Forum sur la culture alternative
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 J me la pete dans les Balkans (Zabos in Belgrade)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Zabos



Nombre de messages : 7159
Localisation : Entre deux guerres
Date d'inscription : 21/02/2005

MessageSujet: J me la pete dans les Balkans (Zabos in Belgrade)   Mar 20 Déc - 14:19

(J ose ouvrir un topic ici, ca fait pretentieux, mais j ai envie)

Deuxieme jour apres une nuit dans une chambre surchauffee mqis toujours aussi sympa. La, y a derriere moi le gars du truc, qui dort ici, une bretonne, mes quatres camarades (les Sous Un Sphincter de Pigeon) et moi. On termine le cafe turc en ecoutant du rock, dehors, il fait froid. Par la fenetre, je vois une antenne satellite sur le toit aui est sous la fenetre, et plus loin un immeuble pplus moderne, un peu terne, dont la facade est mitee par les machins de climatisation, tres repandue ici, mais evacuant l eau dans la rue a defaut de canalisations.

Ce matin un peu plus tot avec ma douce, une marche au hasard nous a menes sur une serie de rues, dont la Skadarska. Pavee, pentue, avec des peintres et des ateliers de tsiganes (mais c est quand meme fort edulcore), elle a des vrais airs de Montmartre, mais sans touristes. La, une fois que ce sera le moment, je epnse qu on va retourner sillonner les rues, voir les trucs a voir, et les autres.

Pour la suite, l hesitation se porte entre aller en train a Kotor au Montenegro, ou Sarajevo. Sarajevo est plus proche et peut etre aussi plus dans nos budgets. Mais il faut se renseigner sur la Neige... meme si a Belgrade, bien qu elle menace, elle ne tombe pas. Mais la campagne envirronnant la ville est blanche.

A plus mes agneaux...
Revenir en haut Aller en bas
http://dimanche-lorraine.blogspot.com/
Askatom



Nombre de messages : 706
Age : 27
Localisation : La Butte Rouge
Date d'inscription : 04/10/2005

MessageSujet: Re: J me la pete dans les Balkans (Zabos in Belgrade)   Mar 20 Déc - 17:54

On veut des photos !!
Revenir en haut Aller en bas
http://www.bleedingpigs.propagande.org
Zabos



Nombre de messages : 7159
Localisation : Entre deux guerres
Date d'inscription : 21/02/2005

MessageSujet: Re: J me la pete dans les Balkans (Zabos in Belgrade)   Mer 21 Déc - 14:03

Des photos, je vais essayer. Dans cet appartement, nous sommes un peu comme a la maison.

Hier, la journee dans Belgrade, qui depasse ses deux millions d habitants. D abord, nous sommes retournes a la citadelle de Kalemegdan, qui domine le confluent Save-Danube, et qui est un ensemble gigantesque construit par les TUrcs a travers les siecles qu ils passerent dans la region. Pour le joyeux amateur de fortification que je suis, c est toujours sympa. Descente ensuite le long du zoo vers le Danube, et on trouve, en bordure d un quartier de gros blocs communistes un peu miteux, une piste cyclable qui longe le fleuve, relateivement loin des habitations. Petit port de plaisance, les bateaux-bars, concerts, voisinent avec les peniches luxueuses, les chalets sur flotteurs et les barques defoncees.
Une grande peniche bordel avec une tonnelle, du n importe quoi colore, arrimee a plein de petits bateaux, je pense a celle de Chat Noir, Chat Blanc de Kusturica. Sur la rive, un immonde machin en beton, triangulaire et en levitation, enorme, restaurant glorieux de l epoque de Tito, mais qui est aujourd hui abandonne et a moitie en ruines. A son pied, tout petit, un bar visiblement branche s est installe. On remonte apres le port industriel vers le quartier des ambassades, a l aspect viennois et plein de flics.

C est ca qui est genial a Belgrade, c est le grand melange des genres, le carrefour, les batiments viennois, les coupoles byzantines, les grands ensembles collectifs communistes a perte de vue, ici et la quelques vestiges turcs...

On remonte vers notre quartier en passant pres du Parlement, puis sur plusieurs eglises, Sveta Sava, sveti Marko... cette derniere est impressionnante et correspond pas mal a l image d Epinal qu on se fait du temple orthodoxe.

