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 Umoja: un village de femmes africaines

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Zabos

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MessageSujet: Umoja: un village de femmes africaines   Dim 11 Fév - 0:30

Je me suis un peu emballé sur le topic TV, mais quand même, bien qu'un début d'acculturation existe... y'a des choses intéressantes, ne serait-ce que du point de vue communautaire.

Malheureusement, je n'ai trouvé sur le net qu'un article du Washington Post traduit....

Citation :
Emily Wax

Service étranger du Washington Post

Samedi 9 juillet 2005

UMOJA (Kenya) – Assise en tailleur à l’ombre sur une natte en sisal, Rebecca Lolosoli, matriarche d’un village composé uniquement de femmes, prend par la main une jeune fille de treize ans, effrayée. L’enfant est promise à un homme trois fois plus âgé qu’elle, et Rebecca Lolosoli lui dit qu’elle n’est pas obligée de le prendre pour époux.

Cet homme est le frère de Rebecca Lolosoli, mais qu’importe. Sur cette parcelle de terre africaine, ce sont les femmes qui décident.

« Tu es une petite fille, et lui, un vieil homme », dit Rebecca, qui offre un refuge aux jeunes filles qui s’enfuient pour éviter un mariage forcé. « Les femmes n’ont plus à supporter ces absurdités. »

Il y a dix ans, un groupe de femmes a fondé le village d’Umoja — qui signifie unité en swahili — sur une parcelle de terre aride dont personne ne voulait plus. Les femmes ont dit qu’elles avaient été violées et, en conséquence, abandonnées par leur mari, qui prétendaient qu’elles étaient la honte de leur village.

Ulcérée par ce traitement, Rebecca Lolosoli, femme d’un grand charisme et très sûre d’elle, au visage surmonté d’une couronne touffue de cheveux noirs, décida qu’aucun homme ne serait autorisé à vivre dans leur village, formé d’un cercle de cases faites de terre et de bouses de vache.

Par dépit, les hommes de sa tribu se mirent à construire leur propre village de l’autre côté de la route, surveillent ce qui se passait à Umoja et espionnent leurs femmes.

Ce qui n’était au départ qu’un groupe de femmes sans logis et cherchant un toit pour elles seules est devenu un village qui fonctionne bien et dont les habitantes coulent des jours heureux. Environ une quarantaine de femmes habite ici : elles gèrent un centre culturel et une aire de camping pour les touristes qui visitent la réserve nationale de Samburu toute proche. Umoja est devenu un village florissant et a fini par attirer tellement de femmes en quête d’un secours que les habitantes ont dû recruter des hommes pour amener du bois, tâche qui incombe normalement aux femmes.

Les hommes du village rival ont également tenté de construire un centre culturel et touristique, mais sans trop de succès. Les femmes, elles, grâce aux revenus du camping et du centre culturel où elles vendent des objets de l’artisanat, ont acquis leur autonomie. Pour la première fois, elles ont pu envoyer leurs enfants à l’école, manger à leur faim et s’opposer aux exigences des hommes concernant l’excision et le mariage de leurs filles.

Ces femmes se sont attiré un tel respect que d’autres femmes en détresse, pour certaines battues, pour d’autres en instance de divorce, ont commencé à affluer vers ce petit village du nord du Kenya. Rebecca Lolosoli a même été invitée récemment par l’ONU à participer à une conférence mondiale sur l’autonomisation des femmes à New York.

« C’est à ce moment-là que des comportements jaloux détestables commencèrent de se manifester », dit Rebecca, ajoutant qu’elle avait été l’objet de menaces de mort de la part de villageois, peu avant son départ pour New York. « Ils m’ont simplement dit, tout de go, qu’ils voulaient me tuer », rapporte Lolosoli, en riant pour atténuer le caractère par trop dramatique de cette idée.

