'n'roll ou java?
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps, à Vera Cruz Grad (Ex-Yougoslavie topic)   Lun 18 Fév - 15:19

Citation :
Serbie : émeutes dimanche soir à Belgrade



Mise en ligne - Le Courrier de la Serbie : lundi 18 février 2008

Alors qu’à Priština, les cœurs battaient à l’unisson ce dimanche 17 février, à Belgrade, ce fut une journée morose. Dès le crépuscule pourtant, des bandes de hooligans ont envahi et saccagé les rues, manifestant avec violence devant les ambassades des États-Unis et de Slovénie. La police est intervenue et a tenté de réduire les dégâts. Dimanche à 23 heures, une cinquantaine de blessés étaient recensés.

Par Loïc Tregoures, Marina Rakić, Philippe Bertinchamps


(Photo : B92)

Ce dimanche avait pourtant commencé dans le calme. À midi, Tomislav Nikolić, le leader du Parti radical et candidat malheureux aux présidentielles contre Boris Tadić, avait appelé à un rassemblement populaire prévu jeudi prochain. À 16 heures, tandis qu’à Priština venait de débuter la cérémonie officielle de déclaration d’indépendance du Kosovo, à Belgrade, le Premier ministre Vojislav Koštunica dénonçait cet acte illégal, s’en prenant en particulier à l’Europe et aux États-Unis. « Tant que vivra le peuple serbe, le Kosovo restera la Serbie », déclara-t-il, ajoutant que « les noms des dirigeants européens et de ceux des États-Unis seraient gravés en lettres noires dans l’histoire de la Serbie ». De son côté, le Président Boris Tadić a affirmé que la Serbie n’accepterait jamais l’indépendance du Kosovo. Puis, après avoir adressé une lettre à Ban Ki-moon, le Secrétaire général des Nations Unies, lui demandant d’annuler cette déclaration d’indépendance, il a annoncé participer à la session d’urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies, lundi.

À Belgrade, malgré ce dimanche après-midi ensoleillé, les rues sont restées vides. Peut-être à cause du froid qui, depuis trois jours, enserre la ville.

Avant 18 heures, un dispositif policier fut mis en place, par précaution, aux alentours de l’ambassade de Slovénie, attaquée samedi, et de l’ambassade des États-Unis. Puis, très vite, les rues se sont remplies. Des hommes, jeunes, aux allures de hooligans, encapuchonnés, avançant seuls ou par groupes. Bientôt, les voilà 300 devant l’ambassade des États-Unis. Mobiles, organisés, visiblement habitués aux joutes avec la police, ils font face à celle-ci. Le quartier est bouclé. Les diplomates, réunis au ministère des Affaires étrangères, tout proche, sont évacués dans des limousines blindées. De la foule, les premiers cris jaillissent. Des jets de pierres, bouteilles et poubelles fusent aussitôt. Idite na Kosovo ! (« Allez au Kosovo »). Ubi, zakolji, da Šiptar ne postoji ! (Tue, égorge pour que le Shiptar n’existe pas), Spasi Srbiju i ubi se, Koštunice ! (« Koštunica, sauve la Serbie et suicide-toi ! »).

Des journalistes de la télévision, B92, RTS et Studio B, sont agressés. La police intervient au bout d’une demi-heure, le convoi diplomatique passé, et charge à coups de matraques et de fumigènes.

« Même du temps de Miloševic, je n’avais jamais vu ça », s’exclame un témoin. Un autre n’en revient pas : « Pour la première fois, je suis pour la police. Ce que font ces jeunes-là, c’est scandaleux ».

Déjà, un long cortège de hooligans a envahi les artères de la capitale. Les passants, discrets, rasent les murs. Vitrines brisées, panneaux de signalisation détruits, poubelles en béton gisant en travers de la chaussée. Un McDonald’s est incendié. Plusieurs kiosques à journaux sont pulvérisés, les frigos dévalisés. Au siège du Parti libéral démocrate (LDP), le seul parti à s’être proclamé contre la politique gouvernementale sur le Kosovo, les vitres explosent à coups de pierres. La foule avance. Après un rapide crochet par la mosquée, bien protégée, direction le Kalemegdan. La bataille est en train de se déplacer. En face du vaste parc se trouvent deux ambassades : celle de Slovénie, le pays qui préside l’Union européenne, et celle de France - quadrillée par la police.

