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 Contre la peur

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Valentina Samska



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MessageSujet: Contre la peur   Lun 18 Déc - 10:44

Apaisement.

Il est cinq heures et c’est une bonne heure, ce matin.

Des lambeaux de sommeil s’accrochent encore désespérément à mon regard déjà vif, mais ils se dessèchent à vue d’œil et tomberont très bientôt comme des peaux mortes, comme une chassie inutile.

Prendre le maquis. C’est beau. C’est s’échapper, se cacher, vivre là-bas, alors que l’on nous aboie que seul ici est possible. C’est un acte poétique et politique. Se retrancher du réel, sans le quitter vraiment. Abandonner le monde pour mieux peser sur lui. Ne pas se prendre pour un Bouddha idiot, ne pas se prendre pour une activiste seulement matérialiste. Chercher à trouver l’idéal compromis entre les deux.

Car si les choses tournaient ouvertement au vinaigre cette année, ce mois de mai ? Ou dans les années à venir ? Si Orwell avait mésestimé les prolétaires, quoi que veuille dire aujourd’hui ce mot, et que des gens décident de quitter la normalité pour devenir des clandestins, des sans-papiers volontaires, mais des sans-papiers de l’intérieur, des sans-papiers armés contre le système qui fait des clandestins et des sans-papiers ? Des gens organisés avec pour idée de résister avant qu’il ne soit trop tard, que les conditionnements en cours ne soient enfin pleinement effectifs, et la société devenue parfaite ?

La société humaine est devenue mauvaise. Sa perfection serait maléfique.

Si des hommes et des femmes, aussi dur que soit ce fait, décidaient de passer outre, de façon consciente, choisie, et organisée, le tabou de la mort –la sienne, comme celle que l’on donne ?-

J’y pense. Beaucoup de gens y pensent. Peut-être plus que l’on ne croit.

Abandonner une vie que l’on aime pour se libérer de cette société humaine qui nous la rend aimable, cette vie, mais nous fait payer ce bonheur au centuple, et sans jamais le dire, sans jamais supporter notre regard. C’est là que réside notre force. Elle ne nous regarde pas en face. Profitons-en.
Quitter ce palace heureux qu’est ma vie, qui me remplit apparemment de joie chaque jour, et accepter de plonger mes mains dans la merde et le sang.

La prise du maquis est d’abord conditionnée par notre faculté à libérer notre fort intérieur avant quoi que ce soit d’autre. Il faut réussir sa propre libération avant d’envisager celle des autres. C’est la que réside la plus grande et la plus fondamentale des victoires.

Le maquis, poétique et politique ?

Accepter que derrière cette formule tranquillement vaporeuse, mais nécessaire, il y a des litres de sang, souvent innocent, honteux, du sang pas très propre qu’on ne lave jamais vraiment. Souvent même non-voulu, mais que la force dite des choses veut, elle.

Je suis très calme ce matin. Je fais sauter quelques barrières en mon fort intérieur. Le café a une odeur que j’aime.
Je le bois.

Mais le temps presse.
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ubifaciunt



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MessageSujet: Re: Contre la peur   Lun 18 Déc - 16:12

j'aime bokou...
encore,
s'il te plaît !

café...
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ubifaciunt



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MessageSujet: Re: Contre la peur   Lun 18 Déc - 16:19

en fait ça me fait penser à un mélange de très bon Zabos avec du Tiqqun (post-situ...)


Eh bien, la guerre!