Sebastian Lesinik, chef du village des hommes, riait lui aussi en décrivant la distinction très nette qu’il fait entre hommes et femmes. « L’homme est la tête », dit-il. « La femme est le cou. Un homme ne saurait chercher conseil auprès de son cou. »

« Elle remet en question l’essence même de notre culture », dit Lesinik à l’occasion d’une conversation dans un bar, par un après-midi torride. « Il semble que ce genre d’attitude, des fauteuses de troubles comme Rebecca, soient dans l’air du temps. »

Dans un contexte où se mêlent le bon sens des femmes africaines et l’introduction au compte-gouttes d’influences du monde extérieur s’est développée progressivement une version du féminisme, en parallèle avec une violence sexuelle poussée à son paroxysme, la lutte contre le VIH/SIDA et les séquelles des guerres africaines, facteurs qui, tous, ont modifié de façon surprenante le rôle des femmes.

Les parlementaires kényans se voient délibérer au sujet d’un ensemble de nouvelles lois destinées à donner aux femmes des droits sans précédents leur permettant de refuser des demandes en mariage, de combattre le harcèlement sexuel sur le lieu de travail, de refuser les mutilations sexuelles et d’intenter des actions en justice pour viol, acte si fréquent que les responsables kenyans en parlent comme du plus grand problème lié aux droits de la personne dans le pays. La sanction la plus sévère prévue par la loi sur la « castration chimique » consiste à castrer les violeurs récidivistes et à les condamner à la prison à vie.

En Ouganda, pays limitrophe, des milliers de femmes se réunissent ce mois-ci pour appuyer la loi sur les relations matrimoniales, qui prévoit de leur donner des droits juridiques spécifiques si leur mari prend une deuxième épouse, en partie pour éviter une infection éventuelle par le VIH.

Onze ans après le génocide du Rwanda, qui, selon les estimations, a causé la mort de 800 000 personnes, les femmes du pays détiennent 49 % des sièges à la chambre basse du Parlement. Un grand nombre d’entre elles sont des veuves de guerre qui se sont senties obligées de monter au créneau pour protester après que des dirigeants de sexe masculin ont armé le bras de la majorité Hutu pour perpétrer le massacre de tribus de Tutsis en 1994.

Dans toute l’Afrique occidentale, les Nigériennes exercent une pression active pour que des femmes soient nommées à des postes politiques, y compris aux fonctions de président, dont l’élection est prévue en 2007, arguant du fait que les hommes n’ont pas réussi à diriger le pays.

En vue de la réunion du G8 qui se tient en Écosse cette semaine, des féministes ont déclaré qu’elles espèrent que l’aide internationale destinée à l’Afrique s’adressera aussi aux femmes qui militent pour que les systèmes judiciaires de leur pays défendent le droit des femmes et pour que celles-ci soient davantage représentées au sein de leurs assemblées législatives.

« Nous sommes à l’aube d’une période importante pour les Africaines », a dit Margaret Auma Odhiambo, qui dirige le plus grand groupe de veuves du Kenya occidental, dont les maris sont décédés de complications liées au SIDA.

Les efforts de Rebecca Lolosoli pour promouvoir le changement sur cette partie du continent montrent les difficultés qu’il faut vaincre pour faire avancer les choses et modifier les rapports de force dans la vie du village. Avant même que Rebecca ne parte pour la conférence de l’ONU, elle allait de porte en porte dans la ville voisine de Archer’s Post, pour dire aux femmes qu’elles avaient des droits, tels que celui de refuser les rapports sexuels avec leur mari si elles étaient battues ou maltraitées.

« Une femme n’est rien dans notre village», a-t-elle dit, faisant allusion aux membres de sa tribu, y compris aux hommes du village faisant face à celui des femmes.

« Il ne vous est pas possible de répondre aux hommes ou de parler en face d’eux, que vous ayez raison ou tort. Il faut que cela change. Les femmes doivent exiger la reconnaissance de leurs droits pour se faire respecter. Mais si vous vous taisez, personne ne sait que vous avez quelque chose à dire. Là encore, ce que je disais ne plaisait pas. »

À la conférence des Nations Unies à New York, R. Lolosoli a dit qu’elle et d’autres femmes du monde entier s’étaient senties soudées en regardant ensemble un épisode d’ « Oprah » , qui parle des femmes, des insultes dont elles sont victimes, ainsi que des maris qui les trompent.