À 19 heures, les troupes de hooligans se rassemblent devant l’ambassade de Slovénie, et la prennent d’assaut. Une poignée de jeunes gens force les portes et ressurgit au balcon, quelques instants plus tard, un drapeau slovène en flammes à la main. La police charge. La foule s’éparpille et se volatilise dans le parc. Les passants, eux, ont depuis longtemps quitté les rues.

Le cortège s’est ensuite dirigé vers l’ambassade d’Albanie, où de violents heurts avec la police ont eu lieu.

À 21 heures, un médecin urgentiste faisait état d’une vingtaine de blessés. À 23 heures, leur nombre annoncé était de 47.

Une heure auparavant, Boris Tadić, Vojislav Koštunica et Tomislav Nikolić avaient organisé une réunion extraordinaire, où une convocation du Parlement a été décrétée d’urgence pour annuler l’indépendance du Kosovo.

Les citoyens, quant à eux, semblent désapprouver ces violences. Un jeune Belgradois qui travaille dans une pizzeria ironise : « Il aurait fallu qu’ils commencent plus tôt dans la journée. Comme ça, ils auraient tout brûlé ». Et d’ajouter, avec amertume : « J’attends d’être attaqué, moi aussi ».

À Belgrade, aucun n’est indifférent. Ni à l’indépendance du Kosovo, ni à la violence de ces manifestations.

D’autres manifestations sont prévues lundi, à 13 heures, place de la République, et à 17 heures, à l’église Saint-Sava, à l’appel des dignitaires religieux.
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps, à Vera Cruz Grad (Ex-Yougoslavie topic)   Lun 18 Fév - 16:19

T en penses quoi du kosovo indépendant ?
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps, à Vera Cruz Grad (Ex-Yougoslavie topic)   Lun 18 Fév - 18:46

Pfiou, bon sang, c'est compliqué. Hein. C'est pas un mystère. C'est tellement plein de passions que sans être partie prenante, on se sent toujours décalé en portant un jugement. Qu'à un moment toutes les parties, ponctuellement, ont à mon sens raison, et à d'autres tort. Et au-delà des passions locales, y'a tellement d'intérêts autres qui se jouent en même temps et qui tentent d'instrumentaliser discrètement les choses (suivez mon regard vers les luttes d'influence Washington-Bruxelles-Moscou-Pékin...)

Je pensais m'essayer à écrire un truc personnel sur le sujet, sans prétention de neutralité ou de documentaire. Purement un point de vue personnel de quelqu'un qui aime ces pays sans en être. Je le posterai, si je le termine.

J'ai le nez dedans jusqu'au cou depuis quelque jours, donc, y'a quand même des chances que j'écrive...

Mais en résumé, j'ai surtout le sentiment que quelles que soient les décisions, elles iront dans tous les cas s'échouer dans une impasse et léser quelqu'un, ou un groupe donné, ou risquer de déstabiliser d'autres régions.

En passant, le JT de TF1 d'hier soir a été en-dessous de tout sur le traitement du sujet, avec des séries de mensonges par omission dans le survol ultra superficiel de la genèse récente des événement qui étaient assez ahurissants. Ou alors la rédaction de TF1 ne s'est pas donné la peine de faire bien son travail.

Ce qui est assez possible.

A part sur Arte (bé oui) et en gros France 3 (et encore, putain...), c'était pas beaucoup mieux ailleurs. Mais TF1, putain... j'aurais été serbe, même super modéré-pacifiste-internationaliste-tout-ce-que-tu-veux-qui-va-bien, j'aurais brûlé ma télé en le voyant ce JT... faut dire que Sarkozy a dit que c'était une bonne chose, donc TF1 dit que c'est une bonne chose, en omettant les faits qui peuvent foutre quand même un doute, ou au moins porter un regard critique...
Insoluble.
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps, à Vera Cruz Grad (Ex-Yougoslavie topic)   Lun 18 Fév - 22:55

à ce sujet je pense que....


j'attends la position officielle de Zabos pour me positionner
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps, à Vera Cruz Grad (Ex-Yougoslavie topic)   Mar 19 Fév - 1:32

Idem !
Ceci dit c'est un peu comme si la Bretagne se décrétait d'un seul coup independante soutenue par les Etats-Unis. On peut comprendre que la Serbie soit pas très très ravie hein.