Il faut en tout commencer par les principes. L'action juste en découle.
Quand une civilisation est ruinée, il lui faut faire faillite. On ne fait pas le ménage dans une maison qui s'écroule.
Les buts ne font pas défaut, le nihilisme n'est rien. Les moyens sont hors de cause, l'impuissance n'a pas d'excuse. La valeur des moyens se rapporte à leur fin.
Tout ce qui est, est bon. Le monde des qelipoth, le Spectacle, est de part en part, mauvais. Le mal n'est pas une substance, s'il était une substance, il serait bon. Le mystère de l'effectivité du mal se résout en ceci que le mal n'est pas, mais qu'il est un néant actif.
Le mal, c'est de ne le pas distinguer du bien. L'indistinction est son royaume, l'indifférence sa puissance.
Les hommes n'aiment pas le mal, ils aiment le bien qui est en lui.
Dans le Tiqqun, l'être retourne à l'être, le néant au néant. L'accomplissement de la Justice est son abolition.
L'histoire n'est pas finie, il faudrait, pour cela, qu'elle ait notre accord.
Un seul homme libre suffit à prouver que la liberté n'est pas morte.
La question n'est jamais de "vivre avec son temps", mais pour ou contre lui. Ça ne dépend pas.
Tout ce qui se targue d'une avance temporelle avoue seulement par là qu'il n'est pas supérieur au temps.
Le nouveau n'est que l'alibi du médiocre. Jusqu'à présent, le progrès n'a désigné qu'un certain accroissement dans l'insignifiant. L'essentiel est resté dans l'enfance. Les hommes ont eu des mœurs mais ils ne les ont pas encore pensées. C'est une négligence dont ils n'ont plus les moyens. Ici, l'histoire commence.
Les catastrophes de l'histoire ne démontrent rien contre le bien. Ce ne sont pas les mouvements révolutionnaires qui ont suspendu "le cours normal des choses". Inversez. C'est ce cours ordinaire qui est la suspension du bien. Dans leur enchaînement, les mouvements révolutionnaires composent la tradition du bien, jusqu'ici: la tradition des vaincus. Elle est nôtre.
Toute l'histoire passée se résume à cela, qu'une grande ville fut assiégée par de petits rois. Inexpugnable le reste demeure.
Absolument avant le temps, il y a le sens.
Il est une horloge qui ne sonne pas. A elle, la royauté.
Il faut agir comme si nous n'étions les enfants de personne. Leur filiation véritable n'est pas donnée aux hommes. Elle est la constellation de l'histoire dont ils parviennent à se ressaisir. Il est bon d'avoir un panthéon. Tous les panthéons ne se trouvent pas au bout d'une rue Soufflot.
Les lieux communs sont la plus belle chose du monde. Il est nécessaire de se répéter. La vérité a toujours dit la même chose, de mille manières. L'instant venu, les lieux communs ont le pouvoir de faire osciller les mondes. D'ailleurs, l'univers est né d'un lieu commun.


Ce monde n'est pas adéquatement décrit parce qu'il n'est pas adéquatement contesté, et réciproquement. Nous ne cherchons pas un savoir qui rende compte d'un état de fait, mais un savoir qui les crée. La critique ne doit redouter ni la pesanteur des fondements, ni la grâce des conséquences.
L'époque est furieusement métaphysique, qui travaille sans répit à l'oublier.
La Métaphysique Critique, en la repoussant, on l'embrasse.
Certains ont trouvé que la vérité n'existe pas. Ils en sont punis. Ils ne se dérobent pas à la vérité, tandis que la vérité se dérobe à eux. Ils ne l'enterrent pas, tandis qu'elle les enterrera.
Nous n'avons que faire des gémissements, nous ne ferons à personne la charité d'une révolte sur mesure. Il vous faudra tout reprendre par vous-mêmes. Ce monde a besoin de vérité, non de consolations.
Il faut critiquer la domination, parce que la servitude domine. Qu'il y ait des esclaves "heureux", ne justifie pas l'esclavage.
Ils sont nés. Ils veulent vivre. Et ils poursuivent des destins de mort. Même, ils veulent se reposer et ils laissent des fils, pour que naissent d'autres morts, et d'autres destins de mort.
Voici venu le temps des larves, elles écrivent même de petits livres dont on cause dans leurs élevages.
Depuis qu'il y a des hommes, et qui lisent Marx, on sait ce qu'est la marchandise, mais on en a toujours pas fini pratiquement avec elle. Certains. qui ont fait autrefois profession de la critiquer, avancent même qu'elle serait une seconde nature, plus belle et plus légitime que la première, et que nous devrions nous plier à son autorité. Ses métastases ont atteint les extrémités du monde; il serait bon de se rappeler qu'un organisme entièrement cancérisé s'effondre en peu de temps.
Les alternatives et les litiges anciens sont exsangues. Nous en imposons de nouveaux.
Rejetez également les deux côtés. N'aimez que le reste. Seul le reste sera sauve.
Les hommes sont responsables du monde qu'ils n'ont pas créé. Ce n'est pas une notion mystique, c'est une donnée. S'en étonnera qui s'en est arrangé.
D'où, la guerre.