« Pleurer, c’est tout ce que l’on peut faire », poursuit Rebecca en soupirant, ajoutant que, dans sa tribu, les hommes sont encore nombreux à prendre plusieurs femmes. « Et puis, le fait d’apprendre que beaucoup de femmes doivent faire face à des difficultés de cette nature et s’en sortent m’a littéralement inspirée ».

De retour au Kenya, armée d’idées nouvelles et de manuels sur les méthodes d’apprentissage de la conquête de son autonomie, Rebecca Lolosoli a tenu bon même lorsque certains l’ont poursuivie en justice pour faire fermer le village.

« J’ignorais les hommes lorsqu’ils me jetaient des pierres, et je leur demandais : « Tu vas bien ? Et tes enfants ? Et tes vaches ? » ». Sa tactique, répondre par le calme, les désarmait, se rappelle-t-elle. « Finalement, ils ne nous arrêteraient pas ».

Lolosoli continue de s’opposer à son frère, qui veut épouser cette jeune fille de 13 ans.

Mais, récemment, les habitants du village des hommes ont admis leur défaite. Ils n’essaient plus d’attirer des touristes. Certains ont déménagé. D’autres ont du mal à trouver une épouse car certaines femmes du coin prennent l’exemple de Lolosoli à cœur.

« Elle a réussi, c’est vrai », soupire Lesinik, qui avoue être un peu jaloux. Haussant les épaules, il ajoute : « Peut-être qu’on peut apprendre quelque chose de nos cous, juste un tout petit peu ».

Après ça, le docu sur Arte précise que près de 50% des femmes violées déclarée depuis 1968, répudiées par leur maris suite au viol "comme de bien entendu", le sont par des soldats britanniques en poste au Kenya.

Aucune condamnation n'a été prononcée jusqu'à aujourd'hui.

*J'ajoute que toutes les initiatives gouvernementales (l'article est de 2005...) du Kenya, d'après Arte ce soir, sont toujours attendues sur le terrain: rien n'a été fait.
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Lazare

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MessageSujet: Re: Umoja: un village de femmes africaines   Lun 12 Fév - 1:16

Elles feront vraiment tout pour nous faire chier, les bonnes femmes.
Si on peut plus rester à glander comme des limaces de merde...

Je déconne !!!


Dernière édition par le Lun 12 Fév - 1:20, édité 2 fois
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l' antillais

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MessageSujet: Re: Umoja: un village de femmes africaines   Lun 12 Fév - 1:17

ce post est un mauvais choix tactique,



(moi, ca ne me donne pas envie de te taper)

[edit:pour lazare]


Dernière édition par le Lun 12 Fév - 1:22, édité 1 fois
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Lazare

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MessageSujet: Re: Umoja: un village de femmes africaines   Lun 12 Fév - 1:21

Que dire ?

Une action à soutenir ! Sans hésitation.
M'est avis que leur business peut être leur meilleure pub.

Femmes battues, maltraitées, qui ne complaisent pas dans une victimisation (pourtant compréhensible, ici).
Respect !

(En même temps, je ne sais pas trop que raconter...)
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Tahiri

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MessageSujet: Re: Umoja: un village de femmes africaines   Lun 12 Fév - 1:32

alors ne raconte rien.
(j'aurais pu dire ferme ta gueule aussi).
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Lazare

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MessageSujet: Re: Umoja: un village de femmes africaines   Lun 12 Fév - 1:34

J'voulais pas que le topic descende.
Merci pour ta contribution constructive :twisted:

****************************************

Bref, si vous allez au Kenya, vous savez où vous adresser pour avoir un accompagnateur pour un safari photo.
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Zabos

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MessageSujet: Re: Umoja: un village de femmes africaines   Lun 12 Fév - 12:39

J'ai bien aimé que ce soit une révolte venant de la société kenyane elle-même, soit celle qui est à l'origine de l'oppression, et pas une initiative venant de l'extérieur, d'une ONG ou quoi. Les gens sont toujours plus aimables et touchants, mais surtout efficaces et radicaux quand ils effectuent seuls leurs prises de consciences et organisent seuls leurs actions, même si aujourd'hui ça a largement dépasse ce cadre.