Retour a la nuit venue vers notre quartier, Stari Grad, hyper centre grouillant de jour comme de nuit.

Le soir, Ivanka, mon amie depuis 5 ans maintenant, et son copain Gregori nous emmenent dans un restau traditionnel serbe, Datcha, dans la banlieue. Ils sont adorables et nous payent d autorite tous les bars depuis notre arrivee, malgre protestations et tentatives de putsch sur les additions de notre part. La, nous parvenons a lancer une grosse offensive et parvenons a leur payer le repas en usant de l autorite naturelle du Francais boudeur. Quel bordel dans ce restau... une deco traditionnelle un peu surfaite, une immense tablee de Chinois bourres (j avais jamais vu un Chinois bourre), et de la musiaue folklorique hyper forte, a en faire peter les tympans. Fin de soiree dans le pub OK.no, ou nous allons regulierement maintenant.

Les plats hier soir, enormes, immenses, genre viande de boeuf panee a la creme avec en accompagnement... de la viande de porc et des patates... bon. L un d entre nous frise l indigestion ce matin, d ou le fait que nous ne soyons pas encore partis pour Novi Sad.

Dans les rues, les ecrans geants avec pubs animees voisinent avec des immeubles miteux, les vieilles Yugo rouges luttent sur la route avec d enormes BM comme je n en qai jamais vues. Voici un pays dans lequel la transition vers le capitalisme fait, comme partout, disparaitre la classe moyenne, et ceux qui pourraient etre cette classe moyenne quittent le pays. Mais les plus pauvres sont en voie de 1984-isation, avec juste assez de confort pour pouvoir s abrutir sans sortir, et donc isolant des individus et brisant les reseaux de sociabilite traditionnelle... dommage. Le visage de la ville est deja beaucoup plus occidental qu en 2001, et plus mite par les pires tendances du capitalisme, mais toujours dans une transition qui est fabuleuse, ou tout cohabite encore sans se heurter. Malheureusement, ceci ne peut etre que ponctuel.

Demain, nous partons vers des zones moins transitoires, puisque nous devons passer deux jours a Sarajevo. Prendre la temperature dans un lieu meurtri ou le multicommunautarisme d avant guerre est devenu une chose impensable. On dit que le lieu est beau et accueillant, et que tant qu on ne se vante pas d avoir des amis serbes, le lieu est facile pour des Francais. Les amis serbes ici nous racontaient qu ils bossaient a un moment pour une ONG et qu ils entendaient les recits de meres musulmanes ayant perdu toute leur famille en 93 pendant les combats et les bombardements et coups de mains serbes sur la ville. En tant que Serbe, elle avait envie de dire excusez-moi, mais ayant ete ado a l epoque, dans une famille opposee a la politique de Milosevic, elle savait aussi que ce n etait pas de sa faute. Conflit interne difficile entre la responsabilite collective et la realite individuelle. Les questiosn d identite sont a felur de peau ici et sont vachement interessantes a mettre en rapport avec les conflits dits identitaires par chez nous... ces derniers... et aussi nos politiaues nabots (ce dernier est connu ici, mais pas trop apprecie en general par les gens que l on a rencontres...)

Je vous laisse mes agneaux, puisaue Loic parvient enfin a se lever, et donc le depart pour Novi Sad, deuxieme ville du pays et capitale de la region autonome de Voivodine, ne saurait tarder, et sera aussi l occasion de passer par le marche de Venac sur le trajet vers la gare routiere.

Ce soir, je tente de vous mettre quelques photos...
Revenir en haut Aller en bas
http://dimanche-lorraine.blogspot.com/
Zabos



Nombre de messages : 7159
Localisation : Entre deux guerres
Date d'inscription : 21/02/2005

MessageSujet: Re: J me la pete dans les Balkans (Zabos in Belgrade)   Jeu 22 Déc - 2:45

Finalement la journee a Novi Sad a ete un semi-echec. Le bus se trainait a 50 sur l autoroute, et deux heures de trajet furent necessaires au lieu de 45 minutes. Puis, des averses de neige a n en plus finir, une erreur de gare routiere (on s est arrete en banlieue au lieu du centre, mais avec les grand immeubles communistes partout, on ne peut jamais svoir si on est en banlieue ou pas).

