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 La violence et moi dans tout ça

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Zabos



Nombre de messages : 7159
Localisation : Entre deux guerres
Date d'inscription : 21/02/2005

MessageSujet: La violence et moi dans tout ça   Mar 21 Mar - 1:34

[Désolé, ça fait peut-être un peu masturbation intellectuelle, et Tahiri l'a bien remarqué avec raison dans le topic sur la guérilla urbaine, mais j'ai craché ça sur le papier au collège, pendant que surveillais une permanence très très calme... histoire de poser le contexte. A me relire y'a déjà des choses qui me chiffonnent. J'ai balancé ça dans un état d'esprit très brouillon et ien confus. Mais je suppose que vous me les ferez savoir au fur et à mesure, les trucs pas clairs ou discutables!

Comprendre: quoiqu'intime, ce texte est aussi fait pour être dépecé et décortiqué sur la place publique]

17 mars 2006

Parce que l’air de rien, les enfants, ça me fait réfléchir tout ça. Je me dis que la violence dans les manifestations est nécessaire, elle ne peut pas ne pas être. J’ai le sentiment que les hommes de pouvoir, et le système qui les y porte, sont entrés dans une phase critique. L’apogée, pas encore le paroxysme, mais l’apogée est atteinte et par conséquent, sa décadence est entamée. Il ne lutte plus pour se faire reconnaître, pour se tailler une place, pour s’imposer, pour participer au pouvoir, pour le prendre ou s’y adapter. Il commence à lutter en huis-clos pour sa propre survie. Je me dis que nous le vivons vraiment depuis quelques années. Le pouvoir tel qu’il est pratiqué est devenu une absurdité qui ne suit plus aucun but, aussi oppressif soit-il, sauf sa propre survie.

Je pense qu’il faut cesser d’avoir peur de l’affrontement, même s’il fait peur et à raison, je pense qu’il faut cesser de vouloir négocier avec ce gouvernement qui ne connaît pas la négociation. Son personnage le plus médiatique a réglé dans ses jeunes années, à Neuilly, avec un preneur d’otages dans une maternelle. La négociation a été rapide, précise, sans bavures : une balle dans la tête.

La misère sociale et/ou intellectuelle de l’homme n’a jamais été identifiée, ni même recherchée autrement que pour gagner la négociation.
Je ne souhaite pas la prise en otage de mômes, ni même d’adultes innocents. Mais c’est bien trop facile d’éliminer, de faire disparaître une conséquence dramatique de cette misère, comme si c’était une génération spontanée de preneur d’otages, et ensuite de se frotter les mains sales avec l’air béat du devoir accompli.

On m’objectera que ce n’est peut-être pas Sarkozy qui a donné l’ordre final d’abattre l’homme pendant son sommeil. Cela dit, ça ne l’a pas perturbé, il s’est plus ou moins attribué la chose avec une puante suffisance, donnant une image assez nette et précoce de l’idée qu’il peut avoir de la paix sociale.

On ne négocie plus avec des gens de cette sorte. On ne transige pas. Je vois dans les manifs, assez régulièrement, des jeunes, souvent étudiants, essayer de nouer le dialogue avec des gens de la BAC, des CRS… souvent d’ailleurs, ça cause, ça discute, si la situation le permet. Intention louable, soit dit en passant. Mais si la situation le permet. Si et seulement si.

Ce si devrait suffire à montrer l’absurdité finale de la démarche. Dans un contexte de confrontation, le même gendarme mobile qui apparaissait sous les traits de l’être humain qu’il est, et qu’il reste, peut tabasser sur place son interlocuteur s’il en reçoit l’ordre. Peut le massacrer sur place s’il en reçoit l’ordre. Il peut tuer s’il en reçoit l’ordre. Comment croyez-vous que dans tous les conflits du monde, de simples pères de famille, sans même de formation idéologique parfois, peuvent devenir des bourreaux ? S’il reçoit cet ordre, il y a neuf chances sur dix qu’il l’applique. Il faut toujours garder ça en tête. C’est un fait d’une incroyable violence. Mais c’est un fait. C’est profondément triste, c’est même insupportable quand on aime la vie. Mais c’est un fait.

Je ne crois plus, et surtout pas dans ce contexte, à la non-violence, au réformisme, à l’alternance.

Ce que je propose ?

Rien. Rien du tout. Je n’en ai pas la moindre idée, de ce qui serait bon pour tous.

Si bien sûr, j’ai mes idées, c’est-à-dire que j’ai intégré certains modèles noirs, mais fondamentalement, une oppression en chasse une autre, quelle que soit la couleur de son drapeau. Du moment que l’on veut s’organiser à plus de un à la fois, il y a oppression. C’est inévitable.
Alors même que je serais peut-être prêt à lutter pour des idées libertaires ou anarchisantes, je ne crois en aucun cas qu’elles puissent « sauver » l’humanité.

