Nancy 28 mars 2006.
30 à 35 000 personnes, soit un habitant sur dix de Nancy-agglomération, environ. Inédit.
Ça a commencé place de la Carrière. Y’avait des filles, des doigts dans le dos et des CRS.

Place Stanislas, rassemblement en cours :

Il y a trop de monde rue Stanislas, alors beaucoup de monde remonte le cortège au pas de course par les rues parallèles. De petits cortèges-express improvisés se forment :

Rue Poincaré. Je monte sur un transfo électrique pour ma photo. Un mec me prend par la jambe et me demande de le photographier : « Vas-y, y t’faut un goss’ bo sur ta pelloche ». Il me lâche pas, mais je finis par lui lancer qu’il y a pas de pelloche, c’est un numérique. Il s’en va en râlant. Je fais mes photos :

Rue Saint-Léon, grosse pause pour attendre la fin de la manif qui galère à décoller de la place Stanislas, tant il y a de monde :


La pause s’éternise, la pluie menace, le ciel tout noir. On se fait un peu chier, le camion de la coordination lycéenne envoie du Matmatah. Dans la foule, du haut de mon transfo, je vois des anciens élèves de troisième de l’année dernière, et certains de mes collégiens de cette année. Plusieurs ont des autocollants CNT. C’est con, mais ça me fait un sourire paternaliste, comme si c’était mes ch’tiots d’à moi. Des mecs montent sur des trucs pour se faire voir et tromper l’ennui :

La tête de cortège, au bout de la rue Mon Désert, arrive en vue de la prison Charles III. Aux fenêtres, on ne voit pas bien qui, tellement cette prison est vieille, sombre, humide, crasseuse, tellement y’a rien qui en filtre, mais des banderoles s’agitent derrière les barreaux. Peut-être de simples draps blancs. On nous parle. Pas assez de réactions dans le cortège. Et c’est dommage, et ça serre les tripes. Un p’tit vieux tout seul du PCF vient près de la rambarde du pont des Fusillés, brandit gentiment vers eux un drapeau rouge et se dit, presque à lui-même : « Allez les gars, courage, bientôt c’est les politiciens qu’on mettra à votre place » :

Toujours rue Mon Désert. Le cortège n’en finit plus :

Sur le pont des Fusillés, dans le fond le centre-ville, la gare :


Couleurs au centre-ville :

La Gare bloquée, mais pas par les militants cette fois :

Le cul de la dernière averse va voir ailleurs si j’y suis tandis qu’un superbe soleil d’après la pluie éclate de partout et noie la place de la République déjà noyée par la foule qui s’y amasse en fin de manifestation :

Des gens s’amusent :

Une bande de pieds dans le fond regarde et écoute des Bretons qui sous leur drapeau animent la place avec leur biniou et leur bombarde :