Des 16H, il commence a faire nuit, on n a pas vu grand chose, et meme si Belgrade est urbanistiquement approximative, Novi Sad est un vrai bordel incomprehensible, mal eclaire, trottoirs defonces, tout en foutoir et pas termine. Et puis, apres avoir tente de causer avec un Serbe myope comme une taupe, on trouve le centre. Le contrate est saisissant, on se croirait dans un genre de Prague miniature, alors que 10 metres avant, c etait crado et mal eclaire. Tout se met d un seul coup a briller, a rutiler, les facades sont nickel, ca grouille de petits magasins bien tenus... etrange. Au bout de cette rue commercante qui n a rien a envier au marche de Noel de Strasbourg, on debouche sur la place ou se trouve la cathedrale catholique, faussement neogothique, construite in 1895. C est beau. Mais ca sonne faux. On continue apres une pizza et une biere dans un cafe et on arrive sur un pont du Danube alors que la neige redouble. C est redoutablement large. En contrebas, un des ponts detruits par l OTAN en 99 git dans l eau, coupe pres des rives, l eclairage public continue de fonctionner jusqu qu lieu ou la bombe a touche.

Retour en chopant le train Vienne-Belgrade. Confort, neige qui colle aux carreaux... sympathique. Apres Novi Sad, arriver a Belgrade est rassurant, comme d arriver a la maison, presque. On se laisse bercer sur les derniers cahots avant la gare en regardant le pont au-dessus du Danube.
On remonte vers Stari Grad a travers les etranges galeries commerciales souterraines qui percent la colline et debouchent tu sais pas trop ou, ou sur une autre galerie. Nous on a du bol, puisqu on tombe a 200 m de notre auberge-hotel-appart-cantine... c est la belle vie ici. Derriere moi, en ce moment, mes camarades Sphincters de Pigeon (Emma, Loic, Olivier et Sandrine) devisent en francais ou baragouinent en anglais, car il y a aussi ici Nikola, l un des deux jeunes qui tiennent le lieu, Julie, une bretonne de passage, et une autre fille dont je n ai pas encore identifie l origine. Elle parle visiblement bien anglais. Pour le moment, ca cause, autour de la table basse, dans le salon desuet, du festival de Guca, de ses fanfares, de ses alcools forts.

Peu avant, la television balancait, melanges, des live d AC DC, Anthrax, The Smiths, Hole ou Blur. La on ecoute de la musique de Guca, et demonstrations de danse serbe en cours. Laborieuses d ailleurs, en buvant des bieres de base du coin (Niksicko).

Demain, depart a 7H pour Sarajevo, en car, pour un trajet qui va durer entre 7 et 8 heures, selon la neige, selon le temps a la frontiere bosniaque, selon le temps pour passer entre la republique serbe autonome de Bosnie et la Bosnie a proprement parler. Quelques comptes a regler avec nos medias qui ont fait de Sarajevo un lieu voue a n exister que dans les journaux, voue a n exister qu a travers la guerre. Et tout de meme, sans se leurrer, aussi quelques comptes a regler avec notre propre curiosite morbide que la confrontation a la realite pourra peut etre desamorcer, ou au moins rendre plus logique, et plus tangible.

Pour l heure, je retourne a ma biere, et je vous embrasse sur des parties poilues ou non, mes agneaux!
Revenir en haut Aller en bas
http://dimanche-lorraine.blogspot.com/
BritFox



Nombre de messages : 2343
Localisation : Open Space
Date d'inscription : 19/09/2005

MessageSujet: Re: J me la pete dans les Balkans (Zabos in Belgrade)   Jeu 22 Déc - 12:38

Sarajevo tu vas aimer... J'aimerais bien y aller en hiver, ça doit être superbe le chant des minarets en hiver.
Attention aux chiens.
Revenir en haut Aller en bas
Newo



Nombre de messages : 10780
Localisation : Derrière Mars
Date d'inscription : 18/02/2005

MessageSujet: Re: J me la pete dans les Balkans (Zabos in Belgrade)   Ven 23 Déc - 4:14

Cool la lecture, j'ai l'impression de voyager.