Alors quoi ? Rien à proposer, dis-tu ? Quelle est ta crédibilité ?

Ce que je sais, c’est juste qu’il faut que ça cesse. Que cette nuisance s’arrête. Que ceux qui prétendent nous diriger doivent partir. Comme un son insupportable à l’oreille, à un moment, ça déborde, on sort de sa tétanie, on s’agite frénétiquement, il faut que ça cesse, quel que soient les moyens, il faut que ça s’arrête, parce que ça broie le cerveau. On est prêt à tout, sans réfléchir, pour faire cesser ce son.

Mettre fin à la nuisance.

Jusqu’à il y a encore quelques mois, j’avais conscience que les choses allaient mal, ici ou ailleurs, que nous étions menacés, autant du point de vue sanitaire qu’écologique que politique. Mais enfin, ça n’influait pas tant que ça sur mes pensées. Mais depuis des semaines maintenant, j’ai vraiment, juste là, tapie à la limite de l’inconscience, une sorte de gêne permanente, quelque chose de presque invisible, mais qui se fait sentir. Comme une tumeur discrète. Le sentiment d’un poids de 100 000 tonnes suspendu au-dessus de la tête.

L’oppression.

Les manifestations telles qu’elles existent, avec leur violence, mettent éventuellement en danger le CPE, très hypothétiquement le gouvernement, voire le projet (un projet ?) politico-économique de la droite si on est très optimiste. Mais le pouvoir, lui, est hors de danger. A situation est même maîtrisée, sous couvercle, contrôlée. Des mecs en armure y veillent, et y veilleront par tous les moyens possibles si le flot des violence augmente. La répression s’exerce contre ceux qui, quelles que soient leurs motivations, ou leur absence de motivations, « débordent » le cadre pratique de la manifestation. Même si admet les termes de « voyous » ou « casseurs » qui pleuvent directement de la place Beauvau aux agences de presse, on ne peut nier qu’ils représentent la possibilité d’une perte de contrôle du pouvoir lui-même sur sa propre assise.

Pourtant, on condamne en masse. On repousse. On n’admet pas. Et je le comprends. Et c’est même foutrement logique.

Peur du bâton ? Je n’y crois pas. Collaboration inconsciente avec ce système de société, de promotion et de reproduction sociale qui nous colle aux neurones et dont nous ne sommes pas capables de nous débarrasser. Gangue de la propriété privée comme fondement et non comme élément. Boue de l’incapacité à faire du mal à autrui quand celui-ci nous traîne dans la boue depuis des années.

Moi je voudrais bien être gentil et non-violent. Je voudrais pas avoir à écrire des trucs comme ça. Mais y’a des jours où je ne m’en sens plus la force. Y’a des jours où j’en ai marre de faire des grimaces muettes à une société qui ne tournera même pas les yeux pour les voir, toute occupée à se survivre à elle-même.

Y’a des jours où c’est un peu trop.
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farfadet



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Localisation : nancy
Date d'inscription : 22/03/2006

MessageSujet: Re: La violence et moi dans tout ça   Mer 22 Mar - 15:13

Trés bien ecrit rien a dire, ta dit se que t'avais a dire ! Aprés pour le probléme du CRS qui peut te lyncher a tout moment, c'est un fait et on n'y peut rien, dans se cas la on peut aussi parler, du pilote d'avion de chasse qui vas bombarder une ecole ou voire un hopital! Pour moi c'est pareil, et c'est intolerable !

La seul solution et de ne pas se degonfler devant ses boureaux, une manif c'est une manif, les CRS on des matraque nous, nous avons des caillasse !

el pueblo unido jamas sera vencido :d
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Karkass



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Age : 26
Localisation : Lit ion
Date d'inscription : 18/03/2005

MessageSujet: Re: La violence et moi dans tout ça   Mer 22 Mar - 23:38

Tu radote mon vieux :mrgreen:...jte taquine mais j'suis à 98,4 % d'accord avec toi
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Newo



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Localisation : Derrière Mars
Date d'inscription : 18/02/2005

MessageSujet: Re: La violence et moi dans tout ça   Sam 25 Mar - 4:54

Ils ne se révolteront qu'après être conscients, et il seront conscient qu'après s'être révoltés.

_________________
Contre ce Monde, pour l'Humanité.
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fraise



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Age : 66
Localisation : HONDURAS
Date d'inscription : 01/04/2006

MessageSujet: Re: La violence et moi dans tout ça   Dim 2 Avr - 20:14

bien écrit et comprésible.
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MessageSujet: Re: La violence et moi dans tout ça   Aujourd'hui à 21:24

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