Après évidemment le parallèle est un peu foireux
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps, à Vera Cruz Grad (Ex-Yougoslavie topic)   Mar 19 Fév - 13:19

Disons que c'est le plus parlant pour nous, même s'il est faux. Techniquement juste, mais complètement faux pour tout le reste.

Mais c'pas une critique, je l'utilise aussi pour donner une idée (je devrais pas).

Putain, eh, par contre, "ma position officielle", oh, eh, on se calme, hein, même en étant pas réputé intéressé par un sujet, c'est autorisé d'avoir une opinion, hein!

Le seul risque étant que je fasse mon relou donneur de leçons comme juste avant.

Et en tant que vieux con (sic des gens qui ont pas tort hi hi) je le fais bien.

Mais c'est marrant quand même. Ouais, faut que je ponde un p'tit texte parce que ce sont les Balkans qui m'ont obligé à me questionner moi-même sur la valeur que j'accorde à une frontière (pas forcément administrative), à une identité et à questionner de manière critique l'amour, les attaches etc... que j'ai pour mon quartier, ma ville, ma région, par exemple, ou la relation ambigüe que j'entretiens avec mes "racines" (guillemets de rigueur) lorraines, puisque ma famille est une vraie famille de bouseux qui n'a pas quitté la région depuis des lustres. Les premiers ascendants directs a avoir quitté la région, c'est la génération de mes parents, d'un côté comme de l'autre... le tout en se mariant entre bouseux locaux... la crainte...

Et du coup, les passions nationalistes balkaniques permettent de se poser des tas de questions par rapport à notre perception de l'identité collective et individuelle, que ce soit en l'acceptant, en la revendiquant, en la rejetant, en la détestant... dans tous les cas, y'a des questions à se poser et des critiques à "s'autofaire".

'fin bref, du coup, c'est vrai que ça me touche grave, ce coin du monde.

Même si y'a pas que pour ça, loin de là.
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps, à Vera Cruz Grad (Ex-Yougoslavie topic)   Mar 19 Fév - 13:58

Zabos a écrit:
Disons que c'est le plus parlant pour nous, même s'il est faux. Techniquement juste, mais complètement faux pour tout le reste.

Mais c'pas une critique, je l'utilise aussi pour donner une idée (je devrais pas).

Putain, eh, par contre, "ma position officielle", oh, eh, on se calme, hein, même en étant pas réputé intéressé par un sujet, c'est autorisé d'avoir une opinion, hein!

Le seul risque étant que je fasse mon relou donneur de leçons comme juste avant.

Et en tant que vieux con (sic des gens qui ont pas tort hi hi) je le fais bien.

Mais c'est marrant quand même. Ouais, faut que je ponde un p'tit texte parce que ce sont les Balkans qui m'ont obligé à me questionner moi-même sur la valeur que j'accorde à une frontière (pas forcément administrative), à une identité et à questionner de manière critique l'amour, les attaches etc... que j'ai pour mon quartier, ma ville, ma région, par exemple, ou la relation ambigüe que j'entretiens avec mes "racines" (guillemets de rigueur) lorraines, puisque ma famille est une vraie famille de bouseux qui n'a pas quitté la région depuis des lustres. Les premiers ascendants directs a avoir quitté la région, c'est la génération de mes parents, d'un côté comme de l'autre... le tout en se mariant entre bouseux locaux... la crainte...

Et du coup, les passions nationalistes balkaniques permettent de se poser des tas de questions par rapport à notre perception de l'identité collective et individuelle, que ce soit en l'acceptant, en la revendiquant, en la rejetant, en la détestant... dans tous les cas, y'a des questions à se poser et des critiques à "s'autofaire".