_________________
Contre ce Monde, pour l'Humanité.
http://www.dailymotion.com/Newo
Revenir en haut Aller en bas
Zabos



Nombre de messages : 7159
Localisation : Entre deux guerres
Date d'inscription : 21/02/2005

MessageSujet: Re: J me la pete dans les Balkans (Zabos in Belgrade)   Dim 25 Déc - 3:38

OK.

Retour de Sarajevo. Oui, j ai aime. On est bien. Tres bien.

C est un dechainement de sentiments contradictoires. La ville est agreable a vivre, le rythme est lent sans etre apathique, il y a de la joie de vivre, une population dans son ensemble adorable, les montagnes, et les traces de la guerre. Elle est partout. Et elle semble si desuete par rapport a la grande activite delicate qui pqrcourt la ville.

Nous avons rentablise le temps. Vu au maximum. Parcouru les collines, les quartiers pentus, les maisons scarifiees, les coins avec des petites vieilles courbees au visage creuse de rides, avec leur chale et leur peau sombre. Les mosquees, innombrables, le chant du muezzin, les filles musulmanes jamais voilees, ou si peu, qui rient et chantent dans les rues, comme en France.

Nos medias, plutot que de nous rabattre uniquement la tete avec les musulmans integristes de par le monde, devraient venir ici. Ou apres une guerre, et malgre les difficultes actuelles a vivre ensemble, on y arrive bon an mal an. Le soir, le muezzin et ses chants extraordinaires planent sur la ville en meme temps que sonnent les cloches de la cathedrale catholique. Le vieux quartier turc, Basarscila, est rapidement boucle. Il est beau, oui, bon, mignon, climquant. MAIS. Putain, qu est-ce qu on s y emmerde. Ailleurs, le long de la riviere Miljacka, les choses sont plus simples, le flot des gens plus vivant, plus melange.

Nous dormons dans une petite pension colonisee par des jeunes, deux Italiens, un Japonais, des Slovenes... avec toujours ce salon cuisine a l arrache qui ressemble a un squatt et qui est un espace commun ou les conversations vont bon train. Le matin, la boulangerie voisine nous approvisionne en enormes patisseries. Les gens se coupent en quatre pour nous rendre service. Dans la rue, je demande une adresse, le type, qui ne sait pas, va poser la question pour moi dans les queues devant les magasins voisins et ne lache pas l affaire tant qu il n y a pas de reponse claire. D autres nous accompagnent sur place quand ils ont le temps. C est une ville ou malgre ma langue tres hesitante et absolument debutante, j ose aller vers les gens. J ai mes quarts d heure de gloire quand on me repond en bosniaque comme si j allais comprendre. c est gratifiant, mon accent ne doit pas etre pourri, mes phrases justes. Mais du coup, j ai l air con car je ne capte rien aux reponses lancees rapidement.

On parcourt la tristement celebre Sniper Alley. Les immeubles detruits sont encore la, grands cadavres inutiles, transperces de toutes part. Sur toutes les tours d habitation, des impacts de canons antichar, de mortier, sur le macadam, c est partout. Beaucoup plus emouvantes, les maisons dans les petits quartiers sur les ruelles ou 2 sur 3 portent encore des impacts de balles, plus ou moins selon leur exposition. Et puis c est chouette, ca vit la dedans, ca bouge, beaucoup de chats zonent, tres peu de chiens en fait, et les rares croises tres zen, sauf ceux qui dans les jardins clotures aboient depuis l autre bout du quartier.

Les sorties d ecole. Les enfants dans les rues qui se repandent, les chats paniques qui fuient en tous sens. Les boules de neige qui volent. les camions qui font du face a face dans les rues etroites avec des voitures hurlantes tentant de monter des pentes terribles sur 10 cm de neige. Tout ce bordel, toute cette vie. Les momes que nous voyons ont 12 ans peut-etre. Impossible de ne pas penser qu ils sont nes pendant le siege. Impossible de ne pas se dire qu on compte sur eux.

Dans des quartiers trous du cul de la ville, sous des maisons en ruines, on se sent toujours en securite. A aucun moment je n ai eu cette sensation de coupe gorge stupide, nee d un vrai conditionnement occidental, en particulier francais. Sarajevo est une ville rassurante.

