polux tchékiiiiiiiiiiissssste

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 | Sujet: la musique populaire : le pourquoi du comment qu'on est mal Sam 3 Mar - 17:52 | |
| voilà :
Extraits de Histoire de la musique de Roland de Candé, Tome 2, p. 402-404 :
Chapitre « Musique et société »
La musique de consommation : La puissante industrie du prêt à écouter a établi à une très grande échelle une sorte de nivellement par le bas. Certes l’apparition de Bob Dylan à New York en 1961 a marqué le début d’un éclatement salutaire des anciennes structures socio-musicales. Mais les transformations ne peuvent pas être radicales, tant que les cybernanthropes débiles (entendez les producteurs et éditeurs - note de ma pomme) détiendront sans contrôle le pouvoir effrayant d’orienter l’évolution culturelle de l’espèce, accrochés à leurs micros comme à des prothèses. Leur dédain de la véritable culture et leur manque de connaissances musicales entretiennent la ségrégation qu’ont établie les industriels entre « classique » (toute la musique historique, y compris celle des autres civilisations) et musique « de variété » (toute la musique commerciale de divertissement). Les deux mondes sont dans une certaine mesure l’expression des conditions de vie et de la culture de deux classes ; leur division a son origine lointaine dans les sociétés féodales de l’Antiquité… « La division avait ses sources probablement dans la division du travail social… Peu à peu la division s’est durcie, s’est réifiée, finalement s’est institutionnalisée et trouva son écho chez les auditeurs… Une sociologie critique de la musique aura à explorer en détail pourquoi la musique légère est aujourd’hui - sans exception, mauvaise, forcément mauvaise… Sans le savoir, les masses qui en sont submergées savourent à quel point elles sont abaissées…» (Théodor Adorno, article de 1971) L’une des raisons de cette médiocrité tient dans le fait que la musique de consommation, dite « légère », n’est pas une vraie musique populaire, comme le sont les folklores. Elle est conçue pour le peuple, en fonction des critères, par une pseudo-élite bourgeoise, qui colonise et prostitue tout ce qui passe à sa portée (jazz, folklore, « grande musique ») pour en faire un produit standard : on croit le public populaire si médiocre qu’il paraît nécessaire d’avilir les objets qu’on lui destine. Les rapports de la musique et de la société sont complètement faussés par les déviations d’une culture de masse dépendante du profit. Il est à craindre aussi que notre monde hypersonorisé ne permette plus aux facultés d’attention et de jugement de s’exercer sur les phénomènes sonores. On dirait que, pour accompagner son déclin, notre civilisation s’est choisi craintivement un fond musical effroyablement uniforme : uniformité du timbre (celui de haut-parleurs médiocres), uniformité des nuances (tout est également trop fort ou trop faible), uniformité de l’expression (les déchets du romantisme musical), uniformité de l’écriture primaire et des rythmes stéréotypés… La banalisation industrielle de la musique conditionne la grande masse des auditeurs à une esthétique simpliste, fondée sur l’adaptation grossière d’un système périmé. Et comme la diffusion électro-acoustique ne justifie pas toujours sa prétention à la « haute-fidélité », on s’habitue au timbre du haut-parleur que l’on finit par prendre pour la réalité musicale. Dès lors que près de 90 % de la musique consommée l’est sous forme enregistrée, le cours de l’histoire de la musique a de fortes chances d’être perturbée. Dans la première moitié de notre siècle, le disque était un pis-aller, un aide-mémoire ; il ne pouvait, en aucun cas remplacer l’audition directe. Aujourd’hui, il représente à tel point la réalité musicale, que l’on contraint l’audition directe à lui ressembler, à l’aide de la « sono ». La vraie chanson populaire est condamnée, ou conformée aux modèles industriels.
[b]
N'est-ce pas? Eh bien je suis d'accord. |
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