'fin bref, du coup, c'est vrai que ça me touche grave, ce coin du monde.

Même si y'a pas que pour ça, loin de là.

Donc ton avis c'est qu'il aurait fallu ne pas prendre de décision ? :)

Dans de précedentes interventions tu te montres très critique à l'égard de ce qui a été fait là-bas par les différents acteurs.

Le truc c'est que la situation ne pouvait rester en l'état. En te lisant j'ai l'impression que tu dis que prendre une décision te paraît impossible, j'ai même l'impression qu'avoir un avis autre que "c'est compliqué" est impossible. Genre "quoique vous fassiez ça partira en couille". Bah oui mais bon ça tout le monde se l'est dit depuis longtemps, puis ils se sont dit bon allez on peut pas s'en laver les mains, il faut qu'on se positionne pour faire évoluer le truc.

Mon avis: la situation est compliquée, et quelque soit la voie choisie, la masse des effets négatifs est effrayante.
Mais je suis pour l'indépendance, le kosovo a été confronté à l'autoritarisme de la Serbie et à sa violence; la conciliation semble hors de portée. D'ailleurs la volonté d'indépendance semble rarement avoir été aussi unanime.
Après je trouve ça un peu triste que les kosovars s'empressent de brandir le drapeau albanais... Mais bon ça c'est une autre histoire.

Voilà bon je suis pas très clair mais j'ai pas bcp de tps...
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Zabos



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MessageSujet: Re: Pendant ce temps, à Vera Cruz Grad (Ex-Yougoslavie topic)   Mar 19 Fév - 14:16

BritFox a écrit:


Donc ton avis c'est qu'il aurait fallu ne pas prendre de décision ? :)

Dans de précedentes interventions tu te montres très critique à l'égard de ce qui a été fait là-bas par les différents acteurs.

Le truc c'est que la situation ne pouvait rester en l'état. En te lisant j'ai l'impression que tu dis que prendre une décision te paraît impossible, j'ai même l'impression qu'avoir un avis autre que "c'est compliqué" est impossible. Genre "quoique vous fassiez ça partira en couille". Bah oui mais bon ça tout le monde se l'est dit depuis longtemps, puis ils se sont dit bon allez on peut pas s'en laver les mains, il faut qu'on se positionne pour faire évoluer le truc.

En effet, je ne vais rien décider, pour ma part. Puisque je ne suis pas l'un des décideurs.

Désolé, hein. Je n'ai jamais dis qu'il ne fallait rien décider.

La question que je me pose aussi, ce n'est pas seulement s'il faut décider quelque chose ou pas, ce qu'il faut décider, mais c'est aussi de savoir qui doit décider. J'ai critiqué un acteur, principalement, et ce depuis son passage là-bas, c'est effectivement le père Kouchner qui a passé son temps à souffler le chaud et le froid sur les deux communautés via le droit international, sans remettre en cause ses procédés et ses conséquences en fonction de l région et des enjeux actuels ou anciens qui y sont en cours... en gros, je lui reproche d'avoir administré le Kosovo comme il aurait administré le Timor ou le Tratgululomnoland Oriental-les-Oies, en se plaçant uniquement et exclusivement selon des critères occidentaux.

Je n'ai pas d'avis tranché; et ça ne partira pas en couille fatalement. C'est faux. J'essaye juste de dire qu'il n'y a pas de "bonne" décision.

Tu as mal lu. Ou mal compris. Ou je me suis mal exprimé.

J'ai aussi l'impression qu'on atteint les limites du droit international tel que décrit depuis 1946, les limites de l'ingérence.
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps, à Vera Cruz Grad (Ex-Yougoslavie topic)   Mar 19 Fév - 15:57

j'aime bien ta position Zab', sans rien comprendre à l'identité tout ça de là-bas, mais dire que tu ne peux pas appliquer un strict point de vue occidental de 46 me suffit à entrevoir...
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps, à Vera Cruz Grad (Ex-Yougoslavie topic)   Aujourd'hui à 21:25

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