Un peu galere, l arrivee a la gare routiere. Dans le Srpsko Sarajevo, quartier extremement excentre, loin de tout, non loin du fameux aeroport. Il faut du temps pour arriver au centre, dans des bus de ville que la neige projetee par les roues rend presque gris, les fenetres sont opaques. Des avenues inteminables de blocs, de cites comme on dirait ici, dont cahcune a son deuil a porter. Des cimetieres musulmans partout. Innombrables. Plus ou moins grands. L interminable procession des tombes datees de 1992,1993, 1994. Surtout 1993. Passage devant les structures des jeux olympiques de 1984. Grandes realisations de beton nu. Si le communisme a rate une chose, c est bien l urbanisme! 1984. Meme pas dix ans avant le siege.

Les huit heures de voyage sont tres agreables. Certes, la route de Belgrade jusqu a la frontiere bosniaque traverse des plaines a ble pas extraordinairement palpitantes. Puis, la frontiere passee en traversant le Drina, et apres un controle douanier rapide, on aborde de vastes gorges, la neige apparait, on monte, les cols, on somnole, on se demande si le bus ne va pas verser dans le ravin, on se rendort.

C est beau et c est tres tres violent. Malsain. Dans les villages, une maison sur trois en moyenne est brulee, ruinee, criblee d impacts de balles. Ses voisines sont intactes. Nous traversons effectivement la Republique serbe de Bosnie, entite autonome serbe de la Bosnie-Herzegovine, et d ou sont partis les miliciens serbes qui ont assiege Sarajevo, qui est a 20 km de la. Je suppose qu ils ont aussi "fait le menage" dans leur republique et chasse les Musulmans qui y vivaient, brule et pille leurs maisons, voire massacre tout le monde, aides par l eau de vie. Ces maisons ruinees sont le temoin de quelque chose d horrible, cette guerre rurale, ces rafles, ces reglements de comptes entre voisins... Malaise.

Retour a Belgrade ce soir. La grande ville. Sarajevo etait comme une parenthese, comme des vacances dans les vacances... Quelque chose de tres special que nous n oublierons surement jamais. Mais le retour ici est sympathique. Nous retrouvons notre appartement-hotel avec toujours cet accueil, cette sensation, ce bonheur de rentrer a la maison. Des GRecs sont arrives, y a plus trop de place, mais bon. On a prefere rester, parce que l on est bien. Je vais dormir sur le tapis, mais j ai l habitude de ce genre de choses. Je prefere dormir sur le tapis dans cette ambiance que dans un lit d hotel, meme pas cher. Meme moins cher.

Voila.

Pour le moment.

Bisous ou vous voulez, mes agneaux.
Revenir en haut Aller en bas
http://dimanche-lorraine.blogspot.com/
Zabos



Nombre de messages : 7159
Localisation : Entre deux guerres
Date d'inscription : 21/02/2005

MessageSujet: Re: J me la pete dans les Balkans (Zabos in Belgrade)   Dim 25 Déc - 21:08

Pas grand chose aujourd hui. Sauf que Belgrade est une de ces villes dans les rue desquelles tu t enfiles pour la premiere fois comme tu le ferais dans de vieilles grolles confortables.

On a traine dans de droles de quartiers, en se perdant. Et c est cool.

Voila.
Revenir en haut Aller en bas
http://dimanche-lorraine.blogspot.com/
Zabos



Nombre de messages : 7159
Localisation : Entre deux guerres
Date d'inscription : 21/02/2005

MessageSujet: Re: J me la pete dans les Balkans (Zabos in Belgrade)   Mar 27 Déc - 3:32

Hey.

Journee de pluie sur Belgrade. De la flotte en veux-tu en voila, ca coule de partout.

Du coup, lever tardif. Faut dire qu hier soir, la mere d Ivanka nous voulait, nous, les Francais, pour un repas. Je suis le seul a la connaitre. Et pourtant, c est une famille "moderne". Cela dit, elle avait cuisine toute la journee, nous sommes arrives dans le petit appartement au septieme etage d une tour de la banlieue, avec une table couverte de mets bien bourratifs, car la cuisine locale est quand meme un truc assez barbare au sens tres positif du terme: copieux, tenant au corps et permettant de lutter contre froid.

Donc, on se fait peter la panse de paprika farci, de tartes salees aux oeufs, legumes et patates, feuilletes au fromage, tartes farcie a la viande et autres petits plats legers. La soiree s eternise jusqu a quatre heure, Gregori, son copain, rentre du boulot vers 2 heures. Ne en Serbie, il a passe son enfance en Ukraine, puis en Allemagne, enfin son adolescence a Clichy.