L'ennemi n'a pas l'intelligence des mots, l'ennemi les piétine. Les mots veulent être redressés.
Le bonheur n'a jamais été synonyme de paix. Il faut se faire du bonheur une idée offensive.
La sensibilité n'a que trop longtemps été une disposition passive à la souffrance, elle doit devenir le moyen même du combat. Art de retourner la souffrance en force.
La liberté ne s'accommode pas de la patience. elle est la pratique en acte de l'histoire. Inversement, les "libérations" ne sont que l'opium des mauvais esclaves. La critique naît de la liberté, et l'accouche.
Les hommes sont plus sûrs de se libérer en se déprenant que d'accéder au bonheur en recevant.
Poursuivez la liberté, vous aurez le reste avec. Qui veut se garder, se perdra.
De même que tout ce dont l'existence doit être préalablement prouvée, la vie selon ce temps est de bien peu de valeur.
Un ordre ancien subsiste en apparence. En vérité, il n'est plus là que pour être décrit dans toutes ses perversions.
On dit qu'il n'y a point de péril, parce qu'il n'y a pas d'émeute; on dit, comme il n'y a pas de désordre matériel à la surface de la société, que la révolution est loin de nous. C'est que les forces d'anéantissement sont engagées dans une voie tout autre que celle où l'on s'attendait d'abord à les trouver.
Sachez, jeunes imbéciles, petits mufles réalistes, qu'il y a plus de choses au ciel et sur la terre que n'en rêvent vos solipsismes inconséquents.
Cette société fonctionne comme un appel incessant à la restriction mentale. Ses meilleurs éléments lui sont étrangers. Ils se rebellent contre elle. Ce monde tourne autour de ses marges. Sa décomposition l'excède. Tout ce qui vit encore vit contre cette société.
Quittez le navire, non parce qu'il coule, mais pour le faire couler.
Ceux qui ne comprennent pas aujourd'hui ont déjà déployé toute leur force hier, pour ne pas comprendre. En son for intérieur, l'homme est au fait de l'état du monde.
Toute chose se radicalise. La bêtise, comme l'intelligence.
Le Tiqqun dégage les lignes de rupture dans l'univers de l'indifférencié. L'élément du temps se résorbe dans l'élément du sens. Les formes s'animent. Les figures s'incarnent. Le monde est.
Chaque nouveau mode de l'être ruine le mode de l'être précédent et ce n'est qu'alors, sur les ruines de l'ancien, que le nouveau commence. Et ceci est appelé les "douleurs de l'enfantement" pour signifier une période de grands tumultes. Il apparaît que sera ruiné l'ancien mode de l'être dans le monde, ce qui changera différentes choses.


Un jour une société a tenté, par des moyens innombrables et sans cesse répétés, d'anéantir les plus vivants d'entre ses enfants. Ces enfants ont survécu. Ils veulent la mort de cette société. Ils sont sans haine.

C'est une guerre qui n'est précédée d'aucune déclaration au reste, nous ne la déclarons pas, nous la révélons seulement.
Deux camps. Leur différend porte sur la nature de la guerre. Le parti de la confusion voudrait qu'il n'y ait qu'un camp. Il mène une paix militaire. Le Parti Imaginaire sait que le conflit est père de toutes choses. Il vit dispersé et en exil. Hors de la guerre, il n'est rien. Sa guerre est un exode où les forces se composent et les armes se trouvent.
Laissez au siècle les combats de spectres. On ne bataille pas contre les ectoplasmes. On les écarte pour dégager la cible.
Dans un monde de mensonge, le mensonge ne peut être vaincu par son contraire, mais uniquement par un monde de vérité.
La complaisance engendre haine et ressentiment, la vérité rassemble les frères.
"Nous", c'est nous et nos frères.
L'intelligence doit devenir une affaire collective.
And the rest is silence.



Venise, le 15 janvier 1999
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mezigue



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MessageSujet: Re: Contre la peur   Lun 18 Déc - 16:19

glop
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Zabos



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MessageSujet: Re: Contre la peur   Lun 18 Déc - 17:38

P'tain, ouais, sympatoche...

J'ai par contre un p'tit doute sur qui en est l'auteure...

MP?
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ubifaciunt



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MessageSujet: Re: Contre la peur   Lun 18 Déc - 17:50

pas moi, les deux, hélas... j'aurai bien aimé...
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Valentina Samska



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MessageSujet: Re: Contre la peur   Dim 4 Fév - 12:22

Tentative lyrique d'en savoir plus



Pourquoi tu te bats ?



Des idées naissent dans la nuit et s’affadissent au contact du jour, comme un négatif encore non-révélé. Des images qui hantent et qui tournent. Des souvenirs blessés qui continuent pourtant de sourire avec ce qu’ils peuvent, parce que nos souvenirs nous aiment. Des heures de veille avec les yeux posés sur autre chose que l’obscurité, des yeux qui fouillent malgré eux bien au-delà de ce qui semble être, qui s’épongent dans l’obscurité et se repaissent de tout ce qui fais que je me bats.



Pourquoi tu te bats ?



