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 Le Contempteur de grève

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AuteurMessage
Zabos



Nombre de messages : 7159
Localisation : Entre deux guerres
Date d'inscription : 21/02/2005

MessageSujet: Le Contempteur de grève   Dim 25 Juin - 0:43

Un ami m'a envoyé ça:

Citation :
J'en Chie, donc je suis


[...]
Sans relâche, le contempteur de la grève met en avant son propre supplice:
il a trimé ou il trime encore comme un fou, pour un salaire ou une retraite
dérisoire. Mais, alors que d’autres, dans le même cas, soutiennent le
mouvement au nom même de cette vie de dur labeur, par désir de l’épargner
aux nouvelles générations – prouvant par là que le travail n’a pas
complètement eu leur peau, et qu’ils ont su fonder leur vie sur des
principes positifs –, son raisonnement à lui est que, s’il en chie, il faut
que les autres en chient aussi; sans quoi sa propre existence s’écroule. La
souffrance, le sacrifice, sont l’alpha et l’oméga de son identité; ils lui
confèrent la seule légitimité qu’il puisse imaginer. Son unique satisfaction
en ce monde réside dans cette surenchère qui consiste à clouer le bec à son
interlocuteur en se posant là comme celui qui en chie le plus. A ce titre,
le mouvement social est pour lui un cadeau, un véritable festival: il lui
fournit l’occasion d’invectiver tous ces "privilégiés", de leur faire honte
en leur peignant le tableau édifiant des multiples avanies de son existence,
auxquelles s’ajoutent si opportunément celles engendrées par la grève.
Pour lui,
le travail est un univers de substitution,
un bain-marie existentiel,
une climatisation mentale

En même temps, tout ça lui flanque une frousse terrible: lui, il croyait que
c’était ça, la vie. Alors si, tout d’un coup, d’autres décident que ce n’est
pas ça, et se mettent en tête de connaître un sort meilleur que le sien, il
doit s’acharner à tout faire pour qu’ils échouent. Car, s’ils réussissaient,
eh bien, il serait baisé, tout simplement. Preuve que, quelque part au fond
de lui, il ne croit pas tant que ça à ce qu’on lui a inculqué: logiquement,
si la souffrance et le sacrifice étaient le destin ultime de l’être humain,
son propre état devrait le plonger dans la béatitude. Plus il avale de
couleuvres et bouffe de vache enragée, plus il devrait s’épanouir, déborder
de sérénité et d’amour universel, se sentir proche de la plénitude et de
l’accomplissement. Or, ce n’est pas le cas, et cela trahit la contradiction
interne de sa vision du monde. La seule issue qu’il lui reste alors est de
souhaiter aux autres tout le mal de la terre, histoire de s’offrir au moins
le plaisir de la vengeance – car il recherche le plaisir, lui aussi, quoi
qu’il en dise; et un plaisir méchant, cela reste un plaisir. Une femme, sur
le répondeur de "Là-bas si j’y suis", lançait aux journalistes de
France-Inter, en substance: "Vous êtes payés pour vous cultiver, pour lire
des livres, pour voir des films et en rendre compte après, et vous osez
faire grève! Pensez un peu à tous les gens qui n’ont pas votre chance et qui
font des boulots de merde! J’espère de tout cœur que ce gouvernement
réussira à vous privatiser, ça vous apprendra!" Là encore, on ne voit pas en
quoi la privatisation de France-Inter améliorerait en quoi que ce soit le
sort de tous les gens qui font des boulots de merde. Mais c’est ainsi: le
grand rêve du contempteur de la grève, c’est de niveler par le bas. C’est
une société où chacun, au lieu de travailler à une amélioration de sa
condition et de celle des autres, se résigne sans moufter à "l’extinction
lente au fond d’une cave" (l’expression est de Jean Sur), et dépense toute
son énergie à couper l’herbe sous les pieds de ses semblables, à qui il
souhaite de toutes ses forces la même chose – ou, idéalement, si ce n’est
pas trop demander, pire. Ah! les riantes perspectives, les horizons
exaltants qu’un tel mode de raisonnement ouvre à l’humanité!

[...]

Source: http://intellodudessous.over-blog.com/categorie-306621.html

(j'avoue, j'ai pas été voir...)
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