Ça réduit le risque paternaliste/moraliste/colonialiste et toute la mauvaise bonne conscience qui va avec.
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Lazare

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MessageSujet: Re: Umoja: un village de femmes africaines   Mar 13 Fév - 21:45

Clair.

Mais s'il n'y a pas d'évolution depuis 2005 (on n'en sait rien, en fait)...
Une aide sporadique, uniquement matérielle est courte, pourrait être bienvenue.

C'est d'ailleurs étonnant qu'aucune ONG ne se soit "emparée" de ce mouvement.
Ah ouais, mais au Kenya, il n'y a pas de pétrole, et pas lourd de diamant.
Aucun intérêt, donc.
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Zabos

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MessageSujet: Re: Umoja: un village de femmes africaines   Mar 13 Fév - 22:07

Si, justement, depuis, l'ONU y a mis le nez et une aide extérieure arrive.

Je pense que cette communauté est en train d'être érigée en modèle.

C'est bien, puisque, de plus, cette communauté refuse de pratiquer l'excision dont on parle tant, bref, ça me semble être un progrès et quelque chose de sain.

C'est relou car on en vient au risque d'accélération et d'exagération du phénomène, qui du coup le déracine de sa culture et extrait ce progrès de la culture qui le produit. En gros, on va entendre "ouais, mais c'est encore une initiative de blancs et de quoi ils se mêlent ceux-là". Paradoxalement, l'intérêt de la "communauté internationale" donne de l'eau au moulin des détracteurs. Ce n'est plus vu comme une révolte interne, une révolte au sein du système de valeurs.

Et à la fois, bah oui, c'est quand même quelque chose qu'on a envie et même qu'il faut soutenir quand on en prend connaissance.

J'me pose peut-être trop de questions, mais y'a aussi trop de conneries qui se font au nom de l'humanitaire et de l'universalité, même involontairement, alors que je suis sûr qu'il existe des solutions permettant d'éviter/minimiser ces risques.

Mais bon. Si y'a des avis, ce serait intéressant, parce que je reconnais que ça me semble pas très au point, mon raisonnement, que ça merde quelque part.
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Odin

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MessageSujet: Re: Umoja: un village de femmes africaines   Mar 13 Fév - 22:20

je pense que c'est un départ, l'afrique a quelques années de retard encore de ce coté la, je pense que seul le temps peut faire les choses, comme il l'a fait dans nos sociétés...
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MessageSujet: Re: Umoja: un village de femmes africaines   Mar 13 Fév - 22:22

Je pense que la culture africaine va en prendre un coup ces prochaines décennies.
A eux d'arriver à la conserver.

Oui, nous, nantis, allons nous lamenter sur leur perte de culture...
Mais je crois comprendre qu'elles se passeraient bien de certaines traditions.
Il y a quand même beaucoup de violence dans la culture africaine.
Pas que ça, certainement (je n'ai jamais mis les pieds en Afrique Noire).
Mais bon, la fête des masques, en Afrique Occidentale, c'est pas cool pour l'idiot du village.
Nous-mêmes, françois, avons un peu perdu.
Mais bon, la galette des rois, les mariages d'affaires... ça ne nous manque pas tant que ça. Faut encore qu'on s'adapte.
Y a que le carnaval qui me manque.


Culture / tradition / économie / mondialisation. Rien n'est facile.
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Zabos

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MessageSujet: Re: Umoja: un village de femmes africaines   Mer 14 Fév - 20:16

Odin a écrit:
je pense que c'est un départ, l'afrique a quelques années de retard encore de ce coté la, je pense que seul le temps peut faire les choses, comme il l'a fait dans nos sociétés...

Ah ouais, j'voulais t'dire: pourquoi est-ce que le cheminement qu'on connu nos sociétés occidentales -qui sont encore loin d'être parfaites à ce niveau- serait 'naturellement" le même dans d'autres sociétés?
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