Il a eprouve un jour le besoin de revenir ici. On passe pas mal de temps a decortiquer la politique francaise, puis la serbe, avant de revisiter avec l aide precieuse de Gregori le langage des banlieues, ce quie rend tour a tour hilare et nerveuse Ivanka. Je m enfile cafe turc sur cafe turc, et je chope la creve.

Bon, vu le reveil tres tres tardif, donc, on a tourne comme des merdes pour trouver un cinema, et quand ce fut fait, le choix des films etait restreint. Bon public, gentil, et surtout vu le prix ultra modique de la seance, nous, on va voir Narnia. Les Chroniques de Narnia, pour etre exact Bon, on apercoit une affiche un peu fantasy, pourquoi pas, il pleut, bon, pourquoi pas, hein, bon.

Y en a qui ont deja vu ce film? Serieusement? On a du etouffer des tas de fou-rires face a la violence moralisatrice de ce machin. Eh, non, sans deconner, c est archi archi grave. Mais bon. Cela dit si on vous invite, ca peut etre drole. Mais faut pas payer pour ca. Autant se voir un bon vieux "Willow" qui dechire bien.

Apres un coup dans un bar, apres une bonne vieille part de pizza, comme des gros abrutis, on retourne au cine voir "King Kong". Bon, euh, moi je me suis bien laisse prendre au truc. Carrement. Apres, est-ce bien moral d engloutir de telles sommes dans un film, je doute serieusement. Mais moi ca m a plu, y a une bonne surenchere delirante d action, un rythme effrene exagere, moi ca me va. Mais a vrai dire, c est aussi l ambiance du cine qui etait marrante. Salle hyper bruyante, des jeunes, des couples proches de l accouplement, des rigolards, des hurleurs, bref, un public ultra et bruyament reactif, en un sens, ca change du climat coince du cul et du reste des cine francais, surtout dans la mesure ou c est quand meme un bon gros film rouleau compresseur qui reclame pas une concentration de fou.

Donc, une journee en Serbie, qui aurait pu se passer n importe ou.

Retour a la maison, je me finis une biere tandis que ca cause dans le fond de Quebec, d Arnold Scwarzenegger et ca rit. Je m en vais rejoindre la meute et bouffer des biscuits de Noel deposes par les Grecs qui sont partis ce matin.

Bisous. Agneaux. Parties.
Revenir en haut Aller en bas
http://dimanche-lorraine.blogspot.com/
Zabos



Nombre de messages : 7159
Localisation : Entre deux guerres
Date d'inscription : 21/02/2005

MessageSujet: Re: J me la pete dans les Balkans (Zabos in Belgrade)   Mer 28 Déc - 3:29

Salut les gens.

Le truc sympa est que l'on echappe ici aux conneries de Noel. Bon, certes, les rues du centre sont farcies de pere Noel stupides, en resine de de residus d'ouvriers de l'automobile yougoslave licencies suite a l'implantation de Peugeot-PSA, et d'ailleurs ces gros gaillards rougeauds sont ici souvent affubles de lunettes, je ne sais pas pourquoi. Mais on echappe en tous cas au paroxysme insoutenable car ici Noel ne sera que le 7 janvier, calendrier orthodoxe oblige.

Derniere soiree, derniere nuit. Rentrer en France, c'est comme repartir a la guerre apres une permission. Tu vois? La Serbie, c'est pas mieux qu'ailleurs, c'est pas mieux que la France, la premiere mondialisation, avant meme l'invention de l'imprimerie, c'etait tout de meme la connerie. Comme le genie. Mais il va de soi que de la Serbie je ne retiens en grande partie que le positif, et tout ce qui est affectif, de l'aspect visuel des lieux aux vieux amis que je ne vois pas si souvent comme Ivanka. Je ne suis pas d'ici, je ne comprends pas dans ma chair certaines implications, je ne comprends pas, meme si je connais le probleme, que je peux tenir un discours dessus en theorie, comment les jeunes d'ici, meme les plus ouverts et les plus contestataires, gerent a vif les relations contradictoires avec les pays voisins et les consequences de la guerre en Croatie, en Bosnie, de la repression serbe au Kosovo etc...