Des idées, des idéaux, des convictions ? Fadaises. Des outils. Ce ne sont que des outils. Des techniques pour se donner un motif conscient, des techniques utiles, obligatoires, des choses somme toute honorables, mais qui ne sont rien. Qui ne pèsent pas. Le pourquoi, il est beaucoup plus loin, le pourquoi, il est comme tous les pourquoi, il se révèle dans la nuit, brille un instant, et disparaît, avant même que la conscience ne puisse en saisir l’essence. Le pourquoi, le qui fait que tu tiendras contre eux, contre leur pouvoir, ce n’est pas ta conviction. Une conviction ne tient pas face au feu, face au risque de la mort, encore une fois, la tienne, comme celle que tu donnes. Ce qui te permet de passer le cap, de refuser de garder ton cul assis, c’est encore une fois ces petites lumières qui du fond de ta nuit jettent une flamme insaisissable, par toi le dernier, sur ton présent.



Pourquoi tu te bats ?



Du fond de ma nuit, la gamine qui était moi. Qui cavalait, qui jouait, inventait, qui croyait que. Celle qui restait persuadée contre vents et marées qu’il y avait de l’avantage à être grand, car on pourrait faire le bien, avec les autres grands. Celle que le monde a trahie. Puis que les grands ont trahie. Qui s’est même trahie toute seule, parfois, les jours de mauvaises concessions, les heures de compromis honteux.



Du fond de ma nuit, les grands yeux aveugles de celle qui vient parfois peupler mes nuits, quand la conscience est loin, très loin. Ces grands yeux qui n’ont jamais réussi à se poser vraiment sur moi, qui n’ont fait que me frôler, et qui ne voient plus leur propre lumière dans la nuit depuis trop longtemps. Mais c’est elle quand même. Tout de même.



Pourquoi je me bats ?



Parce que le monde a trahi ces lumières du fond de ma nuit, parce que ce qu’il est cherche à les détruire, parce que ce qu’ils sont a le pouvoir affreux de les faire reculer si loin dans la nuit qu’on peut ne plus les voir, s’ils gagnent.



Parce que leur pouvoir, leur pensée, et leur absence de pensée et de générosité m’ont poussée à franchir le pas et à envisager très sérieusement la violence et le sang, soit l’abdication de principes qui étaient pourtant forts et de longtemps les miens, et qui dénigraient toute violence. Puisque c’est tout ce qu’il nous reste pour sauver les lumières du fond de nos nuits.



Puisque finalement, pour se sauver, et sauver les autres, il vient un temps où il est nécessaire d’abdiquer certaines illusions de vie heureuse, confortable, matérielle.



Notre violence est née de notre défaite à changer le monde par le simple discours. Leur surdité, leur bêtise, leur avidité est la cause de notre défaite à être en paix, et par conséquent de notre violence.



Et je dénie, là, immédiatement, le droit à tout pouvoir de prétendre ne pas reconnaître chez nous son propre visage, de réprouver et réprimer une violence qu’il a créée chez nous et qui doit le dévorer.



Nous sommes les enfants d’un pouvoir par définition violent.

Reste à le tuer, à lui faire manger son propre visage, puis à cesser, enfin, d’être des enfants, car les enfants succèdent à leurs parents, et nous ne voulons pas de cela.
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MessageSujet: Re: Contre la peur   Dim 4 Fév - 12:40

y'a des trucs un peu convenus et d'autres qui tapent salement juste. j'aime vraiment bien.

(j'ai pas besoin de mp ... :) )
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MessageSujet: Re: Contre la peur   Lun 5 Fév - 23:26

je vois pas vraiment ce qu'il ya de si super la dedans ça me bouffe l'estomac les metaphores, le bien le mal et qui je suis ??
'fin les trucs de gothiques ;)
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MessageSujet: Re: Contre la peur   Sam 5 Mai - 22:40

Citation :
Je ne sais pas, vraiment. La peur qui remonte de très loin, et l'envie son
corollaire. L'impression que quelque chose d'hénaurme va se jouer dimanche
à partir de 20 h 01. Dans MA vie. Dans le rapport à mon propre désir et à
ce qui me fait violence. La question de l'idéal et de ce que je mettrai en
oeuvre de beauté et de sacrifice pour l'atteindre. Toujours bien beau de
fantasmer sur la Commune ou l'Espagne républicaine mais ce qu'il y eut de
barbaries... Que nous vivrons peut-être, que je choisirai ou non
d'affronter. Mettre en conformité les z'idées de toujours avec les z'actes
de demain. La fin de la mascarade, en somme.

Je gerbe sur cette société de merde dont ce nabot n'est que le plus infâme
représentant. Si demain, tout vient à cramer, comme je l'espère, comme
j'en ai peur, je ne sais pas où je serai. A mettre le feu aux bagnoles et
aux banques, à mater les copains-ines prendre des risques ou à me barrer
paskeuh j'ai peur... C'est ça que je ne sais pas, ça que trois années
d'analyse ne m'ont pas permis de démêler, c'est cette putain d'ordalie que
je veux vivre en la repoussant. Sinon, je ne saurai jamais.

La seule certitude, c'est que dans ces moments-là, s'ils arrivent dimanche
ou un peu après, j'aurai besoin des gens que j'aime, besoin d'un peu de
leur foi et de tant de leurs rires et de leurs certitudes, de ces
inconnu-e-s, des potes-ses, de toi aussi forcément, de ta force et de tes
doutes, de ce que je vis quand nous sommes ensemble... et du rire, et des
danses, et du reste.
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MessageSujet: Re: Contre la peur   Mer 3 Oct - 18:48

des fois, tu tombes sur des blogs et des billets qui remontent un peu le moral...

Citation :
En rond dans une cage


C'est fini le temps des déceptions, des hésitations et revirements à répétition, il a été élu, plus la peine de se demander si ça valait le coup ou pas de voter contre lui. Même pas de remords, je dirais.
C'est fini, mais le problème c'est que là il y a un blanc. C'est fini et plus rien. Impossible, on croirait, mais si. C'est fini et arrêté.

Et ne me dites pas que deux ou trois manifs qui rassemblent quelques milliers de personnes dans toute la France, ça correspond à quoique ce soit d'un peu valable, vu le contexte. Mais c'est fini parce qu'il n'y a plus rien à faire, tout bêtement. Quand vous vous ramenez à une manif et que la station de métro est fermée, et qu'il y a environ... 20? 30 fois plus de flics....? Qu'à cette même manifestation les gens ne peuvent même pas se retrouver puisque le lieu de rendez-vous est inaccessible, fourgons blancs et bleus obligent ; et que la moitié des manifestants, de toutes façons sont de gentils RG...
Vous faites comme tout le monde, vous vous promenez un peu dans le quartier, même pas une poubelle à brûler parce que Sarko a décidé qu'il pleuvrait, et puis vous rentrez chez vous.

Il est aussi possible d'aller se faire enfermer dans des pièges à rats tout à fait renommés. Genre Bastille, ou Concorde, pour les plus imaginatifs, et là, trente pékins paumés attendent sous la pluie que rien ne se passe. C'est super ultra cool.

Ou alors des balades au rythme un peu plus enlevé, mais qui finissent malheureusement toujours de la même manière, et toujours pour les mêmes, faut comprendre qu'on en ait un peu ras-le-bol au bout d'un moment, surtout quand c'est pour se faire tirer dans le dos ensuite par de sympathiques diant-diants.
Genre ceux qui ont été traumatisés par l'idée qu'on puisse, tant qu'à discuter dans le vide, inviter dans le débat des gens qui n'avaient même pas eu le rendez-vous par indy, mais dont je savais pourtant qu'ils avaient participé à des trucs, avant. Ils étaient là, à 10m, mais non, il ne fallait pas leur parler "à ce moment-là, autant demander à n'importe qui, la personne là, qui passe, si elle ne veut pas nous rejoindre".... C'est vrai qu'on est là pour discuter de choses sérieuses, hein, alors des noirs, vous n'allez pas me faire croire qu'ils peuvent être vraiment politisés. "Mais pourquoi tu es venue, au fait, si tu trouves que l'idée de se voir en vrai pour discuter est mauvaise? C'est assez paradoxal, je trouve" C'est vrai, comment est-ce que j'ai pu m'imaginer un seul instant que des filles en fute stretch, ventre à l'air et ballerines pouvaient avoir en tête d'organiser un truc pour de vrai. Bon en même temps c'est vrai qu'elle n'avait pas osé mettre sa photo. "Mais une action, ça se construit, justement. Je suis pour qu'on aille dans un café, ce sera plus simple" Et Barbès, ça s'est construit en combien de temps? 1 minute? 2 à la limite. "Ah oui mais forcément, si tu considères que Barbès c'était bien... " Je me suis cassée, vite fait.

Il y a aussi d'autres choses à faire. Mais quoi? Il faudrait trouver des actions qu'on puisse mener à une, deux, six ou sept personnes. Des actions vraiment très très mobiles, de pur harcèlement. Entre gribouiller Nique Sarko sur toutes les affiches du métro, et brûler des poubelles. Pour l'aspect individuel. Il faudrait penser.

Parce que la guerre, c'est tous les jours.
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MessageSujet: Re: Contre la peur   Aujourd'hui à 6:57

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