Mais rentrer en France, la ou c'est soudain moi celui qui vit les choses dans sa chair, avec des emotions violentes, ca me rappelle a quel point, quand tu mets un peu les mains dans le cambouis, meme a ta microscopique echelle, meme desabuse, meme sans grand ideal, ca te rappelle a quel point tu depenses de l'energie, de la revolte tous les jours, sans meme t'en rendre compte, et a quel point ton esprit est en guerre pour rester le plus impermeable possible a tes specialites locales de propagande. A quel point tu dois deja te friter avec toi-meme pour resister a l'avalage de couleuvres en regle que l'on t'impose, que nos grands mechants a nous te jetent a la face, et le plus grave, de bonne foi. Car nos penseurs les plus pedants, nos BHL, nos Finkelkraut, ne sont pas des ogres qui fourbissent leurs complots dans l'ombre pour nous faire du mal en ricanant. Non. Tres souvent, ils sont persuades qu'ils ont tout compris a la vie, qu'ils savent tout, et que leur mission sacree est de nous le transmettre. Ils sont d'autant plus dangereux et detestables.

Ils ont interiorise l'horreur de nos societes, ils sont de bonne foi, ils ne comprennent sincerement pas qu'on leur jette des oeufs ou qu'on les insulte en public. Ils sont la lumiere. Nous sommes la barbarie. Et comme tous les etres de lumiere, ce sont des enfants gates qui font des caprices quand on leur refuse des choses et qui ne peuvent se remettre en cause. Qu'ils soient punks ou BHL, qu'ils soient flics ou gauchistes. Les Croises sont partout et sont des malades.

Si etre barbare c'est trouver ces attitudes inacceptables, alors je veux bien etre un barbare. Et m'acheter une hache.

Comment j'en suis arrive la, moi?

Bref, je vais rentrer, avec comme a chaque fois que je reviens d'ici, et ce ne sera que la troisieme fois, les batteries gonflees a bloc pour en faire je-ne-sais-pas-quoi-on-verra-j'essaye-de-ne-pas-avoir-de-mission.

Argh.

Tout a des causes et des consequences, dieu, ou n'importe quoi qui peut lui ressembler n'a rien a voir la-dedans. Et des fois les choses ont un sens. Mais pas toujours. Ce n'est pas necessaire. Ca depend seulement du regard que tu poses dessus.

Ah et puis sinon, je reviendrai. Encore. Parce que ici, je me suis fabrique un sens.

Bisous mes chers agneaux, dormez bien, sur vos deux oreilles, laissez-vous aller, parfois, il le faut, pour se preparer a la suite.

*j'ai du vague a l'ame, comme on dit quand on sait plus quoi dire, mais chuis content*

Beograd, 2005, click, off, gone.
Revenir en haut Aller en bas
http://dimanche-lorraine.blogspot.com/
Une Autonome



Nombre de messages : 351
Date d'inscription : 23/02/2005

MessageSujet: Re: J me la pete dans les Balkans (Zabos in Belgrade)   Ven 30 Déc - 15:12

zabos nous ramène la neige en souvenir
Revenir en haut Aller en bas
noizemaker



Nombre de messages : 474
Localisation : lyon-brotteaux-weill- vers la part dieux quoi ...
Date d'inscription : 25/06/2005

MessageSujet: Re: J me la pete dans les Balkans (Zabos in Belgrade)   Ven 30 Déc - 19:45

Une Autonome a écrit:
zabos nous ramène la neige en souvenir

pourquoi ? y'en a plin ici ...
Revenir en haut Aller en bas
http://noizemhaker.free.fr
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: J me la pete dans les Balkans (Zabos in Belgrade)   Aujourd'hui à 21:29

Revenir en haut Aller en bas
 
J me la pete dans les Balkans (Zabos in Belgrade)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Dans ton cul ou dans mon cul ?
» Dans les steppes de l'Asie centrale ( Borodine )
» _Ne pas se faire prendre l'appareil photo à l'entrée ou dans la salle.
» Jouer seule dans un bar : comment m'amplifier
» Camera dans l'usine !

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Couteaux & Fleurs :: Des Couteaux Et Des Fleurs :: Vos merdes pseudos artistiques-
Sauter vers: